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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Club Médiapart | 16/08/2016

Je reviens d’une semaine passée à Calais et Grande Synthe où j’ai travaillé comme bénévole auprès d’une association.

J’y suis encore d’ailleurs car ce que j’y ai vécu est riche en rencontres humaines. J’ai beaucoup de mal à en revenir. Tant de visages rencontrés, une myriade de sourires, le Choc.

Regarder le journal télévisé des chaines publiques le soir, quand on a passé la journée dans la Jungle de Calais, c’est comme les vitrines de Noël, lorsqu’on les regarde, on croit rêver. Entendre parler de « restaurants » qui vont être rasés, ou de « dangers sanitaires » pourrait faire sourire si ce n’était la vie de 9000 personnes qui sont concernées.

En réalité il ne s’agit pas de restaurants mais d’abris constitués de bric et de broc consolidés par des bâches plastiques du genre de celles que vous utilisez lorsque vous voulez protéger vos sols en cas de gros travaux. Oui les conditions d’hygiène sont déplorables : dans la Jungle il n’y a pas une seule douche, juste des points d’eau qui coulent dans des auges métalliques. Il n’y a pas de toilettes : quelques cabines de ci de là, cabines en plastique comme celles que vous pouvez voir sur les chantiers. Malodorantes, crasseuses, sans eau courante, un peu le Moyen Âge quoi. Au passage remarquons qu’il existe de nos jours des toilettes sèches, que l’Etat - porté dans son élan vers la COP 21- aurait pu acquérir et qui présenteraient un risque sanitaire bien moindre, sans compter que cela correspond sans doute davantage aux usages des populations des pays représentés.

Je ne nie pas que certains en profitent pour faire du commerce au détriment des autres. Il en va dans la Jungle comme dans toute société humaine qui doit s’organiser. Il y a quelques leaders, beaucoup de suiveurs, et un peu de malfrats. Mais pour l’heure, si ces lieux de vie n’existaient pas, les conditions des migrants seraient bien pires : il y a un substitut d’organisation sociale et ce substitut là il faut à tout prix le conserver.

A une trentaine de kilomètres de là, à Grande Synthe, se trouve le camp de « La Linière ». Là aussi des migrants, mais dans une toute autre situation. Ici il s’est construit un camp de réfugiés. Avec l’aide du Maire de Grande Synthe et de deux associations - principalement « médecins sans frontières » et « Utopia 56 »- on a construit de petites baraques en bois, hors sol, des cuisines collectives, une laverie où les migrants peuvent apporter leur linge à laver et à sécher, des sanitaires avec douches, toilettes et chasses d’eau, une école, un lieu de vie pour les femmes et leurs enfants, un « thé-café », l’équivalent de nos bistrots en quelque sorte. Ce n’est pas un hôtel, ni un camping, juste un endroit où la dignité humaine est respectée. Les conditions de vie sont dures mais elles sont dignes, dignes d’un pays comme la France.

En résumé :

  • D’un côté l’Etat avec ses moyens d’Etat, et un bidonville.

  • De l’autre : un élu local, des citoyens déterminés avec leurs moyens de citoyens, et un camp de réfugiés.

Et plein, plein de jeunes bénévoles ! 80 % entre 18 et 26 ans… venus de toute la France et de l’étranger.

Et plein, plein de citoyens du Nord Pas de Calais investis dans les associations satellites : gestion des dons de nourriture, de vêtements, d’objets etc…

C’est réconfortant, en définitive. Et bien loin des clichés. Non les citoyens des « Hauts de France » ne sont pas tous adhérents du front national. Non les jeunes ne sont pas tous égoïstes, matérialistes etc…

Bien au contraire cet élan montre que de partout les citoyens s’investissent et s’engagent. Qu’il existe des élus – locaux - prêts à fédérer cette incroyable énergie. Qu’il ne nous reste qu’à chasser les marchands du temple –politiciens blablateurs – et à donner notre voix à ceux qui agissent.

Vous n’avez pas le temps de venir donner un coup de main ? C’est normal. Tout le monde ne peut pas donner du temps. Prenez juste celui d’aller visiter le site de l’association : http://www.utopia56.com/fr

La cotisation de base est de 10 € et franchement ça vaut le coup de leur donner un coup de pouce financier.

A bientôt ?

Marie Annick Gaudin

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Vite dit

17/5/2018 - Boite postale trop petite ? - Un morceau d’anthologie lors d'une audience du JLD étrangers, auxquelles nous assurons une permanence citoyenne, lorsqu’est évoquée une assignation à résidence... à une boite postale. Cela concernait l'épouse d'un retenu et son enfant, mais sans que l'assignation n'ait été envisagée pour le retenu lui-même.

Est-ce la boite postale qui était trop petite pour héberger toute la famille, ou est-ce l'administration, débordée par une machine de chasse aux étrangers qui n'a même plus le temps d'une seconde de pause pour réfléchir à ce qu'elle fait ?

Pour celle-ci et plusieurs autres irrégularités, la juge à décidé de libérer le retenu, mais il avait déjà passé plusieurs jours en rétention.

La liberté des êtres humains a perdu à tel point de l'importance aux yeux de nos dirigeants que la privation de liberté ressemble plus à un jeu de roulette qu'à de la justice.
Faites vos jeux !  Vous perdrez de toute façon.

