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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Okeanews.fr | 11/06/2015

Alors qu’il regardait la bande de mer bleue séparant le Grèce et la Turquie, Eric Kempson savait qu’il devrait s’inquiéter.

De toute évidence, le bateau pneumatique qu’il avait observé d’un point de vue proche de son domicile sur la rive nord de l'île touristique grecque de Lesvos, était en difficulté. Avec une forte brise dans son dos, le navire de huit mètres déviait et risquait de s’échouer sur les rochers tranchants au pied des falaises.

Mais heureusement pour les 75 passagers de ce bateau - qui se révéleront être Somaliens, Afghans et Pakistanais – l’aide était à portée de main puisque Spyros Kontomichalos, un costaud soldat professionnel, changea rapidement ses plans de chasse sous-marine et se précipita pour diriger le bateau vers la plage la plus proche.

Comme il approchait de la côte rocheuse, les passagers du bateau ont sauté à l'eau, ravis d'enfin mettre les pieds dans l'Union Européenne, après avoir embarqué à l’aube, de la côte turque, près de trois heures auparavant. Et avec des trafiquants en Turquie qui font payer jusqu'à 1.000 € par personne pour la traversée, qui, dans de meilleurs bateaux et des conditions plus favorables durerait seulement 25 minutes, ce voyage est sans doute le plus cher que ces migrants feront jamais.

"Excusez-moi. Est-ce la Grèce?" demanda un Pakistanais de 24 ans, dont le costume était trempé jusqu’à la taille.

Derrière lui, un groupe de jeunes hommes somaliens luttent pour soulever la seule femme du bateau jusqu’à son fauteuil roulant, la seule possession qu’elle a réussi à apporter de ce côté de la mer. Plus tard, Riyan (30 ans), expliquera qu'elle avait reçu une balle dans le dos 15 ans plus tôt. Elle a déclaré voyager seule, son objectif étant d’arriver en Allemagne dans l’espoir d’y subir une opération.

Ce bateau migrant était l'un des quatre à accoster mardi matin dernier [2 juin] près de la belle ville de Molyvos, dont la forteresse médiévale est visible des kilomètres à la ronde.

Le tourisme est la seule ressource de la localité et la population permanente qui est d'environ 1500 personnes vit presque exclusivement de l'argent gagné pendant l'été et qui subvient à leurs besoins pendant les difficiles mois d'hiver, après le départ des touristes.

Pendant des semaines, Kempson, un peintre et sculpteur britannique qui s’est installé à Molyvos il y a 16 ans, et sa femme Philippa ont été quotidiennement témoins de l'augmentation rapide du nombre de réfugiés et de migrants en provenance de Turquie.

"Ça a été un cauchemar ces dernières semaines. Nous avons vraiment besoin d'aide. Seuls quelques-uns d'entre nous ont essayé d'aider. Cette histoire a besoin d’être diffusée et l'Europe doit envoyer de l'aide", dit-il.

Crise humanitaire

Environ 70 pour cent de ceux qui arrivent sur les bateaux sont des réfugiés syriens, dont de nombreuses familles avec de jeunes enfants. Ils fuient la guerre civile qui dure depuis quatre ans et qui a dévasté leur pays et qui, selon les Nations Unies, a déclenché la plus grande crise humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale.

On estime que 7,6 millions de personnes ont du se déplacer à l'intérieur de la Syrie, tandis que près de quatre millions ont fui vers les pays voisins, principalement la Turquie, le Liban et la Jordanie, où la grande majorité sont restés, souvent dans des conditions épouvantables.

Les Syriens se trouvant à Molyvos disent que seule l'Europe – c’est à dire, principalement l'Allemagne ou la Suède - peuvent offrir, à eux et à leurs familles, la sécurité et les opportunités qu’ils recherchent désespérément.

La semaine dernière, le chef de l'agence européenne des frontières Frontex a déclaré que 40 000 migrants sont arrivés sur les côtes de l'Europe via la Grèce depuis début 2015, tandis qu’ils sont 37 000 à être arrivés par l'Italie, sur laquelle l’UE a récemment centré ses efforts en Méditerranée. Les îles de la mer Egée orientale grecque ont connu une multiplication par cinq du trafic de migrants en mars et en avril par rapport à la même période l'an dernier.

Fatma (34 ans), qui a fui Damas il y a un mois et qui est arrivée à Molyvos lundi, dit avoir payé la somme de 3000€ à un trafiquant en Turquie pour elle, ses deux filles adolescentes et son fils de huit mois, mis dans un bateau pneumatique à destination de la Grèce.

Elle vient de Yarmouk, une banlieue palestinienne ayant le statut officiel de camp de réfugiés à la périphérie de la capitale syrienne. Assiégée par les forces gouvernementales depuis presque deux ans, certaines parties du district, dont la plupart est en ruines, ont été envahies par le groupe djihadiste Etat islamique (ISIS) en avril. Elle aussi veut rejoindre l'Allemagne.

