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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Mediapart - Yves Faucoup - 22/03/2017

Une enquête menée par la Ligue des Droits de l'Homme et des universitaires décortique la manière dont la préfecture de Haute-Garonne "accueille" les étrangers. Réquisitoire implacable, qui dénonce les incohérences et le mépris affiché par l'institution, et la peur qui règne chez les étrangers. Rapport rendu public hier à Toulouse et remis au représentant de l'État.

Prefecture de Haute Garonne maltraitance envers les etrangers

Conférence de presse :

Elle a lieu au siège de la Ligue des Droits de l'Homme de Haute-Garonne et est introduite par Jean-François Mignard, son secrétaire général. Il rappelle la mission de "vigie citoyenne" de son organisation, que ce soit envers la police, l'armée ou la justice. Ainsi un rapport a été produit sur la police, sur la mort de Rémi Fraisse, et un observatoire des pratiques policières a été récemment créé. Il a tenu à expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un cas unique en France, et qu'au-delà des faits collectés, il faut bien comprendre que ces méthodes font système : "c'est l'effet de la politique d'accueil des étrangers en France". Compte tenu des choix qui ont été faits, rien d'étonnant à ce que notre administration les maltraite.

Conférence de presse au siège de la Ligue des Droits de l'Homme, le 21 mars à Toulouse, avec Frédéric Rodriguez, Yves Loridon, Pascale Cabrolier, Daniel Welzer-Lang, Jean-François Mignard et Monique Langevine [Ph. YF] Conférence de presse au siège de la Ligue des Droits de l'Homme, le 21 mars à Toulouse, avec Frédéric Rodriguez, Yves Loridon, Pascale Cabrolier, Daniel Welzer-Lang, Jean-François Mignard et Monique Langevine [Ph. YF]

 Pascale Cabrolier, Monique Langevine et Yves Loridon, qui ont coordonné la recherche, expliquent son déroulement. Au commencement, étaient les témoignages d'avocats et de sans-papiers qui se plaignaient de maltraitance à la Préfecture de Toulouse. D'où l'idée d'enquêter, en partenariat avec le Cercle des Voisins, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) et d'autres associations. Il fallait que ce travail paraisse crédible, d'où l'appel à des universitaires. Des personnes dans les files d'attente ou sortant de la Préfecture ont été interviewées, des associations ont été interrogées (comme la Cimade, Act Up ou Toulouse Syrie Solidarité, CGT Sans-papiers) ainsi que des travailleurs sociaux. L'objectif n'était pas de dénoncer des agents, mais de relever qu'il y a défaut de formation et qu'ils subissent des contraintes insoutenables, comme limiter les entretiens à 10 minutes, en l'absence de traducteurs. Après présentation du contenu du rapport (voir ci-dessous), des propositions pour améliorer la situation ont été faites, que le rapport recense.

Daniel Welzer-Lang, sociologue, auteur de plusieurs ouvrages de référence, a évoqué la gageure que représente la réalisation d'un rapport élaboré conjointement par des militants associatifs et des chercheurs et la richesse de cette complémentarité. Le projet était de rendre compte de données qualitatives et quantitatives. 475 questionnaires ont été exploités. Le traitement statistique a été conduit par Frédéric Rodriguez, agrégé de mathématiques, enseignant au département de sociologie du Mirail. La Préfecture n'a pas apprécié un tel engagement de chercheurs du Cnrs, appelant cet organisme d'État à faire en sorte que le rapport ne sorte pas. Des menaces pèsent sur les coupables : "jamais l'indépendance de la recherche n'a été à ce point remise en cause par le représentant de l'État", a déclaré Daniel Welzer-Lang.

 Le rapport :

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 Notons tout d'abord que ce rapport est bien écrit et argumenté. Les auteurs n'ont pas plaisanté : le document imprimé fait 60 pages, bien présenté, fourmillant de précisions sur les sources, de tableaux, de citations. Il décrit des pratiques contestables qui ne devraient pas avoir lieu dans un État républicain. Il liste les engagements du label Qualipref 2.0, nullement respectés.

