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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Frédéric Bobin - 24/08/2017

L’enfer migratoire de la Libye, 2/3. Sur le littoral de la région de Tripoli où se concentrent les départs vers l’Italie distante d’à peine 300 kilomètres, les contrebandiers font la loi.

Lire aussi « En Libye, nous ne sommes que des esclaves » (1/3)

Les colonnes de marbre se dressent face au bleu profond de la Méditerranée. Elles sont comme des sentinelles meurtries avec leur grain ébréché, assailli par le sel marin. Il y a quelque chose de poignant dans les ruines de Sabratha, décombres de forums et de temples, vestiges de théâtre et de thermes qui témoignent d’une gloire révolue, celle de la Rome antique qui brilla jadis sur ce littoral de la Tripolitaine.

L’œil pourrait s’en griser sans relâche, et pourtant voilà qu’il s’accroche à ce paquet de caoutchouc échoué sur le sable. Le volume oblong est dégonflé, grosse galette ratatinée. On finit par comprendre que la marée libyenne a rejeté sur la plage de Sabratha un Zodiac rabougri par l’usage. A-t-il sombré au large ? Ou l’a-t-on laissé là, esquif épuisé par de trop lourdes charges ?

Il n’y a rien de plus naturel, dans la Libye actuelle, que de trouver des Zodiac sur le sable de Sabratha. La cité côtière est devenue la principale plate-forme de départ vers l’Europe. En Italie, elle obsède, avec ses centaines voire ses milliers de migrants qui embarquent chaque semaine à bord de bateaux pneumatiques vers l’île de Lampedusa, distante d’à peine 300 kilomètres. Cette route de la Méditerranée centrale supplante désormais de loin celle de la Méditerranée orientale – par la Turquie, puis la Grèce –, qui s’est tarie depuis l’accord signé, en mars 2016, entre Bruxelles et Ankara.

A Sabratha, on jette les canots sur les flots non loin du site archéologique, sur les plages de Tellil ou d’Al-Wadi. L’eau y est peu profonde et un chalutier ne s’y hasarderait pas sans risque d’ensablement, mais depuis que les Zodiac ont remplacé les bâtiments de pêche dans la folle course à la compression des coûts, le détail est secondaire.

Redistribution géopolitique des migrations

Des milliers de migrants patientent à proximité de ces rampes de lancement, dans des fermes, des hangars ou des baraquements installés sur la plage même. « Rien qu’à Al-Wadi, ils sont entre 700 et 800 à attendre sous des tôles entourées de hauts murs de sable », raconte un témoin qui a eu accès à l’endroit.

On ne s’en approche pas aisément. Des gardes armés veillent nerveusement : l’affaire est devenue trop juteuse. A l’échelle de la seule Libye, le marché de l’émigration illégale vers l’Europe génère entre 1 et 1,5 milliard de dollars (jusqu’à 1,25 milliard d’euros) de revenus par an, selon une évaluation d’International Crisis Group (ICG).

Amphithéâtre romain du IIe siècle, sur le site archéologique de la ville de Sabratha, le 20 juillet. 

Deux raisons principales expliquent l’émergence de cette économie migratoire dont la Libye est devenue le foyer. Il y a bien sûr le chaos post-Kadhafi, qui a créé un appel d’air pour les trafiquants de tout acabit. Mais il y a aussi la redistribution géopolitique des migrations traversant la Libye. Historiquement, le pays était surtout un lieu de transit pour des personnes en provenance d’Afrique de l’Est, principalement de la Corne de l’Afrique. Le circuit était intégré : paiement unique, filière de passeurs homogène et au bout du compte une traversée de la Libye au pas de course.

Depuis la révolution de 2011, ces réseaux établis, jadis tolérés par Kadhafi, ont été concurrencés par de nouveaux acteurs qui ont sollicité et activé d’autres bassins migratoires, notamment en Afrique centrale et occidentale. Ainsi le Nigeria a ravi à l’Erythrée le rang de principal pays d’origine, et les Guinéens sont devenus plus nombreux que les Somaliens.

Migrants exposés à tous les abus

Ce basculement géographique s’est accompagné d’un bouleversement du modèle économique : le circuit intégré s’est fragmenté, les clients payant au fil des segments d’un parcours de plus longue durée et plus aléatoire. Privés de passeurs stables, les migrants sont exposés à tous les abus. Avec une telle dérégulation du marché, les prix ont chuté, dopant d’autant plus une demande peu informée ou peu sensible aux nouveaux risques encourus.