Permis de séjour temporaire

Pendant leur court séjour à Molyvos, les réfugiés se rassemblent généralement dans le parking en terre battue situé à l'entrée de la ville, où beaucoup passent la première nuit à dormir dehors à ciel ouvert. S’ils sont chanceux, un bus les emmènera à Mytilène, la capitale de l'île.

Là-bas, ils devront sans doute attendre avec des centaines d'autres personnes, pendant des jours, sur le port de la ville, avant d'être admis dans un camp, et de se voir remettre un permis temporaire qui leur permettra de rester en Grèce.

Ce document leur donne le temps d’organiser la suite de leur voyage vers l'Europe occidentale, et cela en dépit des règles de l'UE qui stipulent que les réfugiés peuvent demander l’asile uniquement dans le pays d’entrée en UE, ce que des milliers ont déjà réussi à faire.

Aucun bus n’a été envoyé à Molyvos, ni lundi, ni mardi, obligeant hommes, femmes et enfants à marcher 65 km jusqu’à Mytilène par des températures qui ont atteint 30 degrés en journée. Puisqu’aider les migrants sans papiers est illégal en Grèce, les habitants et les touristes hésitent à les conduire, même si certains le font.

"Les autorités ont mis des obstacles sur notre chemin et ont effrayé les Grecs. Les Grecs ne sont pas comme ça; ils sont axés sur la famille", dit Kempson.

Se trouvant au début de la saison touristique et au milieu de la crise financière grecque, Molyvos peut à peine faire face à l'envolée du nombre de réfugiés et de migrants sans papiers. Il n'y a eu aucune réaction officielle et pas une ONG humanitaire ne s’est montrée dans la ville, qui est restée sans médecin public pendant huit mois, dit Kempson.

Pour combler ce manque, une petite équipe de gens du coin, dont de nombreux expatriés, s’est créée, mais elle a du mal à offrir une assistance de base aux réfugiés, ce qui inclut, au mieux, un peu de nourriture chaque matin et chaque soir, des fruits, de l'eau, des vêtements, des couvertures, des articles de toilette, des couches et d'autres articles essentiels.

D'autres essaient d'offrir aux femmes et aux enfants un lit au moins une fois par semaine.

"Je suis à moitié-croate, donc je sais ce que ça fait d'être jeté hors de sa maison" a déclaré une habitante de Molyvos, Emma, qui a refusé de donner son nom de famille, parce qu’elle accueille chez elle pour la nuit Fatma, ses enfants, et cinq autres.

Mais c’est une lutte acharnée. Sans aucune aide extérieure, les bénévoles savent qu'ils ne peuvent pas suivre avec le grand nombre d'arrivées qui, en se basant sur les années précédentes, devraient culminer entre juillet et septembre.

Beaucoup de bénévoles gagnent eux-mêmes leur vie grâce au tourisme, comme Dina Adam, une employée d'hôtel, et Hannah, propriétaire de la boutique de vêtements pour enfants, qui expliquent avoir fait en une soirée 90 sandwiches pour les arrivants du jour. Elles déclarent que trouver le temps d'aider est de plus en plus difficile du fait que la saison va bientôt battre son plein.

Dépendant entièrement des dons du public, les volontaires ont été encouragés par le geste de nombreux touristes séjournant dans la ville, comme ce couple néerlandais qui a offert les 100 € prévus pour une excursion en bateau.

"Nous sommes en vacances en Grèce et voyons le bon travail que vous faites pour les réfugiés... Continuez à aider les gens", ont inscrit les vacanciers sur un mot accompagnant l'argent.

Mais parmi les habitants de Molyvos, il n'y a pas d'accord sur la meilleure façon de traiter la question. Il y a une crainte que la publicité internationale considérable générée par la crise, en particulier les reportages exagérées des tabloïds qui prétendaient que les réfugiés transformaient l'île de Kos en un "enfer dégoûtant" pour les vacanciers britanniques, aura une incidence sur le tourisme.

Crise de réfugiés

"Oui, certains regards sont malveillants en raison de ce que nous faisons pour les réfugiés. Mais nous leur disons que nous ne voulons pas qu'ils restent ici et leur rappelons qu'ils ne veulent pas rester ici non plus", dit un volontaire.

"Je m’inquiète de la façon dont mes clients voient la situation", explique Dimitris Vatis, hôtelier, quand un bateau de migrants accoste près de son hôtel. "Certains disent qu'ils ont connaissance de la situation, d'autres semblent l’ignorer. Mais en général, ils n’ont pas entendu parler de la crise des réfugiés ici en Grèce, puisque toute l'attention est sur la situation entre la Libye et l'Italie".

Pour l'un de ses clients allemands, la scène qui s’est déroulée devant elle est un appel au réveil, celui qu'elle et d'autres ont besoin de voir. "Cela fait partie de la vie. Ce n’est plus uniquement sur nos écrans de télévision".

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Vite dit

12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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