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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : INfoMigrants - Anne-Diandra Louarn - 24/12/2020

Afin de désengorger la région parisienne et de prévenir la formation de campements de migrants, le gouvernement a annoncé le 18 décembre la mise en place d'un dispositif de réorientation des demandeurs d'asile d'Ile-de-France vers les régions. Cette nouvelle procédure entrera en vigueur le 4 janvier et ne concernera que les demandeurs d'asile enregistrés à partir de cette date. InfoMigrants s'est entretenu avec Baptiste Mandard, directeur adjoint à la direction de l'asile du ministère de l'Intérieur pour mieux comprendre cette nouvelle procédure.

InfoMigrants : Qui est concerné par ce nouveau schéma d'hébergement et combien de personnes pourront en bénéficier ?

Baptiste Mandard : Dans le nouveau schéma, ce sont l'ensemble des demandeurs d'asile enregistrés au guichet unique des demandeurs d'asile (GUDA) qui pourront se voir proposer une orientation régionale dès lors qu'ils expriment un besoin d'hébergement et que l'accès au parc d'hébergement et aux conditions matérielles d'accueil leur sont ouvertes. Et, ce, quelque soit le statut de la personne : en procédure normale, accélérée ou Dublin.

À (re)lire : Hébergement : les demandeurs d'asile de région parisienne réorientés en masse vers les régions

Il va y avoir une montée en charge du dispositif qui s'accompagne d'un renforcement progressif de notre parc : sur les 107 000 places d'hébergement actuellement disponibles, 4 500 vont être créées en région dès le premier trimestre 2021, dont 3 000 en CADA. Et 1 500 places en CAES, qui sont des sas d'accueil, où les demandeurs orientés en région se rendront dans un premier temps dans un hébergement avec une prise en charge complète. À l'issue de cette première période d'accompagnement, une place pérenne valable pour tout le long de leur procédure leur sera proposée soit dans un CADA soit dans un HUDA. Quelque 1 300 places sont aussi créées sur l'ensemble du territoire pour les déboutés de l'asile afin de préparer leur retour au pays d'origine.

L'atteinte des objectifs sera progressive : au premier trimestre, il s'agira de 1 000 orientations régionales mensuelles, puis une nouvelle étape au deuxième trimestre où nous visons 1 300 orientations mensuelles. Les étapes suivantes seront fixées en fonction de la disponibilité des places, de la création effective de ces 4 500 nouvelles places.

IM : Les personnes migrantes peuvent-elles solliciter d'elles-mêmes une orientation régionale ? La réorientation est-elle rétroactive pour les demandeurs d'asile se trouvant déjà sur le territoire ?

B.M. : C'est au moment de l'enregistrement au guichet unique que le demandeur d'asile indique s'il a un besoin d'hébergement ou s'il est logé par ses propres moyens. S'il déclare une nécessité d'hébergement, c'est à ce moment-là que l'orientation en région peut lui être proposée : soit il y a une capacité d'accueil qui est immédiatement disponible dans sa région d'enregistrement, auquel cas on ne lui propose pas l'orientation dans une autre région; soit il se fait enregistrer dans une région où les capacités d'accueil sont déjà atteintes. Ce cas est celui de beaucoup de demandeurs d'asile présents en Ile-de-France. Ces derniers se verront proposer l'orientation régionale.

Ce n'est donc pas sur demande du demandeur d'asile mais sur proposition de l'administration au moment de l'enregistrement. Ceux qui sont déjà enregistrés restent sur liste d'attente. Il y a une logique de flux entrant à compter du début de l'année, ce sont donc ceux qui s'enregistrent au GUDA à partir du 4 janvier qui vont commencer à bénéficier de la réorientation en région. 

À noter tout de même qu'il y a déjà des réorientations en régions qui ont été proposées, notamment en 2020. Ce qui est nouveau pour 2021 c'est que cela se fait désormais dès l'enregistrement en GUDA et que les réorientations vont dorénavant concerner un plus grand nombre de personnes. Dès janvier, ce sont 1 000 migrants par mois qui seront orientés depuis l'Ile-de-France vers l'ensemble des régions tandis qu'aujourd'hui nous étions plus sur des opérations au coup par coup avec des régions d'accueil tournantes.

IM : Les demandeurs d'asile se trouvant actuellement dans les campements du nord du Paris ne peuvent donc pas bénéficier d'une réorientation en région ?

B.M. : Non, ne sont concernées que les personnes s'enregistrant à compter du 4 janvier 2021. La rétroactivité peut avoir lieu si une personne déjà sur le territoire a fait l'objet récemment d'une opération de mise à l'abri et qu'elle se signale donc dans ce cadre-là comme étant sans logement. Cela dit, il ne faut pas uniquement considérer ce nouveau dispositif en termes de rétroactivité mais plutôt comme un changement dans l'organisation pour les flux nouveaux.

 À (re)lire : Le gouvernement crée une "cellule de coordination" sur les camps de migrants en Île-de-France

La question des campements parisiens est justement celle qui nous conduit à cette évolution très importante qui consiste à faire que tous les demandeurs d'asile enregistrés dans les régions soient répartis de manière plus uniforme sur le territoire, en fonction des capacités d'accueil. Actuellement, l'Ile-de-France compte près d'un demandeur d'asile sur deux alors que nous n'avons qu'une capacité d'hébergement sur cinq qui est localisée sur cette région, soit environ 20%.

