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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Médiapart | 27 juin 2012





Fribourg, de notre envoyée spéciale

Cheminer le long du lac Léman, chalets en bois, prairies en fleur, Alpes à l’horizon, et débarquer à Fribourg, aux bords de la Sarine, pour rencontrer… un prêtre érythréen. Mussie Zerai vient de s’installer dans cette ville aux parmes et jaunes délavés, à la demande de son « bishop », pour s’occuper en Suisse des ouailles de sa communauté d’origine.

Il quitte Rome, où il a vécu plus de vingt ans, mais il garde son numéro de téléphone portable, et c’est le plus important pour sa mission. Au cours des dernières années, il est devenu l’ange gardien des migrants en perdition en mer Méditerranée, celui qu’ils appellent en dernier recours, quand ils sont désespérés, à bout de vivres, d’eau potable et d’essence pour avancer. « Mon téléphone est toujours ouvert, je reconnais tout de suite les appels de détresse, le numéro qui s’affiche est spécial avec des 888 et des chiffres inhabituels », indique-t-il autour d’un thé, en sachet, dans un restaurant-snack dénué de charme face à la gare ferroviaire.

Son regard noisette est bienveillant et familier, il parle tranquillement, en anglais, tenue simple, polo lâche, pantalon et chaussures de toile, barbe clairsemée de blanc, sac en plastique pour porter ses affaires.

Devant la maison des Missionnaires d'Afrique, à Fribourg.

Devant la maison des Missionnaires d'Afrique, à Fribourg.

Rien d’ostentatoire chez cet homme d’une quarantaine d’années. Attentif aux questions, il y répond précisément, sans chercher à plaire. Son téléphone sonne. C’est Ghirma, l’un des neuf survivants d’une odyssée mortelle en mars 2011. L’embarcation, un canot pneumatique, quitte les côtes libyennes le 27 avec 72 personnes à bord, des hommes, des femmes et des enfants fuyant la guerre et les traitements réservés aux Africains subsahariens.

Dans le rapport d’enquête que le Conseil de l’Europe a consacré à ce drame, le nom de Mussie Zerai apparaît dès les premières lignes. C’est lui que les naufragés contactent en premier, c’est lui qui lance l’alerte initiale auprès des garde-côtes italiens.

Après 18 heures de navigation, les passagers s’inquiètent. Lampedusa n’est pas en vue, alors qu’on leur avait promis une île à portée de main. La mer est mauvaise, certains sont malades, l’humeur change. « Au vu de la situation, écrit la députée socialiste hollandaise Tineke Strik, chargée de l’investigation, ils décident d’utiliser un téléphone satellite pour appeler le père Zerai, dont le numéro leur a été donné comme personne à contacter en cas d’urgence. »

Photo prise par un avion de patrouille français.Photo prise par un avion de patrouille français.

Mussie Zerai se souvient de la conversation : « Ils m’ont demandé de l’aide, ils m’ont dit qu’il y avait des femmes et des enfants, presque plus de kérosène et que les gens vomissaient. Leur bateau était supposé aller vite. Ils pensaient arriver à destination en 14 heures. À ce moment-là, ils n’avaient plus d’eau ni de nourriture. » L’homme d’église raccroche et appelle aussitôt, selon la procédure qu’il a lui-même rodée, le Centre romain de coordination des secours en mer. Il s’efforce d’être le plus concis possible : « Je donne le numéro du téléphone satellite, ce qui les aide à trouver l’exacte position du bateau, des indications sur la météo, la durée du trajet, le nombre de personnes, de femmes et d’enfants, leur nationalité, le type de problèmes qu’ils rencontrent. »

Cette fois-ci, ces données ne suffisent pas. Les garde-côtes ne parviennent pas à localiser l’embarcation. Et ils ne comprennent pas le capitaine ghanéen. Le père Zerai rappelle plusieurs fois, mais son interlocuteur ne sait pas se servir du GPS contenu dans son téléphone, « il me donne son emplacement après avoir fait le calcul avec un compas ». Ça ne marche pas.

Les autorités maritimes demandent alors qu’il envoie un SMS car les SMS renferment la position, « mais là, le capitaine ne répond pas, il n’a plus de batterie ». En contactant l’opérateur satellite Thuraya, elles réussissent à situer le bateau : il n’est qu’à environ 60 miles au large de Tripoli. Un appel de détresse est lancé à l’ensemble des navires circulant dans le canal de Sicile. Des hélicoptères survolent le canot, des bateaux de pêche aussi, et même un énorme navire de guerre, vraisemblablement engagé dans le cadre des bombardements de l’Otan en Libye.

