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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Mediapart - Carine Fouteau - 14/06/2017

Grâce aux ONG, des centaines, voire des milliers de migrants sont régulièrement sauvés en Méditerranée. Pourtant, elles font face à une campagne de dénigrement sans précédent, tandis que les États européens financent la Libye pour que ce pays empêche les embarcations d’arriver sur les côtes italiennes.

Les migrants continuent d’affluer par milliers en Europe (plus de 73 100 arrivées par voie de mer depuis le début de l’année selon l’Organisation internationale pour les migrations), lancés au départ des côtes libyennes dans de fragiles canots pneumatiques surchargés. Lundi 12 juin 2017, 724 personnes ont été débarquées à Palerme, en Sicile ; entre 50 et 100 seraient mortes noyées. En 72 heures, au cours du week-end, près de 3 800 personnes auraient été secourues, et 800 ont été reconduites en Libye.

Photo du tweet de la journaliste Fanny Carrier à l'AFP à Rome, dans lequel elle annonce que près de 3 800 personnes ont été secourues entre vendredi 9 et dimanche 11 juin 

Les naufrages se poursuivent donc, mais ne provoquent plus d’émotions majeures : il y a quelques jours encore, plus de 30 personnes, pour la plupart de très jeunes enfants, ont péri, après que leur embarcation s’est retournée. Quelque 1 800 décès sont à déplorer en 2017 (plus de 5 000 sur l’ensemble de l’année 2016). Or, les traversées risquent de s’accélérer avec les beaux jours. Malgré cette situation dramatique, la Méditerranée, où prévaut, selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, l’impératif de prêter assistance à quiconque chavire, est devenue ces dernières semaines le théâtre d’un dangereux affrontement dont les migrants sont les premières victimes.

Une trentaine de morts dans un naufrage en Méditerranée © FRANCE 24
 

Depuis que les États de l’Union européenne se sont retirés du sauvetage à la fin de l’année 2014, les ONG se retrouvent quasiment seules à patrouiller le long de la route maritime empruntée par les migrants, en plus des autorités compétentes, à savoir les garde-côtes italiens et libyens. Elles sont pourtant la cible d’une violente campagne de dénigrement, visant à les décrédibiliser aux yeux des opinions publiques européennes, les accusant de « collusion avec les passeurs ».

Plutôt que d’encourager leurs actions, les États membres, pour éviter que les embarcations ne parviennent sur leurs côtes, financent les garde-côtes libyens afin qu’ils les interceptent avant qu’elles n’entrent dans les eaux internationales, et les ramènent en Libye. Le cynisme de cette politique atteint son comble puisqu’il est de notoriété publique que ce pays maltraite les migrants et que ses garde-côtes non seulement n’hésitent pas à faire usage de leurs armes, mais aussi travaillent main dans la main avec les passeurs. Comme si cela ne suffisait pas, des groupes identitaires européens se font mousser en récoltant des fonds – plus de 57 000 euros en quelques jours – pour empêcher les opérations de sauvetage.

Rédigé par l’équipe de recherche du laboratoire Forensic Architecture de Goldsmiths (université de Londres), un rapport, « Blâmer les sauveteurs », rendu public le 9 juin 2017, démonte les critiques dont font l’objet les ONG depuis six mois. Parmi ses auteurs, les chercheurs Charles Heller et Lorenzo Pezzani, qui avaient documenté le cas du « bateau abandonné à la mort » en mars 2011 impliquant plusieurs armées de pays européens.

« Cette campagne de délégitimation et de criminalisation, observent-ils, est venue non seulement de Frontex, l’Agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes, mais également de responsables politiques et de médias. » Elle semble avoir été initialement lancée par un obscur think tank hollandais, Gefira (pour « Global Analysis from the European Perspective »), avant d’être largement diffusée par le biais d’un article du Financial Times, qui, comme le quotidien britannique l’a reconnu plus tard, a « exagéré » des allégations issues de notes internes de Frontex.

