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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Rue89 Lyon | 17/07/2013



La présence des journalistes est rarissime à l’intérieur des centres de rétention administrative. Pour la première fois depuis le lancement d’une campagne demandant le libre accès pour la presse à ces lieux d’enfermement, deux journalistes ont pu passer les grilles d’un de ces lieux d’enfermement. C’était le centre de Lyon. 

Ni mirador, ni murs d’enceinte mais deux grillages surmontés de barbelés. Voilà jusqu’à présent ce que les journalistes voyaient du centre de rétention administrative (CRA) de Lyon, en bout de pistes de l’aéroport Saint-Exupéry.

Comme ailleurs en France, les demandes de visite formulées par des médias étaient systématiquement rejetées, sans plus d’explication. Seuls les parlementaires ont accès régulièrement à ces centres où transitent chaque année plusieurs milliers d’étrangers en situations irrégulières avant une possible expulsion.
Mais les grilles seraient en train de s’ouvrir. Il y a un an, un collectif d’associations lançait la campagne « open access now » pour demander le libre accès des CRA aux journalistes et aux militants associatifs. Mais aucun n’avait pu y pénétrer. L’attitude du ministère de l’Intérieur semble bouger puisque Manuel Valls a annoncé qu’une future loi prévoira un droit d’accès pour la presse.

Dans le cadre d’une deuxième vague de visites « open access », la députée européenne (PS) Sylvie Guillaume a tenté le coup d’une visite avec la presse. Cette fois-ci, le ministère de l’Intérieur a accepté. Rue89Lyon et l’AFP ont donc pu passer, ce mardi, de l’autre côté des grillages, avec l’eurodéputée Front de gauche, Marie-Christine Vergiat, également de la partie. Reportage.

 

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 L’entrée du centre de rétention de Lyon. Photo : Laurent Burlet / Rue89Lyon

 

Deux grillages pour empêcher les « fuites »

A 9h30, la première grille s’ouvre sur le parking. Nous garons notre voiture. Puis la deuxième grille s’ouvre sur une première cour à laquelle n’a accès que la centaine d’employés (essentiellement 108 policiers de la PAF – Police aux frontières). Le commandant Charles Purchla, directeur du CRA de Lyon,  nous accueille avec, pour tout contrôle, la présentation de notre carte de presse.
D’emblée, il indique ce que nous pouvons faire et ne pas faire :

  • Nous devons coller aux basques des parlementaires.
  • Photos, vidéos, enregistrements audio sont interdits.

Ordre de la direction de la PAF, nous explique-t-il, même s’il déclare trouver cela contre-productif :

« A force de tout maintenir fermé, les gens pensent que nous avons quelque chose à cacher ».

S’en suit un entretien d’une heure avec le commandant dans son bureau. Entre le portrait officiel de François Hollande et une publicité encadrée pour l’aéroport de Lyon, sur laquelle on peut lire cette phrase empruntée à Antoine de Saint-Exupéry : « La grandeur d’un métier est d’unir les hommes ».

Le métier du commandant, justement, est de « mettre en œuvre la mission le mieux possible ». Soit expulser les étrangers en situation irrégulière. Ce qui, en chiffre, se traduit par plus de 1500 personnes retenues en 2012 au CRA de Lyon. 53% étant, au final, expulsées. Pardon, il faut dire « éloignées ».

Car ici, le vocabulaire est sensible. Juridiquement, les personnes ne sont pas détenues mais sous le coup d’une mesure administrative de « rétention ». Donc les « retenus » ne s’évadent pas, ils « fuient ». Et quand il fuient (deux cas en 2012), ce n’est pas du CRA. La méthode est différente : lorsque les retenus sont amenés au consulat de leur pays supposé pour obtenir un laissez-passer, ils essayent alors de fausser compagnie à leur escorte.

 

Partout des caméras, sauf dans les chambres

Le commandant, flanqué de trois fonctionnaires, commence la visite du CRA. Elle démarre par le poste de contrôle des policiers. Une sorte de salle de pilotage des expulsions. Au mur, un énorme tableau blanc de plusieurs mètres de long indique le nom des 53 personnes actuellement retenues, avec des sigles indiquant où en est leur situation. Et en face, on trouve quelque fois des mentions en rouge : « provocateur » ou « violences ».

Le poste de sécurité jouxte ce poste de contrôle. Les policiers ont les yeux rivés sur les écrans de contrôle. Les caméras sont partout, sauf dans les chambres.

Le commandant profite de l’heure quotidienne de ménage pour nous montrer d’abord quatre pièces borgnes au crépi blanc, avec cinq chaises en plastique pour tout mobilier. Ce sont les « salles de visite ». Ne dites pas « parloir », ça fait prison. Ici, toute personne est censée pouvoir venir rendre visite à un retenu, sans restriction.

