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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Nejma Brahim - 27/12/2020

Les arrivées de migrants aux Canaries ont fortement augmenté cette année. Ils sont bloqués depuis des mois, en raison de la pandémie et de la fermeture des frontières. Au risque de tensions avec la population locale. Certains sont transférés vers des campements au nord de Gran Canaria.

rguineguín (Espagne).– Ils sont assis sur un banc et regardent les voitures défiler. Il est 10 heures et Oumar*, Mohamad et Bassirou tuent le temps, là, à seulement cinq minutes à pied du port d’Arguineguín qui les a vus débarquer il y a six mois, au sud de Gran Canaria. « On est partis du Sénégal, on était 36 dans un cayuco », confie le premier. L’été dernier, les trois comparses ont décidé de quitter le Mali ensemble pour rejoindre Saint-Louis par la route. Ils embarquent alors pour une nouvelle vie.

À 20 ans, ils fuient « la guerre » et l’instabilité politique de leur pays, cette « vie difficile » dans laquelle ils ne se projettent pas. L’un veut rejoindre Paris, où son père et son frère vivent déjà, les autres espèrent s’installer à Barcelone, où des frères les attendent. « On n’aspire pas à rester aux Canaries, précise Oumar. C’est juste qu’on a préféré passer par le Sénégal plutôt que par la Libye, où c’est très compliqué maintenant. »

Au 20 décembre 2020, 21 524 personnes ont rejoint l’archipel espagnol selon le Haut Commissariat aux réfugiés, contre 2 700 en 2019. Cette route migratoire, longue de plus de 1 000 kilomètres et très empruntée en 2006, semble s’être réactivée (lire notre entretien ici), attirant surtout de jeunes hommes originaires du Maroc et d’Afrique de l’Ouest.

Deux migrants subsahariens observant le port d'Arguineguin, où ils ont débarqué en novembre 2020. © NB.
Deux migrants subsahariens observant le port d'Arguineguin, où ils ont débarqué en novembre 2020. © NB.
 

Depuis quelques mois, et après avoir été « maintenus » au port de cette petite ville côtière de Gran Canaria, Oumar et ses amis sont hébergés dans un hôtel non loin de là. Les traits tirés, le trio semble usé. L’un d’eux est obnubilé par la peau de ses avant-bras et de ses mollets, qui pèle sans qu’il ne sache pourquoi. Miguel, un Canarien âgé de 15 ans, vient interrompre leur ennui. « Hola ! Todo bien ? », leur lance-t-il avec un grand sourire, avant de leur tendre un sac contenant de la nourriture. D’autres Subsahariens, assis à l’arrêt de bus, s’en voient proposer également.

« Ça arrive souvent que des gens nous donnent à manger, leur gentillesse nous réconforte », commente B., un Guinéen. Lui et son cousin sont partis depuis la Mauritanie en novembre, à bord d’une embarcation de fortune transportant 45 personnes. « On a mis cinq jours à rejoindre les Canaries, c’était catastrophique, car il y avait beaucoup de vent et de houle », raconte-t-il, précisant qu’une femme et un enfant de cinq ans étaient à bord.

« La Libye, c’est trop loin et trop dangereux. Là-bas, les passeurs, c’est la mafia, ils peuvent t’arnaquer ou même te tuer avant le départ juste pour garder ton argent. Et puis, c’est beaucoup plus cher », explique-t-il, ajoutant qu’en empruntant la route des Canaries, ils ont pu se cotiser pour acheter une pirogue et de quoi se sustenter durant la traversée, réduisant ainsi les coûts.

Après avoir été secourus par les sauveteurs espagnols et ramenés au port d’Arguineguín, la Croix-Rouge, qui gère l’accueil des migrants sur l’île, a pris le relais. « Certains d’entre nous étaient épuisés. On nous a donné à boire et à manger et des couvertures. On a dû respecter une quarantaine de 14 jours avant de pouvoir sortir. Ça fait du bien de retrouver du lien social, car l’isolement n’était pas facile. »

L’hôtel où ils sont pris en charge accueille, selon eux, entre 500 et 600 personnes de nationalités différentes. Il est lui aussi géré par la Croix-Rouge. En marchant vers le port d’Arguineguín, B. et son ami évoquent les difficultés rencontrées en Guinée, notamment depuis les élections en octobre dernier. Il débloque l’écran de son smartphone et fait défiler les photos d’autres exilés hébergés à l’hôtel : une femme pleine de bleus, un homme blessé à la tête, un autre le pied ensanglanté.

