En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Source : Médiapart - RESF - 14/08/2017

Huiling CAO est libre, elle n’est plus assignée à résidence, elle n’a plus à pointer deux fois par semaine au commissariat, le préfet du 93 doit réexaminer son dossier et lui offrir ses frais d’avocat.

Telle est la décision du Tribunal administratif de Montreuil du 10 aout.

Mére d’une enfant de 9 ans, enceinte de quatre mois, Huiling CAO, jeune femme chinoise de 32 ans avait été arrêtée le 28 juin suite à un contrôle sur son lieu de travail. Le préfet de police l’avait fait enfermer au centre de  rétention de la Cité à Paris.  Le 14 juillet, elle refusait d’embarquer. Une semaine plus tard, désespérée, elle faisait une tentative de suicide, s’ouvrant les veines du poignet. Conduite en urgence à l’hôpital, elle était sauvée, soignée et… immédiatement ramenée au CRA.

Des faits qui soulèvent l’indignation, il faut s’en féliciter. Un mini rassemblement de protestation de militants RESF le 22 juillet, deux lettres ouvertes du cinéaste Laurent Cantet au ministre de l’Intérieur et au président de la République publiées par Médiapart, une dépêche de l’AFP et plusieurs articles de presse conduisaient les cabinets de l’Élysée et de l’intérieur qui suivaient l’affaire à libérer  Huiling CAO le 24 juillet. Elle avait perdu 8 kilos.

Une mesure certes humanitaire mais au rabais… dès le lendemain de sa sortie, Huiling CAO était assignée à résidence et astreinte à pointer deux fois par  semaine au commissariat avec, à chaque fois, le risque d’être arrêtée et conduite à l’avion.

Il était évidemment hors de question, de la laisser se rendre seule au commissariat. Elle y a été systématiquement accompagnée par des militants RESF mais aussi par le maire de Bagnolet Tony di Martino et le conseiller régional Taylan Coskun, produisant un certain étonnement chez les policiers voire la sympathie de certains d’entre eux au récit de ce qu’on fait subir à cette jeune femme et à sa famille.

La décision, signée du préfet du 93 mais évidemment prise plus haut, était immédiatement attaquée devant le Tribunal administratif de Montreuil par Me Catherine Herrero, avocate de Huiling CAO.

L’audience a eu lieu le 10 août. Son compagnon et un ami de la famille ainsi que des militant(e)s RESF étaient présents. Une dizaine de soutiens… pas si mal, un jeudi 10 août à 9h30 du matin…

Me Herrero plaidait avec éloquence, soulignant que le signataire de l’assignation à résidence avait négligé d’attester de sa compétence à le faire, que ses droits n’avaient pas été communiqués à Huiling CAO et surtout que la réalité de sa situation n’avait pas été prise en compte.

En réalité, la décision du juge reprend, parfois au mot près, l’argumentaire de l’avocate tant les faits sont scandaleux et la décision celle de bureaucrates qui, pour leur confort moral, refusent d’en mesurer les effets humainement dévastateurs. Après l’avocate, le magistrat relève que Huiling a été placée en rétention alors qu’elle était enceinte de quatre mois et que son assignation à résidence pour 45 jours après presque un mois de rétention induit que  l’expulsion d’une femme enceinte de cinq ou six mois ne pose aucun problème éthique ni au président de la République, ni au ministre de l’intérieur ni à leurs subordonnés. Le fait que le compagnon de Huiling n'ait pas, lui aussi, été assigné à résidence signifie que l’état n’envisage pas son expulsion à court terme. Autrement dit, la perspective de rendre quasi orpheline une gamine de 9 ans en expulsant sa mère en Chine et de rendre un enfant à naître quasi orphelin de père en le laissant en France est conforme aux grandes valeurs dont monsieur Macron se réclame verbalement si souvent.

La conclusion s’imposait : l’assignation à résidence de Huiling CAO est levée et donc son obligation de pointer au commissariat. La préfecture du 93 a l’obligation de réétudier son dossier dans un délai de deux mois et, en attendant, de lui délivrer une autorisation de séjour provisoire. Enfin, une somme de 1000 Euros est versée à Huiling Cao pour couvrir ses frais d’avocat.

Au-delà de la situation de Huiling CAO et de sa famille, reste le plus important : la reconnaissance par la justice du caractère inhumain de la politique mise en œuvre par ce président et ce gouvernement. Même camouflée derrière  les discours grandiloquents du président, elle doit être dénoncée et combattue autant que celles de Sarkozy, Hortefeux ou Valls.

Richard Moyon

 

Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

⚫️

19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

⚫️

26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

⚫️

29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

⚫️

reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

⚫️

4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

⚫️

9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

⚫️

30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

⚫️

Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

Archive

Powered by mod LCA