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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018
VENTE D'AFFICHES DANS LE HALL DU CINÉMA UTOPIA DE TOURNEFEUILLE

Le cinéma Utopia de Tournefeuille permet cette année à notre association, le Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu, de récupérer le bénéfice de la vente des affiches des films.
La vente se fera au cinéma Utopia de Tournefeuille le samedi 15 décembre de 16h à 22h et le dimanche 16 décembre de 12h à 20h.

Pour plus d'informations et voir les affiches qui seront mises en vente allez   ici

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Le gouvernement socialiste et son sinistre de l’intérieur Manuel Valls nous ont prévenus: la patrie est en danger, les camps de Roms sont sales, les immigrés continuent de nous envahir, Marine a fait 18% aux présidentielles, par conséquent, il est indispensable de continuer la politique raciste de stigmatisation des étrangers menée par le gouvernement précédent.

Si l’évacuation des campements est un des piliers de cette politique, l’expulsion par charter en voyage organisé ou individuel est une autre caractéristique de ces pratiques éminemment de gauche pour laquelle les électeurs n’ont pas voté.

 

Fatima est une ressortissante marocaine de 39 ans, qui , pour son plus grand malheur, s’est vu notifier une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) suite à un refus de titre de séjour. Placée au Centre de Rétention Administratif de Marseille en attente d’un retour forcé pour son pays, elle refuse par deux fois d’embarquer dans l’avion les 10 et 18 juillet 2012. Un nouveau départ est donc programmé pour le 31 juillet, mais cette fois-ci, l’administration socialiste prépare son coup en envoyant les policiers de l’UNESI, Unité Nationale d'Escorte, de Soutien et d'Intervention.

Les policiers de l’UNESI sont des spécialistes de l’accompagnement des étrangers en situation irrégulière. Un peu comme des animateurs du Club Med qui vont s’assurer que tout se passe bien pendant le voyage et en particulier pendant l’embarquement dans l’avion. Pour mieux comprendre leur travail et leurs méthodes, il suffit de regarder une vidéo mise en ligne par les Inrocks. Elle nous montre un étranger qui refuse de repartir au pays sans rien dire et le fait savoir. (1)

Les policiers travaillent dans des conditions difficiles. Sur la vidéo, on voit bien qu’ils n’ont même pas de place assise et qu’ils sont obligés de s’asseoir sur le monsieur qui refuse les vacances offertes par l’administration française. Il y a des chances que le commandant de bord ait expliqué aux policiers qu’un être humain qui criait n’était pas un coussin et que voyager assis dessus était formellement interdit par le règlement d’Air France. On peut supposer aussi que l’étranger en situation irrégulière et inconfortable s’est vu administrer une bonne dose de calmants pour terminer le voyage tranquillement.

 

Très soucieuse que la ressortissante marocaine qui a osé se maintenir en France sans papiers ne rate pas son avion, outre l’UNESI, la police du centre de rétention prévoit donc de la mettre au frais avant l’embarquement, c’est-à-dire en cellule d’isolement, lundi vers 15 heures, soit plus de 18 heures avant l’heure de départ.

A 19 heures, Fatima appelle sa famille depuis son téléphone portable pour se plaindre de violentes douleurs au ventre et de violences policières. Selon ses proches et son avocat, elle a désespérément essayé d’alerter sur son état de santé qui se dégradait suite à l’absorption de médicaments. Laissée à l’abandon et sans soins, elle aurait tenté de se faire entendre en donnant des coups contre les murs.

On ne sait pas ce qui s’est passé ensuite. En revanche, ce qu’on sait, c’est  qu’à 1 heure du matin, soit plus de 6 heures après son appel au secours à sa famille, elle est emmenée aux urgences de l’hôpital nord de Marseille. L’association Forum Réfugiés qui assiste les étrangers dans la défense de leurs droits pendant leur rétention est informée « d’une pathologie grave affectant les reins et le foie, suite à l’ingestion de substances, et d’une proche intervention en vue d’une greffe du foie ».

De source médicale, on parle également d’hématomes sur le visage et de traces de menottes sur les poignets.

Outre des violences évidentes qui seront prouvées lors de l’exploitation de la bande vidéo de la cellule d’isolement, on apprend que la police aurait obligé la femme a porter un casque pour la protéger des coups qu’elles se donnait… Un casque, des menottes, des hématomes au visage, voilà notre jeune femme transformée par la police en Hannibal Lecter dans « Le silence des agneaux ».

Forum Réfugiés à publié un communiqué dans lequel il est regretté que « la volonté d’aboutir à tout prix à l’exécution de la reconduite de Mme ASFOUR au Maroc l’a emporté sur les considérations humanitaires qui auraient dû conduire rapidement le chef de Centre à alerter les secours pour mettre un terme à une situation de souffrance qui a conduit à un danger vital ». Le communiqué souligne également que «l’exécution de la mesure d’éloignement ne saurait prendre la forme d’un acharnement au péril de l’intégrité des personnes concernées.»  (2) En d’autres termes, reconduire un étranger dans son pays d’accord, mais pas dans un cercueil.

