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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Libération | 28 mai 2013

Tofone Wahedi. De couture française

Cet immigré afghan travaille à Calais dans une usine qui coud les uniformes des CRS qui le pourchassaient dans la «jungle».

C’est un Afghan à Calais. Mais ce n’est pas ce qu’on s’imagine. Tofone Wahedi, 32 ans, est couturier à La Calaisienne, une usine d’uniformes. Pendant que d’autres Afghans fuient les CRS, de «jungles» en squats sous Valls comme sous Guéant, lui taille des costards à la police. Seul ouvrier parmi 99 ouvrières, et seul immigré de l’usine, il coud des cols de veste pour la garde républicaine, la gendarmerie, l’armée, et désormais la police. L’usine, filiale du groupe Marck, vient de remporter l’appel d’offres contre Armor Lux. En CDI depuis presque quatre ans dans une ville à 17% de chômage, après avoir été migrant à la rue, l’ambassadeur le plus inattendu du «made in France» demande la nationalité française. «Je travaille, je paie des impôts. Je vis comme les Français. A mon avis, j’y ai droit.»

Dans un petit deux-pièces de la rue des Fleurs, il est assis à côté de sa femme, Mariam, 24 ans, brune et pâle, bouche à la Betty Boop dessinée au rouge à lèvres. Elle est arrivée de Kaboul, il y a quatre mois à peine. Ils sortent peu. Elle prend des cours de français, deux jours par semaine. Elle a deux sœurs institutrices en Afghanistan et voudrait devenir coiffeuse. Il rêve d’ouvrir une boutique, et de coudre à nouveau des costumes de A à Z, comme en Afghanistan. «Difficile. Ici, les gens sont pauvres. Ils achètent des chemises à 5 euros, fabriquées en Chine.» Il sert du thé vert à la cardamome et des pignons de pin à décortiquer. Télécommande à la main, il alterne les vidéos des discours de l’ex-président prosoviétique Najibullah, et des clips de la chanteuse afghane Ghazal. Il cherche ses mots en français. «C’est un calme, un timide, dit Pierre Peenaert, bénévole calaisien proche des No Border, quelqu’un qui ne fait pas de bruit.» En persan, Tofone (on prononce «Toufân») signifie «tempête». Aucun rapport ? Tofone Wahedi dit que si, mais que la vie l’a changé. «Petit, j’étais remuant, moins calme, moins responsable que mon grand frère.» Il a fini ceinture noire de taekwondo, champion interclubs en Afghanistan. Contrairement à d’autres, il n’est pas parti poussé par une menace de mort. Il voulait juste «aller le plus loin possible».

Il fait partie de ces migrants dont on entend peu parler, mais qu’on connaît à Calais. Ces Afghans arrivés très jeunes, certains placés par l’Aide sociale à l’enfance, d’autres adoptés, d’autres arrivés moins jeunes, et qui se sont enracinés en silence. Aujourd’hui cuisiniers, infirmiers, prothésistes dentaires, électriciens, traducteurs. «A Calais, ils sont peut-être une quinzaine», évalue Pierre Peenaert. Peut-être plus.

L’Europe ne l’a pas surpris. Tofone Wahedi avait déjà voyagé, deux fois à Moscou avec les Jeunesses communistes. Il est communiste, comme son père, comme son oncle, ancien responsable de la logistique pour la région militaire de Kaboul sous Najibullah. A l’arrivée des talibans, son père a décroché le portrait de Lénine du mur et l’a brûlé, avec sa carte du parti et celle de son fils. Le jeune homme continue d’admirer Lénine, «pas Gorbatchev». Et Mélenchon ? «J’aime bien ce qu’il dit. Il est pour l’augmentation des salaires des ouvriers. Mais ce qui compte, c’est ce qu’il peut faire pour la France. Est-ce qu’il est capable ? Regardez tous ces gens qui ont voté Hollande et qui ne sont pas contents.» Il est musulman. «Sunnite, chiite, chrétien ou sans religion, ce n’est pas important, je ne cherche pas à savoir. Il y a des musulmans qui ont fait pire que les Israéliens. Ce qui compte, c’est d’être un humain et d’avoir un cœur.» Affaire classée. Dans la rue, Mariam sort cheveux au vent, «tranquille», dit-il.