Dans cet article aux effets déflagratoires, publié le 15 décembre 2016, le journaliste Duncan Robinson expliquait que, selon un rapport confidentiel qu’il avait pu consulter, « des indications claires [avaient été données aux migrants par les passeurs] avant le départ sur des directions précises dans le but d’atteindre les bateaux des ONG ». Dans un autre rapport, l’agence aurait fait mention du « premier cas rapporté où des réseaux criminels ont introduit clandestinement des migrants sur des bateaux d’ONG ». Elle aurait aussi lié la hausse des traversées aux lumières des bateaux d’ONG, qui serviraient de repère aux embarcations, et reproché aux ONG d’opérer trop près des côtes. Dans un billet de blog, le journaliste affirmait que Médecins sans frontières (MSF) se trouvait parmi les ONG mises en cause.

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Cette organisation – qui est venue en aide à plus de 56 000 personnes, selon son décompte, depuis le début de ses opérations en mai 2015 – a aussitôt dénoncé des attaques « destructrices et infondées », réfutant tout contact avec les passeurs. Rappelant que sa mission consistait purement et simplement à sauver des vies en mer, elle a souligné que s’aventurer aussi près que possible des eaux territoriales libyennes était la seule manière d’éviter les naufrages.

« Le moins longtemps les personnes restent sur l’eau dans des bateaux surchargés, le moins de chance elles ont de mourir », rappelait Aurélie Ponthieu, responsable de MSF, en février 2017, alors que la polémique se poursuivait. L’intervention des ONG, soulignait MSF, répond à un mode opératoire précis, encadré par le droit, qui fait du Centre de coordination des secours en mer (MRCC) de Rome le chef d’orchestre des opérations : quand un navire en détresse est signalé, l’information lui est transmise et la décision des moyens à mettre en œuvre et de l’endroit où débarquer les réfugiés lui revient.

Basée à Catane, en Sicile, Mathilde Auvillain, responsable de la communication de SOS Méditerranée, qui affrète L’Aquarius en partenariat avec MSF, insiste elle aussi sur le fait que « les ONG n’ont strictement aucun lien avec les passeurs ». « Nous ne prenons aucune initiative en mer : c’est le MRCC qui nous demande ou pas d’intervenir. Nous ne nous approchons des embarcations en péril que sur ordre de cet organisme », confirme-t-elle, soulignant que L’Aquarius « ne rentre jamais dans les eaux territoriales libyennes, car cela serait une violation de la souveraineté de cet État. » Le bateau se positionne à 20 milles marins (30 la nuit, par mesure de sécurité), tandis que les eaux territoriales s’étendent jusqu’à 12 milles.

« Qui paie ces “taxis de la Méditerranée” ? Et dans quel but ? »

Après avoir passé deux semaines à bord du Prudence, au printemps, l’écrivain italien Erri de Luca a trouvé les mots justes, dans Le Monde, pour décrire la situation : « Des écervelés disent que les bateaux pneumatiques partent parce qu’il y a des navires de secours au large […]. Il y a 20 ans que des radeaux à moteur voyagent sur la Méditerranée sans aucun secours. Maintenant qu’il existe enfin une communauté internationale d’intervention rapide en mer, ce serait de sa faute si les bateaux pneumatiques partent. C’est comme si l’on disait que les maladies existent à cause des médicaments. Si les dauphins venaient en aide aux disparus en mer, ces écervelés les accuseraient de complicité avec les trafiquants. En réalité, ils accusent les sauveteurs d’interrompre le déroulement normal du naufrage. »

Couverture du rapport « Blâmer les sauveteurs » : sauvetage lors du week-end de Pâques 2017 © Moonbird Airborne Operation / www.sea-watch.org, www.hpi.swiss 
Que les passeurs sachent localiser les navires de sauvetage et en profitent pour diriger vers eux les canots pneumatiques est une évidence (ils peuvent se renseigner comme tout un chacun sur le site marinetraffic.com, qui donne en temps réel la position des bateaux). Que des migrants (parmi les plus fortunés) soient en contact, par téléphone satellitaire, avec des ONG est une possibilité (selon Mathilde Auvillain, L’Aquarius ne s’est jamais retrouvé dans ce cas de figure).