L’ordre des avocats au Barreau de Marseille a également publié sur son site un communiqué qui évoque les « conséquences de la mise en œuvre de traitements inhumains et dégradants au sein du Centre de Rétention Administrative et du recours abusif au régime du placement à l’isolement. » Il rappelle que «le but de la rétention administrative n’autorise en aucun cas le recours à des atteintes à l’intégrité physique des étrangers qui en sont l’objet.» (3)

 

Le cas de cette ressortissante marocaine n’est pas isolé. Il intervient quelques jours seulement après l’enlèvement par la police d’un ressortissant algérien sous les yeux de sa fille de 11 ans, à Lille. Afin de s’assurer de sa coopération, on lui a administré des drogues au centre de rétention et il a ensuite été bâillonné et attaché dans l’avion. (4)

En réalité, ce sont des années de traitements inhumains et dégradants que ces événements tragiques mettent en lumière. La manière dont travaillent aujourd’hui certaines administrations et certains policiers est indigne de notre grand pays toujours prompt à donner des leçons de liberté et de démocratie à la terre entière.

Ce qui était insupportable sous Sarkozy et Guéant n’est pas devenu plus supportable sous prétexte que ce sont Hollande et Valls qui se livrent aux mêmes pratiques.

Philippe Alain           

 

(1) http://www.lesinrocks.com/2011/01/25/actualite/des-passagers-dun-avion-filment-et-contestent-lexpulsion-brutale-dun-etranger-1120687/

(2) http://www.millebabords.org/spip.php?article21246

(3) http://www.barreau-marseille.avocat.fr/upload/2012-info-ordi/12-08-03-communiqua-batonnier.pdf

(4) http://www.educationsansfrontieres.org/article44001.html

 

 

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Vite dit

26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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injustice8/8/2018 - Chauffard ivre, administration ivre, tous les deux responsables et coupables
Un chauffard ivre est considéré par la justice comme responsable des accidents qu'il provoque. Une administration qui met en place une machine à expulser à pleine vitesse doit savoir qu'il est certain qu'une partie des procédures seront mal faites, voire faussées volontairement pour atteindre les objectifs chiffrés exigés. Ce ne sont donc pas des "erreurs de procédure", mais des décisions prises en amont qui, à l'instar du chauffard qui décide de boire, sont de la responsabilité de ceux qui les ont prises.
Documents manquants, contradictions entre des témoignages de tiers et ceux de la police, informations déformées ou faussées, voire inventées de toutes pièces font légion, mais il n'y a rien d'innocent dans ces "erreurs de procédure", quelqu'un a décidé !
Malheureusement les conséquences sont tout aussi graves, des personnes renvoyées aux pays desquels elles ont fui sont condamnées à des traitements inhumains ou dégradants, et même à la mort.
L'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme dispose que "le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi". L'article 3 de cette même convention "interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de leur juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants". Il s'agit d'une des rares dispositions de la Convention qui ne soit pas assortie d'exceptions.
Des "erreurs de procédure" graves de l'administration, nous en voyons trop régulièrement dans les tribunaux pour les étrangers, et elles restent impunies, et même ignorées par ces tribunaux, en totale violation de la constitution, de la loi, et des valeurs de la France.

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7/8/2018 - Violation des conventions internationales, la France persiste et signe
Notre gouvernement se permet de critiquer les USA sur la violation de conventions internationales, mais "en même temps" elle se permet l'hypocrisie de le faire elle même en toute impunité.
Les conventions internationales et européennes des droits des enfants, adoptée et signée par la France en 1989 (quand les droits de l'homme n'étaient pas encore que des mots sur un papier) les protège de toute maltraitance, dont la privation de liberté. Or, une juge du JLD a décidé autrement en maintenant en rétention dans la zone d'attente de l'aéroport de Blagnac une famille de journalistes demandeurs d'asile congolais, avec leur enfant de deux ans et une mère enceinte de six mois, souffrante, qui ont dû fuir en urgence leur pays parce que menacés de mort par leur gouvernement. La juge a certainement considéré que garder cette famille en rétention quelques jours de plus en attendant leur entretien avec l'OFPRA n'allait pas ajouter grande chose au traumatisme déjà subit par leur fuite et l'abandon de leur vie derrière eux.
Certes, les enfants s'adaptent à tout, mais il ne faut pas se leurrer, ils gardent les traces.
La "protection de la France" justifie-t-elle d'ajouter encore à la détresse de cet enfant et de cette famille ?

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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