Les chambres où vivent les migrants ont toutes été refaites après l’incendie volontaire de juillet 2011. Quatre lits superposés composent une pièce carrelée de 12 m2. Dans l’angle d’un mur, on a suspendue la télévision à écran plat (une par chambre). Le téléviseur est, sûrement, la dernière trace de ce qui fut, avant de devenir un CRA en 1995, un hôtel Formule 1. La salle de bain (une par chambre) ne fait, en revanche, pas franchement penser au confort d’un hôtel. Le mobilier est celui des prisons actuelles : cuvette de toilettes, lavabo d’angle en inox et douche à l’italienne.

Les retenus, explique le commandant, sont affectés dans l’une des trois ailes du « U » que forme le CRA de Lyon. Une partie d’une aile est réservée aux femmes seules et aux enfants. Ce mardi, on compte 51 hommes et deux femmes. Le centre étant occupé en moyenne à 50 % de ses capacités (108 places) :

« Depuis l’incendie, les chambres ne sont plus fermées à clé. Donc ils circulent comme ils veulent. Certains changent de chambre ».

 

 

Circulation libre au milieu d’une cage

Cette liberté de circulation est certainement ce qui étonne le plus. Les migrants peuvent se rendre, sans escorte policière, à l’unité médicale ou dans les bureaux de l’association Forum Réfugiés, chargée de défendre leurs droits. Ils peuvent également se rendre « librement » dans les bureaux l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) pour y acheter des cigarettes ou des cartes téléphoniques pour l’une des huit cabines disposées dans la cour. Tous ces locaux donnent sur une cour mi-herbe jaune, mi-béton gris d’environ 1000 mètres carrés, séparée en trois par d’immenses grilles de six mètres de haut.

« En cas de tensions, on peut séparer les retenus par communauté, même si on ne le fait pas», précise le commandant.

Parfois, poursuit-il, des bagarres peuvent se déclencher pour « un regard » ou des « insultes » au réfectoire (lieu que nous ne verrons pas). Les retenus sont alors conduits dans une « chambre d’isolement » ou « chambre de mise à l’écart » (que nous ne verrons pas non plus). Ils sont enfermés dans cette pièce mais recevraient la visite régulière du personnel médical et de la police qui les surveille également avec une caméra.

Ce mardi matin, tout a l’air calme. « C’est le Ramadan, ils se reposent ».

Un homme est allongé sur une couverture. Mais la plupart des retenus, une vingtaine d’hommes et une femme, ont l’air de tourner dans la cour, sans but.

« On leur donne des ballons en mousse, des jeux de carte ou de dame. Mais les activités sont limitées », reconnaît le fonctionnaire de l’OFII.

Mais en dehors de ça, de trois tables de ping-pong et de deux baby-foot, les retenus n’ont rien à faire.

 

Un centre de rétention administrative modèle ?

Après les chambres, la délégation se rend à l’unité médicale et au bureau de Forum Réfugiés. Le médecin, comme les juristes, met en avant un CRA où les tensions existent mais où les mouvements collectifs de protestation, type grèves de la faim, sont quasi inexistants.
Le fait de pouvoir circuler à l’intérieur des grilles serait un facteur essentiel.

Les « réunions régulières » entre la police et les différents intervenants permettraient également de fonctionner « dans une bonne entente » et de trouver des améliorations à la vie quotidienne.

Marie-Christine Vergiat, l’eurodéputée Front de gauche, compare avec la situation du CRA de Marseille :

« Les retenus doivent être escortés pour voir Forum Réfugiés ou le médecin et également pour se rendre à une salle de visite. Et très souvent, il n’y a pas assez de policiers pour assurer ces escortes. Ça crée des tensions ».

L’eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume en conclut que le bon fonctionnement d’un centre est en grande partie lié au pouvoir discrétionnaire de son directeur qui, ici, est favorable au dialogue avec les associations et à une certaine liberté de mouvement (voir son interview accordé à France 3 à la sortie de la visite).

A entendre la députée européenne socialiste, le centre de rétention de Lyon pourrait même servir de référence. Ceci explique peut-être pourquoi la présence des journalistes à été acceptée.

 

« Pourquoi je suis enfermé alors que je rentrais chez moi »

Retour dans la cour. Le commandant du centre accepte que l’on parle rapidement avec les personnes retenues présentes. Mais toujours en présence des eurodéputées, précise-t-il. Avec, également, quatre policiers dans notre dos. De fait, toutes nos questions sur les conditions de rétention seront éludées par nos interlocuteurs.

La première personne qui accepte de nous parler est un Roumain d’une quarantaine d’année à la fine moustache. Il est enfermé au CRA depuis hier. Il nous montre son billet de car Eurolines Amsterdam-Torino :

« Je voulais rentrer chez moi en Italie. Je ne pensais pas que le car s’arrêtait en France. En 2004, j’ai pris 10 ans d’interdiction de séjour. Je savais que je ne devais pas séjourner en France. Je veux seulement rentrer chez moi, à Turin ».

Un autre Tunisien nous dit la même chose. Il allait en Italie quand il s’est fait arrêter à Vienne (Isère). Il n’a rien pour appuyer ses dires.