Photos de la marine canadienne et de l'Otan présentant des sauvetages en mars 2011.

Photos de la marine canadienne et de l'Otan présentant des sauvetages en mars 2011.

Interrogés par la suite, les survivants décrivent tous un bâtiment de couleur blanc cassé ou gris clair, suffisamment proche pour distinguer des uniformes militaires. « Certains regardaient avec des jumelles et d’autres prenaient des photos de nous », a témoigné Ghirma au Conseil de l’Europe qui, dans son rapport, souligne que des passagers ont, à ce moment-là, sauté à la mer pour pousser leur bateau en direction du navire et que d’autres ont soulevé les cadavres des bébés et les corps des femmes malades ainsi que les réservoirs vides pour attirer l’attention. En vain.

Personne ne vient à leur secours, les passagers meurent les uns après les autres, à l’exception de quelques-uns, laissés à l’abandon sur ce bateau cercueil. « J’ai rappelé plusieurs fois pour avoir des nouvelles, indique Mussie Zerai, j’ai appelé la base de l’Otan à Naples, je leur ai dit, s’il vous plaît, retrouvez ces gens. Après une semaine, on a lancé un appel avec le HCR, mais rien. »

Le bateau échoue finalement sur des rochers à Zlitan, près de Misrata, à 160 kilomètres de son point de départ, rabattu sur les côtes libyennes. Les onze rescapés sont conduits en prison. Deux d’entre eux décèdent. Les autres sont transférés à Tripoli. Et quinze jours plus tard : « Quelqu’un m’appelle, au début, je ne comprends pas qui c’est. “Nous sommes les survivants”, me répète-t-il. C’était eux ! Ils étaient en Libye, en prison à Tripoli ! Ils étaient en mauvais état. Ils avaient faim, leur peau était desséchée à cause du soleil, du vent et de l’eau salée. Ils avaient survécu en buvant leur urine, ils étaient épuisés. J’ai fait intervenir l’évêque de la ville pour les libérer. »

Ghirma a perdu sa femme. Il vit aujourd’hui à Turin, en Italie, dans un centre d’hébergement en attente d’une réponse à sa demande d’asile. Mussie Zerai reste un repère pour lui, même sur terre. Quand ils raccrochent, ce lundi de juin, 200 kilomètres les séparent, ils promettent de se rappeler bientôt.

« On a une liste, avec tous les noms, c’est tout ce qui reste »

Le prêtre évoque un autre bateau fantôme parti le 22 mars 2011 dont il a perdu la trace et pour lequel aucune enquête n’a été lancée. À son bord, 350 passagers. « Dans les jours qui ont suivi, affirme-t-il, j’ai reçu 300 coups de téléphone de proches appelant des États-Unis, du Canada, d’Arabie saoudite, d’Angola, d’Érythrée, d’Éthiopie et de pays d’Europe, ils voulaient avoir des nouvelles, ils voulaient savoir si j’avais des informations, ils étaient morts d’inquiétude, mais je ne savais pas quoi leur dire. »

« J’ai écrit des lettres au gouvernement transitoire en Libye, à l’ambassade d’Italie là-bas, poursuit-il, j’ai demandé aux journalistes de se renseigner, mais jusqu’à aujourd’hui, nous sommes sans nouvelles de ces disparus. On a une liste, avec tous les noms, c’est tout ce qui reste. » Aucune trace de corps, aucune épave nulle part.

Il se rappelle aussi cet appel désespéré à l’issue un peu moins tragique : « Dans ce bateau, il y avait trois femmes enceintes, dont une qui allait accoucher. J’ai appelé les garde-côtes. Un navire militaire canadien est allé à leur rencontre. Des vivres et de l’eau leur ont été distribués, mais au lieu de les prendre en charge, ils leur ont montré le chemin de la Libye et leur ont dit de retourner là-bas. Les migrants ont dit “non, on n’y retourne pas”. Le navire canadien est parti quand même. Il les a laissés. Deux heures après, la femme a accouché. Du bateau, ils m’ont rappelé pour me prévenir. J’ai de nouveau contacté les garde-côtes, ils ont envoyé un bateau italien et un hélicoptère. Ils ont pris les femmes et les enfants et, plus tard, les autres ont pu être sauvés, sauf ceux qui étaient morts avant. »

À chaque fois, Mussie Zerai fait preuve de la même ténacité, quitte à harceler les autorités concernées. Il décompte une quinzaine d’appels au secours du printemps à l’été 2011, soit d'incessantes conversations pour démêler les situations.

