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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Rue89 Lyon | 17/07/2013



La présence des journalistes est rarissime à l’intérieur des centres de rétention administrative. Pour la première fois depuis le lancement d’une campagne demandant le libre accès pour la presse à ces lieux d’enfermement, deux journalistes ont pu passer les grilles d’un de ces lieux d’enfermement. C’était le centre de Lyon. 

Ni mirador, ni murs d’enceinte mais deux grillages surmontés de barbelés. Voilà jusqu’à présent ce que les journalistes voyaient du centre de rétention administrative (CRA) de Lyon, en bout de pistes de l’aéroport Saint-Exupéry.

Comme ailleurs en France, les demandes de visite formulées par des médias étaient systématiquement rejetées, sans plus d’explication. Seuls les parlementaires ont accès régulièrement à ces centres où transitent chaque année plusieurs milliers d’étrangers en situations irrégulières avant une possible expulsion.
Mais les grilles seraient en train de s’ouvrir. Il y a un an, un collectif d’associations lançait la campagne « open access now » pour demander le libre accès des CRA aux journalistes et aux militants associatifs. Mais aucun n’avait pu y pénétrer. L’attitude du ministère de l’Intérieur semble bouger puisque Manuel Valls a annoncé qu’une future loi prévoira un droit d’accès pour la presse.

Dans le cadre d’une deuxième vague de visites « open access », la députée européenne (PS) Sylvie Guillaume a tenté le coup d’une visite avec la presse. Cette fois-ci, le ministère de l’Intérieur a accepté. Rue89Lyon et l’AFP ont donc pu passer, ce mardi, de l’autre côté des grillages, avec l’eurodéputée Front de gauche, Marie-Christine Vergiat, également de la partie. Reportage.

 

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 L’entrée du centre de rétention de Lyon. Photo : Laurent Burlet / Rue89Lyon

 

Deux grillages pour empêcher les « fuites »

A 9h30, la première grille s’ouvre sur le parking. Nous garons notre voiture. Puis la deuxième grille s’ouvre sur une première cour à laquelle n’a accès que la centaine d’employés (essentiellement 108 policiers de la PAF – Police aux frontières). Le commandant Charles Purchla, directeur du CRA de Lyon,  nous accueille avec, pour tout contrôle, la présentation de notre carte de presse.
D’emblée, il indique ce que nous pouvons faire et ne pas faire :

  • Nous devons coller aux basques des parlementaires.
  • Photos, vidéos, enregistrements audio sont interdits.

Ordre de la direction de la PAF, nous explique-t-il, même s’il déclare trouver cela contre-productif :

« A force de tout maintenir fermé, les gens pensent que nous avons quelque chose à cacher ».

S’en suit un entretien d’une heure avec le commandant dans son bureau. Entre le portrait officiel de François Hollande et une publicité encadrée pour l’aéroport de Lyon, sur laquelle on peut lire cette phrase empruntée à Antoine de Saint-Exupéry : « La grandeur d’un métier est d’unir les hommes ».

Le métier du commandant, justement, est de « mettre en œuvre la mission le mieux possible ». Soit expulser les étrangers en situation irrégulière. Ce qui, en chiffre, se traduit par plus de 1500 personnes retenues en 2012 au CRA de Lyon. 53% étant, au final, expulsées. Pardon, il faut dire « éloignées ».

Car ici, le vocabulaire est sensible. Juridiquement, les personnes ne sont pas détenues mais sous le coup d’une mesure administrative de « rétention ». Donc les « retenus » ne s’évadent pas, ils « fuient ». Et quand il fuient (deux cas en 2012), ce n’est pas du CRA. La méthode est différente : lorsque les retenus sont amenés au consulat de leur pays supposé pour obtenir un laissez-passer, ils essayent alors de fausser compagnie à leur escorte.

 

Partout des caméras, sauf dans les chambres

Le commandant, flanqué de trois fonctionnaires, commence la visite du CRA. Elle démarre par le poste de contrôle des policiers. Une sorte de salle de pilotage des expulsions. Au mur, un énorme tableau blanc de plusieurs mètres de long indique le nom des 53 personnes actuellement retenues, avec des sigles indiquant où en est leur situation. Et en face, on trouve quelque fois des mentions en rouge : « provocateur » ou « violences ».

Le poste de sécurité jouxte ce poste de contrôle. Les policiers ont les yeux rivés sur les écrans de contrôle. Les caméras sont partout, sauf dans les chambres.

Le commandant profite de l’heure quotidienne de ménage pour nous montrer d’abord quatre pièces borgnes au crépi blanc, avec cinq chaises en plastique pour tout mobilier. Ce sont les « salles de visite ». Ne dites pas « parloir », ça fait prison. Ici, toute personne est censée pouvoir venir rendre visite à un retenu, sans restriction.

