En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse
Vous voulez participer ? Inscrivez-vous

Cercle des Voisins | 27/05/2016

Lundi 23 mai 2016 : Le préfet de Limoges piège un réfugié du CAO de Peyrat le Château

C'est une personne du Secours populaire de Limoges qui nous a signalé l'arrivée au CRA de Cornebarrieu d'un jeune afghan A. S.

Convoqué à la préfecture de Limoges, il s'y est présenté accompagné d'un interprète, du maire de la commune de Peyrat le château, de bénévoles des Familles Rurales et du Secours Populaire Français. Il a été interpellé à la préfecture et envoyé au CRA (Centre de Rétention) de Cornebarrieu ce même jour.

Les policiers qui l'ont convoyé jusqu'à Toulouse ont menacé de lui faire une injection dans le bras s'il ne se calmait pas.

Toutes ses affaires personnelles sont restées à Limoges dans l'hôtel (géré par le 115) où il était logé depuis que le CAO (Centre d'Accueil et d'Orientation) de Peyrat le Château avait fermé ses portes (fermeture officielle depuis le 12 mai).

Mardi 24 mai 2016 : Solidarité citoyenne

Grâce à la solidarité de cheminots nous avons pu récupérer à la gare le sac et la valise de A. S qui avaient voyagé par train de Limoges à Toulouse.

Avec l'intention de rendre visite à A. S., deux personnes du Cercle des Voisins les ont ensuite acheminés au CRA et ont pu assister à leur fouille minutieuse. Les policiers n'ont pas voulu laissé passer ni les médicaments, ni les rasoirs ni même un stylo. Pour ses médicaments, c'est un problème car A.S ne doit absolument pas interrompre son traitement suite au choc psychologique qu'il a subi et qui l'empêche de dormir.

Dans le parloir, A. nous a dit qu'il était militaire en Afghanistan, qu'il a été menacé par les talibans car il refusait de coopérer avec eux. Ils l'ont menacé avec une kalachnikov et c'est pour cela qu'il a du fuir. Sa femme et ses deux enfants sont encore là-bas et son père aussi. Il a essayé une fois de prendre contact avec un oncle mais celui-ci lui a fait comprendre que sa maison et sa famille étaient toujours surveillées et qu'il valait mieux ne pas essayer de les contacter. Il n'a donc pas de nouvelles depuis longtemps.

Son parcours depuis l'Afghanistan vers l'Europe, il l'a fait à pied. Il est passé par la Hongrie où il a été arrêté, violenté, menotté. De force on lui a relevé ses empreintes. Puis, après avoir été relâché, il est parti pour la France et est arrivé à Calais où il a passé deux à trois mois.

De Calais, il est parti au CAO de Peyrat le Château où il est arrivé le 3 novembre 2015. Depuis le 12 mai il était logé par le 115 dans un hôtel. Cela faisait 8 mois qu'il était à Limoges où il suivait des cours de français.

A. S possède des attestations de ces associations et d'une attestation de suivi psychologique, nécessitant'un traitement.

A.S a très peur d'être expulsé vers la Hongrie où il a été particulièrement maltraité lors de son arrestation.

Jeudi 26 mai 2016 : Audience au tribunal administratif

Suite à la remarquable défense de Maître Benjamin Francos et à l'écoute attentive et humaine de la juge administrative, A. S a été libéré.

L'avocat a argumenté sur les pratiques des autorités hongroises en matière "d'accueil" ou dit plus justement de « traitement » des réfugiés. (cf les rapports du HCR). Il a aussi rappelé que depuis septembre 2015, le président hongrois autorisait à tirer à balles réelles sur les migrants.

A. S. a pu aussi parler de son passage en Hongrie. Il a dit qu'il avait été arrêté sur un marché, qu'on lui avait passé les menottes, envoyé en prison et qu'il avait reçu des coups. Quelques jours après, on lui a relevé de force ses empreintes et que pour l'obliger à signer un document, il avait reçu à nouveau des coups.

Comme il voulait demander l'asile en France, on a fini par le relâcher.

La juge a entendu ces arguments et a donc annulé les deux arrêtés (le renvoi vers la Hongrie et la privation de liberté au CRA).

Nous sommes allés ensuite le chercher à sa sortie du CRA et vers 20h, il a pris un bus pour Bordeaux pour rejoindre un ami pakistanais avec qui nous avions parlé. Il devait continuer son voyage vers Limoges pour revoir ses « mamans » du Secours Populaire.

Deux autres personnes passaient devant la juge ce jour là, une jeune femme du Nigéria (arrêtée en Gironde) et un tunisien (arrêté en Hte Garonne). Pour ces deux là, ce fut un rejet. La jeune femme sera remise aux autorités italiennes où elle a laissé ses empreintes et le jeune homme tunisien sera sûrement expulsé en Tunisie.

Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

⚫️

9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

⚫️

30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

⚫️

injustice8/8/2018 - Chauffard ivre, administration ivre, tous les deux responsables et coupables
Un chauffard ivre est considéré par la justice comme responsable des accidents qu'il provoque. Une administration qui met en place une machine à expulser à pleine vitesse doit savoir qu'il est certain qu'une partie des procédures seront mal faites, voire faussées volontairement pour atteindre les objectifs chiffrés exigés. Ce ne sont donc pas des "erreurs de procédure", mais des décisions prises en amont qui, à l'instar du chauffard qui décide de boire, sont de la responsabilité de ceux qui les ont prises.
Documents manquants, contradictions entre des témoignages de tiers et ceux de la police, informations déformées ou faussées, voire inventées de toutes pièces font légion, mais il n'y a rien d'innocent dans ces "erreurs de procédure", quelqu'un a décidé !
Malheureusement les conséquences sont tout aussi graves, des personnes renvoyées aux pays desquels elles ont fui sont condamnées à des traitements inhumains ou dégradants, et même à la mort.
L'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme dispose que "le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi". L'article 3 de cette même convention "interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de leur juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants". Il s'agit d'une des rares dispositions de la Convention qui ne soit pas assortie d'exceptions.
Des "erreurs de procédure" graves de l'administration, nous en voyons trop régulièrement dans les tribunaux pour les étrangers, et elles restent impunies, et même ignorées par ces tribunaux, en totale violation de la constitution, de la loi, et des valeurs de la France.

⚫️

7/8/2018 - Violation des conventions internationales, la France persiste et signe
Notre gouvernement se permet de critiquer les USA sur la violation de conventions internationales, mais "en même temps" elle se permet l'hypocrisie de le faire elle même en toute impunité.
Les conventions internationales et européennes des droits des enfants, adoptée et signée par la France en 1989 (quand les droits de l'homme n'étaient pas encore que des mots sur un papier) les protège de toute maltraitance, dont la privation de liberté. Or, une juge du JLD a décidé autrement en maintenant en rétention dans la zone d'attente de l'aéroport de Blagnac une famille de journalistes demandeurs d'asile congolais, avec leur enfant de deux ans et une mère enceinte de six mois, souffrante, qui ont dû fuir en urgence leur pays parce que menacés de mort par leur gouvernement. La juge a certainement considéré que garder cette famille en rétention quelques jours de plus en attendant leur entretien avec l'OFPRA n'allait pas ajouter grande chose au traumatisme déjà subit par leur fuite et l'abandon de leur vie derrière eux.
Certes, les enfants s'adaptent à tout, mais il ne faut pas se leurrer, ils gardent les traces.
La "protection de la France" justifie-t-elle d'ajouter encore à la détresse de cet enfant et de cette famille ?

⚫️

juge magicien29/7/2018 - Ici on ne rend pas justice, on applique la loi !
C'est ce qu'a répondu il y a quelque temps une juge du JLD à un retenu.
La loi dispose qu'un document officiel d'un pays étranger, tel un acte de naissance prouvant la minorité d'un.e jeune, de surcroit confirmé authentique par le consul de ce pays en France, doit être accepté et prit en compte par la justice, et doit primer sur toute autre considération.
La loi dispose qu'en cas de doute sur sa minorité, ce doute doit profiter au jeune.
La loi dispose que quand l'état formule une accusation il est tenu d'apporter des preuves.
Et pourtant, suivant l'avis de la préfecture de Toulouse, un tel document n'a pas été considéré "crédible" par un juge du Tribunal Administratif de Toulouse, qui a condamné Nakachia, mineure de 14 ans, à être renvoyée dans son pays, où elle risque en plus d'être mariée de force à un vieil homme de 70 ans.
La raison ? La préfecture a "des doutes", POINT. Point de preuves aussi, juste des soupçons.
Donc, on applique la loi quand la justice ne convient pas, et on rend "justice" quand la loi ne convient pas.
C'est å se demander à quoi bon payer cette armée de parlementaires et tous ces juges si de toute façon l'État se débrouille très bien tout seul pour faire le travail à leur place.
En savoir plus ici et

⚫️

12/7/2018 - France - Belgique 0 à 0
Samuel Umtiti est né au Cameroun, il est le petit dernier d'une fratrie de 4 enfants. Alors qu'il a 2 ans, sa famille émigre en France et s'installe à Lyon. C'était en 1995, serait-ce possible aujourd'hui ?

Paul Pogba : fils d'immigrés d'origine guinéenne
Antoine Griezmann : d'ascendance allemande et portugaise
N’Golo Kanté : d'ascendance malienne
Kylian Mbappé : fils d'immigrés d'origine camerounaise et algérienne
Ousmane Dembélé : fils d'immigrés d'origine malienne et sénégalo-mauritanienne
Corentin Tolisso : fils de père togolais
✓ Et tant d'autres
Merci à vous tous !
Mais dans vingt ans, avec les frontières fermées, y aura-t-il quelqu'un pour marquer pour la France ?

⚫️

8/7/2018 - Ah bon ? On avait tort toutes ces années alors ?
Les gouvernements successifs, les parlementaires, les tribunaux, les policiers, l'administration, tout ce beau monde, aveuglé par leurs intérêts politiciens et populistes s'acharnait à pointer du doit, accuser, juger et condamner ces "criminels de la fraternité" qui "font le jeu des passeurs", sans même se poser la question de la légalité de leurs actions, et voilà qu'à la plus haute cour de justice les Sages du Conseil Constitutionnel projettent un rayon de lumière et leur disent : Ben non ! C'est vous qui avez tort ! C'est vous qui accusez, jugez et condamnez un des éléments fondateurs de la République, ses fondations mêmes !
Liberté et Égalité : la FRATERNITÉ n’est pas un gadget ou une cerise sur le gâteau républicain, c’est le principe constitutionnel permettant de garantir les 2 premiers !
En savoir plus

⚫️

Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

Archive

Powered by mod LCA