Son numéro de téléphone, il le diffuse lui-même au début des années 2000 par radio, dans plusieurs émissions, quand les passages par la Méditerranée se multiplient et qu’il comprend que, parlant plusieurs langues, le tigrinya (parlé en Érythrée et en Éthiopie), l’arabe, l’anglais et l’italien, il peut être utile à ses compatriotes. « Si quelqu’un a un problème, s’il vous plaît, appelez-moi », disait en substance le message envoyé sur les ondes. Les chiffres magiques se répandent comme une traînée de poudre.

Jusque dans le désert d’où proviennent, ces derniers mois, les SOS les plus pressants. Après le pic observé en 2011 à la suite de la révolution tunisienne et de la guerre en Libye, les traversées par la mer se sont espacées. D’environ 50 000, parmi lesquelles au moins 1 500 décès selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, elles sont passées à quelques centaines. Le Sinaï est désormais au centre de ses préoccupations. Les actuelles expulsions de migrants africains par Israël, la manière dont ils sont raflés et parqués, tout cela le révulse.

Des Érythréens attendant de passer la frontière entre l'Égypte et Israël, le 25 décembre 2010. © Reuters

Des Érythréens attendant de passer la frontière entre l'Égypte et Israël, le 25 décembre 2010. © Reuters

« La situation est dramatique dans cette région à la frontière d’Israël et de l’Égypte, insiste-t-il. Je reçois des appels de migrants qui ont été pris en otages par des trafiquants qui exigent jusqu’à 60 000 dollars pour les libérer. Si leur famille ne paie pas, les ravisseurs menacent de les tuer. Et parfois ils le font et ensuite vendent leurs organes. »

En provenance de la Corne de l’Afrique, les exilés contournent la Méditerranée pour éviter les périls. Ils espèrent rejoindre Israël et y travailler pour gagner de l’argent. Mais, avant même qu’ils risquent de se faire tuer en franchissant la frontière, d’autres dangers mortels les attendent. « Les premiers appels d’otages du désert remontent à 2010. Ce sont eux qui m’ont informé de ce trafic. Ils fuient la Somalie, l’Éthiopie ou l’Érythrée. En chemin, ils sont vendus d’un groupe à l’autre avec la complicité de la police soudanaise. Ils subissent des violences, des tortures. Ils se retrouvent avec des brûlures de cigarette, des marques au fer rouge, on leur coule du plastique fondu sur la peau et les femmes sont victimes d’abus sexuels », témoigne-t-il.

Mussie Zerai ne comprend pas le mutisme de la communauté internationale. Les quelques reportages, de CNN et d’Al Jazeera notamment, n’ont pour l’instant donné lieu à aucune enquête officielle d’aucun pays. Ayant communiqué sur le sujet, il reçoit ses premières sollicitations. Le département d’État à Washington et certains hauts fonctionnaires à Bruxelles semblent tout juste s’émouvoir de ses descriptions.

Lui est habité par ces voix, mélange de peur et de tension, qui l’appellent. Comme celle de cette jeune fille de 16 ans : « C’est la première personne à s’être servie de mon numéro. Elle était érythréenne, elle avait fui son pays avec sa mère. Au Soudan, elle avait été violée par le patron qui employait sa mère comme domestique. Elle s’est retrouvée seule à Koufra en détention en Libye, sa mère étant morte en route. Là, elle a de nouveau été victime de violences sexuelles. J’ai fait ce que j’ai pu. J’ai appelé le HCR, j’ai insisté pour qu’ils interviennent, j’ai contacté l’évêque pour qu’il lui apporte son soutien. »

« Soit ils paient et sont libérés, soit ils sont battus et maintenus en esclavage »

Ces récits résonnent peut-être d’autant plus que Mussie Zerai fuit son pays à l’âge de 17 ans. Une quinzaine d’années auparavant, son père, ingénieur chargé du Plan au côté du roi Haïlé Sélassié, avait ouvert la voie de l’exil. À la suite de la destitution de l’empereur, cet homme lettré avait été arrêté par les militaires. Sa famille, installée à Asmara, avait dû payer pour le libérer. Il avait choisi l’Italie. 

