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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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RESF | 27/06/2013

Le dimanche 23 juin 2013 au matin, les habitants de Zarzis (Tunisie) se réveillent avec un bateau de plus sur leur plage. Celui-ci n’appartient ni à des touristes ni à de pêcheurs. Le Zodiac est vide, hormis les effets personnels des passagers qui l’occupaient. Trois corps auraient été retrouvés la semaine dernière sur les plages à proximité de Zarzis et été emmenés par la garde nationale mais le bateau aurait pu transporter jusqu’à soixante personnes. Dans quelles conditions les personnes disparues dont on ne connaît encore ni l’identité ni le nombre sont-elles décédées ? Leur bateau a-t-il subitement chaviré ou a-t-il dérivé pendant des jours et des nuits, entraînant la mort de ses occupants ? Ceux-ci ont-ils croisé d’autres embarcations qui ont refusé de leur porter assistance, comme c’est trop souvent le cas ?

Ce Zodiac n’est malheureusement qu’un des nombreux bateaux fantômes dont on ne retrouvera jamais la trace des passagers.Le 10 juillet 2012, le seul survivant d’un groupe de 50 migrants naufragés était secouru au large de Zarzis par des pêcheurs, alors qu’il dérivait depuis des jours accroché au reste d’un Zodiac qui s’était dégonflé [1].





Combien de migrants à la recherche d’une vie meilleure n’arrivent jamais sur les côtes italiennes ? Combien de morts et de disparus faute d’avoir obtenu un visa ou même d’avoir eu accès à un document de voyage faudra-t-il encore pour que l’Union européenne et ses pays voisins daignent s’engager à venir en aide aux boat people ?­

Malgré cette hécatombe, la Tunisie et la Libye n’ont toujours pas délimité leur zone de recherches et de secours en mer (SAR), et les pêcheurs qui prêtent assistance aux migrants courent toujours le risque d’être poursuivis pour aide à l’émigration irrégulière, cela alors même que le secours aux naufragés est une obligation inconditionnelle du droit de la mer.

Enfin, aucun système commun d’identification des corps et de recensement des disparus n’a été mis en place entre les États de la région, laissant des milliers de familles dans l’attente insupportable de savoir si leurs proches sont morts ou encore en vie.

Boats4People [2] déplore une nouvelle fois l’allongement interminable de la liste des morts et disparus en Méditerranée et demande aux gouvernements des États des deux rives :

  • de redoubler de vigilance et d’efforts dans les recherches et le secours en mer ;

  • d’abroger les dispositions législatives telles que la loi de 2004 en Tunisie, la loi Bossi Fini en Italie, la loi 02-03 au Maroc ou l’article L. 613-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en France qui font encourir aux pêcheurs le risque d’être poursuivis pour aide à l’immigration irrégulière s’ils prêtent secours à des migrants ;

  • de cesser toute poursuite contre les marins et gens de mer pour avoir porté secours à des boat-people ;

  • de mettre en place une procédure systématique permettant le recensement des disparus sur les deux rives de la Méditerranée, l’identification des corps, et l’information des familles lors de tout naufrage ;

  • de mettre fin à la signature d’accords bilatéraux qui limitent la circulation régulière des personnes, ne leur laissant guère d’autre choix que de prendre la mer au péril de leur vie.

En absence de tout changement, les gouvernements du Nord et du Sud demeureront responsables des morts et des disparus en Méditerranée.

25 juin 2013


[1] « Un rescapé et 54 morts en mer lors d’une traversée de la Libye vers l’Italie », communiqué de presse du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés en date du 10 juillet 2012, http://www.unhcr.fr/4ffc6e71c.html

[2] Boats 4 People est une coalition internationale d’organisations qui regroupe : FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme), Réseau Euro-Africain Migreurop ; Tunisie : Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux, CETUMA (Centre de Tunis pour la Migration et l’Asile) ; Maroc : GADEM (Groupe Antiraciste de Défense et d’accompagnement des Étrangers et Migrants) ; Italie  : ARCI (Associazione Ricreativa e Culturale Italiana) ; France : CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement), FASTI (Fédération des Associations de Soutien aux Travailleurs-euse-s Immigré-e-s), Cimade, Gisti (Groupe d’Information et de Soutien des Immigré⋅e⋅s), RESF 13 (Réseau Éducation Sans Frontières Bouches du Rhône)

 





 

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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