Tout d'abord, on assiste à un "mépris généralisé". Les rendez-vous sont donnés à date lointaine, et le moindre papier manquant oblige à tout recommencer et à devoir subir une date à plusieurs mois, sinon à un an. Pendant ce temps, la personne est sans papiers, en situation irrégulière, au point que l'on se demande si on n'assiste pas là à une fabrique artificielle de sans-papiers, comme il y a une réelle suspicion sur les files d'attente qui seraient destinées à montrer l'"invasion" des demandeurs d'asile, quitte à ce que ce soient souvent les mêmes qui soient condamnés à attendre, à perdre des journées entières à espérer être reçus et renseignés. Ils attendent parfois à un guichet comme on leur a indiqué, puis lorsqu'ils sont reçus on leur annonce qu'il y a erreur, ce n'est pas le bon guichet. Et les renseignements sont contradictoires d'un guichet à l'autre, d'un jour à l'autre.

Rien n'est prévu pour les femmes enceintes, pour les personnes âgées, qui doivent attendre longuement, comme les autres, parfois dehors sous la pluie. Les personnes redoutent l'attitude des personnels des bureaux préfectoraux, leurs paroles autoritaires, leurs propos déplacés, leurs exigences incohérentes, les informations données qui se révèlent fausses, une méconnaissance des dispositifs, une absence de réponses aux courriers recommandés : "J'ai pleuré plusieurs fois en sortant de la préfecture tellement on me parlait mal", "certains employés sont 'gentiment racistes', ils devraient être 'mieux choisis'", "on nous parle comme si on était des bêtes sauvages". Au point que le rapport publie carrément un "tableau des peurs exprimées" par tant de témoignages dont l'un se résume en "la peur c'est toute ma vie" :

 "J’ai peur de l’accueil, j’ai le stress en permanence"

"J’ai peur des blagues douteuses"

"Peur de ne pas être écoutée"

"Le filtrage à l’entrée n’est pas rassurant"

"À chaque fois que je vais à la préfecture, j’ai toujours peur de tomber sur une personne désagréable ; j’ai toujours des appréhensions"

"Toutes les fois, j’ai peur : ils ne traitent pas bien les gens"

"Elle a peur d’être mal reçue"

"Peur qu’on lui dise au dernier moment qu’il manque un papier"

"Peur de ne pas être suffisamment informé"

"Peur d’un manque de précision ; la personne qui l’a reçu était pressée"

"Peur de ne pas avoir de réponse"

[Ph. YF]

Certaines démarches doivent être effectuées obligatoirement sur Internet, avec explications incompréhensibles et des connexions difficiles, alors même que les personnes sont pour moitié sans ordinateur, et la moitié de celles qui en ont un n'ont pas d'imprimante (or il faut imprimer le document). On est en plein Moi, Daniel Blake. Et contrairement à ce que la droite, l'extrême-droite et la faschosphère colportent, ces gens-là ne perçoivent rien ou presque rien pour à peine survivre. Alors, ils parviennent quelques fois à trouver un travail auprès d'employeurs tout heureux de pouvoir les payer à 2 ou 3 euros de l'heure.

La Préfecture pousse le vice jusqu'à contester des certificats médicaux produits par des médecins de l'Agence Régionale de Santé (l'ARS), instance de l'État s'il en est. Et telle responsable se permet de dire : "Moi vivante vous ne serez pas régularisé".

Il y a trop de concordances entre les témoignages pour imaginer que ce ne soit qu'un hasard ou des faits isolés. J'ajoute deux points qui m'ont été rapportés (ils n'apparaissent pas dans le document) : quelques rares jeunes gens, venant régulariser leur situation, se comportent de façon incorrecte, se prélassant sur leurs sièges. Ils ne sont pas inquiétés, personne ne les rappelle à l'ordre, comme si on n'osait pas s'en prendre à eux, tandis que l'on s'adresse de façon irrespectueuse à tous les autres, nombreux, qui sont intimidés et dociles, invités à faire profil bas. Par ailleurs, on m'a signalé qu'un couple avec deux enfants en bas-âge, a été invité récemment par un agent de la Préfecture, sous prétexte qu'ils étaient arrivés par l'Allemagne, à repartir en Albanie par avion, avec le conseil suivant : une fois arriver à Tirana, "faire le tour du tourniquet" pour reprendre un vol à destination de la France !

