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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source :  Le Monde - Anna Villechenon - 09/05/2017

Les Alabass et les Moselli sont arrivés en juin 2016 dans cette petite ville de la Haute-Garonne, au sud de Toulouse, très investie dans l’accueil de réfugiés.
 
Bernard Bros, maire socialiste de Carbonne (Haute-Garonne), et Mireille Grandet, adjointe chargée du social, ont répondu immédiatement à l’appel du gouvernement pour accueillir des réfugiés.
 

Tout était prêt, des mois avant leur arrivée. A tel point qu’ils ont été « un peu déçus de ne rien voir venir ». Jusqu’au coup de fil de la préfecture, en mai 2016, leur annonçant l’arrivée de deux familles syriennes un mois plus tard. « Enfin ! On était ravis », s’exclament Bernard Bros, maire socialiste de Carbonne (Haute-Garonne), et Mireille Grandet, adjointe chargée du social. Cela va faire un an que la famille Alabass – deux parents, quatre enfants, bientôt cinq – et la famille Moselli – deux parents, trois enfants – ont posé leurs valises dans cette petite ville de 5 500 habitants, au sud de Toulouse.

Leur arrivée a été prévue dans les moindres détails par la mairie, qui avait répondu immédiatement à l’appel lancé par le gouvernement à la fin de 2015 aux communes volontaires pour accueillir des réfugiés. Rapidement, un logement d’urgence a été réquisitionné, et un autre a été remis en état et meublé. Les associations – Croix-Rouge, Restos du cœur, Emmaüs – se sont coordonnées pour leur fournir linge de maison, meubles, vaisselle, vêtements, nourriture, fournitures scolaires. « Et puis, on leur a fourni des vélos, grâce à un appel aux dons. C’était très important à mes yeux qu’ils aient un moyen de transport pour être autonomes », dit Mireille Grandet.

 

« On s’adapte doucement. De toute façon, on est obligés, on n’a pas le choix »

Au pied de l’appartement des Moselli, dans le centre-ville, les vélos sont garés pêle-mêle, prêts à servir. Ahmad, 14 ans, passe son temps dessus : « Je connais la ville par cœur, je pourrais me déplacer les yeux fermés ! », se vante-t-il, sous les regards amusés de son frère, Mohamad, 17 ans, et de sa sœur, Aya, 11 ans. Pouvoir se déplacer seuls a été libérateur pour les deux adolescents, qui ont quelques difficultés à s’intégrer, notamment à cause de la langue qu’ils maîtrisent encore mal. « On s’adapte doucement. De toute façon, on est obligés, on n’a pas le choix », soufflent-ils en haussant les épaules.

Aya, elle, se sent comme un poisson dans l’eau. « J’adore l’école. En plus, je suis un peu la star là-bas, tout le monde me connaît et j’ai plein de copines », souligne-t-elle, toute fière, dans un français courant. Pour son plus grand plaisir, c’est elle qui joue les traductrices dans la famille. Et quand elle abandonne par réflexe le français pour l’arabe, sa mère, Raghda, la rappelle à l’ordre en fronçant les yeux.

« Assurer un avenir à nos enfants »

La mère de famille met un point d’honneur à ce que ses enfants apprennent le français. « Si on est venus en France, c’est d’abord pour leur assurer un avenir », explique-t-elle. Les Moselli ont fui les bombardements d’Alep dès le début de la guerre civile syrienne, en 2011, pour le Liban. « C’était comme dans un film d’action, avec les avions, les hélicoptères... », glisse Ahmad, le visage sombre. Là-bas, ils ont vécu durant cinq ans dans un camp de réfugiés. Les deux garçons étaient obligés de travailler, l’un dans un kebab, l’autre dans un atelier de confection. « Je voulais qu’ils retournent à l’école », insiste Raghda Moselli.

