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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniere

L'Humanité |18/11/2014

L’entrée des journalistes dans les centres de rétention administrative est prohibée. Alors que des associations présentent aujourd’hui un rapport accablant sur ces lieux de privation de liberté pour étrangers, des retenus témoignent de leur réalité… au téléphone.

Vendredi matin, Lotfi est dans le couloir d’une des casernes Auvare, à Nice. C’est son huitième jour en centre de rétention administrative (CRA). Il passe à proximité d’une des trois cabines téléphoniques mises à la disposition des retenus. Elle sonne. Il décroche. Et ne se fait pas prier pour raconter au journaliste au bout du fil son quotidien. L’homme est âgé de cinquante-deux ans. Il a quitté la Tunisie il y a trente-quatre ans. Depuis, il vit et travaille et France. « Ils m’ont arrêté lors d’un contrôle routier, commence-t-il, la gorge serrée. Mon permis de conduire et mon assurance étaient en règle. Mais mon titre de séjour était périmé. J’ai déjà eu deux cartes de dix ans. J’étais en train de préparer le dossier pour le renouvellement. Je suis allé devant le juge. J’ai apporté tous les justificatifs qui prouvent que je suis résident régulier depuis 1981. Le tribunal a dit qu’il était trop tard et j’ai pris vingt jours de rétention. » En France, pour l’instant, les journalistes sont priés de ne pas franchir la porte d’entrée des centres de rétention. Leur accès est ultra-réglementé. Dans chaque CRA, une seule association d’aide aux étrangers a le droit d’intervenir. Elles sont cinq sur l’ensemble du territoire national à détenir l’accréditation. À l’intérieur, des cabines téléphoniques en libre accès sont un des seuls liens qu’ils gardent avec l’extérieur. Quelques minutes plus tôt, on tente notre chance au CRA de Vincennes. Bloc A, un autre homme enfermé répond, lui aussi, au téléphone. Il a cinquante et un ans et préfère conserver l’anonymat. « Je suis en France depuis vingt-deux ans, annonce ce peintre en bâtiment tout à fait disposé à converser sur les conditions de son enfermement. C’est mon vingt-quatrième jour de rétention. Ils m’ont arrêté alors que je sortais d’un centre commercial, boulevard Barbès. Ils m’ont ramené ici… avec les courses. »

Devant le juge, « tu dis “bonjour” et tu prends vingt jours de rétention… »

Notre inconnu au bout du fil devait repasser devant le juge samedi dernier. Un magistrat redouté. « Ici, on l’appelle “le juge bonjour-vingt jours”. Tu dis “bonjour” et tu prends vingt jours de rétention… Le consulat de Tunisie n’a pas encore dit s’il était favorable à mon retour. Je vais prendre les vingt jours, puis je serai renvoyé ou je sortirai. J’ai déjà été placé en rétention. C’était en 2006. À l’époque on ne pouvait pas nous enfermer plus de onze jours. Aujourd’hui, le maximum c’est quarante-cinq. C’est long. » L’homme connaît la loi et les réalités vécues par la majorité des migrants. « Le mois dernier, ils ont embarqué beaucoup de monde, explique-t-il. C’est depuis qu’ils ont lancé la rafle contre les immigrés à l’échelle de l’Europe. » L’homme fait référence à l’opération « Mos Maïorum », lancée au début du mois d’octobre par la présidence italienne de l’Union européenne. Elle visait à augmenter le nombre d’arrestations d’étrangers en situation irrégulière, sur l’ensemble du territoire européen, pour collecter des données sur les réseaux de passeurs. L’opération était menée par des polices nationales en collaboration avec Europol et Frontex. « Ils veulent que je donne toute une série de papiers, confie-t-il. Un numéro de compte bancaire, une quittance de loyer et des factures EDF à mon nom. Mais comment voulez-vous qu’un propriétaire me loue un appartement alors que je n’ai pas de titre de séjour ? Pour le travail, c’est pareil. J’enchaîne les boulots au noir. » À Nice, Lotfi témoigne des conditions difficiles de rétention. Il a du mal à cacher son émotion. « Je suis mal traité, ici, lâche-t-il dans un sanglot. On mange mal. On dort parfois à dix par chambre. Le matin, les dortoirs sont fermés. On fait des allers-retours dans les couloirs. Le soir, on mange à 18 h 30 puis on se retrouve dans une petite pièce où il y a la télé. Il fait froid et on a droit qu’à une seule couverture. On est nombreux. Il y a plus d’entrants que de sortants. » La voix de Lotfi est celle d’un homme fatigué. Il va plus loin dans sa description des mauvais traitements dont il fait l’objet. « Je suis diabétique, insiste-t-il. Lors de mon arrestation, ils m’ont interrogé de 11 h 30 à 17 heures. J’ai demandé à voir un médecin. Ils ont refusé. J’ai insisté auprès de l’interprète. J’étais tellement mal que je suis tombé de ma chaise. Je n’ai vu le docteur qu’après mon arrivée au CRA. » Les obstacles dans l’accès aux soins ou à une aide juridique ont été maintes fois dénoncés par les associations d’aide aux étrangers. Malgré plusieurs condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme, la France continue d’enfermer des demandeurs d’asile et plusieurs centaines de mineurs, notamment dans « les locaux de rétention ». Des lieux qui ont la même fonction que les CRA, souvent mis en place, provisoirement ou non, dans des cellules de commissariats destinées aux gardes à vue ou dans des aéroports. Les associations qui officient à l’intérieur de tous ces lieux d’enfermement présentent aujourd’hui un rapport accablant à leur propos. Dans quelques semaines débuteront, à l’Assemblée nationale, les débats sur la réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le recours systématique à la rétention administrative et ses conditions de mise en œuvre sont à remettre en cause. Les parlementaires sauront-ils prendre en compte les réflexions des associations et les témoignages des personnes enfermées ? Un coup de fil suffit pour s’en rendre compte.

Émilien Urbach

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Vite dit

systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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