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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Télérama | 28/09/2015.

Demain, l'invasion ? Pour le politologue François Gemenne, l'ouverture totale des frontières ne provoquerait pas d'afflux massif. Plus que jamais, l'immigration reste un facteur de dynamisme humain et économique.

Si on ouvrait toutes les frontières ? Jugée utopiste, provocante, irresponsable par (presque) tous les politiques, cette idée est pourtant étudiée avec le plus grand sérieux par des chercheurs, tel le politologue belge François ­Gemenne, enseignant à l'université de Liège et à Sciences Po Paris et membre de MobGlob (Mobilité globale et gouvernance des migrations). Les premières conclusions de ce groupe de travail de sept chercheurs, financé depuis 2013 par l'Agence nationale de la recherche (ANR), battent en brèche les fantasmes d'invasion. Mais au-delà, c'est notre regard sur les migrations qui doit évoluer.

Pourquoi envisager une ouverture de toutes les frontières ?

D'abord pour sauver des vies. Les frontières fermées ne rendent pas les migrations moins nombreuses, mais plus dangereuses. Ensuite pour appliquer un droit reconnu par l'article 13.2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien [...]. » Le droit à la mobilité est une liberté fondamentale. Philosophiquement, l'enjeu est aussi l'égalité : la détermination d'une vie entière par le lieu de naissance est une injustice immense qui doit pouvoir être corrigée. Ces centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui frappent à nos portes questionnent notre ­humanité et notre fraternité. Les voyons-nous comme nos frères ou comme des étrangers ?

Pourquoi est-il crucial de changer de regard sur les mouvements de populations ?

Dans le monde, aujourd'hui, 59,5 millions de personnes fuient guerres et violences [selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, NDLR], 26 millions sont ­déplacées par des catastrophes naturelles, sans compter les migrants volontaires. N'oublions pas que l'essentiel de ces flux se dirige du Sud vers le sud. Dans notre monde globalisé, les gens bougent, et bougeront de plus en plus. Résister est un leurre ; juguler ces mouvements est hors de portée. Il faut les considérer comme un fait structurel, et même comme une chance si nous savons en tirer le meilleur parti. Voyez les ­migrations qui s'intensifient du nord vers le sud : mes étudiants de Sciences Po font leur troisième année en Chine, en Inde, au Brésil, et il y a aujourd'hui plus de départs du Portugal vers l'Angola que l'inverse ! Pour nos ressortissants, l'immigration est considérée comme une formidable ouverture, alors pourquoi ne le serait-elle pas dans l'autre sens.

Parce que la crise économique en Europe interdirait d'accueillir davantage d'immigrés...

Toutes les études de l'OCDE, d'Eurostat, de la Banque mondiale montrent que l'immigration n'a pas d'impact sur l'emploi. Que les immigrés occupent des emplois peu qualifiés (bâtiment, restauration...) ou au contraire très qualifiés (footballeur, ingénieur, prêtre) pour lesquels on ne trouve pas de candidats nationaux. Que leur potentiel d'entrepreneuriat est important, qu'ils créent des entreprises, et donc de l'emploi, même si cela n'est pas vrai à court terme pour les réfugiés. Rappelons aussi que, dans notre économie largement tournée vers le secteur tertiaire, l'emploi augmente avec la population : ce n'est pas un gâteau figé qu'il faut se partager, mais une masse évolutive, qui dépend beaucoup du dynamisme des sociétés. Et l'immigration est un facteur de dynamisme, humain et économique.

Que montrent les premières conclusions de MobGlob ?

Avec une trentaine d'experts des migrations et de spécialistes des pays de départ, nous avons travaillé sur des scénarios de prospective à partir des données existantes, exactement comme un économiste anticipe un taux de croissance ou un démographe, l'évolution d'une population. Nos travaux prouvent que l'ouverture des frontières ne changerait guère le volume des migrations, ni leurs directions. Elle ne provoquerait pas d'afflux massif de populations, mais elle éliminerait immédiatement les trafiquants, dont l'activité deviendrait sans objet, et elle permettrait d'économiser les sommes astronomiques dépensées par les Etats pour lutter contre l'immigration clandestine. Cet argent libéré pourrait par exemple financer des programmes d'intégration.

