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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : L'Obs - Françoise Cotta - 25/06/2017

LE PLUS. À Paris, Françoise Cotta est une avocate pénaliste de renom dont le travail consiste à faire respecter la loi. Mais, en tant que citoyenne et habitante de la vallée de La Roya, elle n’hésite pas à l’enfreindre en accueillant chez elle des réfugiés depuis bientôt deux ans. Au total, elle a hébergé près de 450 personnes. Si elle le fait, ce n’est pas par gaieté de cœur, mais simplement parce qu’il lui est impossible de faire autrement.

 

La maison de Françoise Cotta à Breil-sur-Roya. (M. BERTORELLO/AFP)

Je suis d’origine niçoise, j’ai 67 ans et j’exerce le métier d’avocat, spécialisée en droit pénal. Depuis près de 20 ans, j’ai la chance d’être propriétaire d’une magnifique maison à Breil-sur-Roya. Je partage donc ma vie entre Paris et la vallée de la Roya. Si j’ai choisi de m’y installer, c’est pour les oliviers, le soleil, la montagne et ses splendides paysages. On n’oublie pas un panorama tel que celui-ci.

En 2015, j’ai été victime d’un accident cardio-vasculaire et je suis restée en convalescence dans le sud, dans mon enclave paisible.

Cet été-là, j’ai décidé d’héberger des réfugiés.

En deux ans, j’ai accueilli 450 réfugiés chez moi

Je me souviens comme si c’était hier des premiers réfugiés que j’ai hébergés. Un jour, un couple d’amis m’a téléphoné pour me dire qu’ils avaient des visiteurs chez eux et m’a demandé si je pouvais les accueillir. J’ai accepté sans poser de questions. Qu’est-ce qui m’en empêchait ? Mon toit était suffisamment grand pour le faire.

C’est ainsi que quatre Soudanais se sont installés chez moi pendant plusieurs mois. L’un d’entre eux, Mamadou, est même resté deux ans. Il m’a beaucoup aidé dans l’accueil d’autres réfugiés. Depuis, il vit à Nice et essaye de s’inscrire à la fac, mais ce n’est pas gagné.

Aujourd’hui, ça va faire deux ans que j’héberge des réfugiés, parfois même jusqu’à 35 en même temps. Au total, j’estime que 450 personnes sont passées ici.

Si je le fais, ce n’est pas par gaieté de cœur, mais simplement parce que je ne peux pas laisser ces gens sur le bord de la route. J’ai été élevé ainsi.

Je n’étais pas préparée à cela

Accueillir des réfugiés, c’est une drôle d’expérience. Aucun des habitants de la vallée de la Roya n’a été préparé à cela. Aucun d’entre nous n’avait un seul instant imaginé que des gens viendraient mourir devant nos portes. Que pouvions-nous faire d’autre ? Les ignorer, les laisser se perdre sur nos routes…

S’il y a tant de réfugiés qui échouent dans notre vallée, c’est parce que nous sommes situés à 20 kilomètres de Vintimille. C’est de là-bas qu’ils arrivent. Or, à la sortie de la ville, il n’y a qu’une route. Pour eux, c’est la "route de la France". C’est vrai, elle mène directement à Breil-sur-Roya, mais ce qu’ignorent les réfugiés, c’est que nous sommes dans une enclave et que s’ils prennent cette voie, elle les mènera de nouveau en Italie.

Alors, quand je croise des migrants sur le bord de la route, totalement perdus, je leur propose systématiquement de monter dans ma voiture. Un simple t-shirt usé, un jean troué et des savates, pas le moindre sac ou papiers d’identité, beaucoup n’ont absolument rien. Sauf, un rêve : celui d’aller à Paris.

Avocate, je me fous de l’interdit

J’ai beau être avocate, je me fous de l’interdit.

Confrontée à une telle situation, je me dis que certaines lois sont iniques. Quand elles ne correspondent pas à ce que vous pensez profondément, elles ne doivent pas être respectées. C’est ce qu’on appelle en droit pénal, la théorie de la baïonnette intelligente : je refuse d’exécuter un ordre que j’estime illégal.

Est-ce que j’ai peur ? Absolument pas. J’ai 67 ans, je n’ai rien à prouver à personne. Et puis, qu’est-ce qui pourrait bien m’arriver ? Les poursuites qu’il y a eues à l’encontre de Cédric Herrou et des autres sont dérisoires. Elles ne sont que l’expression de l’ambiguïté de la situation.

On a le droit d’accueillir qui on veut chez soi. Le seul problème, c’est de faire passer les frontières.

Le tout étant donc de ne pas clamer haut et fort "j’ai fait passer des migrants".

Je ne fais pas ça pour gagner mon paradis

Si je fais ça, c’est simplement parce que je n’ai pas d’autre choix. Je ne suis pas une bonne sœur, je ne fais pas ça pour gagner mon paradis.

Je me souviens d’un soir de septembre où il faisait particulièrement froid. J’étais en voiture avec une amie quand j’ai croisé au bord de la route un groupe qui marchait, un homme, une femme et un jeune. L’homme portait un sac de pommes de terre. Je me suis arrêtée pour les prendre dans ma voiture. Dans le sac, il y avait une petite fille d’un an et demie.