Le long de son arc de plages et de criques, Sabratha a été le théâtre de toutes ces mutations. Ahmed Al-Dabbashi, dit Al-Ammu (« oncle »), est considéré comme le plus puissant des parrains locaux supervisant les départs de migrants. Les Nations unies (ONU) le citent dans leurs rapports. Chef de la principale milice de Sabratha, la Brigade des martyrs Anas Al-Dabbashi – nom d’un cousin tué pendant la révolution de 2011 –, le trentenaire, ancien marchand ambulant, a fait bien du chemin.

Tracy est Nigériane originaire d'Abuja, elle a 21 ans et est enfermée dans le centre de détention pour migrantes de Sourman depuis six mois. Elle s'est faite arrêtée par les gardes-côtes libyens alors qu'elle tentait la traversée en Italie. Ce centre enferme 230 personnes dont 27 enfants. Les conditions sont difficiles, la nourriture est mauvaise et servie en petite quantité, l'eau est non-potable et salée. Les problèmes majeurs sont le manque d'assistance médicale, le lait et les couches pour les bébés, qui ne sont plus distribuées depuis deux mois. Le 20 juillet 2017 à Sourman.

Tracy est Nigériane originaire d'Abuja, elle a 21 ans et est enfermée dans le centre de détention pour migrantes de Sourman depuis six mois. Elle s'est faite arrêtée par les gardes-côtes libyens alors qu'elle tentait la traversée en Italie. Ce centre enferme 230 personnes dont 27 enfants. Les conditions sont difficiles, la nourriture est mauvaise et servie en petite quantité, l'eau est non-potable et salée. Les problèmes majeurs sont le manque d'assistance médicale, le lait et les couches pour les bébés, qui ne sont plus distribuées depuis deux mois. Le 20 juillet 2017 à Sourman. Crédits : SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Il n’embarrasse pas seulement l’Italie en lançant ses Zodiac emplis de migrants vers l’île de Lampedusa, il illustre aussi les formidables contradictions qui brouillent la politique de Rome à l’égard de la Libye. La milice de « l’oncle » a ainsi conclu un accord avec la compagnie d’hydrocarbures italienne ENI permettant à cette dernière de garder son complexe gazier de Mellitah, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Sabratha.

L’homme qui assure la sécurité des actifs gaziers italiens en Tripolitaine est donc le même que celui qui alimente l’immigration illégale dans la Péninsule… Telle était en tout cas la situation jusqu’à la mi-juillet. Depuis lors, une milice locale hostile au trafic de migrants a fait son apparition, ce qui expliquerait le fléchissement – provisoire ? – des départs depuis Sabratha.

Violence et insécurité permanentes

Issu d’une famille omnipotente de Sabratha, Ahmed Al-Dabbashi avait commencé sa carrière dans la filière historique de la Corne de l’Afrique. Quand des rivaux ont commencé à se manifester alentour, ils se sont livrés à des enlèvements de ses clients lors de leur acheminement vers Sabratha. « Il s’agissait tout à la fois de le priver de revenus et d’endommager sa réputation », résume un observateur. L’année 2015 va toutefois faire basculer durablement le rapport de forces en faveur de « l’oncle ».

En septembre de cette année-là, Zouara, cité de l’extrême ouest du littoral et haut lieu du réveil identitaire amazigh (berbère), décide brutalement de chasser les passeurs de la commune à la suite d’un naufrage ayant rabattu près de deux cents cadavres sur les plages sous les yeux de familles entières. Le conseil municipal charge une milice d’hommes encagoulés – surnommés les « hommes masqués » – de traquer les contrebandiers.

L’affaire est d’importance, car Zouara était jusqu’alors la capitale en Libye du trafic de migrants vers l’Europe. Les contrebandiers de Zouara, dont l’expertise est très prisée, ne resteront pas longtemps inactifs. « L’oncle » de Sabratha, ville voisine, les accueille à bras ouverts. « Ahmed Al-Dabbashi a senti l’argent à gagner, souligne une source libyenne. Il a autorisé les passeurs de Zouara à s’installer sur son territoire à condition qu’ils paient sa protection. » Ainsi Sabratha est devenue, à partir de 2016, le nouveau centre libyen pour les départs vers l’Europe. Zouara, elle, s’est reconvertie dans la contrebande à grande échelle de l’essence subventionnée, notamment vers Malte.