Il est arrivé en France un jour d’avril 2003. Direction Calais et l’Angleterre. Sangatte avait fermé six mois plus tôt, et les premières «jungles» naissaient. Il a fait la queue au repas des associations, dormi dans la forêt, «à trois ou quatre sous une couverture», puis dans un chalet de la plage, puis dans une maison abandonnée. Sur le camping-gaz, il mitonne des omelettes aux oignons et à la tomate, pour améliorer l’ordinaire des associations. «Aujourd’hui, je me dis que je ne pourrais plus le faire.» La technique est simple, c’est toujours la même. On paie un passeur qui choisit un camion sur un parking, la nuit. On s’y glisse à la lumière des lampadaires, on respire dans un sac plastique le temps de passer les contrôles de CO2, les scanners, et le «heartbeat», le détecteur de mouvements, puis il reste à espérer que les chiens ne sentiront rien. Si on n’a pas d’argent, on fait sans passeur, avec des copains. Il faut flairer le bon camion. Les fruits et légumes, les plantes émettent du CO2, on peut espérer berner les vigiles du port. Parfois on grimpe carrément sur le châssis, au risque de mourir écrasé. Et puis, «il faut faire attention aux coups de couteau des passeurs».

Les CRS ? Dix ans avant de leur coudre des costumes, Tofone Wahedi a été épargné. Pas un seul coup de lacrymo. «J’ai été pris une fois, ils m’ont gardé trois heures.» Trop maladroit comme passager clandestin, il s’est résigné à la France. «Je me suis dit : "Si je vais en Angleterre et que je perds ma jambe, qu’est-ce que j’aurai gagné ? Qu’est-ce qu’il y a en Angleterre qu’il n’y a pas en France ?"» Du travail au noir. Un toit pour les demandeurs d’asile. «Le travail au noir, si tu n’as plus de force, tu es à la rue. Un jour, les forces s’arrêtent.»

Pendant les cinq ans qu’a duré son voyage de Kaboul à Calais, entre 1998 et 2003, il est resté couturier. L’Iran a été l’étape la plus dure. «En tant qu’Afghan, on n’a pas droit à un compte en banque, aux études universitaires, on doit payer 1000 euros par an de droit au séjour.» Il vit «dans un sous-sol». Sur la route, «les soldats te frappent, te dépouillent et te revendent à ton passeur comme une marchandise. J’en ai entendu un se vanter d’avoir gagné 18 000 euros en une soirée.» Le passeur kurde, en revanche, sait recevoir. «On a vécu dans sa maison. Ils nous ont nourris, ont lavé nos vêtements. Un jour, après quarante jours de marche, la mère du passeur a égorgé un mouton. En pleine montagne, un barbecue avec toute la famille.» Sur le chemin, la nuit, à la lumière de la lune, entre les champs de mines entre l’Iran et la Turquie, il faut marcher vite, au rythme des montagnards.

Il y a trois ans, Tofone Wahedi a épousé Mariam, une fille de son quartier, en Afghanistan. «Au début, l’Office de l’immigration refusait que je la fasse venir, parce que je gagnais moins de 12 000 euros par an. C’est pourtant plus que les Français qui sont au RSA. J’ai trouvé ça injuste.» Jusqu’à l’arrivée de sa femme, il cuisinait le dimanche pour les migrants chez Salam, mais il ne va jamais rencontrer ses compatriotes sur l’aire de distribution des repas, près du port. «La police s’imaginerait que je suis passeur.» Pour le chambrer, les bénévoles lui suggèrent de laisser quelques aiguilles dans les uniformes des CRS. Il n’est pas contre les frontières. «Si on les supprime, ça sera le bazar. Mais il faut respecter les gens qui les passent.» 

HAYDÉE SABÉRAN                        

En 8 dates

1980 Naissance à Kaboul. 27 septembre 1996 Prise de Kaboul par les talibans. 1998 Départ d’Afghanistan. Avril 2003 Arrivée à Calais. 2008 Carte de dix ans. 26 mars 2009 Embauche à La Calaisienne. 2010 Mariage à Kaboul. Février 2013 Arrivée de sa femme en France.

 

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Vite dit

12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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