Les Moselli déposent alors un dossier de demande de réinstallation auprès du Haut-Commisssariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils rêvent d’émigrer en Allemagne, où une partie de leur famille a trouvé asile. Finalement, ce sera la France. « Ils l’ont su au dernier moment, cela a été la douche froide », reconnaît Martine Tourret, cheffe départementale du service accueil des réfugiés de l’Association nationale de recherche et d’action solidaire (Anras), mandatée par la préfecture pour accompagner l’arrivée des migrants dans le sud de la Haute-Garonne.

« Les débuts n’ont pas été faciles »

« Il y a un décalage entre le discours qu’on leur tient avant de venir, ce qu’ils attendent et la réalité. Par exemple, les deux familles s’attendaient à être dans une grande ville, à avoir des papiers tout de suite. Les débuts n’ont pas été faciles, surtout pour la famille Moselli, qui voulait repartir. Notre travail est de les aider à cheminer dans cette nouvelle vie », explique Mme Tourret, avant d’ajouter : « Cela commence à aller mieux depuis peu de temps ».

Houria Barhoumi (à gauche), bénévole engagée dans plusieurs associations de la ville, a aidé Raghda Moselli, ici avec ses enfants : Ahmad (17 ans), Mohamad (14 ans) et Aya (11 ans).

« Je déprimais, pleurais tout le temps... Je me sentais seule », se rémémore Raghda Moselli, 39 ans. Surtout, elle a dû faire le deuil, pour un temps du moins, de la vie aisée qu’elle menait à Alep. Son mari, carrossier, y gagnait bien sa vie. Elle ne travaillait pas. « Là-bas, c’était la reine », la charrie Houria Barhoumi, une bénévole engagée dans plusieurs associations de la ville, venue traduire la conversation. « La reine du shopping », renchérit son fils Ahmad dans un éclat de rire.

Peu à peu, la famille Moselli s’habitue à sa nouvelle vie. Au « calme », à un autre quotidien, à l’absence de la famille. Raghda Moselli s’est fait un réseau d’amies maghrébines sur qui elle peut compter, et qui parlent arabe. « Je ne peux rien faire seule, à cause de la barrière de la langue », regrette-t-elle. Pour autant, la jeune femme boude les cours de français, qu’elle juge trop difficiles, et préfère apprendre avec Marie-Ange, une Carbonnaise qui s’est proposée de l’aider.

Khaled Moselli, le père, âgé de 55 ans, espère retrouver du travail chez un garagiste, après un premier essai non concluant. La famille, sous protection subsidiaire depuis août 2016, assure qu’il n’est plus question de partir. Du côté de la mairie et de l’Anras, on reste prudent : « Leurs envies sont très fluctuantes, mais on espère qu’ils vont rester. »

« Tout ce qui a été fait pour nous, nous encourage à rester ici »

A quelques rues de là est installée la famille Alabass. Les cris des enfants résonnent dans l’appartement. Abdulhasseem, Ahmad, Sondos et Bashir, âgés de 2 à 8 ans, courent d’une chambre à l’autre en se chamaillant. Dans le salon, les parents prennent le café. Norah Alabass, 30 ans, et Nazir Alabass, 31 ans, savourent leur nouvelle vie. En 2013, ils ont fui Homs, assiégée par l’armée syrienne. Le voyage, à pied et en bus, a été très difficile. Norah Alabass, enceinte, a perdu son enfant sur la route. Ils ont finalement atteint la Jordanie, pays frontalier au sud de la Syrie, où ils sont restés trois ans dans un camp de réfugiés.

Comme les Moselli, ils ont déposé un dossier auprès du HCR. « On n’avait aucune idée de comment était la France, c’est très différent, on n’aurait jamais pensé », dit doucement Nazir Alabass. Ce qui les étonne le plus, parents comme enfants, c’est la verdure et les fleurs. Nazir Alabass souhaite d’ailleurs participer au potager collectif de la ville et Norah Alabass rêve de mettre des fleurs dans leur futur jardin. Car la famille doit bientôt emménager dans un logement social, une petite maison individuelle à côté de l’école. « On est très contents. Tout ce qui a été fait pour nous nous encourage à rester ici. Ça ne sert à rien de retourner là-bas, on n’y a plus de projet », dit Nazir Alabass. La famille a obtenu la protection subsidiaire en août 2016.

