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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Anne Guillard - 29/03/2017

Cinq mois après le démantèlement de la « jungle », on dénombre quelques centaines de migrants présents dans le Calaisis, sans dispositif d’accueil, comme en 2014.

Ils sont quelques centaines à survivre dans les bosquets ou ailleurs, et à tenter de franchir le Channel qui les sépare du Royaume-Uni : cent selon la préfecture, quatre cents à cinq cents selon les associations, dont bon nombre de mineurs. « Erythréens ou Soudanais sont à Calais, et partout sur le littoral, sans aucune infrastructure d’accueil, affirme Amin Trouvé-Baghdouche, coordinateur de Médecins du monde. Ils sont en errance, abandonnés par l’Etat. Pour la moitié d’entre eux, il s’agit d’adolescents sans famille, âgés de 15 à 17 ans. »

Cinq mois après le démantèlement du camp de la Lande (rebaptisé « la jungle »), du centre d’accueil de jour et du centre d’accueil provisoire (CAP), cette situation suscite, localement, un sentiment de déjà-vu. Elle s’apparente à celle vécue il y a trois ans, quand quelques centaines d’exilés se trouvaient dans la cité maritime de la Côte d’opale dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni, sans aucun dispositif d’accueil. Ici, le spectre de la « jungle », dans laquelle survivaient plusieurs milliers de migrants (de 8 000 à 10 000, juste avant le démantèlement), a marqué durablement les esprits.

Une situation moins tendue qu’en 2016

« On a l’impression de faire un bond en arrière, en avril 2014, quand il y avait entre 300 et 400 migrants à Calais », relève Gilles Debove, policier sur le secteur depuis plus de quinze ans et responsable du syndicat Unité SGP Police Force ouvrière dans la Calaisis. « Avec le démantèlement [de la « jungle »], on est revenu à la situation antérieure d’il y a deux ou trois ans », déclare Jean-Marc Puissesseau, le PDG de la Société d’exploitation des ports du détroit (SEPD), gestionnaire du port. La routine. Cela fait vingt ans qu’on en voit passer. »

Il dit toutefois être satisfait de recevoir dorénavant des SMS de ses équipes à 6 heures du matin faisant le point sur le trafic et non plus sur les problèmes rencontrés sur la rocade portuaire. Courant 2016, la situation « était plus tendue » : en moyenne, quatre-vingts intrusions par jour (2 400 par mois) étaient signalées dans les poids lourds en partance pour l’Angleterre. L’activité portuaire, fret et passagers, en était très impactée. « L’accès au port était devenu dangereux », rappelle le PDG de la SEPD. « Le drame était d’avoir une concentration d’individus près de la zone portuaire », qui est, elle, totalement sécurisée.

Des gamins le long de la rocade portuaire

Malgré tout, aujourd’hui, « on est reparti sur des missions de surveillance, de distribution de repas, des interpellations et des mises à l’abri des mineurs, qui ne servent à rien », déplore Gilles Debove, qui dit avoir « encore aperçu des gamins le long de la rocade portuaire à 2 heures du matin ». Le policier se désole d’une situation non anticipée en amont et confie avoir le sentiment de devoir « vider le tonneau des Danaïdes ». « On va laisser mûrir la situation », prédit-il, se refusant à qualifier celle-ci de « fatalité », y voyant plutôt « une suite logique » de ce qu’il se passe en Syrie, en Irak, au Soudan, etc.

Pour Jean-Marc Puissesseau, la situation appelle « une veille sérieuse de l’Etat ». Officiellement, les pouvoirs publics disent appliquer une « tolérance zéro migrant ». « Ni points de fixation, ni squats, ni reconstitution de la jungle… », a annoncé le nouveau préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, qui a pris ses fonctions le 20 mars, rappelant que cinq cents CRS et gendarmes mobiles étaient affectés à Calais pour cette mission, « un dispositif unique en France ».

« Aux mêmes causes, les mêmes effets »

Avec l’arrivée du printemps, « ne nous voilons pas la face », prévient cependant Frédéric Van Gansbeke, président de la Fédération du commerce du Calaisis, « le Royaume-Uni n’a pas bougé, le flux migratoire continue, rien ne changera à Calais ». « Aux mêmes causes, les mêmes effets », dit celui qui, au plus fort de la crise migratoire, en 2016, était monté à Paris avec des Calaisiens crier leur ras-le-bol.

Si, depuis avril 2016, la route migratoire de la Turquie vers la Grèce s’est quasi tarie, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), celle de la Libye vers l’Italie a connu un léger regain sur les deux premiers mois de 2017 : 9 449 traversées contre 9 101 sur la même période un an plus tôt.