Les chambres où vivent les migrants ont toutes été refaites après l’incendie volontaire de juillet 2011. Quatre lits superposés composent une pièce carrelée de 12 m2. Dans l’angle d’un mur, on a suspendue la télévision à écran plat (une par chambre). Le téléviseur est, sûrement, la dernière trace de ce qui fut, avant de devenir un CRA en 1995, un hôtel Formule 1. La salle de bain (une par chambre) ne fait, en revanche, pas franchement penser au confort d’un hôtel. Le mobilier est celui des prisons actuelles : cuvette de toilettes, lavabo d’angle en inox et douche à l’italienne.

Les retenus, explique le commandant, sont affectés dans l’une des trois ailes du « U » que forme le CRA de Lyon. Une partie d’une aile est réservée aux femmes seules et aux enfants. Ce mardi, on compte 51 hommes et deux femmes. Le centre étant occupé en moyenne à 50 % de ses capacités (108 places) :

« Depuis l’incendie, les chambres ne sont plus fermées à clé. Donc ils circulent comme ils veulent. Certains changent de chambre ».

 

 

Circulation libre au milieu d’une cage

Cette liberté de circulation est certainement ce qui étonne le plus. Les migrants peuvent se rendre, sans escorte policière, à l’unité médicale ou dans les bureaux de l’association Forum Réfugiés, chargée de défendre leurs droits. Ils peuvent également se rendre « librement » dans les bureaux l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) pour y acheter des cigarettes ou des cartes téléphoniques pour l’une des huit cabines disposées dans la cour. Tous ces locaux donnent sur une cour mi-herbe jaune, mi-béton gris d’environ 1000 mètres carrés, séparée en trois par d’immenses grilles de six mètres de haut.

« En cas de tensions, on peut séparer les retenus par communauté, même si on ne le fait pas», précise le commandant.

Parfois, poursuit-il, des bagarres peuvent se déclencher pour « un regard » ou des « insultes » au réfectoire (lieu que nous ne verrons pas). Les retenus sont alors conduits dans une « chambre d’isolement » ou « chambre de mise à l’écart » (que nous ne verrons pas non plus). Ils sont enfermés dans cette pièce mais recevraient la visite régulière du personnel médical et de la police qui les surveille également avec une caméra.

Ce mardi matin, tout a l’air calme. « C’est le Ramadan, ils se reposent ».

Un homme est allongé sur une couverture. Mais la plupart des retenus, une vingtaine d’hommes et une femme, ont l’air de tourner dans la cour, sans but.

« On leur donne des ballons en mousse, des jeux de carte ou de dame. Mais les activités sont limitées », reconnaît le fonctionnaire de l’OFII.

Mais en dehors de ça, de trois tables de ping-pong et de deux baby-foot, les retenus n’ont rien à faire.

 

Un centre de rétention administrative modèle ?

Après les chambres, la délégation se rend à l’unité médicale et au bureau de Forum Réfugiés. Le médecin, comme les juristes, met en avant un CRA où les tensions existent mais où les mouvements collectifs de protestation, type grèves de la faim, sont quasi inexistants.
Le fait de pouvoir circuler à l’intérieur des grilles serait un facteur essentiel.

Les « réunions régulières » entre la police et les différents intervenants permettraient également de fonctionner « dans une bonne entente » et de trouver des améliorations à la vie quotidienne.

Marie-Christine Vergiat, l’eurodéputée Front de gauche, compare avec la situation du CRA de Marseille :

« Les retenus doivent être escortés pour voir Forum Réfugiés ou le médecin et également pour se rendre à une salle de visite. Et très souvent, il n’y a pas assez de policiers pour assurer ces escortes. Ça crée des tensions ».

L’eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume en conclut que le bon fonctionnement d’un centre est en grande partie lié au pouvoir discrétionnaire de son directeur qui, ici, est favorable au dialogue avec les associations et à une certaine liberté de mouvement (voir son interview accordé à France 3 à la sortie de la visite).

A entendre la députée européenne socialiste, le centre de rétention de Lyon pourrait même servir de référence. Ceci explique peut-être pourquoi la présence des journalistes à été acceptée.

 

« Pourquoi je suis enfermé alors que je rentrais chez moi »

Retour dans la cour. Le commandant du centre accepte que l’on parle rapidement avec les personnes retenues présentes. Mais toujours en présence des eurodéputées, précise-t-il. Avec, également, quatre policiers dans notre dos. De fait, toutes nos questions sur les conditions de rétention seront éludées par nos interlocuteurs.

La première personne qui accepte de nous parler est un Roumain d’une quarantaine d’année à la fine moustache. Il est enfermé au CRA depuis hier. Il nous montre son billet de car Eurolines Amsterdam-Torino :

« Je voulais rentrer chez moi en Italie. Je ne pensais pas que le car s’arrêtait en France. En 2004, j’ai pris 10 ans d’interdiction de séjour. Je savais que je ne devais pas séjourner en France. Je veux seulement rentrer chez moi, à Turin ».

Un autre Tunisien nous dit la même chose. Il allait en Italie quand il s’est fait arrêter à Vienne (Isère). Il n’a rien pour appuyer ses dires.