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10/05/2018 - Des juges ou des magiciens ? Avant un procès au JLD, la préfecture prépare un dossier contenant tous les éléments en sa possession pour justifier un maintien en rétention, puis elle le dépose au tribunal, et une copie est envoyée à l'avocate du retenu pour lui permettre de préparer sa défense. L'avocate constate que le dossier manque des pièces importantes, ce qui normalement devrait rendre la procédure irrégulière, mais c'est sans compter avec la magie du tribunal.
En effet, en soulevant cette irrégularité devant le juge l'avocate se voit opposer une fin de non-recevoir, le juge, avec la préfecture, lui disent que les pièces sont bel et bien dans le dossier ! Magie !!
Magie ?! Je n'y crois pas plus que vous, l'avocate non plus et elle insiste sur ce que les pièces ne sont effectivement pas dans le dossier.
Il est évident que soit les pièces manquantes n'ont pas été délivrées, soit la préfecture les a délivrées tardivement avant l'audience et ont été ajoutées au dossier par le tribunal, en "négligeant" d'informer l'avocate. Vous l'avez compris, cette procédure est aussi irrégulière, et il ne s'agit pas d'un cas isolé !
Alors, magie ou connivence ?

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Parler de manque compréhension, d'humanité, de compassion... ça ne vaut plus la peine, je ne me fais plus aucune illusion, par contre, des cas où les juges valident des irrégularités de procédure de l'administration sont de plus en plus nombreux, allant jusqu'à des juges qui s'appuient justement sur le fait que cela arrive tout le temps et partout pour les justifier : la récidive en tant que circonstance atténuante !
La gravité d'une faute ne doit pas être mesurée par le fait lui-même, mais par ses conséquences. Une procédure visant à priver un être humain de sa liberté se doit d'être irréprochable, autrement le mot liberté perd tout son sens.

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bizutage17/4/2018 - La porte de la salle III du palais de justice de Toulouse s’ouvre. Trois retenus et quatre policiers entrent et s'installent à leurs places respectives. Un jeune policier stagiaire se relève aussitôt pour demander à un premier gardien de la paix l’autorisation d’aller aux toilettes. Celui-ci le renvoie aussitôt à une supérieure en grade visiblement, et seule apte à donner cette autorisation. Le jeune policier lui fait la même demande et se voit infliger un refus glaçant. Le stagiaire confus reprend sa place face à cette cheftaine. Il se passe dix bonnes minutes avant que le juge entre et que les audiences commencent. Pendant 30 minutes, le policier va gigoter sur sa chaise, suer à grosses gouttes tout en croisant constamment le regard hautain de la faiseuse de rois. L’audience se termine, le "bleu" réitère sa demande au policier le plus près de lui qui le renvoie de nouveau à la patronne du jour. Celle-ci finit par accepter. À peine la porte de la salle d’audience franchie par ce jeune policier, ses trois collègues se mettent à pouffer de rire. Perversité vous dites ? Quand on peut martyriser comme ça un collègue, que peut-on faire à quelqu'un que l'on considère à peine humain ? Combien de plaintes déposées pour mauvais traitements aux retenus au centre de rétention de Mesnil-Amelot et combien de classées sans suite ?

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Injustice16/4/2018 - Depuis plus de 20 ans les différents gouvernements ont empilé pour les étrangers des tas de droits toujours plus restrictifs, pour s'abriter derrière un état de Droit qui cache mal les droits de l’État à réprimer et expulser.

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11/4/2018 - Monsieur X est un jeune guinéen qui s'est fait malheureusement prendre dans un coup de filet de la police au grand ramier, où les personnes sans domicile ont leur adresse postale, et pont Saint-Michel. Si l'homme de Neandertal savait où pêcher et où chasser, le policier en chasse sait où poursuivre les sans-papiers. Il suffit d'aller là où ils mangent, se lavent, lavent leur linge, parfois y dorment et bien sûr l'endroit où ils vont chercher leur courrier. Il est comme cela le policier en chasse, il suit son instinct et les ordres nauséabonds de sa hiérarchie. La Cimade, dans son mémoire en défense au JLD, a soulevé le côté déloyal de l'arrestation, mais pour la juge une boîte aux lettres ne peut constituer un lieu de vulnérabilité incontestable, et maintient donc ce gamin au CRA 28 jours de plus.

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6/4/2018 - Le ministre de l'Intérieur M. Collomb a obtenu le passage de la période de rétention de 45 à 90 jours, se félicitant de cette "avancée" qu'il a qualifié "d'équilibrée".
Examinons ça de plus près.
La période maximale de rétention aujourd'hui est de 45 jours. Ceux qui sont effectivement expulsés le sont dans les 12 premiers jours de rétention, le pourcentage d'expulsions après ces 12 jours est statistiquement négligeable, mais ils continuent à être incarcérés, et la France paye environ 60€/jour pour chacun d'entre eux, et cela sachant à l'avance que la grande majorité sera libérée à la fin de la période de 45 jours, donc, résultat nul. Il en ressort qu'ajouter 45 jours supplémentaires coutera non seulement la liberté à toutes ces personnes, mais aussi la bagatelle de 2 700€ de plus à l'état, donc nous, pour chaque retenu qui restera pendant la totalité de la période.
Vous disiez équilibré monsieur le ministre ? Non seulement cette loi est déséquilibrée, mais aussi tous ceux qui vont la voter.

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vd acharnement policier1/4/2018 - La bande de Gaza, sous le contrôle brutal d'Israël et actuellement sous le feu de son armée, est de toute évidence considérée comme un lieu sûr par la préfecture de la Haute-Garonne, qui cherche à expulser vers là-bas un Palestinien demandeur d'asile.
Il y a peu de chances qu'il soit finalement expulsé, mais en attendant il perd sa liberté, et sera retenu au CRA pour la période maximale de 45 jours, puis libéré, pour être très probablement arrêté à nouveau pour recommencer le cycle arrestation-impuissance-libération.
France, terre d'asile ?

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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