Existe-t-il des exemples du modèle que vous proposez ?

Oui, et tous montrent la même chose. La frontière entre le Népal et l'Inde est ouverte depuis 1950, et malgré les énormes disparités économiques entre ces deux pays, les Népalais n'affluent pas massivement chez leur voisin. Idem entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ou au sein de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) : les ­frontières poreuses n'induisent pas de flux incontrôlés. Mais le plus bel exemple, c'est Schengen ! L'Europe a créé ce formidable espace de libre circulation, de paix et de sécurité, qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 2012. Son erreur tragique est de l'avoir réservé à 508 millions de privilégiés. Pourtant, cette ouverture a fait ses preuves : à sa création, en 1985, on n'a pas observé d'exode massif de l'est vers l'ouest, ou du sud vers le nord de l'Europe. Il faut le dire et le répéter : les gens ne migrent pas parce qu'une frontière est ouverte. Ils migrent pour protéger leur vie, ou pour mener à bien un projet économique. Alors, ils participent à la fois à l'économie du pays d'accueil et à celle de la planète en envoyant de l'argent à leurs proches. Ces fonds représentent un transfert financier entre le Nord et le Sud bien plus important que l'aide publique au développement ou les investissements privés.

Quel écho rencontrent vos travaux ?

L'accueil est très bon auprès des chercheurs et des associations. Chez les politiques en revanche, notre proposition reste largement considérée comme une utopie naïve, voire irresponsable. Même si elle rencontre un intérêt chez quelques députés EELV ou frondeurs socialistes, ou au ­Modem, à l'UDI, qui m'invitent à leurs journées parlementaires. Et le parti belge Ecolo qui vient d'inaugurer un groupe de travail sur l'ouverture des frontières. Les choses commencent à bouger, très lentement. Mais faire évoluer l'opinion sur l'immigration ne pourra se faire sans un puissant relais politique, et je n'en vois pas en France.

Le défi est, au fond, plus culturel qu'économique ?

Il faut dire la vérité : l'immigration d'aujourd'hui fait peur à l'Europe, et en particulier à la France, parce qu'elle concerne des musulmans. Comme me l'a écrit un auditeur après un entretien à la radio, les centaines de milliers de républicains espagnols accueillis (mal, par ailleurs) en France, à la fin des années 1930, « mangeaient comme nous, buvaient comme nous, et priaient le même Dieu ». Aujourd'hui, l'islam, religion visible dans l'espace public, est souvent perçue comme « invasive » et associée, par un raccourci dramatique, au radicalisme, et même au terrorisme. La laïcité est de plus en plus dressée contre elle comme un étendard. La France a peur de la différence, de l'étranger, de tout ce qui viendrait menacer une identité nationale particulièrement crispée. Elle exalte son exception culturelle, sa gastronomie de terroir, ses plus beaux villages, sa meilleure baguette... Mais elle doit apprendre à envisager le changement comme un enrichissement plus que comme une menace, à se projeter comme un pays divers et heureux, fier de sa diversité.

Imaginez-vous sérieusement qu'un jour le monde ouvrira ses frontières ?

Je ne vivrai peut-être pas assez longtemps pour le voir, mais j'en suis sûr. Cela va dans le sens de l'histoire. Un Etat qui fermerait entièrement ses frontières est condamné à disparaître, à devenir un pays-musée, marginalisé dans la communauté internationale, sans dynamisme économique. Dans soixante ou soixante-dix ans, des régions entières du monde seront rendues inhabitables par les changements climatiques. Des centaines de millions de personnes seront en mouvement. Il faudra repenser la distribution mondiale de l'humanité. Combien de temps va-t-on résister à cet état de fait, au lieu de l'embrasser ?

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Vite dit

12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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