Mais en conclure que les ONG sont de mèche avec les réseaux mafieux constitue un raccourci injustifié, estiment Charles Heller et Lorenzo Pezzani, qui analysent aussi, dans leur rapport, le renversement rhétorique fallacieux visant à accréditer l’idée selon laquelle l’action humanitaire serait la cause des passages, alors qu’elle n’est que la réponse à une situation de détresse. Ce contentieux n’est pas nouveau. Quelques mois auparavant, l’opération militaro-humanitaire italienne Mare Nostrum en avait déjà fait les frais : il lui avait été reproché de créer un « appel d’air » en sauvant la vie des migrants en péril. Cette fois-ci encore, la présence en mer des ONG constituerait un « facteur d’attraction ».

Les chercheurs constatent, de leur côté, que l’augmentation des traversées en 2016 s’inscrit dans une tendance à la hausse ayant débuté avant l’arrivée de bateaux spécifiquement dédiés au sauvetage. L’accroissement des passages, d’après eux, est davantage le résultat de l’aggravation des crises politiques et économiques dans les pays de départ et de transit, que celui des actions de sauvetage. L’arrêt de Mare Nostrum, rappellent-ils, n’avait pas entraîné une diminution des traversées au début de l’année 2015, mais une élévation du nombre de décès.

Selon leurs détracteurs, les ONG seraient aussi responsables de la dégradation des conditions des traversées (recours accru à des bateaux pneumatiques de mauvaise qualité au lieu des bateaux en bois plus robustes ; fourniture de moins de carburant, de nourriture et d’eau ; bateaux de plus en plus surchargés). Si les chercheurs admettent que les passeurs adaptent leurs pratiques à la présence à proximité des ONG, ils notent aussi que certains de ces changements sont liés à d’autres facteurs, parmi lesquels la mission de l’UE contre les passeurs, Eunavfor Med, qui, en interceptant et en détruisant les gros bateaux, a conduit les passeurs à les remplacer par des embarcations moins coûteuses, mais aussi plus dangereuses. Ou l’usage répété – et documenté – de la violence par les garde-côtes libyens, qui a poussé les ONG à se rapprocher des côtes libyennes.

Malgré leur malhonnêteté, ces attaques ont été relayées au-delà des sites d’extrême droite. Après un week-end de Pâques au cours duquel près de 8 500 réfugiés ont été secourus, la parole s’est déchaînée. En Italie, la Ligue du Nord a été rejointe par le Mouvement cinq étoiles : sur son blog, le chef du M5S a pointé du doigt, le 21 avril 2017, des ONG aux financements et aux motivations « opaques ». « Qui paie ces “taxis de la Méditerranée” ? Et dans quel but ? » a surenchéri le vice-président de la Chambre des députés Luigi Di Maio (M5S). La campagne, qui a conduit à l’audition d’ONG devant une commission d’enquête du Sénat italien, ainsi que le comité Schengen du Parlement italien, a commencé à produire ses effets. « Pour l’opinion, nous sommes discrédités », a regretté Loris de Filippi, le président de MSF en Italie, constatant les dégâts lors d’une conférence de presse organisée au Sénat, à Rome, début mai.

Cette mise en cause des ONG est d’autant plus détestable qu’elle permet de détourner l’attention des obligations morales et légales pesant sur l’Union européenne, et ce faisant de sa responsabilité dans les drames en Méditerranée. En bloquant les voies d’accès légales au continent européen, les États membres alimentent mécaniquement le trafic de migrants. En finançant les autorités libyennes (à hauteur de 200 millions d’euros lors d’un versement connu – lire notre article) pour empêcher les départs, ils font le choix de soutenir un pays, non signataire de la Convention de Genève sur les réfugiés, où les migrants sont pourchassés, exploités et détenus dans des conditions indignes ; en acceptant d’équiper et de former les garde-côtes libyens, les dirigeants européens ne peuvent ignorer que ces agents sont eux-mêmes accusés de co-organiser avec les passeurs les départs des embarcations (lire le reportage de Yann Merlin) et de tirer sur les migrants… et les ONG.

