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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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M le magazine du Monde | 04.02.2015

Un couple de retraités met à la disposition des migrants un groupe électrogène quelques heures chaque jour pour qu'ils rechargent leur téléphone.

Elle, c’est Nana, lui, Dom-Dom. Pas Tom-Tom et Nana, mais pas loin… La ressemblance entre le couple calaisien et les deux héros de la bande dessinée est assez troublante. En dépit de leur âge mûr, les sexagénaires en chair et en os ne sont ni moins audacieux, ni moins généreux ou ingénieux que les petits héros de papier.

Comme les stars de la BD enfantine ont accompagné des générations de lecteurs, leurs aînés du monde réel, eux, aident des générations de migrants, l’esprit frondeur, le cœur sur la main et plus d’une idée derrière la tête. « On vit dans le centre de Calais, on ne peut tout de même pas fermer les yeux devant la misère dans laquelle pataugent les 2 500 migrants qui attendent de passer en Grande-Bretagne », résume Nana.

L'artiste et L'informaticien bricolo

Nana, c’est Nadine. Une artiste diplômée de l’école Duperré, qui manie l’aquarelle, est calligraphe à ses heures et a réalisé des travaux sur la dentelle de Calais, exposés ici et là. Dom-Dom, c’est Dominique, son époux, un informaticien bricolo, capable de résoudre les problèmes techniques les plus compliqués.

Sur les campements de fortune, Nana apporte son sourire et ses crayons. Elle sait écouter pendant des heures ces naufragés de la vie, a le mot qui convient, le geste chaleureux ; le tact aussi. Dom-Dom, lui, c’est « l’homme au générateur ». Celui grâce auquel la musique a investi les camps. Et les téléphones portables sont désormais rechargés sur place par centaines. Depuis peu, Dom-Dom est aussi « monsieur Wi-Fi ». Avec un routeur, il reconnecte les camps au monde, quelques heures chaque jour.

Vers 13 heures, Dom-Dom et Nana garent leur voiture devant Tioxide, la « jungle » (selon le nom que les migrants donnent eux-mêmes à leur camp) qui regroupe près de 800 Erythréens, Ethiopiens, Soudanais ou Pakistanais.Aidé par quelques volontaires, Dominique installe son générateur sur une plateforme bétonnée, pose ses enceintes et « c’est parti pour un après-midi de musique », comme relève Ahmed, un Erythréen inconditionnel de ce couple qu’il appelle « Mam et Dad ». « Ecouter leur musique, celle qu’ils ont sur leur téléphone, leur permet de se retrouver un peu, d’oublier l’environnement », assure Nana. D’autant que tous sont bloqués autour des prises électriques à attendre que la batterie de leur téléphone soit rechargée.

De vraies enceintes

Même si certains sont en piteux état avec leurs coques cabossées, écornées et scotchées, ces objets sont infiniment précieux, trop pour les perdre de vue, ne serait-ce qu’un instant. C’est souvent tout ce qu’ils ont conservé de leur vie d’avant. « Il est essentiel qu’ils puissent maintenir le lien, donc qu’ils rechargent », résume Nana. « Dans des camps sans eau ni électricité, le générateur était la seule solution », avance, pragmatique, Dom-Dom, en installant son second générateur au bois Dubrulle, un camp à dominante afghane, à quelques centaines de mètres de Tioxide.

Au début, quand l’idée de la musique lui est venue, Dominique a apporté ses enceintes personnelles un après-midi. Mais ça n’a pas suffi à emplir l’espace. Alors il a filé acheter un groupe électrogène. Puis un deuxième pour le camp d’en face. Et de vraies enceintes pour que la musique investisse les lieux. Dom-Dom avait puisé dans les fonds du ménage « parce qu’il y avait urgence ».

En parallèle, il a lancé en décembre sur Ulule, site européen de financement participatif, une souscription pour ses « générateurs voyageurs ». Et ça a marché. « On tablait sur 1 000 euros, on a eu trois fois plus. De quoi mettre de l’essence dans le générateur, installer la Wi-Fi et acheter des abris pour protéger de la pluie, parce qu’on a encore plus besoin de musique les jours gris », plaide-t-il, heureux de cette générosité.

Depuis, Dominique et Nadine sont tous les jours à pied d’œuvre. Dimanche compris. Et, sous la bâche d’une école de fortune, au cœur du camp Tioxide, Nana met à disposition ses crayons, ses feuilles et ses conseils d’artiste, « ils ont tellement à raconter ». Elle a aussi fait des portraits des migrants et les exposera sûrement un jour.
Dom-Dom et Nana n’ont pas spécialement un passé de bons samaritains. Fort de ses études de mathématiques, lui a travaillé comme consultant avant d’être employé par Eurotunnel. Leurs enfants devenus adultes, ils vivaient une retraite paisible quand les migrants se sont invités dans leur vie. « On ne les a pas croisés par hasard », ajoute Nana, pensive. Tous deux sont croyants. En Dieu, mais surtout en l’homme.

Maryline Baumard

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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