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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Annalisa Camilli (Internazionale) - 24/12/2020

Avec l’hiver qui se dessine à l’horizon, les travailleurs, exposés au virus dans des camps surpeuplés et sans aucuns revenus, ont un besoin urgent d’aides financière et sanitaire.

Nous avons été abandonnés sans aucune information sur la propagation du Covid. La semaine dernière, on nous a informés que certaines personnes à l’intérieur des camps de migrants avaient été testées positives, mais on ne nous a pas dit de qui il s’agissait, et on ne les a pas séparées des autres. Maintenant, on nous dit que les cas positifs pourraient avoir augmenté. »

C’est Mor Dembélé, un travailleur de Côte d’Ivoire, qui vit depuis des années dans le camp de migrants de San Ferdinando, dans la province de Reggio de Calabre, qui parle d’une situation potentiellement explosive après qu’un ordre régional a fait passer l’un des ghettos les plus connus d’Italie en zone rouge.

Dans la nuit du 16 au 17 octobre, les habitants du camp de migrants, qui abrite environ 250 personnes, ont protesté contre la décision de la région de fermer la zone après la découverte de quatorze cas positifs sur trente testés. « Nous n’avons pas pu travailler pendant six mois et, maintenant, on nous dit que nous ne pouvons pas entrer et sortir du camp de migrants, ce qui signifie une nouvelle suspension du travail au moment où la récolte commence. En attendant, personne ne nous a donné de masques, ni d’informations. On nous a empêchés de tenir des réunions : c’est une situation vraiment difficile tant du point de vue sanitaire qu’économique », poursuit Dembélé, qui vit en Italie depuis 2011.

Dembélé ajoute que, au début de la saison de récolte des agrumes, les migrants du camp ont peur à la fois d’attraper le virus et de perdre leur emploi. « Les entreprises de la région ne donnent pas de travail aux Africains parce que la rumeur s’est répandue que nous sommes porteurs du virus. » Le vice-président du gouvernement régional de Calabre, Nino Spirlì, devenu président après la mort deux jours plus tôt de Jole Santelli qui le dirigeait, a publié le 17 octobre un décret mettant le camp de migrants de San Ferdinando en zone rouge.

Le gouvernement régional est inquiet des conditions sanitaires dans la région. Celles-ci ont conduit à une incidence positive de 50 % parmi les trente individus testés, sur une population de plus de deux cents personnes.

Le 13 octobre, la région avait également fait passer en zone rouge le champ de conteneurs utilisés comme logements dans la zone industrielle de Rosarno, prolongeant ainsi les restrictions jusqu’au 26 octobre. Vingt personnes ont été testées positives dans le camp et ont ensuite été isolées dans des tentes installées dans une zone adjacente au camp.

La zone rouge dans le camp de migrants devrait être en vigueur jusqu’au 27 octobre. « Nous avons monté six tentes pour isoler les personnes positives, explique Fabio Costa, responsable du camp de migrants de San Ferdinando. Mais les salles de bains restent partagées et nous ne pouvons pas assurer un véritable isolement », souligne-t-il. Bien que le calme semble maintenant revenu, pendant des jours les travailleurs ont refusé la nourriture distribuée par Caritas et ont demandé à aller travailler dans les champs.

« D’un point de vue social, la mise en place de la zone rouge a laissé les travailleurs dans la misère, car ils n’ont pas de contrat et n’ont droit à aucune forme de soutien ou de protection », explique Ilaria Zambelli, employée de Médecins pour les droits de l’homme (Medu). En juillet déjà, l’ONG avait publié le rapport « La pandémie de Rosarno », qui recueillait des données et des témoignages sur les conditions critiques des travailleurs agricoles pendant l’épidémie.

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Il dénonçait l’exploitation à laquelle ils sont soumis, ainsi que le manque d’installations pour les mises en quarantaine et de plan général de lutte contre la pandémie. « Dans le camp de migrants, aucune structure n’a été mise en place pour isoler les personnes malades vivant dans des tentes. L’hiver se profile à l’horizon, ce qui signifie une possible aggravation de leurs conditions sanitaires en raison des basses températures de ces derniers jours et du froid imminent », poursuit l’opérateur.

« Les toilettes sont partagées, les personnes qui ont été testées positives doivent immédiatement être déplacées vers des lieux de quarantaine appropriés », explique M. Zambelli. Entre 400 000 et 430 000 travailleurs agricoles en Italie sont employés de façon irrégulière chaque année par des chefs de la mafia qui contrôlent leurs activités professionnelles quotidiennes, selon les estimations de l’Observatoire de Placido Rizzotto. Parmi eux, plus de 132 000 sont employés dans des conditions de grande vulnérabilité sociale et de grave sous-emploi, à tel point qu’ils sont exposés aux maladies graves et au risque quotidien de perdre la vie à la suite d’accidents du travail, comme ceux ayant eu lieu, par exemple, dans la région de Pontine, dans le Latium, et en Calabre.