IM : Nombre de demandeurs d'asile et d'associations dénoncent l'interdiction de sortir de sa région d'accueil. Ils craignent notamment d'être suivis à la trace via les paiements de leur carte ADA et d'être pénalisés en cas d'entorse au règlement.

B.M. : Il ne faut pas fonder d'inquiétudes déraisonnables à ce sujet. Notre objectif est d'avoir une meilleure répartition des demandeurs d'asile sur l'ensemble du territoire et donc cette orientation régionale n'a de sens que si les demandeurs d'asile qui en bénéficient se conforment à l'orientation qu'ils ont acceptée. Les personnes réorientées en région auront donc une attestation de demande d'asile qui portera la mention de leur région d'hébergement. Voilà comment leur rattachement à un territoire plutôt qu'un autre sera matérialisé. 

À (re)lire : France : l'Ofii change l'ensemble des cartes ADA

Cela dit, il y aura aussi des exceptions qui pourront leur permettre, lorsque cela sera justifié, de changer de région. Quand il s'agira par exemple de se rendre à l'Ofpra à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) pour leur entretien de leur demande d'asile ou à la CNDA à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour leur recours, les personnes pourront se rendre en région parisienne pour accomplir cette formalité. 

Une logique de bons de transports va être mise en place : lorsque la personne quittera le guichet unique après son enregistrement, un bon de transport lui sera remis et délivré par l'agent de l'Ofii pour qu'elle puisse se rendre sur son lieu d'hébergement à des horaires compatibles. On peut aussi envisager des bons de transport pour le déplacement vers l'Ofpra ou la CNDA. 

D'autres cas de déplacement en dehors de la région d'accueil peuvent être envisagés mais cela se fera avec discernement. Il y a des cas de force majeure pour lesquels ce sera accepté ou bien une raison légitime que nous pourrons tout à fait comprendre. Mais il faut bien comprendre que ce nouveau schéma n'a de sens que si les demandeurs d'asile bénéficiant de la réorientation restent dans leur région d'accueil. 

IM : Pourquoi les Outre-Mer ne font pas partie du nouveau schéma d'hébergement ? Qu'est-il proposé pour les demandeurs d'asile sur place ?

B.M. : Nous avons deux situations très différentes. Il y a la problématique évoquée à l'instant qui concerne surtout la France métropolitaine d'une part. Et d'autre part, la situation dans les Outre-Mer. Il est évident qu'on ne va pas proposer d'orientation de demandeurs d'asile en Ile-de-France vers la Guyane ou Mayotte par exemple. Le contexte sur place est radicalement différent avec une demande d'asile qui est importante proportionnellement à ces territoires.

On y rencontre des difficultés de deux natures : d'abord des tensions sur le logement et ensuite des tensions sur le foncier qui rendent très difficile la création de structures d'hébergement pérenne. C'est donc en conjuguant ces contraintes-là que nous envisageons de bâtir un plan d'action spécifique puisque la situation en Guyane ou à Mayotte est incomparable avec celle de la France hexagonale. Nous allons engager un travail avec l'ensemble des acteurs dès le mois de janvier afin d'identifier les bons leviers pour avoir un parc d'hébergement qui réponde à la fois à ce qu'est la demande d'asile dans les Outre-Mer et qui puisse aussi répondre aux contraintes que nous rencontrons sur place. 

À (re)lire : Dans une Guyane saturée, le passage plus si secret de migrants vers la métropole

Pour l'instant, sur ces territoires-là, nous répondons à l'urgence avec un accroissement du nombre de places en nuitées hôtelières car nous n'avons pas encore réuni la capacité de créer des centres d'hébergement pérennes. En Guyane, nous avons plus de 200 places pérennes disponibles, et une cinquantaine à Mayotte mais leur dimensionnement doit être revu. En termes de nuitées d'hôtel, on est actuellement sur un doublement des capacités pérennes.

IM : Nombre de réfugiés statutaires ou de bénéficiaires de la protection subsidiaire peinent également à se loger. Qu'est-il prévu pour eux ?

B.M. : C'est un enjeu majeur de pouvoir faire accéder les réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire à un logement puisque cela participe grandement à leur intégration. Il existe déjà un dispositif de préparation de ces personnes pour l'accès au logement qui est porté par les centres provisoires d'hébergement (CPH). Leur nombre va d'ailleurs augmenter avec plus de 200 nouvelles places en Ile-de-France dès 2021. Nous aurons alors près de 9 000 places de CPH en tout sur le territoire national, donc c'est un effort important. Il y a une vraie mobilisation accrue qui se fait en lien avec le ministère du Logement. 

À (re)lire : France : obtenir le statut de réfugié, et après ?

Les réfugiés ont un parcours d'intégration à réaliser et il peut être parfois difficile de tout mettre en place en même temps : l'accès au logement, à l'emploi, l'apprentissage de la langue, etc. Le but est que les réfugiés puissent quitter le CPH le plus vite possible. Nous avons une vraie obligation de résultat, mais il n'y a pas de durée maximale d'hébergement. Cela signifie aussi se mobiliser en région pour repérer des logements adaptés au profil de ces personnes. Cela va avec la composition familiale, l'intégration par l'emploi, la proximité avec le ou les emplois identifiés pour ces personnes. Tout ceci repose sur l'ensemble du territoire car ce n'est évidemment pas depuis Paris que l'on peut avoir la vision la plus fine et la plus pertinente. Nous avons donc aussi beaucoup déconcentré ce travail en passant le relai aux collectivités locales.

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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