En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse


Extrait de la carte.Extrait de la carte.
Pour 2012, « près de 420 lieux d’enfermement » de migrants sans titre de séjouront été recensés dans l'Union européenne et plusieurs pays voisins par le réseau Migreurop qui en dresse la carte publiée aujourd'hui par Mediapart.
 

Chaque année, dans l’Union européenne (UE) et chez ses voisins, des centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes sont enfermés ou mis à l’écart au seul motif qu’ils ne disposent pas d’un titre de séjour en règle. Pour la seule année 2009, on dénombrait, rien que sur le territoire de l’UE, près de 600 000 personnes « sans-papiers » enfermé(e)s dans l’attente d’une expulsion, sans compter celles et ceux qui sont détenu(e)s à leur arrivée dans un Etat membre, dans l’attente d’être refoulé(e)s (près de 500 000 en 2009 pour les 27 pays de l’UE) ou relégué(e)s dans des campements informels (jungles de la région de la région de Calais, tranquilos de la région d’Oujda au Maroc), voire détenu(e)s dans les pays voisins de l’Union (Turquie, Libye, etc.).
Depuis dix ans, le réseau Migreurop tente d’identifier ces lieux, dont il n’existe nul recensement officiel, afin de faire prendre conscience à la société civile de cette réalité. La cinquième version de la Carte des camps en Europe et dans les pays méditerranéens que Migreurop publie ici montre qu’ils se multiplient.
 
Cliquez sur la carte pour l'agrandir.
Cliquez sur la carte pour l'agrandir.
Près de 420 lieux d’enfermement ont ainsi été dénombrés, et ce alors qu’aucune information précise n’est disponible pour l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie et la Syrie, pas plus que pour que l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Russie et la Biélorussie, pays éligibles à la politique européenne de voisinage (PEV) et/ou ayant signé un accord de réadmission communautaire. En 2012, la capacité totale connue –soit un peu plus de la moitié des camps recensés par Migreurop– est d’environ 37 000 places. Mais ce chiffre ne traduit qu’une partie de la réalité. D’une part, dans beaucoup de centres, le nombre de personnes effectivement détenues est supérieur à la capacité d’accueil théorique. D’autre part, les autorités ont recours à une multitude d’autres lieux qui ne figurent pas dans les listes officielles (campements informels, locaux (aéro)portuaires, bateaux de la marine marchande, etc.).
Les difficiles conditions matérielles de vie auxquelles les étranger(ère)s détenu(e)s sont confronté(e)s les dissuadent de rester sur le territoire du pays dans lequel ils se trouvent. Ce fut le cas au cours des trois années d’existence du camp de Sangatte (octobre 1999-décembre 2002) dont le dixième anniversaire de la destruction est actuellement rappelé par diverses manifestations dans la région de Calais. C’est encore le cas à Choucha, au sud de la Tunisie, près de la ville frontière de Ben Guerdane, où des centaines de personnes ayant fui la Libye en 2011 restent bloquées. Qu’il s’agisse des camps qui se répandent aux frontières de l’Europe ou des lieux «officiels» de détention, la stratégie des autorités est la même: placer les migrant(e)s hors de l’espace public de telle façon que ce qui se passe à l’intérieur ne soit pas connu à l’extérieur.
Comme Sangatte il y a dix ans, la fermeture du camp de Choucha est annoncée pour 2013. Au nom de la même politique de dissuasion et d’exclusion, les autorités tunisiennes, sous la houlette de l’UE et avec la bénédiction du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), s’apprêtent à abandonner des femmes et des hommes qui ne peuvent retourner dans leur pays d’origine, ni en Libye où la gravité des exactions envers les exilé(e)s n’a pas cessé depuis la fin de la guerre. Pour rappel, c’est dans un contexte similaire que le HCR avait, en 2002, offert son concours aux gouvernements français et britanniques pour « clarifier la situation des étrangers dans le camp » de Sangatte.  On connaît le sort qui est, depuis, réservé aux milliers de femmes et d’hommes qui transitent par la région de Calais : vivre à la rue dans des conditions dégradantes sous le harcèlement quotidien des policiers.
Quotidiennement, les victimes de ces injustices tentent de percer le mur de silence dont on veut les entourer. Comme à Choucha, c’est le cas en Grèce, dans le camp de Komotini où près de 500 migrant(e)s protestent contre leurs conditions de détention. Entre 2010 et 2012, plusieurs centaines de manifestations de révolte ou de désespoir (grèves de la faim, incendies, automutilations) ont été recensées par Migreurop. En Italie, en 2011, un père de famille marocain s’est suicidé dans le CIE (centre d’expulsion) de Milan, deux Tunisiens (à Bologne et à Rome) se sont cousus la bouche pour s’opposer à leur déportation et près d’une trentaine de tentatives de suicide ont eu lieu dans le camp de Lampedusa (1). Ces actes dramatiques constituent les seuls moyens d’expression de celles et ceux que les politiques migratoires condamnent à l’invisibilité. Au-delà, ils montrent que les murs derrière lesquels on veut les rendre inaccessibles au regard extérieur font aussi obstacle au respect des droits, et du droit.
Ce sont ces murs et ces obstacles que le réseau Migreurop veut contribuer à faire tomber, en donnant à voir la réalité cachée de l’enfermement des migrant(e)s. 
(1) Migreurop (2012) Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires, Paris, Armand Colin, 144 p.

 

Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

⚫️

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

⚫️

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

⚫️

19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

⚫️

26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

⚫️

29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

⚫️

reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

⚫️

4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

⚫️

Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

Archive

Powered by mod LCA