Selon le chercheur Marco Omizzolo, « près d’un travailleur agricole sur deux a été employé de façon irrégulière pendant la pandémie ». Normalement, plus de 300 000 travailleurs agricoles, soit près de 30 % du total, déclarent officiellement travailler moins de cinquante jours par an, alors qu’en réalité ils sont trois fois plus nombreux. Pendant la pandémie, les exploitations agricoles ont enregistré une diminution de 20 % du nombre de jours de travail, mais il y a eu, en parallèle, une augmentation officieuse du nombre d’heures journalières et de l’intensité du travail.

Pour l’adjoint au maire de San Ferdinando, Gianluca Gaetano, la situation explosive dans la région est le résultat de longues années de mauvaises politiques qui n’ont résolu aucun problème, auxquelles s’ajoute aujourd’hui une crise sanitaire. « Nous essayons de collaborer avec toutes les organisations qui nous ont aidés sur le terrain ces dernières années, mais nous sommes également frustrés par l’absence d’un plan régional pour faire face à la situation. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire pression sur les travailleurs, nous devons leur apporter un soutien à court terme, et il faut trouver une alternative au camp de migrants à long terme. »

Le nouveau camp de migrants, composé de 64 tentes, a été mis en place après l’évacuation du bidonville en mars 2019, sur ordre de l’ancien ministre de l’intérieur Matteo Salvini. En plus des 266 personnes hébergées dans le camp de migrants, on estime à 1 500 le nombre de travailleurs vivant dans des fermes abandonnées dans la campagne environnante.

Selon Gaetano, il faut un plan à court terme avec une aide au revenu, ainsi qu’un plan à moyen terme avec un fonds pour le loyer et le logement ou des maisons d’hôtes pour les ouvriers agricoles : « À l’heure actuelle, la mort de la présidente de région Santelli a créé un vide de pouvoir dans la région et, de plus, le mythe du migrant transmettant le virus provoque la peur et alimente les tensions sur le territoire. »

Le 20 octobre, le maire de San Ferdinando a envoyé une lettre à la préfecture locale et aux autorités régionales pour demander une rencontre. Ses propositions comprenaient « le gel du nombre de migrants ayant le droit de séjourner dans le camp ; l’expulsion des personnes non autorisées ou sans droit de séjour sur le site et de tout migrant responsable de dommages et de désordre public ; le retrait définitif des tentes inutiles, en particulier celles qui sont gravement endommagées ; la prise de toutes les mesures nécessaires pour rendre possibles ces initiatives sur l’ensemble du territoire, en utilisant les ressources financières garanties par le conseiller régional Gallo ».

Le manque d’accès à la sécurité sociale pour les travailleurs, qui dans de nombreux cas n’ont pas de contrat de travail, a encore aggravé la situation sociale, selon les opérateurs de Medu. « La récente amnistie s’est également avérée totalement inefficace dans le secteur agricole, en particulier dans la plaine de Gioia Tauro, elle n’a pas permis d’améliorer les conditions de travail des travailleurs », poursuit Medu.

Pour l’organisation, il était prévisible qu’au début de la saison de récolte des agrumes l’arrivée de travailleurs saisonniers provenant d’autres régions italiennes pourrait entraîner une augmentation du nombre de cas de Covid-19 : « Mais les autorités n’ont prévu aucun protocole spécifique. »

Pour Ilaria Zambelli, du Medu, le risque est maintenant que les travailleurs, qui ont peur de perdre davantage de jours de travail, ne se tournent même pas vers les autorités sanitaires dans les mois à venir s’ils présentent des symptômes de Covid-19 et qu’ils deviennent encore plus invisibles, ce qui contribuerait à la propagation de la maladie.

Selon Francesco Piobbichi, de Mediterranean Hope (« L’espoir méditerranéen »), il s’agit « d’une catastrophe annoncée, qui aurait dû être évitée ». Selon l’opérateur, la situation est aujourd’hui encore plus critique, car les ouvriers, qui travaillent illégalement ou semi-illégalement, n’ont pas de revenus, et la tension actuelle ne contribue pas à résoudre le problème sanitaire.

« Ils veulent aller travailler à tout prix et n’acceptent pas la quarantaine. Pour rouvrir le dialogue avec eux, il faudrait envisager une forme de revenu pour ceux qui sont en quarantaine. Et cela ne s’applique pas seulement aux travailleurs de la plaine de Gioia Tauro, mais à tous les travailleurs essentiels qui, s’ils sont forcés de s’isoler, risquent de se retrouver privés de moyens de subsistance. »

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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