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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source :  Le Monde - Anna Villechenon - 09/05/2017

Les Alabass et les Moselli sont arrivés en juin 2016 dans cette petite ville de la Haute-Garonne, au sud de Toulouse, très investie dans l’accueil de réfugiés.
 
Bernard Bros, maire socialiste de Carbonne (Haute-Garonne), et Mireille Grandet, adjointe chargée du social, ont répondu immédiatement à l’appel du gouvernement pour accueillir des réfugiés.
 

Tout était prêt, des mois avant leur arrivée. A tel point qu’ils ont été « un peu déçus de ne rien voir venir ». Jusqu’au coup de fil de la préfecture, en mai 2016, leur annonçant l’arrivée de deux familles syriennes un mois plus tard. « Enfin ! On était ravis », s’exclament Bernard Bros, maire socialiste de Carbonne (Haute-Garonne), et Mireille Grandet, adjointe chargée du social. Cela va faire un an que la famille Alabass – deux parents, quatre enfants, bientôt cinq – et la famille Moselli – deux parents, trois enfants – ont posé leurs valises dans cette petite ville de 5 500 habitants, au sud de Toulouse.

Leur arrivée a été prévue dans les moindres détails par la mairie, qui avait répondu immédiatement à l’appel lancé par le gouvernement à la fin de 2015 aux communes volontaires pour accueillir des réfugiés. Rapidement, un logement d’urgence a été réquisitionné, et un autre a été remis en état et meublé. Les associations – Croix-Rouge, Restos du cœur, Emmaüs – se sont coordonnées pour leur fournir linge de maison, meubles, vaisselle, vêtements, nourriture, fournitures scolaires. « Et puis, on leur a fourni des vélos, grâce à un appel aux dons. C’était très important à mes yeux qu’ils aient un moyen de transport pour être autonomes », dit Mireille Grandet.

 

« On s’adapte doucement. De toute façon, on est obligés, on n’a pas le choix »

Au pied de l’appartement des Moselli, dans le centre-ville, les vélos sont garés pêle-mêle, prêts à servir. Ahmad, 14 ans, passe son temps dessus : « Je connais la ville par cœur, je pourrais me déplacer les yeux fermés ! », se vante-t-il, sous les regards amusés de son frère, Mohamad, 17 ans, et de sa sœur, Aya, 11 ans. Pouvoir se déplacer seuls a été libérateur pour les deux adolescents, qui ont quelques difficultés à s’intégrer, notamment à cause de la langue qu’ils maîtrisent encore mal. « On s’adapte doucement. De toute façon, on est obligés, on n’a pas le choix », soufflent-ils en haussant les épaules.

Aya, elle, se sent comme un poisson dans l’eau. « J’adore l’école. En plus, je suis un peu la star là-bas, tout le monde me connaît et j’ai plein de copines », souligne-t-elle, toute fière, dans un français courant. Pour son plus grand plaisir, c’est elle qui joue les traductrices dans la famille. Et quand elle abandonne par réflexe le français pour l’arabe, sa mère, Raghda, la rappelle à l’ordre en fronçant les yeux.

« Assurer un avenir à nos enfants »

La mère de famille met un point d’honneur à ce que ses enfants apprennent le français. « Si on est venus en France, c’est d’abord pour leur assurer un avenir », explique-t-elle. Les Moselli ont fui les bombardements d’Alep dès le début de la guerre civile syrienne, en 2011, pour le Liban. « C’était comme dans un film d’action, avec les avions, les hélicoptères... », glisse Ahmad, le visage sombre. Là-bas, ils ont vécu durant cinq ans dans un camp de réfugiés. Les deux garçons étaient obligés de travailler, l’un dans un kebab, l’autre dans un atelier de confection. « Je voulais qu’ils retournent à l’école », insiste Raghda Moselli.

Les Moselli déposent alors un dossier de demande de réinstallation auprès du Haut-Commisssariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils rêvent d’émigrer en Allemagne, où une partie de leur famille a trouvé asile. Finalement, ce sera la France. « Ils l’ont su au dernier moment, cela a été la douche froide », reconnaît Martine Tourret, cheffe départementale du service accueil des réfugiés de l’Association nationale de recherche et d’action solidaire (Anras), mandatée par la préfecture pour accompagner l’arrivée des migrants dans le sud de la Haute-Garonne.