« On part parce qu’on n’a pas le choix »

« C’est pour ça qu’on quitte notre pays. Nos droits sont violés. Certains sont torturés, d’autres disparaissent. On entre chez nous et on frappe nos parents sous nos yeux. On n’aurait jamais imaginé prendre la mer un jour, on était bien chez nous, aux côtés de nos proches. On part parce qu’on n’a pas le choix. »

Sur la gauche, le bateau de sauvetage en mer, reconnaissable à sa taille et à son teint orangé, est à quai. La veille en fin d’après-midi, il portait secours à une quarantaine de personnes à bord d’une embarcation en direction de Gran Canaria. « C’est vrai qu’on a eu beaucoup plus d’arrivées cette année », reconnaît l’un des sauveteurs.

Au bout du quai, Luis, un habitant d’Arguineguín, promène son chien et constate que le camp temporaire de la Croix-Rouge, servant à maintenir les exilés à leur arrivée avant leur transfert à l’hôtel, a été évacué [fin novembre, sur demande de plusieurs organisations qui dénonçaient des conditions d’accueil indignes – ndlr]. Le quarantenaire a grandi ici. Il évoque les Canaries comme une « terre de passage », où il y a toujours eu des migrations.

« Avant, les migrants passaient par le nord du Maroc ou la Libye. Mais là, c’est plus simple et plus court de passer par les Canaries, assure-t-il. Cette année, c’est une invasion. Sauf qu’avec la pandémie, le tourisme a beaucoup chuté et c’est devenu très difficile pour les locaux, car il n’y a plus de travail. »

Luis jette un œil à la rive, en face : il est agent d’entretien à l’Anfi hôtel, qui emploie habituellement 400 personnes. « Aujourd’hui, l’établissement tourne avec dix employés. On a 120 clients cette semaine contre des milliers à cette période en temps normal. Les Canaries vivent du tourisme mais tout est à l’arrêt. »

Les bateaux des sauveteurs espagnols, au port d'Arguineguin. © NB.
Les bateaux des sauveteurs espagnols, au port d'Arguineguin. © NB.
 

De la pêche artisanale, aussi. Au port, des banderoles accrochées aux bateaux viennent justement le rappeler : « Vivimos del tuno » (nous vivons du thon), « El virus mata, sin atun mas » (le virus tue, la pénurie de thon encore plus), « Canarias libre de cuotas » (les Canaries sans limitations de pêche), peut-on lire çà et là. Depuis quelque temps, des bateaux étrangers pratiquent la surpêche du thon au large des côtes canariennes, mettant en difficulté les pêcheurs artisanaux.

« On n’a jamais été autant en difficulté. À côté de ça, les migrants sont hébergés gratuitement, on leur donne à manger et des vêtements, ensuite ils prennent des photos qu’ils envoient au pays et ça en attire d’autres. Ce n’est pas du racisme, c’est une question de survie. Si je tends la main à un exilé, il va m’entraîner avec lui dans la misère », dit-il en mimant son bras chuter vers le bas.

Et d’en vouloir aux hôtels qui accueillent les migrants depuis plusieurs mois : « Ils prennent l’argent de l’Espagne et de l’Union européenne. La municipalité de Mogán est en train de les attaquer, car c’est illégal. »

Sur le front de mer, assis en petits groupes face à la plage où une poignée de touristes est occupée à bronzer, des dizaines de Marocains scrutent l’horizon. « On est arrivés par ici, confie l’un d’eux en pointant du doigt le port. On nous a installés par terre pendant des jours avant que la Croix-Rouge ne nous transfère à l’hôtel. »

C’était il y a trois mois. Depuis, ils « survivent ». Et espèrent rejoindre l’Espagne dès que possible. « En temps normal, les autorités canariennes ferment les yeux et les laissent prendre l’avion pour gagner la péninsule avec leur passeport marocain. Mais depuis dix jours, la police aux frontières fait blocage à l’aéroport », note Raphaële, une membre du réseau Migreurop qui suit de près les migrations aux Canaries.

