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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Rue 89 | 16/10/2011

Pour un simple document, Florian a dû passer la nuit dehors, dans le froid, avec des dizaines d'autres personnes, devant la sous-préfecture d'Antony. Récit.

 
Dans son précédent témoignage, Florian racontait la galère que sa femme (japonaise) et lui ont dû affronter pour obtenir une copie du titre de séjour de celle-ci, après le vol de son sac à main. Arrivés très tôt deux matins de suite, la queue était trop longue et ils n'ont pas été reçus par la sous-préfecture d'Antony (Hauts-de-Seine). Ils ont donc convenu qu'il fallait passer la nuit devant l'administration, comme de nombreuses personnes, pour avoir une chance de pouvoir rentrer.
Refusant de laisser ma femme coucher dehors pour un coup de tampon sur une feuille, je m'y suis donc rendu dans la nuit du 12 au 13 octobre, à minuit. Voici le récit de ma nuit passée à faire la queue avec des dizaines d'autres étrangers.

Minuit, déjà du monde. Ambiance chaleureuse

Lorsque j'arrive devant la porte de la sous-préfecture d'Antony, située loin de tout commerce, restaurant ou café, une dizaine de personnes d'origines et de nationalités très différentes sont déjà présentes.
Mais contrairement à ce que j'imaginais, l'ambiance est plutôt chaleureuse et le petit groupe d'inconnus qui s'est formé discute joyeusement. Les anecdotes de chacun, les échanges sont souvent conclus par des éclats de rires collectifs. En fait, on ressent tous la même chose : ce soir, nous sommes frères, frères de galère. Et ça, forcément, ça rassemble. Je suis un peu rassuré. La nuit ne sera peut-être pas si longue. Ou plutôt non, elle sera juste un peu moins pénible...

1 heure du matin. Quelques gâteaux circulent

Une queue se forme et une trentaine d'individus campe déjà sur place, alignés. Tous sont là pour la même chose : entrer dans ce lieu qu'est la sous-préfecture d'Antony, symbole d'archaïsme administratif et coupable d'agissements graves sur des individus.
Certains ont apporté des chaises. Les autres sont assis sur les murets ou à même le sol. Il ne fait pas encore trop froid. Quelques gâteaux circulent. L'ambiance reste joyeuse et chaque nouveau galérien est accueilli chaleureusement par les autres. Ça ne va pas durer.

2 heures. Le calvaire d'une jeune étudiante brillante

A 2 heures du matin, la jeune fille située juste derrière moi et originaire d'un pays du Golfe reçoit un appel téléphonique. Le dialogue qui s'ensuit me paraît surréaliste. Ce que je retiendrai de celui-ci, c'est cette phrase :
« Oui, oui C'est bon ! Je suis trop contente, je suis dans les vingt premiers ! Cette fois, je crois que ça passera. Ouais, bonne nuit ! »
Comment peut-on décemment être « trop contente » de passer la nuit dehors pour quelques formalités administratives de base ?
Voulant éclaircir le mystère de cette joie insensée, j'entreprends une discussion plus sérieuse avec cette jeune femme, qui s'avère être une étudiante brillante, parfaitement trilingue et suivant des cours dans une grande école. Elle me relate son expérience :
« En fait, c'est le cinquième jour que je fais la queue. La première fois, la personne du standard téléphonique d'Antony m'a dit de me présenter à la sous-préfecture, en me conseillant cependant de “venir un peu en avance, car il y a un peu de monde le matin”. Je suis donc arrivée à 8 heures, soit 45 minutes avant l'ouverture. En découvrant qu'il y avait 300 personnes, j'ai halluciné. Evidemment, on ne m'a pas fait entrer.
Je suis donc revenue le lendemain, à 7 heures. Là encore, trop de monde. Le surlendemain, je suis venue à 6 heures. Idem, impossible d'entrer. Le quatrième jour, je suis donc arrivée à 4h30, pensant que cette fois, ce serait bon ! Mais je suis repartie en pleurant, dégoûtée de m'être derechef fait renvoyer !
Cependant, comme la loi m'oblige à faire cette foutue démarche, je n'ai pas eu le choix : ce soir, je dors devant la porte de la sous-préfecture. Mais je suis bien contente d'être dans les premières ! Et puis ne nous plaignons pas. Il ne pleut pas, il ne gèle pas. Ça pourrait être pire… »
Et quand je lui demande ce qu'elle est venue faire exactement comme démarche, sa réponse a de quoi choquer davantage :
« Oh, je suis juste venue pour faire un changement d'adresse sur ma carte de séjour. Je viens de déménager... »

3 heures. Il fait froid. Nous sommes 65.

Pendant que nous discutons et refaisons le monde, d'autres personnes continuent d'affluer. Il est 3h30 du matin et il commence vraiment à faire froid. Tout devient calme.
Certains étalent des journaux sur le béton et s'allongent, comme des SDF. Tous se réchauffent avec leurs gros pulls apportés pour l'occasion. Deux jeunes femmes grelottent sous leurs couvertures et l'une d'elle lance, sans que personne ne le remarque :
« Nous sommes déjà environ 65 et nous n'osons même pas nous avouer la cruelle réalité qui nous fait face : dans vingt ou trente minutes, tous ceux qui débarqueront ici ne seront pas garantis de pouvoir entrer dans la sous-préfecture. Cette dernière n'accepte en effet que 80 personnes en moyenne par jour. »

