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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

Humanite.fr | 16/12/2015

Privées d'eau et d'électricité, les personnes enfermées au centre de rétention du Mesnil Amelot (77) voient leurs conditions de vie très dégradées depuis dimanche soir. Mais, même dans le noir, la machine à expulser continue son travail !

"Nous sommes dans le noir et sans eau depuis dimanche, 21h", témoigne un Mauricien retenu au Mesnil Amelot. Dans ce grand centre flambant neuf, très excentré, auquel sont accolés un tribunal et l'aéroport de Roissy, les personnes retenues n'ont pu jusqu'à mardi matin, ni se laver ni manger chaud.

"Leurs téléphones sont déchargés, ils donnent de leurs nouvelles en se prêtant les téléphones qui fonctionnent encore... Les étrangers en situation administrative irrégulière retenus dans ce centre ont passé toute la nuit dans le froid. Ils ont les doigts blancs, c'est insoutenable !", racontait lundi un proche d'une personne enfermée.

Dans les bâtiments où dorment les personnes retenues, le chauffage n'a été rétabli que mardi matin, les personnes ont passé une deuxième nuit dans le froid. Durant toute la journée de lundi, des odeurs nauséabondes flottaient dans le centre, du fait de la panne qui entraînait une panne de chasse d'eau (de plus, le ménage n'avait a priori pas pu être fait en l'absence d'eau et d'électricité).

Le groupe électrogène censé pallier l'absence de courant n'était pas suffisant pour fournir l'ensemble des bâtiments du centre, en conséquence, la CIMADE a pu constater de graves atteintes aux droits et à la dignité des personnes : les personnes convoquées à la cour d'appel hier n'y ont pas été escortées, un document aurait été adressé à la Cour, expliquant que la panne généralisée empêchait que les personnes le soient. Plusieurs personnes convoquées au tribunal administratif se sont plaintes de n'avoir pu recevoir les documents attestant de leur situation, aucun fax ou email ne pouvant être réceptionné au centre tant par la Cimade que par le greffe hier. La panne dans les bureaux de La Cimade, ayant plus longtemps (idem pour l'OFII), aucune démarche juridique ne pouvait être effectuée avec son appui jusqu'à mercredi. Les chefs de centre auraient prévenu les juridictions, reste à savoir si les appels et recours introduits hors délai seront jugés recevable ou non. La Cour a tout de même statué, et confirmé la prolongation dans la majorité des cas. De même un juge des libertés a tenu ses audiences dans le noir, à la bougie, et dans des conditions très discutables...

Par contre des mesures d'urgence ont été prises aussitôt : les visites sont interdites et les amis et familles des personnes retenues ne peuvent plus leur apporter ni vivres, ni médicaments, ni vêtements. Les téléphones portables restent autorisés à condition qu'ils ne soient pas dotés d'appareil photo...

Des demandes de libération fondée sur l'atteinte à la dignité et la violation de certains droits ont été examinée mardi après midi.
Dans l'une d'entre elle le juge ose l'écrire: "le maintien du retenu dans un local sans électricité, et notamment sans chauffage, durant l'hiver à des températures proches de zéro degré, ne constitue pas encore à ce jour des conditions de rétention contraires au principe de respect de la dignité de la personne humaine"

Pour rappel, la coupure de courant (et d'eau) date du 13/12 à 21h30, cela a été rétabli partiellement mardi vers 15h, l'ordonnance a été rendue hier a 19h11, certains bâtiment sont encore sans chauffage aujourd'hui .
Les conditions de rétention dénoncées ont donc perduré presque 48h, ce qui ne suffit visiblement pas au JUge des liberté qui ajoute, dans sa grande mansuétude, " qu'il convient toutefois d'observer que cette situation ne saurait perdurer sans finir par porter atteinte aux droits du retenu".

Impossible de joindre l'administration du centre de rétention, à croire que le téléphone est également coupé...

Le black out est donc total, surtout en termes d'information donc !

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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