« On a compris qu’ils avaient stoppé les vols à l’aéroport. Avec le virus, tout est compliqué. Mais on ne nous donne aucune information, donc on attend », chuchote Jamal, dont les amis hochent la tête comme pour insister sur ce dernier point.

« Les conséquences de la crise sanitaire et des difficultés socioéconomiques »

En fin de journée, près de la station balnéaire Maspalomas au sud de l’île, une dizaine de jeunes Marocains et Subsahariens sont assis sur les murets de l’hôtel Oasis Vista. Un agent de sécurité surveille les allées et venues, vérifiant l’identité de chaque personne. Les lieux sont impénétrables. « On ne laisse entrer personne ici », lâchent deux employés de la Croix-Rouge à l’air las.

« On vit une situation très difficile », enchaîne la responsable du centre d’accueil, qui finit par sortir : « Il y a tellement de choses injustes qui se disent sur la Croix-Rouge et les migrants que nous préférons les protéger. Même si la police venait, je ne la laisserais pas entrer. » Selon elle, 350 exilés sont hébergés là, bien que ce soit « aléatoire ». Une vingtaine d’hôtels ont ainsi été transformés en centres d’accueil temporaires à Gran Canaria.

En évoquant les campements construits au nord de l’île, à Las Palmas, la coordinatrice du centre fait la moue. « Il y a même un camp militaire. Ils ont déjà commencé à transférer les migrants là-bas, même certains de notre centre », confie-t-elle en précisant ne pas pouvoir donner davantage d’informations. Contacté par Mediapart, le bureau de la Croix-Rouge n’a jamais donné suite.

La responsable signifie aux résidents de rentrer. Dans la rue attenante, les grillages bâchés qui encerclent l’établissement ne laissent rien entrevoir. Autour de l’Oasis Vista, plusieurs autres hôtels, comme le Vista Flor et le Waikiki, accueillent des migrants.

Le lendemain midi, au nord de l’île, Raphaële retrouve Txema Santana au bureau du CEAR (Comisión Española de Ayuda al Refugiado). En décembre, le responsable plaidoyer de l’agence, qui traite les demandes d’asile aux Canaries depuis 32 ans, note une baisse des arrivées sur l’île, qu’il explique par des conditions météorologiques peu favorables.

« Entre septembre et novembre, les mouvements ont été bien plus importants, indique-t-il. Ce sont les conséquences de la crise sanitaire, la chute du tourisme, les difficultés socioéconomiques et le manque de perspectives d’avenir qui ont poussé ces populations à la migration. » Les changements climatiques au Mali, la surpêche au large du Sénégal ou le fait que les jeunes hommes soient souvent inscrits à l’école coranique, sans formation professionnelle, sont d’autres phénomènes ayant pu conduire à une hausse des départs cette année.

Selon les chiffres du CEAR, 10 à 11 000 migrants seraient présents sur l’ensemble des Canaries, dont 7 500 à Gran Canaria. Sept centres d’accueil ont été créés sur l’archipel, avec l’objectif de « vider » les hôtels au 31 décembre. « Ce délai est impossible à tenir. 3 000 places sont disponibles à Tenerife mais l’île est fermée. À côté de ça, 50 % des places dans la péninsule sont vides, mais on laisse les gens vivre ici sous des tentes », déplore Txema.

« Cela fait 26 ans que le premier bateau de migrants a débarqué aux Canaries. Il est incompréhensible que les autorités espagnoles n’aient pas développé une politique migratoire structurelle d’une part, et qu’elles n’aient pas pris en compte le contexte de la pandémie et la pauvreté chronique d’autre part », poursuit le représentant du CEAR, rappelant que 35 % des Canariens sont en situation de pauvreté ou risquent de l’être. Une situation qui suscite une certaine « crispation sociale » et un sentiment d’envie inapproprié chez les locaux, qui peuvent se sentir « abandonnés au profit des migrants », explique Raphaële.

Yassin et deux autres jeunes Marocains, sur les hauteurs du camp Collegio León, à Gran Canaria. © NB.
Yassin et deux autres jeunes Marocains, sur les hauteurs du camp Collegio León, à Gran Canaria. © NB.
 