« Les débuts n’ont pas été faciles »

« Il y a un décalage entre le discours qu’on leur tient avant de venir, ce qu’ils attendent et la réalité. Par exemple, les deux familles s’attendaient à être dans une grande ville, à avoir des papiers tout de suite. Les débuts n’ont pas été faciles, surtout pour la famille Moselli, qui voulait repartir. Notre travail est de les aider à cheminer dans cette nouvelle vie », explique Mme Tourret, avant d’ajouter : « Cela commence à aller mieux depuis peu de temps ».

Houria Barhoumi (à gauche), bénévole engagée dans plusieurs associations de la ville, a aidé Raghda Moselli, ici avec ses enfants : Ahmad (17 ans), Mohamad (14 ans) et Aya (11 ans).

« Je déprimais, pleurais tout le temps... Je me sentais seule », se rémémore Raghda Moselli, 39 ans. Surtout, elle a dû faire le deuil, pour un temps du moins, de la vie aisée qu’elle menait à Alep. Son mari, carrossier, y gagnait bien sa vie. Elle ne travaillait pas. « Là-bas, c’était la reine », la charrie Houria Barhoumi, une bénévole engagée dans plusieurs associations de la ville, venue traduire la conversation. « La reine du shopping », renchérit son fils Ahmad dans un éclat de rire.

Peu à peu, la famille Moselli s’habitue à sa nouvelle vie. Au « calme », à un autre quotidien, à l’absence de la famille. Raghda Moselli s’est fait un réseau d’amies maghrébines sur qui elle peut compter, et qui parlent arabe. « Je ne peux rien faire seule, à cause de la barrière de la langue », regrette-t-elle. Pour autant, la jeune femme boude les cours de français, qu’elle juge trop difficiles, et préfère apprendre avec Marie-Ange, une Carbonnaise qui s’est proposée de l’aider.

Khaled Moselli, le père, âgé de 55 ans, espère retrouver du travail chez un garagiste, après un premier essai non concluant. La famille, sous protection subsidiaire depuis août 2016, assure qu’il n’est plus question de partir. Du côté de la mairie et de l’Anras, on reste prudent : « Leurs envies sont très fluctuantes, mais on espère qu’ils vont rester. »

« Tout ce qui a été fait pour nous, nous encourage à rester ici »

A quelques rues de là est installée la famille Alabass. Les cris des enfants résonnent dans l’appartement. Abdulhasseem, Ahmad, Sondos et Bashir, âgés de 2 à 8 ans, courent d’une chambre à l’autre en se chamaillant. Dans le salon, les parents prennent le café. Norah Alabass, 30 ans, et Nazir Alabass, 31 ans, savourent leur nouvelle vie. En 2013, ils ont fui Homs, assiégée par l’armée syrienne. Le voyage, à pied et en bus, a été très difficile. Norah Alabass, enceinte, a perdu son enfant sur la route. Ils ont finalement atteint la Jordanie, pays frontalier au sud de la Syrie, où ils sont restés trois ans dans un camp de réfugiés.

Comme les Moselli, ils ont déposé un dossier auprès du HCR. « On n’avait aucune idée de comment était la France, c’est très différent, on n’aurait jamais pensé », dit doucement Nazir Alabass. Ce qui les étonne le plus, parents comme enfants, c’est la verdure et les fleurs. Nazir Alabass souhaite d’ailleurs participer au potager collectif de la ville et Norah Alabass rêve de mettre des fleurs dans leur futur jardin. Car la famille doit bientôt emménager dans un logement social, une petite maison individuelle à côté de l’école. « On est très contents. Tout ce qui a été fait pour nous nous encourage à rester ici. Ça ne sert à rien de retourner là-bas, on n’y a plus de projet », dit Nazir Alabass. La famille a obtenu la protection subsidiaire en août 2016.

Norah et Nazir Alabass sont arrivés avec leurs quatre enfants – Abdulhasseem, Ahmad, Sondos et Bashir – dix jours après les Moselli.