Les juristes de Forum Réfugiés voient se multiplier ce genre de cas, qui flirtent avec l’absurde : des personnes qui sont en train de quitter la France, qui sont arrêtées et conduites en rétention pour être expulsées du territoire.

Un troisième homme d’une vingtaine d’années explique qu’il est algérien et non pas tunisien. Il le dit fort et le répète à l’envi, pour que la policière en civil de l’« Unité d’identification » (qui se trouve dans notre dos) l’entende. Autrefois appelé DEFI puis CAEL, ces policiers cherchent à faire de la « médiation ». Dénoncée à sa création par la Cimade, cette unité a pour rôle d’observer les retenus pour déterminer de quelle nationalité sont ceux qui n’ont plus de passeport. L’objectif étant ensuite de les conduire au consulat pour obtenir un laissez-passer permettant l’expulsion.

 

Automutilations et scarifications

« Les retenus développent des troubles réactionnels. On constate également des dépressions ou des maladies psychiatriques. Nous en faisons hospitaliser certains ».

Encore une fois, le médecin et le commandant du CRA tombent d’accord : les personnes retenues souffrent plus d’être en instance d’expulsion que de l’enfermement. « Ce sont des situations de détresse », reconnaît-il, précisant :

« Les automutilations, surtout des scarifications, ont lieu en journée, suite à l’annonce de mauvaises nouvelles ».

Et les mauvaises nouvelles, elles sont nombreuses, racontent les juristes de Forum Réfugiés. Faire valoir ses droits est complexe. Depuis la loi de juillet 2011, les retenus ne passent devant le juge des libertés (JLD) qu’au bout de cinq jours. Julian Karagueuzian de Forum Réfugiés :

« Certains sont expulsés sans être passés par le juge censé contrôler la légalité de la privation de liberté ».

En outre les recours devant le tribunal administratif doivent être fait en 48 heures, à compter de la notification de l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) à l’étranger. Bref, les juristes de Forum Réfugiés et les avocats du barreau de Lyon courent perpétuellement contre la montre pour rassembler un maximum de pièces. Sans parler de ceux qui font une demande d’asile. Elle doit être bouclée en cinq jours (au lieu de plusieurs mois en liberté). Surtout, l’entretien avec l’officier de l’OFPRA (administration en charge d’accorder ou non l’asile) se fait en visioconférence :

« L’interprète est à Paris, à côté de l’officier. Il est déjà difficile de raconter son histoire. Mais là, les demandeurs d’asile n’ont aucune confiance ».

Par conséquent, les demandes d’asile aboutissent très rarement.

Mais l’une des pires situations, même si elles ne représentent qu’environ 10% des cas, concernent les personnes qui ne peuvent pas faire de recours suspensif devant le tribunal administratif. Ce sont ceux qui font l’objet d’une procédure de réadmission dans un autre pays de l’Union européenne (en majorité procédure dite « Dublin II »). Christelle Palluel de Forum Réfugiés poursuit :

« On a eu des cas où l’audience était prévue pour 10 heures le lendemain. Mais, dans la soirée elle, était finalement annulée car un avion était prévu pour 6 heures. »

 

Pas d’enfants en rétention… sauf exception

Dans l’unité médicale, on aperçoit livres et jouets pour les enfants. Ce n’est pas encore à ranger parmi les souvenirs. Depuis une circulaire du 6 juillet 2012, la règle est que les familles doivent être assignées à résidence et non placées en rétention. Depuis cette date, une seule famille a été enfermée au CRA de Lyon. C’était la semaine dernière. Un couple serbe avec deux enfants en bas âge. Le juge a finalement cassé la décision du préfet en les assignant à résidence.

Depuis la réforme de 2011, les chiffres sont stables, tant au niveau des migrants enfermés que de ceux qui sont expulsés. Sur les 1500 à 1600 personnes qui sont enfermées par an, 53% sont finalement « éloignées ». Essentiellement parce que les juges libèrent ou prononcent une assignation à résidence. Mais aussi parce que les personnes arrivent au terme de la période de rétention (portée à 45 jours en 2011).
En 2013, les ressortissants tunisiens sont toujours la nationalité majoritaire. Ils représentent 20% des personnes. Suivis par les Algériens (12% des placements) puis viennent les Albanais et les Marocains.

La durée moyenne de séjour (15 jours en 2012) est supérieure à la moyenne nationale (9,7 jours en 2011).
C’est aussi la conséquence des stratégies des préfectures, explique le commandant du CRA :

« Quand ce sont des cas faciles (comprendre « facilement expulsables », ndlr), certaines préfectures de la région préfèrent envoyer des personnes dans le CRA de Nîmes car à Lyon, il y a une bonne défense des personnes retenues ».

L’absence (sauf exception) de l’enfermement des enfants est le seul changement majeur depuis l’élection de François Hollande. Un deuxième va peut être s’ajouter : la présence des journalistes dans les centres de rétention. Reste à savoir s’ils pourront s’y aventurer sans escorte et plus d’une demi journée.

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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