Bien que l’afflux des réfugiés ait chuté par rapport au pic de 2015, rien n’indique que les flux ne reprendront pas à l’avenir, estime Jean-Christophe Dumont, responsable du département des migrations internationales de l’OCDE, qui s’adressait, le 22 mars, au Club du CEPII, principal centre français d’étude et de recherche en économie internationale.

« Une radicalisation sensible des propos »

Frédéric Van Gansbeke déplore que « la solution qu’on préconisait, et qui était la moins mauvaise, à savoir l’édification d’un vrai camp aux normes HCR dans le secteur du Calaisis », parallèlement au camp de la Linière à Grande-Synthe, n’ait pas été retenue. Il craint « que les Calaisiens n’aient pas la patience d’il y a deux ans », observant « une radicalisation sensible des propos », et se dit « très inquiet » au vu de l’absence de « gestion de la situation au niveau politique ». Pour lui, « aucun des candidats à la présidentielle ne propose quelque chose qui tient debout concernant la question migratoire ».

Les « leaders d’opinion sont devenus des suiveurs d’opinion qui ont capitulé devant le Front national et n’osent plus faire de pédagogie », avance Vincent Coninck, chargé de mission du Secours catholique, qui regrette la disparition, avec la fermeture du guichet de demandes d’asile à Calais au moment du démantèlement, d’« une véritable culture de l’asile » : celle-ci, assure-t-il, se traduisait par « des demandes traitées rapidement » et avait fait « la preuve qu’on peut amener les gens à renoncer au Royaume-Uni ».

Si le ministère de l’intérieur a confirmé que Calais, et Dunkerque, seront classées en secteur difficile, ce n’est toujours pas acté. « Nous vivons une situation unique que personne d’autre ne vit », souligne Gilles Debove, aux yeux de qui « l’inertie construit le clivage entre la population et les exilés, et la montée des extrêmes ». « Ce fossé se traduira dans les urnes », prédit-il. Au premier tour des élections régionales de décembre 2015, Calais, située dans la deuxième région la plus pauvre de France selon l’Insee, avait voté à 49,1 % en faveur de Marine Le Pen (FN), soit 17,4 points de plus que son score des élections européennes de 2014.

« La solution est aussi à Calais »

Les nouvelles arrivées de migrants ont contribué à tendre les relations entre la mairie et les associations. Début mars, la maire de Calais, Natacha Bouchart (Les Républicains), qui refuse un « appel d’air » et en appelle « à la responsabilité du gouvernement », a signé un arrêté anti-rassemblement sur plusieurs secteurs de la commune, dont la zone industrielle et le bois Dubrulle, où les associations distribuaient des repas aux migrants une fois par jour.

Cet arrêté a été suspendu le 22 mars par le tribunal administratif de Lille, à la satisfaction des associations, qui ont repris les distributions dès le lendemain. Mais l’« affaire » a laissé des traces : « C’est dramatique d’en être à se réjouir d’être autorisés par le législateur à donner à manger à des gamins qui vivent dehors !, déplore M. Coninck. On revit l’après-Sangatte [hangar en bord de mer qui abritait des migrants et qui avait été fermé en décembre 2002], avec une dose de harcèlement policier plus forte. »

Le drame, selon lui, est de « ne raisonner qu’en termes de flux et non en termes de politique d’accueil ». Car si la solution n’est pas qu’à Calais – « elle est nationale, européenne » –, « elle est aussi à Calais ».

« La vraie ténacité des bénévoles »

Le défenseur des droits, Jacques Toubon, s’est ému le 22 mars « du niveau inédit », en « plusieurs décennies », atteint par la pression sur l’assistance aux migrants. Ses observations constituent une mise en cause des pouvoirs publics qui « ne se contentent plus de ne pas mettre en œuvre des dispositifs suffisamment protecteurs et respectueux de la dignité humaine », mais « interdisent désormais à la société civile de pallier leurs propres défaillances ».

A ce stade, les médiateurs sociaux déplorent de ne plus pouvoir prendre le temps nécessaire à établir la confiance, que ce soit avec les mineurs – « totalement livrés à eux-mêmes », comme le dit Christian Salomé de l’Auberge des migrants –, ni même avec les adultes « cachés et aux mains des réseaux de passeurs ». Malgré tout, Vincent Coninck, du Secours catholique, tient à mettre en avant « la vraie ténacité des bénévoles, depuis quinze ans pour certains, qui ne se résignent pas ». « Une flamme qui n’est pas prêt de s’éteindre », promet-il.

 

Anne Guillard

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Vite dit

20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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