Dans le centre de détention pour migrantes de Sourman, près de Sabratha, le 20 juillet. Deux jours auparavant, un convoi de la police acheminant 80 femmes et 10 enfants depuis le centre mixte de Gharyan a été attaqué par une milice de passeurs de Zaouia. Tous ont été enlevés de force par les passeurs.
Dans le centre de détention pour migrantes de Sourman, près de Sabratha, le 20 juillet. Deux jours auparavant, un convoi de la police acheminant 80 femmes et 10 enfants depuis le centre mixte de Gharyan a été attaqué par une milice de passeurs de Zaouia. Tous ont été enlevés de force par les passeurs. Crédits : SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Quand les migrants racontent leur passage à Sabratha, ils évoquent une violence et une insécurité permanentes. Les hangars où ils attendent la nuit opportune sont de simples logis ou des prisons privées, là où sont détenus ceux qui n’ont pas encore payé le passage. Si les propriétaires sont libyens, les gardes sont souvent des Africains subsahariens, anciens migrants eux-mêmes, victimes devenues bourreaux. « Des Nigérians travaillent pour eux », dit Ernest Ikpotokin, un Nigérian rencontré à Misrata (est de Tripoli).

Pannes qui dégénèrent en naufrage

Le danger est partout, sur terre comme sur les eaux. Le risque de naufrage s’est multiplié avec le recours généralisé aux bateaux pneumatiques de 9 mètres made in China, où s’entassent environ 130 personnes. Nombre de ces canots sont importés clandestinement, selon un témoin, dans les soutes de bateaux s’approchant de Zouara pour charger de l’essence libyenne subventionnée, vendue 65 fois plus chère à Malte. Exemple banal du croisement des réseaux de contrebande.

Le « capitaine » du Zodiac, qui tiendra le moteur, est en général un migrant lui-même qui bénéficiera d’une ristourne sur le prix de son trajet. Les passeurs ne montent quasiment plus à bord, de peur de se faire arrêter par les navires européens de l’opération Sophia contre le trafic de migrants.

Un second passager se verra confier une boussole et un téléphone satellite de type Thuraya permettant d’appeler les navires de secours, une fois les eaux internationales franchies. Mais on aura versé dans le réservoir le moins d’essence possible, économies obligent. D’où la fréquence des pannes qui dégénèrent en naufrages.

Une fois au large, s’il n’a pas affaire aux gardes-côtes libyens, le canot devra affronter les « Asma boys » sur leurs jet-skis. La pratique est en pleine expansion. Les « Asma boys », dans le vocabulaire du migrant, sont les garçons des rues qui interpellent les Africains subsahariens, dans les centres urbains, d’un « asma, asma ! » (« écoute, écoute ! ») pour les attirer à eux et les détrousser. La nouveauté est qu’ils sévissent désormais sur les flots. A cheval sur leurs scooters de mer, ils abordent les Zodiac qui ont quitté le littoral à peine une heure plus tôt. Ils sont armés de kalachnikovs, racontent les migrants.

Cycle infernal

Maurice Sobze, un Camerounais rencontré dans le sud-est tunisien, se souvient de sa sortie de Sabratha : « Les Asma boys sur leurs jet-skis nous ont demandé : “Vous êtes les clients de qui ?” On a répondu : “De Mohamed.” C’est le nom du chef de notre réseau de passeurs. Ils nous ont laissés passer. Mais la fois précédente, ils nous avaient pris le moteur, nous forçant à retourner à terre. » Avec un prix qui a grimpé jusqu’à 80 000 dinars libyens (environ 8 300 euros), les moteurs de Zodiac sont devenus un gros enjeu dans les guerres de gangs au large des côtes libyennes.

Si le bateau de Maurice Sobze a pu passer la seconde fois, c’est que « Mohamed » avait entre-temps versé sa dîme aux Asma boys. Mais certains chefs de réseaux refusent de payer. Ils font alors escorter les Zodiac par leurs hommes armés jusqu’en haute mer. Dans tous les cas, la sécurité a un coût, assumé au final par le client. Ainsi, le prix de la traversée de la Méditerranée a récemment augmenté, de 1 000 à 1 500 dinars (156 euros).

Comble de l’humiliation, certains migrants sont convaincus d’avoir été trahis par leurs propres passeurs. « En fait, ce sont les passeurs qui appellent les Asma boys pour les informer du départ des Zodiac, assure Clifford Njokw, un Nigérian rencontré à Misrata. Car ils veulent récupérer à la fois le moteur, le bateau et les passagers. »

Clifford Njokw a ainsi été arrêté « quatre fois » en mer. A chaque retour, il a été placé en détention – officielle ou sauvage, il ne sait plus –, soumis aux coups. Les trois premières fois, il a acheté – par l’intermédiaire de sa famille au Nigeria – sa libération et un nouveau trajet, comme piégé dans un cycle infernal.

Cette fois-ci, il renonce, il veut juste « rentrer au pays ». Crâne rasé, corps tout en muscles, Clifford Njokw rêvait de devenir footballeur en Europe. La désillusion a été brutale. « Sur mes dix-sept mois en Libye, j’en ai passé treize dans une cellule, calcule-t-il. Dans ce pays, dès que tu sors, on t’attrape. »

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Vite dit

12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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