Ubu Roi :

Mise en scène de la file d'attente [Ph. YF] 

Dans le temps de midi ce 21 mars, un rassemblement s'est tenu devant la Préfecture (et la cathédrale Saint-Etienne adjacente). Malgré un nombre de participants relativement limité, ce fut un moment grave et enjoué. Deux comédiens de l'École citoyenne ont mis en scène des extraits du rapport, d'une façon ironique et dramatique, surfant sur les papiers sans cesse réclamés.

Les comédiens de l'Ecole citoyenne, avec-papiers [Ph. YF]

Des témoignages étaient livrés, dont ceux émouvants de l'association des étrangers malades ("on revendique juste un peu de dignité").

Un étudiant, recruté par une banque comme analyste financier, explique comment son contrat en bonne et due forme a été aussitôt rompu parce que

 

 

Témoignage d'une représentante du collectif des étrangers malades [Ph. YF]
 

la banque n'avait pas soumis le poste à Pôle emploi (alors qu'il avait été choisi parmi de nombreux candidats).

  Délégation en Préfecture :

Une délégation était reçue pendant plus d'une heure pour remettre le rapport. Le secrétaire général a cherché à défendre ses fonctionnaires, invoquant la difficulté de la tâche. Il a estimé que certains témoignages n'étaient pas crédibles, tout en avouant qu'il ignorait qu'il y avait de tels dysfonctionnements.

Soit par humour, soit par cynisme, il a regretté qu'un tel rapport existe car il risque de provoquer de la peur chez les étrangers venant en Préfecture !

Délégation à la sortie de la Préfecture [Ph. YF]

Il a dit son souhait que les procédures soient améliorées : en bon représentant de l'énarchie, le fond de l'affaire n'est pas son problème, seul compte le "process". Il semble prêt à vouloir améliorer le "comité d'usagers" traitant de ces questions, qui pour le moment ne regroupe que onze cadres de la préfecture et un représentant des usagers…

***

Il est clair qu'en démocratie et en République, dans un contexte où les incantations de l'extrême-droite gagnent du terrain, à cent lieues de la devise républicaine, il importe que les pouvoirs publics n'autorisent pas de tels dérapages. Les citoyens, quelle que soit leur opinion sur la politique à mener en matière d'immigration, ne peuvent tolérer qu'une administration se comporte, en leur nom, comme le fait la Préfecture de la Haute-Garonne, jusqu'à ce jour. Gageons qu'une telle action aura de l'effet. Le mépris peut être une stratégie lorsqu'il est bien dissimulé, un peu moins s'il est mis au grand jour.

______

Michèle Crémoux présentant l'action du Cercle des Voisins [Ph. YF]

. le rapport en ligne, synthèse ou rapport complet : http://bit.ly/2mMBUrT

. outre la LDH, les associations partenaires sont : RESF 31, Amnesty International, le Cercle des Voisins, la Cimade, la CGT (collectif "sans-papiers"), Act-up, la Case Santé, CLIC sans-papiers, le collectif des sans-papiers de Cugnaux, le collectif des étrangers malades, le collectif Toulouse Syrie-Solidarité, Médecins du Monde, et des personnes non affiliées. Ainsi que des avocats toulousains, dont Julien Brel et Flor Tercero.

. voir mon billet évoquant le Centre de Rétention Administrative (CRA) de Cornebarrieu et l'action du Cercle des Voisins : Centre de rétention, de l'intérieur

ainsi que celui sur les mineurs étrangers isolés : Jeunes isolés à la rue

et cet autre sur le documentaire d'Oliver Cousin Un toit sur la tête.

 

 

 

 

[Ph. YF]
 
 

 . Photos Yves Faucoup

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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