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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Anne Guillard -04/07-2017

Les bénévoles dénoncent les difficultés croissantes auxquels ils sont confrontés pour porter assistance aux migrants. Chaque jour, ils distribuent eau et nourriture.

Ils sortent des bois et des bosquets par petits groupes, comme surgis de nulle part. Il est 8 heures du matin dans la zone industrielle des Dunes, à Calais. Ils sont là depuis quatre jours, trois mois, huit mois ou plus d’un an. Des Erythréens, des Ethiopiens et des Afghans, en majorité. Les visages et l’allure trahissent leur âge, jeune, très jeune pour une partie d’entre eux. Quelques femmes, de plus en plus nombreuses, sacs en bandoulière ou petites pochettes qui renferment quelques produits d’hygiène, se mêlent aux hommes seuls et aux mineurs étrangers isolés.

Des retraités et des anciens salariés de l’association La Vie active, qui avait été mandatée par l’Etat pour intervenir auprès des migrants dans l’ancienne « jungle », démantelée fin octobre, les attendent, rue des Verrotières. Yolaine, Danièle, Céline, Patricia, Gilbert, Michel… Comme chaque matin, ces bénévoles ont chargé le camion qui délivre, de 8 heures à midi, eau, thé chaud, pain, banane et sardines en boîtes. « Des dons » à ceux qui viennent faire une courte pause après des nuits sans sommeil, occupées à tenter de monter dans des camions qui embarquent pour le Royaume-Uni, ou à éviter les forces de l’ordre qui les harcèlent.

« Eviter la mise en place d’un point de fixation »

Ce jeune érythréen de 16 ans demande à pouvoir prendre une douche, le 28 juin 2016, dans la zone industrielle des Dunes, à Calais, lors d’une distribution de nourriture par une association.

Ce mercredi, il tombe une petite pluie fine. « Le pire, c’est l’humidité », dit une bénévole de l’association historique Salam, l’une des onze associations à avoir déposé conjointement un référé-liberté mi-juin pour dénoncer les conditions de vie des exilés dans le Calaisis. Yolaine est là tous les matins, sept jours sur sept, depuis dix ans. « J’ai une vie, mais je jongle ! », lance-t-elle, comme un défi à la misère et à la fatigue.

Elle assure n’avoir jamais vu une situation aussi difficile qu’aujourd’hui, du fait notamment des entraves et des obstacles rencontrés par les associations pour venir en aide aux migrants. « Ça nous donne encore plus envie d’aider ! », dit Yolaine. La voix encore emplie d’indignation, elle raconte que « les forces de l’ordre l’ont empêchée, une fois, de donner à boire à un garçonnet de deux ans ». 

Salam s’occupe des distributions du matin, qui ont lieu en trois endroits différents. Il faut « éviter la mise en place d’un point de fixation », selon ce que répètent à l’envi les autorités, qui veulent empêcher à tout prix qu’une « jungle » ne se recrée. Selon les associations, ce sont pourtant 600 personnes qui errent de nouveau aux alentours de la ville, privées de droits élémentaires.

Un Ethiopien de 16 ans cherche « Mama shower »

Les premiers bidons d’eau sont sortis des camions, aussitôt les gobelets se remplissent. Chacun part un peu à l’écart s’asperger le visage et se rincer la bouche et les mains. Enveloppé dans une couverture polaire, un Ethiopien de 16 ans dit que sa peau le démange. Seize jours qu’il ne s’est pas douché. Il cherche « Mama Shower », une bénévole qui ouvre sa porte pour que quelques-uns puissent se laver. Elle n’est pas là ce jour-là.

Les bénévoles font passer le message à ceux qui demandent s’ils peuvent changer de vêtements. « Cet après-midi, au Secours catholique, vous pourrez aller chercher un pantalon, une veste, des chaussures… » Mais pas, là non plus, prendre une douche, la municipalité ayant empêché l’association d’en installer une au cours de l’hiver.

Le 23 juin, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, en visite à Calais pour la première fois, a déclaré « qu’il y a[vait] peut-être d’autres lieux que Calais où elles [les associations] pourraient déployer leur savoir-faire ». Des propos qui ont choqué responsables associatifs et bénévoles. « C’est lamentable. Les politiques sont en dessous de tout », juge Gilbert, un bénévole de Flandre Terre solidaire qui vient occasionnellement de Bailleul prêter main-forte à l’association Salam.

« On n’avait encore jamais entendu ce discours-là. Heureusement qu’il y a Toubon pour secouer le cocotier », enchaîne-t-il. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a alerté mi-juin sur les conditions « inhumaines » réservées aux exilés.

« Tous les jours, depuis un an, j’essaie de passer »

Abil, un Ethiopien de 24 ans, qui vient de boire un verre d’eau, cherche à rejoindre son oncle au Royaume-Uni. « Tous les jours, depuis un an, j’essaie de passer. » Il a connu l’ancienne « jungle ». « Au moins, on pouvait dormir, raconte-t-il. Aujourd’hui, nous avons des problèmes avec la police tous les jours. C’est très difficile. Mais c’est très important pour moi de retrouver mon oncle. Il est ma seule famille. »

Comme lui, beaucoup prennent de nombreux risques pour tenter la traversée. « Des gamins livrés à eux-mêmes », commente Yolaine. Après la distribution, ils repartent immédiatement vers le « parking », là où des camions stationnent. D’autres ont fait un autre choix. « Moi j’ai déposé une demande d’asile à Lille », dit Boy, arrivé il y a quelques semaines de Guinée-Conakry. « Monter dans les camions, c’est du suicide. »

Au parc Saint-Pierre, en face de la mairie, de jeunes Oromo – qui évitent de se mêler aux Ethiopiens – et quelques Afghans viennent se restaurer. Ils plaisantent avec les bénévoles qu’ils saluent de la main quand ils les voient passer. Des sourires barrent les visages fatigués. Effet ou non de la décision du juge des référés du tribunal administratif de Lille, qui a donné dix jours à l’Etat et à la ville pour « éviter que les migrants soient exposés à des traitements inhumains » et ordonné de ne plus entraver les distributions de nourriture, aucun membre des forces de l’ordre n’a été aperçu ce matin-là. La veille, ils avaient embarqué couvertures et autre sacs de couchage. « C’est bizarre », trouve Yolaine. « On devient peut-être aussi parano ! » lance-t-elle en souriant.

Lire aussi :   Migrants à Calais : la décision en référé est une « étape » pour les associations

En cette fin juin, la ville s’est parée de quelques bus à impériale londoniens pour attirer les Britanniques qui ont déserté les lieux depuis plusieurs années. Ironie involontaire quand des hommes et des femmes risquent chaque jour leur vie pour atteindre leur eldorado. D’ici dix jours, selon la décision de justice du 26 juin, ils devraient bénéficier de sanitaires, de douches et avoir accès à des points d’eau. « Des droits élémentaires », souligne Gilbert dans un soupir, pour qui « ce n’est pas demain la veille que ça va s’arranger ». Douze mille migrants ont été secourus entre dimanche et mardi au large de la Libye.

 

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Vite dit

9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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