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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Pierre Guerrini - 24/06/2017

Dans toute situation la manière dont réagit un corps peut tout changer. Du moins faut-il, peut-on le croire.

Dans toute situation la manière dont réagit un corps peut tout changer.

Du moins faut-il, peut-on le croire.

Ce vendredi 23 Juin, à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, un homme, de nationalité afghane, devait être renvoyé de force vers Kaboul via Istanbul.

Il était maintenu en centre de rétention depuis 44 jours, par deux fois la police l’avait conduit à l’aéroport et par deux fois des militants ayant alerté l’équipage et les passagers, la résistance de certains avait réussit à le faire débarquer. Cet homme n’était coupable de rien d’autre que d’avoir vu sa demande d’asile non traitée et d’être de ce fait en séjour irrégulier sur le territoire français où il s’était réfugié, fuyant la guerre en son pays natal.

Emprisonné en centre de rétention administrative (CRA) suite à un contrôle et à une OQTF (Obligation de quitter le territoire français), il avait épuisé tous les recours juridiques et la police des frontières, malgré l’interdiction théorique selon les Conventions de Genève de renvoyer des ressortissants dans des pays en guerre (rappel : comme l’Afghanistan), recevait mission de le déporter au gré des alliances avec les compagnies aériennes.

Cet homme devait être libéré demain, la rétention administrative ne pouvant pas excéder 45 jours. L’ultime tentative de renvoi eut dont lieu la veille.

L’obstination et les moyens mis à sa disposition payent en général, l’administration le sait. Les militants de La Chapelle debout sont alertés dans la matinée que M. a quitté le CRA et qu’il va être déporté par le vol X de la compagnie Turkish Airlines, à 16h. Alors qu’ils sont parvenus à empêcher son renvoi mardi dernier, ils éprouvent la dernière tentative de la machine à expulser pour ce qu’elle est, un durcissement et une menace.

Au dernier moment les gens quittent leur travail, leur rendez-vous, se jettent dans le RER, et dix personnes arrivent à Roissy dès 14h.

L’équipage a été briffé par une mystérieuse hiérarchie invoquée à chaque phrase, et le pilote devant les hôtesses au complet explique qu’il est tenu à la plus grande fermeté. Les hôtesses sont médusées derrière leur fond de teint, et tournent les talons au rythme d’un bataillon de Tsahal. Un employé de la même compagnie (Turkish Airlines Voyage voyage pas) nous affirmera sur tous les tons et sans que nous lui ayons rien demandé qu’en Turquie tout va très bien et qu’il ne faut pas croire ce que racontent les médias, il n’y a pas de purge, il n’y a pas de problème… Reprend ton souffle …

Convaincre l’équipage semblant peine perdue et alertés par contacts divers que nous avions tout intérêt à être discrets, sinon on vous embarque, dix d’entre nous vont individuellement informer de la situation chaque passager, quand ceux-ci acceptent de prêter leur oreille. Nous distribuons également un tract expliquant la situation de M., ses revendications, et la procédure à suivre pour faire usage de son droit à refuser de décoller dans un avion où un homme menotté, masqué, parfois drogué, et encadré par la PAF, est contraint de rentrer dans un pays en guerre. En gros, c’est simple, tu dis non.

Le vol n’est pas très plein, l’aéroport est calme. Tout roule en apparence. On ne sent ni agitation, ni tension, ni joie. Rien qu’un froid policé. Presque tous avaient le maintien des touristes riches avec leurs valises en plastique dur, et la vraie fausse terreur, engendrée par le dispositif de sécurité depuis le 11 Septembre 2001, glaçait l’espace et toute émotion naissante.

Nous partions plutôt battus. Deux d’entre nous étaient au bord des larmes, et répétaient comme un mantra qu’ils n’attendaient rien. Les futurs passagers ont embarqué pour la zone où nous ne pouvions les rejoindre sans ticket de vol. Certains avaient semblé attentifs, avaient donné leur téléphone, avaient pris fait et cause pour cet homme inconnu, beaucoup n’avaient pas envie d’en penser quoique ce soit.

Les dés étaient jetés, même si une partie essentielle de l’action allait avoir lieu par téléphone entre passagers, dans l’avion, et militants assis en rond autour d’un poteau du Hall 20. Trois femmes au téléphone, en français, en anglais, les échanges reprennent, s’arrêtent, des sms, des nouvelles de l’avion, où est il, masqué au fond, l’entendez-vous, que dit l’équipage ?

Ça semble compliqué, mal parti. D’un bout de l’avion à l’autre on n’a pas les mêmes perceptions, et puis certains ont des enfants, un mari, une femme part enterrer sa mère, les militantes restent particulièrement calmes malgré la peur, une jeune danoise sourit à un passager, oui même au téléphone.

Un air de défaite flotte.

Alors que je suis sortie fumer une cigarette, j’apprends que l’avion a fait demi-tour. Je retourne dans le hall 20. Mes camarades racontent, au fur et à mesure que l’information se répand, que le pilote avait tenu à décoller, malgré l’opposition de certains passagers. M. quand à lui était solidement encadré par la PAF, masqué et menotté au fond de l’avion. Les passagers n’avaient pu avoir de contact avec lui. Les policiers leurs auraient menti en leur disant qu’il était faux que M. eut une femme et un enfant en France et qu’il était dangereux, ayant fait « des choses dans son pays ».

Le pilote a donc lancé l’avion, rapidement, M. s’est mis à hurler.

Puis les passagers SE SONT LEVÉS. Un par un et à plusieurs. L’avion roulait, les passagers restaient debout. Au bout d’un certain temps, le pilote a été contraint de ralentir et d’arrêter « sa » machine, pour raisons évidentes de sécurité. M. a été débarqué et ramené au CRA. En principe, il devrait être libéré demain matin.

Jeanne Casilas

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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