Norah et Nazir Alabass sont arrivés avec leurs quatre enfants – Abdulhasseem, Ahmad, Sondos et Bashir – dix jours après les Moselli.

Ancien peintre, Nazir Alabass espère trouver du travail chez un artisan. « Mais il faut d’abord que je parle français », insiste-t-il. Avec sa femme, il se rend deux fois par semaine à des cours de français à Muret, la grande ville voisine. Norah Alabass, elle, se prépare à accueillir un cinquième enfant, en juillet. Un voile fleuri entoure son visage fatigué. « C’est difficile à accepter comme situation, fuir son pays, ne plus voir sa famille. Mais ici, nous sommes en sécurité et les gens sont très gentils avec nous », dit-elle en se retournant vers la porte.

Les enfants déboulent dans le salon avec fracas et se jettent sur les biscuits. Les trois plus grands comprennent et parlent assez bien le français. L’un après l’autre, ils expliquent qu’ils « aiment beaucoup l’école ». Sondos, 6 ans, la plus bavarde, détaille : « J’adore ma maîtresse, le dessin, le sport et chanter ! » Et d’entonner, vite rejointe par ses frères, en chœur : « Si tu aimes le soleil, frappe dans tes mains ! » Ils frappent dans leurs mains, avant d’éclater de rire.

« Il n’y a pas de raison que cela se passe mal quand la solidarité est en place »

S’ils se sont aussi bien adaptés à l’école, c’est parce que durant l’été de leur arrivée, ils sont allés au centre de loisirs de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Carbonne, tout comme Aya Moselli. « Les enfants se sont vite acclimatés. Ils se sont intégrés au groupe par le jeu. Au début, ils parlaient arabe avec certains enfants, puis ont appris le français petit à petit, se souvient Nathalie Auguet, directrice de la MJC. Le plus gros du travail a été le dialogue avec leurs parents pour créer un lien de confiance : leur expliquer les règles d’éducation, les modes de garde, les activités, etc. »

Leurs réticences, notamment concernant la mixité à la piscine, ont peu à peu disparu. Aujourd’hui, on ne remarque plus de différence entre les petits Syriens et les autres enfants, selon la directrice. Sauf lors de l’exercice de confinement en cas d’attentat : « Ça a été très difficile pour eux, ça a remué des souvenirs. » Pour Nathalie Auguet, ce travail en amont a facilité leur rentrée scolaire : « A la fin de l’été, ils comprenaient le français, avaient assimilé les règles qui sont les mêmes qu’à l’école, avaient découvert la cantine. » Et de conclure : « Il n’y a pas de raison que cela se passe mal quand la solidarité est en place. »

Tradition d’ouverture de la ville

Un constat partagé par le maire et son adjointe chargée du social. « Cela paraît tellement évident, les accueillir c’est une façon concrète de manifester sa solidarité », estime Mireille Grandet, déçue du refus d’autres mairies. « Si chaque commune accueillait ne serait-ce que deux familles de réfugiés... c’est vraiment dommage », dit-elle. Pour Bernard Bros, c’est également une manière de perpétuer la tradition d’ouverture de la ville, au tissu associatif très dense. « On a accueilli une centaine de rapatriés d’Algérie, dont la plupart sont restés et ont construit leur vie ici », souligne-t-il.

Les élus espèrent que les Moselli et les Alabass feront de même, suivant l’exemple d’une autre famille syrienne – une mère et son fils – arrivée un an avant eux grâce à l’association Entraide aux chrétiens d’Orient, et accueillie chez des particuliers. A la fin de l’été 2016, le mari et le fils aîné les ont rejoints. Ce dernier étudie à l’école d’architecture de Toulouse. En attendant, Bernard Bros et Mireille Grandet se félicitent de cette « expérience positive ». Et cette dernière de souligner, d’un air entendu : « On a fait pour eux comme on aurait fait pour les autres. Pas plus. Car c’est comme ça qu’on entretient le climat de jalousie chez certaines personnes. »

 

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Vite dit

20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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