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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - RESF - 23/08/2017

Deux fillettes albanaises sont enfermées avec leurs parents au Centre de rétention du Mesnil Amelot depuis le 11 août 2017, au mépris des droits de l'enfant. Qu'importent les traumatismes causés aux enfants, les violations du droit d'asile, il faut enfermer et expulser. Une illustration de la politique menée par Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à l'encontre des demandeurs d'asile.

Mardi 22 août. Parloir du Centre de rétention du Mesnil Amelot. A l'extérieur, la température approche les 32°. A chaque minute, un avion décolle et survole le centre à basse altitude. Les policiers de la Paf circulent , l'air desoeuvré , l'arme au flanc.

Troisième visite à la famille albanaise qui s'y trouve enfermée depuis le 11 août. Anissa, 5 ans, Elisa, 1an ½, arrivent avec leurs parents, Albana ROSAJ, et Gezim NIKA. Les parents sourient un peu, les fillettes ont la mine pâle, les yeux brillants. Elles dorment très peu, mangent à peine. 11 jours dans ce bâtiment peu hospitalier, au milieu des cris, ceux des retenus qui pètent un plomb, ceux des fonctionnaires excédés, et des appels grésillant dans les haut-parleurs : pour les départs, les tribunaux, les vols, les visites. Autour du centre, les grilles.

Il y a des jeux à partager : puzzles, un memory, suffisamment pour chacune. Comme souvent l'une veut ce qui revient à l'autre. Cris, trépignements, colères impossibles à calmer, les parents désemparés, on ne s'entend plus, que faire dans cet espace minuscule ? Derrière la vitre, les policières regardent, ennuyées peut-être.

Deux fillettes et leurs parents arrivés en juillet sur le territoire français, pour échapper à un sombre règlement de comptes. En Albanie, on réclame le prix du sang. Le couple, tout simplement, ne pouvait plus vivre, ils craignaient pour leurs filles. A Besançon, ils ont entrepris les démarches nécessaires pour demander l'asile et obtenu un rendez-vous pour le 27 septembre prochain. A Besançon, la traque des demandeurs d'asile est quotidienne. Pas d'hébergement, au mépris des réglementations, c'est une tente, dans un parc. Régulièrement délogés, pourchassés, la police passe plusieurs fois par jour, relève les identités. Mais Besançon, c'est aussi la solidarité en action. https://rcf.fr/actualite/sol-mi-re-cusenier-refugies

Après deux nuits dans la rue, et quelques autres sous la tente – l'été est pluvieux - la famille est arrêtée, au petit matin, embarquée sans le moindre effet. Au commissariat, ils reçoivent une OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Quel est le respect du droit quand on les prive de toute possibilité de demander asile ! Et embarquement pour le Centre de rétention du Mesnil Amelot, au bout des pistes de Roissy. L'enfermement. Audiences de tribunal : le Juge des libertés valide le placement en rétention, le juge administratif confirme le bien fondé de l'OQTF , idem en appel. On croit rêver ! Avec le conseil de la Cimade, ils parviennent à déposer une demande d'asile.

Leur expulsion est programmée pour le lundi 21 août, 9h 45 sur un vol régulier. En deux jours , la mobilisation démarre : appels au ministère, les conseillers sont en week-end ou en vacances, mais « le dossier est suivi », nous dit-on. Sombre dimanche. Le lundi matin, nouveaux appels au ministère, la conseillère est en réunion, envois de mails. En fin de matinée, soulagement : on apprend que la mobilisation citoyenne a marqué un point et que le ministère de l'intérieur a annulé l'expulsion, jusqu'à l'audience de la demande d'asile. Mais quid de l'enfermement des enfants ? Rien. Enfermées elles sont et elles resteront. 

Il y a un an, la France était condamnée par la CEDH pour des pratiques « dégradantes » à l'encontre des enfants enfermés en rétention. Plus de 80 000 personnes ont signé depuis juin 2017 la pétition initiée par la Cimade http://agir.lacimade.org/retention adressée au Président Macron pour que soit effectivement interdit l'enfermement des enfants en rétention. 

Enfants de sans papiers, ils sont les premières victimes des politiques migratoires qui délibérément les privent de leurs droits fondamentaux . Comme ses prédécesseurs, ce gouvernement s'affranchit de toute humanité et du respect de l'intérêt supérieur de l'enfant, plaçant en priorité ce que le ministre de l'intérieur Gérard Collomb appelle le "problème fondamental" que pose la demande d'asile albanaise en France, et qu'il assure vouloir résoudre "dans les prochaines semaines (Le Figaro. 12 juillet 2017). « En 2016, 1 140 personnes y ont été renvoyées. Et j’ai donné des consignes aux préfets pour que ce mouvement soit accentué ». (6 août 2017).

Par tous les moyens possibles, y compris l'enfermement des enfants.

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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