Au sud de Las Palmas, le Collegio León, un établissement désaffecté, sert depuis peu à l’accueil de migrants marocains. C’est le premier des sept centres à avoir ouvert mi-décembre, il est géré par la Cruz blanca. Situé en contre-bas d’une route bordée d’habitations, dans un quartier populaire, le campement laisse apparaître douze grandes tentes blanches, tatouées du drapeau de l’Union européenne et installées dans la cour de l’ancien collège.

En milieu d’après-midi, sur les hauteurs du camp, plusieurs jeunes sont assis dans l’herbe et observent ce qui leur sert d’abri depuis deux jours. « On était dans un hôtel à Playa del Ingles [au sud de l’île – ndlr]. Ils nous ont transférés ici avant-hier soir. Il n’y a que des hommes et des Marocains », raconte Mehdi*, derrière le grillage de l’une des entrées de l’établissement.

À 27 ans, il est l’aîné de quatre sœurs et le seul à pouvoir travailler. « J’étais plombier, mais ça ne suffit pas à nourrir la famille. J’ai décidé de partir pour rejoindre Madrid ou Cuenca, où j’ai de la famille, et trouver un travail qui me permettrait d’aider ma famille au Maroc. C’est tellement difficile d’améliorer ses conditions de vie en étant là-bas. »

Lui et 21 autres personnes, dont deux mineurs, sont partis en barque depuis Dakhla. Près des côtes canariennes, la coque de la barque s’est fissurée, laissant l’eau s’infiltrer. « On a eu peur de mourir, on a commencé à prier. Puis les sauveteurs sont venus nous secourir », se souvient-il, précisant que c’était « la seule route » leur permettant de rejoindre l’Espagne, notamment à cause du renforcement des contrôles à la frontière au nord du Maroc.

De l’autre côté, toujours sur les hauteurs qui entourent le camp, d’autres hommes errent dans cette attente éternelle d’une autre vie. « On doit être 250 là-dedans, précise Yassin, qui cumulait les petits boulots au Maroc sans pouvoir s’en sortir. Chaque tente est divisée en deux compartiments et chacun d’entre nous a un lit pour dormir. En journée, on a le droit de sortir jusqu’à 21 heures. »

À terme, le camp doit accueillir 700 personnes. Sous le préau du collège désaffecté, des tables ont été installées et font figure de réfectoire pour les repas. À l’extérieur, des vêtements sèchent au soleil, suspendus à un fil.

Le camp Collegio León, près de Las Palmas à Gran Canaria, qui accueille des migrants marocains depuis mi-décembre 2020. © NB.
Le camp Collegio León, près de Las Palmas à Gran Canaria, qui accueille des migrants marocains depuis mi-décembre 2020. © NB.
 

Tous expliquent rester à proximité du camp pour éviter de croiser la police. « Un agent de sécurité m’a tabassé un soir à Puerto Rico [une autre commune de Gran Canaria – ndlr]. Il m’a volé tout mon argent, soit 400 euros », assure l’un d’eux. Un autre, qui serait rentré ivre au camp la veille, aurait été embarqué par la police. « On nous a dit qu’on ne le reverrait pas. »

« Il a sûrement été emmené au centre d’internement des étrangers, équivalent aux centres de rétention administrative en France, en attendant son expulsion », commente Raphaële. Connu sous le nom de « Barranco Seco », celui-ci se situe au nord de l’île.

Tandis que le ciel s’assombrit pour accueillir la tombée de la nuit, des adolescents remontent les escaliers vers les habitations entourant le camp. Ils saluent les Marocains sur leur passage, puis leur proposent d’aller faire quelques passes. Les uns parlent espagnol, les autres arabe, mais le ballon de foot est un langage universel. « C’est la première fois qu’ils nous proposent de jouer avec eux, se réjouit l’un des jeunes Marocains. On pensait qu’ils ne nous aimaient pas trop dans le coin. »

La petite placette prend vie au rythme des cris et des rires qui accompagnent la partie de foot. « C’est comme ça qu’ils se feront accepter dans le quartier. Les parents vont voir que ça se passe bien, et pour les plus conservateurs, ça suffira sans doute à les rassurer », conclut Raphaële.

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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