4h30. Déjà trop de monde

Je suis fatigué mais je n'arrive pas à fermer l'œil. La file s'étend désormais jusqu'au coin du bâtiment. Je quitte mon rang pour me dégourdir les jambes et je discute avec un Vietnamien et un Congolais qui viennent d'arriver. Ils ne sont pas certains d'être dans la partie qui parviendra jusqu'au guichet. Mais ils restent dans la queue, car ils espèrent.
Le Congolais, chef d'entreprise, m'explique :
« La situation est intolérable. Je suis un homme d'affaires e t j'ai vécu quinze ans dans plus de cinq pays. La France est le seul qui ne permette pas de faire de telles démarches par Internet. Ou au moins une partie ! On ne peut même pas imprimer les formulaires en avance !
Mais personne ici n'ose crier son dégoût. Parce que si tu fais trop de bruit dans un établissement public, un vigile te tombe dessus et tu es mis dehors. Donc tu n'as pas d'autre choix que de l'écraser. »

7 heures. 250 personnes

J'ai somnolé trente minutes et je suis éreinté. Tous mes voisins sont recroquevillés sous leurs couvertures. Deux Coréennes regardent sans se lasser des films sur leur ordinateur portable depuis minuit. Les batteries d'ordinateur sont visiblement plus résistantes que nous.
Je lève la tête et je constate que la file est désormais immense. L'ambiance n'est plus vraiment à la solidarité car on ressent une concurrence féroce entre toutes les personnes présentes. Chacun se dévisage et les regards en disent long : il vaut mieux être devant que derrière son prochain.
Mais de toute façon, c'est peine perdue, les trois-quarts n'entreront pas aujourd'hui dans la sous-préfecture. Il reste 2h45 avant que les portes ne s'ouvrent... Il fait froid. Ma femme m'envoie un texto. Elle est dans le RER et arrive avec quelques croissants à distribuer. Le jour se lève.

8h20. Je cède ma place à ma femme

J'ai la tête vidée. Un vigile et une jeune policière arrivent pour organiser la file d'attente qui dépasse sûrement les 300 personnes. On sent que la situation est un peu tendue mais les deux représentants de l'ordre public sont aimables. Tout se passe bien.
La plupart des hommes de nationalité française ayant couché ici pour permettre à leurs femmes de rester au chaud cèdent leur place. Moi aussi, je laisse ma femme prendre ma position. Mon épouse est extrêmement gênée et presque honteuse de pouvoir passer devant tous ces gens qui ont attendu si longtemps dehors…

8h45. Au compte-goutte... l'indignation règne

Les portes ouvrent à l'heure, à 8h45, et nous passons au compte-goutte. J'ai beau être arrivé le dixième hier soir, ma femme reçoit le numéro 20. Les dix autres étant des femmes enceintes et des personnes jugées prioritaires. On nous annonce qu'il nous faudra cependant attendre environ deux heures supplémentaires pour qu'un guichet se libère. Pour moi, cette attente interminable devient un supplice. Pour les autres aussi. Mais au moins, il fait chaud à l'intérieur du bâtiment.
Dehors, l'indignation règne. Plus de 220 personnes se voient refoulées et on leur demande de revenir plus tôt le lendemain. Certaines femmes, pourtant arrivées vers 5h30, se mettent à pleurer. Je constate avec aberration que plutôt que de remettre en question ses prestations de service (inexistant), l'administration française préfère faire jouer la surenchère du « lève tôt ». Je me dis qu'à ce rythme, il faudra bientôt passer deux nuits dehors pour espérer entrer dans ce fichu bâtiment.

11 heures. Amabilité et service minimum

Il est 11 heures pile et notre numéro est enfin appelé. L'accueil que nous réserve la guichetière est glacial. Je ne distingue même pas son « bonjour ». En dix minutes, tout est réglé. Ma femme obtient le récépissé pour sa carte de séjour volée dans le métro parisien.
Pour ne pas avoir à revenir dans cet enfer et par manque d'informations précises, nous avons apporté le maximum de documents. Et la guichetière a visiblement trouvé utile de nous le faire remarquer. D'un ton extrêmement désobligeant, elle nous lance :
« C'est juste pour un duplicata, pas une demande ! Je n'ai pas besoin de tout ça ! »
L'amabilité cadavérique de cette femme contraste terriblement avec la magnifique tenue colorée antillaise qu'elle porte sur elle. La fatigue m'est finalement d'une grande utilité : je n'ai même pas la force de lui balancer à la figure tout le bien que je pense de son manque de recul, de courtoisie et de considération.

A 11h05, la queue s'est volatisée

Je viens de faire onze heures de queue, dans le froid, uniquement pour déposer quatre malheureuses photocopies (facture EDF, passeport, déclaration de vol, et trois photos d'identité.). La présence du demandeur étant obligatoire, il n'est même pas possible d'envoyer simplement ces documents par La Poste.
A l'extérieur, tout est étrangement désert. La queue s'est volatilisée.
En tout, nous avons attendu 23 heures en espérant pouvoir entrer dans ce Disneyland de l'administration française. Mais avec les manèges, l'accueil et les rires en moins...
Pour info, la démarche que nous venons d'opérer va nous coûter 155 euros. Et cette somme qui nous est demandée me laisse une nouvelle fois un arrière-goût amer dans la bouche. J'ai un peu l'impression d'avoir payé une chambre d'hôtel. Sauf que les piaules du prestigieux « hôtel France » sont collectives, à la belle étoile et qu'en guise de matelas, on nous offre une dalle en béton.
Y a des gens qui intenteraient des procès pour moins que ça. Le sous-préfet d'Antony, lui, il continue de dormir sur ses deux oreilles de Mickey.





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Vite dit

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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