« Deux garde-côtes libyens, en uniforme et armés, sont montés à bord »

Lors d’une opération de L’Aquarius ayant eu lieu le 23 mai 2017, MSF raconte les avoir vus à l’œuvre. Alors que deux bateaux en difficulté avaient été repérés et que les transferts étaient en cours, un navire des garde-côtes libyens s’est approché, intimidant les passagers en tirant des coups de feu en l’air. « Deux garde-côtes libyens, en uniforme et armés, sont montés à bord de l’un des bateaux pneumatiques. Ils ont pris des téléphones, de l’argent et d’autres biens appartenant aux passagers », a expliqué Annemarie Loof de MSF, dans un communiqué.

Leur agressivité aurait provoqué une panique générale, qui se serait terminée avec plus de 60 personnes à la mer. « Beaucoup de passagers – qui heureusement avaient déjà reçu des gilets de sauvetage avant que les coups de feu ne commencent – ont sauté à la mer, apeurés », a-t-elle ajouté. « Les garde-côtes libyens se sont montrés très peu intéressés par le bien-être des gens à bord des bateaux en détresse », a-t-elle poursuivi, dénonçant un « comportement imprudent, voire même carrément menaçant ». « De savoir que la garde-côtière libyenne reçoit une formation et un soutien de l’Union européenne rend cet incident d’autant plus perturbant », a-t-elle conclu.

Le 10 mai 2017, les garde-côtes libyens mettent en péril l'embarcation de sauvetage de l'ONG Sea Watch (regarder la vidéo ci-dessous) © Sea Watch 
 
Des garde-côtes italiens auraient eux-mêmes essuyé des tirs des garde-côtes libyens, alors qu’ils se situaient dans les eaux internationales, d’après deux publications italiennes (lire ici et ), qui rapportent que les autorités libyennes se seraient excusées de leur acte en affirmant qu’elles pensaient que des migrants se trouvaient à bord…

Un autre sujet de préoccupation monte du côté des organisations de défense des droits des étrangers, qui s’inquiètent du retour des pratiques de refoulement des migrants, pourtant contraires au droit international et européen. L’ONG allemande Sea Watch a rapporté qu’elle s’apprêtait, le 10 mai 2017, à porter secours à un bateau transportant 500 migrants lorsque les garde-côtes libyens ont intercepté son propre bateau, alors même qu’il voguait dans les eaux internationales (théoriquement hors de sa zone de compétence). Selon Sea Watch, cette intervention libyenne aurait été autorisée par le MRCC de Rome. Elle aurait mis en péril les deux navires, celui des migrants et le sien. Les passagers ont été reconduits sur le sol libyen, où ils se sont retrouvés placés dans des centres de détention. L’ONG avait déjà dénoncé un semblable « pushback » des militaires libyens le 21 octobre 2016.

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Il n’est pas impossible que cette ambiance délétère ait favorisé le lancement d’initiatives jamais vues jusque-là. En moins de trois semaines, des groupes identitaires xénophobes européens, parmi lesquels Génération identitaire, seraient parvenus à rassembler plus de 57 000 euros dans le but d’entraver les opérations de sauvetage en Méditerranée, selon une enquête du Guardian, sans susciter de condamnations officielles de la part de responsables politiques de haut rang en Italie ou en France. Certains de leurs membres ont déjà tenté, en vain, d’empêcher le départ de L’Aquarius au mois de mai depuis son port d’attache, Catane. Dans cette ville officie le procureur Carmelo Zuccaro, qui a lui-même jeté de l’huile sur le feu en dénonçant, sans preuves à l’appui, l’existence de liens entre les ONG et les trafiquants. Ces groupes envisageraient d’autres actions racistes cet été.

Vite dit

juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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