En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Source : France Inter - Corinne Audouin - 26/05/2017

En septembre, une annexe du tribunal de Bobigny ouvrira à Roissy, pour juger les étrangers non admis sur le territoire. Les avocats protestent contre cette justice sur le tarmac.

Les étrangers non admis sur le territoire bientôt jugés aux pieds des pistes à Roissy

Chaque année, 6000 étrangers transitent par la ZAPI de Roissy, la zone d'attente pour les personnes maintenues en instance. C'est à dire tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas en règle pour entrer sur le territoire français. Ils peuvent y rester jusqu'à 20 jours, dans l'attente d'une décision. d'admission ou de refus. Au bout de quatre jours, c'est obligatoire, il faut passer devant le juge des libertés et de la détention.

Les audiences se tiennent tous les jours au tribunal de grande instance de Bobigny

A partir de septembre, elles seront délocalisées dans deux salles, construites à côté de la zone d'attente de Roissy. Lancé en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, le projet a été plusieurs fois retardé. Tout était prêt pour 2013. Face aux contestations, on pensait l'affaire définitivement abandonnée.

Mais le bâtiment a tout de même coûté 2,7 millions d'euros. Alors finalement, des audiences tests sont prévues en juin, pour une ouverture en septembre. Ce sera un gain de temps de confort pour les étrangers, des économies aussi en terme d''escortes qui doivent accompagner les retenus au tribunal de Bobigny, estime le président du tribunal de Bobigny. Pourtant, depuis dix ans, les avocats de Seine-Saint-Denis s'y opposent, rejoints par des syndicats et associations de défense des droits de l'homme. Au nom du respect des principes de la justice, notamment la publicité des débats, qui ne sera plus assurée dans ce tribunal perdu au milieu de la zone de fret de Roissy.

La bâtonnière du barreau de Seine-Saint-Denis, Valérie Grimaud, se rendra lundi 29 mai sur le site de la "ZAPI" avec une délégation d'avocats, pour protester contre ce déménagement.

"La zone d'attente est très difficile d'accès, elle est coincée auprès des pistes de l'aéroport, le long du tarmac. Donc on sait que personne ne viendra assister à ces audiences. Cette justice sera rendue en catimini, sans doute pour la rendre un peu plus expéditive. Ce contentieux est particulier : ce sont les plus démunis; qui n'ont pas la protection de la France. Et de fait, on a toujours testé les nouvelles expérimentations, comme cette justice délocalisée, sur les plus faibles, ceux qui n'ont pas de voix."

En attendant leur délocalisation, les audiences se tiennent tous les jours, week-ends et jours fériés compris, au TGI de Bobigny.

Ils sont neuf ce matin-là, hommes, femmes, et une enfant. Ils arrivent avec leur valise, les traits tirés, après plusieurs jours en zone d'attente. Dans la salle du tribunal, il y a des interprètes, un avocat de permanence appointé par le barreau de Seine-Saint-Denis pour les défendre, et un avocat de la police aux frontières. La juge des libertés et de la détention écoute, rapidement mais avec attention, ces bribes de vies aux parcours sinueux.

Mohamed arrive de Cuba, il est originaire du Sahara occidental, sa demande d'asile a été refusée. Guilaine est venue du Congo ou d'Angola, on ne sait pas trop, avec sa fille de 5 ans. Elle pleure, de peur d'être séparée de son enfant, car leur identité à toutes les deux est confuse. Et puis il y a Diana, une étudiante péruvienne venue voir son petit ami français, Maxime. Ils se sont rencontrés à Buenos Aires, où le jeune homme terminait ses études d'ingénieur. Diana était déjà venue voir Maxime, à la Toussaint, sans encombre. Mais cette fois, elle a été contrôlée de façon poussée. Son passeport était en règle, mais il lui manquait un papier pour prouver qu'elle était hébergée. L'entrée sur le territoire lui a été refusée; Maxime a pu aller la voir à la Zapi de Roissy, deux jours avant l'audience de Bobigny.

"Diana m'avait dit que de là où elle était, elle voyait écrit "hôtel de police". On est allés à l'hôtel de police de Roissy, ce n'était pas du tout là, on nous a donné une adresse qu'on a mis dans le GPS... On s'est retrouvés au milieu d'une route sans aucun bâtiment. On a cherché sur internet, trouvé un plan sur le site d'une association, qu'on a combiné avec un plan manuel de la zone de fret... Et comme ça, au bout d'une demie heure, on a fini par trouver le site de la Zapi. Nous avons été très mal accueillis, les policiers n'en avaient rien à faire de nous. J'ai pu voir Diana une demie-heure; j'avais fait 500 km depuis St Nazaire. C'est un traitement assez inhumain : tous les jours, ils sont emmenés au pied de l'avion, et ce qu'on ne leur dit pas, ce qu'il faut qu'ils sachent, c'est que s'ils ne veulent pas repartir, il faut qu'ils disent non au pied de l'avion. Il y a une vraie pression psychologique. C'est assez aberrant de voir le peu d'informations qu'on a pour savoir quelle procédure suivre, comment aider la personne, quel délai on a pour réagir, etc. On a dû chercher, téléphoner, se débrouiller seuls... Et personne ne viendra vous aider pour faire avancer les choses."

La juge a finalement autorisé Diana à séjourner en France, au regard des documents fournis rapidement par Maxime. D'autres, comme Mohamed, ainsi que Guilaine et sa fille, ont vu leur rétention prolongée, le temps d'éclaircir leur situation. En attendant, ils sont repartis vers la zone d'attente de Roissy.

Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

⚫️

Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

⚫️

systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

⚫️

2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

⚫️

9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

⚫️

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

⚫️

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

⚫️

19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

⚫️

IMPORTANT

L'inscription au bulletin hebdomadaire fonctionne à nouveau.
Pour vous inscrire, cliquez sur le bouton "Inscription au Bulletin" en haut à droite des pages.
Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée.

Archive

Powered by mod LCA