Les juristes de Forum Réfugiés voient se multiplier ce genre de cas, qui flirtent avec l’absurde : des personnes qui sont en train de quitter la France, qui sont arrêtées et conduites en rétention pour être expulsées du territoire.

Un troisième homme d’une vingtaine d’années explique qu’il est algérien et non pas tunisien. Il le dit fort et le répète à l’envi, pour que la policière en civil de l’« Unité d’identification » (qui se trouve dans notre dos) l’entende. Autrefois appelé DEFI puis CAEL, ces policiers cherchent à faire de la « médiation ». Dénoncée à sa création par la Cimade, cette unité a pour rôle d’observer les retenus pour déterminer de quelle nationalité sont ceux qui n’ont plus de passeport. L’objectif étant ensuite de les conduire au consulat pour obtenir un laissez-passer permettant l’expulsion.

 

Automutilations et scarifications

« Les retenus développent des troubles réactionnels. On constate également des dépressions ou des maladies psychiatriques. Nous en faisons hospitaliser certains ».

Encore une fois, le médecin et le commandant du CRA tombent d’accord : les personnes retenues souffrent plus d’être en instance d’expulsion que de l’enfermement. « Ce sont des situations de détresse », reconnaît-il, précisant :

« Les automutilations, surtout des scarifications, ont lieu en journée, suite à l’annonce de mauvaises nouvelles ».

Et les mauvaises nouvelles, elles sont nombreuses, racontent les juristes de Forum Réfugiés. Faire valoir ses droits est complexe. Depuis la loi de juillet 2011, les retenus ne passent devant le juge des libertés (JLD) qu’au bout de cinq jours. Julian Karagueuzian de Forum Réfugiés :

« Certains sont expulsés sans être passés par le juge censé contrôler la légalité de la privation de liberté ».

En outre les recours devant le tribunal administratif doivent être fait en 48 heures, à compter de la notification de l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) à l’étranger. Bref, les juristes de Forum Réfugiés et les avocats du barreau de Lyon courent perpétuellement contre la montre pour rassembler un maximum de pièces. Sans parler de ceux qui font une demande d’asile. Elle doit être bouclée en cinq jours (au lieu de plusieurs mois en liberté). Surtout, l’entretien avec l’officier de l’OFPRA (administration en charge d’accorder ou non l’asile) se fait en visioconférence :

« L’interprète est à Paris, à côté de l’officier. Il est déjà difficile de raconter son histoire. Mais là, les demandeurs d’asile n’ont aucune confiance ».

Par conséquent, les demandes d’asile aboutissent très rarement.

Mais l’une des pires situations, même si elles ne représentent qu’environ 10% des cas, concernent les personnes qui ne peuvent pas faire de recours suspensif devant le tribunal administratif. Ce sont ceux qui font l’objet d’une procédure de réadmission dans un autre pays de l’Union européenne (en majorité procédure dite « Dublin II »). Christelle Palluel de Forum Réfugiés poursuit :

« On a eu des cas où l’audience était prévue pour 10 heures le lendemain. Mais, dans la soirée elle, était finalement annulée car un avion était prévu pour 6 heures. »

 

Pas d’enfants en rétention… sauf exception

Dans l’unité médicale, on aperçoit livres et jouets pour les enfants. Ce n’est pas encore à ranger parmi les souvenirs. Depuis une circulaire du 6 juillet 2012, la règle est que les familles doivent être assignées à résidence et non placées en rétention. Depuis cette date, une seule famille a été enfermée au CRA de Lyon. C’était la semaine dernière. Un couple serbe avec deux enfants en bas âge. Le juge a finalement cassé la décision du préfet en les assignant à résidence.

Depuis la réforme de 2011, les chiffres sont stables, tant au niveau des migrants enfermés que de ceux qui sont expulsés. Sur les 1500 à 1600 personnes qui sont enfermées par an, 53% sont finalement « éloignées ». Essentiellement parce que les juges libèrent ou prononcent une assignation à résidence. Mais aussi parce que les personnes arrivent au terme de la période de rétention (portée à 45 jours en 2011).
En 2013, les ressortissants tunisiens sont toujours la nationalité majoritaire. Ils représentent 20% des personnes. Suivis par les Algériens (12% des placements) puis viennent les Albanais et les Marocains.

La durée moyenne de séjour (15 jours en 2012) est supérieure à la moyenne nationale (9,7 jours en 2011).
C’est aussi la conséquence des stratégies des préfectures, explique le commandant du CRA :

« Quand ce sont des cas faciles (comprendre « facilement expulsables », ndlr), certaines préfectures de la région préfèrent envoyer des personnes dans le CRA de Nîmes car à Lyon, il y a une bonne défense des personnes retenues ».

L’absence (sauf exception) de l’enfermement des enfants est le seul changement majeur depuis l’élection de François Hollande. Un deuxième va peut être s’ajouter : la présence des journalistes dans les centres de rétention. Reste à savoir s’ils pourront s’y aventurer sans escorte et plus d’une demi journée.

 

Vite dit

juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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