Ancien peintre, Nazir Alabass espère trouver du travail chez un artisan. « Mais il faut d’abord que je parle français », insiste-t-il. Avec sa femme, il se rend deux fois par semaine à des cours de français à Muret, la grande ville voisine. Norah Alabass, elle, se prépare à accueillir un cinquième enfant, en juillet. Un voile fleuri entoure son visage fatigué. « C’est difficile à accepter comme situation, fuir son pays, ne plus voir sa famille. Mais ici, nous sommes en sécurité et les gens sont très gentils avec nous », dit-elle en se retournant vers la porte.

Les enfants déboulent dans le salon avec fracas et se jettent sur les biscuits. Les trois plus grands comprennent et parlent assez bien le français. L’un après l’autre, ils expliquent qu’ils « aiment beaucoup l’école ». Sondos, 6 ans, la plus bavarde, détaille : « J’adore ma maîtresse, le dessin, le sport et chanter ! » Et d’entonner, vite rejointe par ses frères, en chœur : « Si tu aimes le soleil, frappe dans tes mains ! » Ils frappent dans leurs mains, avant d’éclater de rire.

« Il n’y a pas de raison que cela se passe mal quand la solidarité est en place »

S’ils se sont aussi bien adaptés à l’école, c’est parce que durant l’été de leur arrivée, ils sont allés au centre de loisirs de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Carbonne, tout comme Aya Moselli. « Les enfants se sont vite acclimatés. Ils se sont intégrés au groupe par le jeu. Au début, ils parlaient arabe avec certains enfants, puis ont appris le français petit à petit, se souvient Nathalie Auguet, directrice de la MJC. Le plus gros du travail a été le dialogue avec leurs parents pour créer un lien de confiance : leur expliquer les règles d’éducation, les modes de garde, les activités, etc. »

Leurs réticences, notamment concernant la mixité à la piscine, ont peu à peu disparu. Aujourd’hui, on ne remarque plus de différence entre les petits Syriens et les autres enfants, selon la directrice. Sauf lors de l’exercice de confinement en cas d’attentat : « Ça a été très difficile pour eux, ça a remué des souvenirs. » Pour Nathalie Auguet, ce travail en amont a facilité leur rentrée scolaire : « A la fin de l’été, ils comprenaient le français, avaient assimilé les règles qui sont les mêmes qu’à l’école, avaient découvert la cantine. » Et de conclure : « Il n’y a pas de raison que cela se passe mal quand la solidarité est en place. »

Tradition d’ouverture de la ville

Un constat partagé par le maire et son adjointe chargée du social. « Cela paraît tellement évident, les accueillir c’est une façon concrète de manifester sa solidarité », estime Mireille Grandet, déçue du refus d’autres mairies. « Si chaque commune accueillait ne serait-ce que deux familles de réfugiés... c’est vraiment dommage », dit-elle. Pour Bernard Bros, c’est également une manière de perpétuer la tradition d’ouverture de la ville, au tissu associatif très dense. « On a accueilli une centaine de rapatriés d’Algérie, dont la plupart sont restés et ont construit leur vie ici », souligne-t-il.

Les élus espèrent que les Moselli et les Alabass feront de même, suivant l’exemple d’une autre famille syrienne – une mère et son fils – arrivée un an avant eux grâce à l’association Entraide aux chrétiens d’Orient, et accueillie chez des particuliers. A la fin de l’été 2016, le mari et le fils aîné les ont rejoints. Ce dernier étudie à l’école d’architecture de Toulouse. En attendant, Bernard Bros et Mireille Grandet se félicitent de cette « expérience positive ». Et cette dernière de souligner, d’un air entendu : « On a fait pour eux comme on aurait fait pour les autres. Pas plus. Car c’est comme ça qu’on entretient le climat de jalousie chez certaines personnes. »

 

Vite dit

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

FB IMG 1602173167488On marche vers l’Élysée !

Des sans-papiers marcheront à partir du 19 septembre des quatre coins du pays pour atteindre Paris en une grande manifestation le samedi 17 octobre.

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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