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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - 01/07/2017 - Jean-Jacques Birgé

Il fallait voir les habitants de Bagnolet penchés à leurs fenêtres le matin du 30 juin. Il y avait un parfum de 14 juillet, sauf qu'ils n'applaudissaient pas l'Armée Française, ils huaient les CRS et la police qui poussaient les Baras hors de la rue René Alazard... Appelé par le député Alexis Corbière, le Préfet reste inflexible : les travailleurs africains dorment donc sous la pluie à Gallieni...

Il fallait voir les habitants du quartier de la Dhuys à Bagnolet penchés à leurs fenêtres le matin du 30 juin. Il y avait un parfum de 14 juillet, sauf qu'ils n'applaudissaient pas l'Armée Française, ils huaient les CRS et la police qui poussaient les Baras hors de la rue René Alazard. L'amitié et la solidarité développées au cours de trois années entre les voisins et les anciens travailleurs africains chassés de Libye par la guerre que notre pays fit à Khadafi s'exprimaient dans la plus grande émotion. Nous avons rencontré ainsi quantité de Bagnoletais dont nous ignorions qu'ils étaient si nombreux à incarner ce que la France a perdu sous les coups de butoir d'un État cynique et autoritaire, l'ex-patrie des Droits de l'Homme. Ils s'organisent aujourd'hui pour aider ces 200 jeunes hommes chassés du bâtiment qu'ils occupaient et qui se retrouvent à grossir les rangs des SDF. Regroupés sous le pont au métro Gallieni, ils dorment par terre sous la pluie. Le Préfet leur a interdit de monter la moindre tente, menaçant de leur envoyer une fois de plus ses Robocops qui ne rêvent qu'à en découdre.

Vendredi soir lors du Conseil Municipal, après une minute de silence en l'honneur de Simone Weil, le maire socialiste de Bagnolet, Tony di Martino, a donné la parole au délégué des Baras qui lui a réclamé d'ouvrir un lieu provisoire pour les abriter et d'intercéder en leur faveur auprès du Préfet, responsable, avec le nouveau propriétaire, de l'expulsion musclée dont ils ont été une fois de plus victimes. Les Baras demandent aussi que les deux d'entre eux incarcérés au CRA de Mesnil-Amelot soient libérés. Le maire semble sincère lorsqu'il raconte n'avoir été prévenu de l'intervention des CRS que lorsqu'elle avait déjà commencé. Est-il par contre suffisamment compétent quand il affirme ne pouvoir rien faire et n'avoir aucun lieu disponible ? Pendant que le nouveau député membre de la France Insoumise, Alexis Corbière, sort de la salle (où il n'était que spectateur) pour appeler Pierre-André Durand, le Préfet de la Seine-Saint-Denis, et le convaincre d'un peu d'humanité, une responsable de l'association Amatullah insiste auprès du maire pour qu'on permette aux Baras de dormir la nuit, car beaucoup travaillent le lendemain matin, certes exploités sauvagement par des entrepreneurs sans scrupules. Cette association sert entre autres des repas aux populations démunies ou en situation précaire... Les chefs de groupe de l'opposition (PCF, PG) soulignent la situation d'urgence...

corbiere

Mais le Préfet, engagé volontaire dans l'armée (musique de la 2e section aérienne !), ancien élève de l'ENA et collaborateur d'Estrosi, reste inflexible. En Seine-Saint-Denis la loi n'a pas changé, mais depuis sa nomination les conditions de son application se sont considérablement durcies. Il enverra les forces de l'ordre si la moindre tente est montée à Gallieni. Son sous-préfet affirme néanmoins au député Alexis Corbière que les procédures de régularisation de la plus grande partie des Baras pourraient être simplifiées et accélérées. Faut-il le croire ou est-ce une promesse de plus qui ne sera pas tenue ? Le Préfet étant parti en week-end, une réunion d'urgence pourrait avoir lieu lundi ou mardi. Car en l'absence de régularisation, les Baras, dont le nom signifie travailleurs en bambara, sont des sans-papiers corvéables à merci. Les conditions normales sont impossibles à remplir. Comment prouver qu'ils sont là depuis plus de cinq ans quand ils sont engagés au noir et payés en liquide, sans adresse légale ? Comment produire un contrat de CDI quand tant de Français accumulent les CDD sous la responsabilité illégale de leurs employeurs ? La déléguée de RESF est présente, comme celui de la Ligue des Droits de l'Homme qui de plus siège au conseil municipal et a demandé au maire que les Baras puissent s'exprimer. Les Baras sont-ils condamnés à errer de squat en squat dans l'attente d'une résolution humaine ?

Vous pouvez les soutenir en venant ce soir samedi 1er juillet à partir de 19h , comme prévu avant leur expulsion, Place de la Fraternité à Montreuil, métro Robespierre. Il ne pleuvra plus ! On y mangera du mafé ou du tiep (dont une version végane), on y boira du bissap, du gingembre ou de la bière, il y aura de la musique. Les députés Alexis Corbière et Sabine Rubin se sont engagés à venir... Dans quel pays vivons-nous ? Pouvons-nous accepter que des êtres humains soient traités ainsi, sous une nouvelle forme d'esclavage ? Soyons nombreux, c'est important pour l'avenir !

 

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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