Peut-être que certains préfèrent ne pas voir ? Moi, j’ai toujours vu les chiens perdus sur le bord de la route. Je me suis toujours arrêtée pour les ramasser. Alors, je vais bien m’arrêter pour des hommes et des femmes.

Je ne peux pas vous expliquer pourquoi je fais ça. Je vous répondrais simplement que ça ne se discute pas.

Je me souviens de chacun d’entre eux

Je me souviens de chacun d’entre eux, de leurs visages, de leurs histoires quand ils acceptent de m’en parler et surtout de leur passage chez moi. Sur mon téléphone portable, je garde précieusement leurs photographies. Des familles entières avec leurs nouveaux nés ou leurs enfants en bas âge brûlés au quatrième degré lors de la traversée, des adolescents seuls…

Françoise Cotta et une jeune enfant, dans sa maison de la vallée de la Roya. (VS PRESS/SIPA)

Avec eux, je n’ai pas besoin de communiquer. Entre nous, les choses sont claires : je sais qu’ils ont faim, qu’ils sont fatigués, et c’est tout ce qu’ils attendent de moi. Moi, j’écoute ce qu’ils veulent bien me dire, mais je respecte leur silence. 

À quoi bon les interroger ? Je sais ce qu’il y a à savoir. Je sais qu’ils ont fui leur pays, qu’ils ont traversé la mer, vécus des drames, qu’ils ont été traités comme de la merde… Je n’ai pas à leur faire revivre ça.

Certains ne restent que quelques jours, d’autres plusieurs mois. La plupart n’ont qu’une idée en tête : partir, aller à Paris, rejoindre l’Angleterre ou l’Allemagne. C’est totalement faux de croire qu’ils souhaitent s’installer au milieu des oliviers, en pleine campagne.

Souvent, c’est moi qui insiste pour qu’ils ne repartent pas. Pourquoi ? Parce que je sais ce qui les attend s’ils rejoignent la capitale. Ils se retrouveront sur le trottoir sans avoir le moindre coup de main. Je pense qu’ils sont plus heureux chez moi.

Accepter d’ouvrir son intimité à des inconnus

Aujourd’hui, ces réfugiés font partie de mon quotidien. Dans la maison, nous partageons tout. C’est curieux à quel point ça dépasse nos limites. Héberger des réfugiés, c’est ouvrir sa porte mais aussi son intimité à des personnes que l’on ne connaît pas, qui n’ont pas la même culture, pas la même couleur de peau, pas les mêmes objectifs dans la vie… Ça a beaucoup effrité mon sentiment de propriété.

J’ai gardé contact avec certaines personnes, en particulier deux familles. L’une est installée en Allemagne, la seconde à Aix-en-Provence. Régulièrement, elles me donnent des nouvelles. Je leur ai aussi rendu visite. Un réfugié m’a même dit :

"Breil-sur-Roya, c’est la première terre que j’ai connue en France. Je reviendrais toujours."

Ce genre de déclaration ne me laisse pas insensible.

À chaque départ, j’ai le cœur en morceaux. Peut-être même plus qu’eux. Car eux sont habitués.

L’État ne fait absolument rien

J’en veux beaucoup aux pouvoirs publics de nous avoir abandonnés. Consoler un homme qui vient d’apprendre la mort de sa femme, donner des cours de français, soigner des plaies, faire des maraudes, nourrir des personnes affamées… Ce n’est pas mon boulot. Je ne suis pas éducatrice, je ne suis pas formée à ça.

 Françoise Cotta a accueilli environ 450 réfugiés chez elle en deux ans. (M. BERTORELLO/AFP)

L’État a une image politique à préserver : pas d’immigration. Et Christian Estrosi et Eric Ciotti, deux êtres parfaitement médiocres, sont engagés dans cette lutte anti-immigration. D’ailleurs, nous ressentons les effets directs de cette politique. Armée, douane, vigipirate, gendarmerie… nous sommes en état de siège. Impossible de faire quoi que ce soit sans être contrôlé.

Pourtant, les choses pourraient être simples. Si ces réfugiés veulent traverser la France, laissons-les faire. Ils ne nous importunent pas. Arrêtons ces discours débiles expliquant que ces migrants viennent manger le pain des Français. C’est faux. On a besoin d’eux, nous avons du travail à leur offrir et une nouvelle vie.

À défaut d’agir, j’aimerais que l’État reconnaisse le droit de ces gens-là, qu’il accepte toutes les demandes d’asiles politiques, aide et accompagne les réfugiés, et débloque des fonds nécessaires pour leur porter assistance.

Je ne suis pas un héros

Aujourd’hui, ma région n’est plus la même. Je ne l’associe plus au soleil, aux oliviers, au chant des cigales ou au bord de mer. Comment pourrais-je occulter toute cette souffrance ? Impossible d’envisager de se baigner dans la mer de Vintimille quant à quelques mètres de soi, des hommes et des femmes se battent pour un quignon de pain.

Je ne suis pas une héroïne. J’ai bien conscience qu’aider une personne ne changera pas la misère dans laquelle vivent tous les autres. Mon acte est citoyen.

Et même si j’enfreins la loi allégrement, je vais continuer de le faire parce que ça ne s’arrêtera pas du jour au lendemain. Et vous voulez que je vous dise ? L’enfreindre, c’est bien plus intéressant que de la faire appliquer.

Propos recueillis par Louise Auvitu

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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