Sans hésiter non plus, son fils prend la direction de Rome quand il est sommé d’intégrer l’armée : « J’avais en tête de devenir prêtre depuis l’adolescence. En plus, j’avais un peu appris l’italien car il y avait une église à côté de la maison. J’y allais pour écouter les prêches. Il y avait les liens culturels liés à la colonisation. Nous avions chez nous des ouvrages en italien que je lisais. Aujourd’hui, cette langue est devenue ma langue maternelle. »

À son arrivée, « par avion, avec un visa régulier », Mussie Zerai enchaîne les petits boulots, « comme tous les migrants », vendeur, réceptionniste dans un théâtre, nettoyage, « tout et n’importe quoi ». « Cette expérience a été importante car elle m’a fait connaître le prix des choses », indique-t-il, comme si son enfance avait été préservée de ce type de soucis. Il obtient le statut de réfugié et, en 2010, est ordonné prêtre, après plusieurs années d’études philosophiques et théologiques. Il est alors logé au Vatican, « dans le collège éthiopien et érythréen fondé en 1481 ».

Sain et sauf et protégé, il crée dès 2006 son association, Habeshia, « cela signifie mixte, mélangé », du nom de la population en majorité chrétienne orthodoxe d’Érythrée et d'Éthiopie. Poussés sur les routes de l’exil par les combats, ses compatriotes se retrouvent éparpillés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Europe, dans les campements de passage des demandeurs d’asile, comme à Patras en Grèce, à Bari en Italie ou à Sangatte en France. Il veut les guider et « donner sa voix aux sans-voix ».

Il a peu de moyens, mais son numéro de téléphone est déjà passé de mains en mains. Vénéré par les quelques militants associatifs qui le connaissent, il relaie autant que possible la parole des migrants auprès d’élus italiens et de responsables européens. « Les gens meurent dans le désert ou en Méditerranée dans l’espoir d’une vie meilleure, constate-t-il. Pourquoi l’Union européenne ne leur donne-t-elle pas une chance ? Pourquoi l’Europe referme-t-elle ses frontières ? Plus les États membres durcissent leur législation, plus ils empêchent les migrants et demandeurs d’asile de venir légalement. Personne ne veut être clandestin. Les gens préféreraient avoir un visa et être en règle. Mais comme on le leur refuse, ils n’ont pas d’autre solution que d’emprunter les chemins dangereux. Pourquoi l’UE ne veut-elle pas voir les conséquences de sa politique ? Quand elle ferme ses frontières, elle sert les intérêts des passeurs. »

Sa colère ne vise pas seulement les pays du nord de la Méditerranée. Mussie Zerai est aussi fâché contre les nouvelles autorités libyennes : « Rien n’a changé par rapport au temps de Kadhafi. Il y a trois semaines, j’ai reçu deux appels, l’un de Benghazi, l’autre de Koufra. Les migrants en rétention se plaignent de la manière dont ils sont traités. Soit ils paient et sont libérés, soit ils sont battus et maintenus en esclavage. Certains m’ont dit qu’ils avaient passé plusieurs jours enfermés dans le noir sans voir la lumière. En même temps, le gouvernement fait ce que les Européens lui demandent. On exige d’eux qu’ils stoppent l’immigration, il faut bien qu’ils mettent ceux qu’ils arrêtent quelque part. »

Progressivement, la Libye ré-endosse son rôle de garde-frontière de l’UE. Mais cela ne suffit pas à empêcher les migrants de migrer. Après plusieurs mois de trêve, les périples par la mer reprennent en mars 2012 en raison des meilleures conditions météorologiques. Convaincu que sa tâche ressemble à celle de Sisyphe, le prêtre-vigie s’inquiète d’abord de sa mutation en Suisse. Comment allait-il pouvoir venir en aide aux siens depuis les vallées verdoyantes et les monts enneigés ? Mais son évêque le rassure. Avec les moyens modernes de communication, il pourrait continuer comme avant.

Le dernier appel au secours remonte à début juin. « Le problème, avance-t-il, c’est quand je n’ai plus de crédits sur ma ligne téléphonique italienne. J’ai peur que des gens cherchent à me joindre et ne me trouvent pas. » Mussie Zerai ne peut compter que sur lui-même. Malgré les services rendus, il ne reçoit aucun financement ni de l’église, ni d’un quelconque gouvernement. « Heureusement, lance-t-il philosophe, je n’ai pas de femmes, ni d’enfants, je peux me consacrer aux migrants. »

                                                                                                                                               Carine Fouteau

 

 

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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