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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : La Dépêche - Dominique Delpiroux - 30/08/2017

La famille Alhmoud a fui son village près d'Alep, en 2012. Après cinq années dans des camps de réfugiés au Liban, ils se sont installés dans le Volvestre. Au cœur d'un projet pour le moins original…

Dans le champ qui plonge vers les bois, trois chèvres montent la garde. Bientôt, un petit troupeau de moutons viendra les rejoindre. Des brebis données par des voisins du Volvestre ou de l'Ariège. Les poules, elles, sont déjà là. Kamel et son épouse Fatima ont récuré et astiqué le vieux poulailler, pour recevoir ces volatiles qui, là aussi, ont été offerts par des habitants du coin. Sans oublier les conseils et les coups de pouce de la Confédération paysanne. Tous regardent avec un œil bienveillant la très belle expérience qui se déroule en ce moment à Marestaing, tout près de Montesquieu-Volvestre, à la limite de la Haute-Garonne et de l'Ariège.

Originaires de la région, Joël Lebret et Corine Marcien ont vécu bien loin du Volvestre leur carrière dans la diplomatie française, au Cameroun, au Niger, au Sénégal… A la retraite, ils ont acheté ce petit hameau, avec ses dépendances.

Salle d'exposition

«Comme j'étais conseiller culturel, explique Joël Lebret, j'ai eu l'occasion, dans de nombreux pays africains, de rencontrer des artistes. Notre idée de départ, en nous installant ici, c'était de profiter de cet espace pour inviter ces artistes en résidence.»

Et de fait, le hangar, transformé en salle d'exposition, accueille en ce moment les étonnantes sculptures du Sénégalais Gabriel Kenzo Malou, et les photos en noir et blanc – de Noirs et de Blancs ! – de Catherine et Bernard Desjeux. Une exposition d'art contemporain que les habitants des alentours sont venus découvrir avec curiosité et une certaine fierté de voir ça chez eux !

«Mais au cours de toutes ces années hors de France, nous avons été souvent confrontés au problème des réfugiés, poursuit Corine Marcien. Comme il y avait ici un logement de libre, un projet d'accueil devenait évident.»

Cuisine syrienne en Volvestre

L'idée, toute simple, était de faire venir une famille d'agriculteurs, qui soit immédiatement capable d'exercer le métier qu'elle pratiquait chez elle. A Marestaing, Kamel Alhmoud, arrivé il y a un mois, sait déjà où il va faire paître ses bêtes et calcule savamment comment il va organiser un vaste potager : il tentera d'y faire pousser aubergines, tomates, poivrons et autres courgettes.

Dès que l'activité sera lancée, la famille paiera un petit loyer.

«De l'argent qui nous permettra de financer nos résidences d'artistes !» se félicite Joël Lebret, tout heureux de constater que leur projet n'attire, dans le voisinage, que des sympathies.

Nour, 6 ans, et Hassan, 4 ans, ont fait connaissance avec le centre de loisirs. En un mois, ils ont déjà avalé plein de mots français et commencent à baragouiner. Ils iront dès cette rentrée à l'école… si le bus scolaire accepte de faire un petit détour par Marestaing !

Dans ce minuscule village (gaulois ? africain ? syrien ? ) deux gîtes ruraux sont en cours d'aménagement : «Fatima fait une excellente cuisine : elle pourra assurer la restauration quand il y aura des touristes. »

En attendant la gastronomie exotique, c'est une belle mayonnaise qui est en train de prendre à Marestaing.


«Nous sommes partis à cause des bombes»

Au printemps, il faisait pousser des tomates, des poivrons, des aubergines. Le reste du temps, il cultivait le blé, l'orge, les pois chiches, les lentilles, et l'odorante coriandre. Kamel Alhmoud, qui a aujourd'hui 38 ans, vivait heureux. Il avait épousé Fatima, de 8 ans sa cadette : ils s'étaient rencontrés en travaillant dans les champs, et ils étaient tombés amoureux. Ils vivaient dans le même village de Talafeh, à quelques dizaines de kilomètres de la grande ville du nord de la Syrie, Alep. Jusqu'en 2009, la vie y était belle…

«Et puis, raconte Kamel, petit à petit, des bandes armées ont commencé à nous envahir. Ils passaient et repassaient, et surtout, ils nous attaquaient, volaient pillaient…» Kamel ne saurait dire qui étaient ces hommes. Lui est musulman, mais ne s'est jamais intéressé ni à la politique, ni aux bisbilles religieuses locales.

«Mais ce qui s'est passé, c'est que notre village est devenu un couloir de passage pour la rébellion, puis pour les jihadistes de Jabhat al-nosra», traduit Ali, un Libanais qui vit dans le Volvestre depuis 50 ans.

«Alors, c'est pour cela que l'aviation de Bachar-al Assad a commencé à nous bombarder, parce que les rebelles passaient dans notre village.»

C'est le jour où l'aviation syrienne a bombardé l'école – qui avait été choisie comme QG par les rebelles – que Kamel et Fatima ont décidé de fuir. Comme beaucoup d'autres familles de ce village.

«Ce départ a été très triste, très difficile pour nous, avoue Fatima. Nous avons dû laisser notre maison, notre puits, notre famille, nos amis…» Leur fille, Nour, venait de naître.

Dans ce pays en pleine guerre civile, ils partent en voiture jusqu'à la frontière libanaise. Un voyage qui se déroule étrangement sans check point, ni barrage, à travers les lignes combattantes. La famille finit par arriver au poste frontière de Masnaa, au Liban. Là, il y a un immense camp de réfugiés, qui accueille tant bien que mal toute la misère de la Syrie, sous l'œil débordé de l'Onu.

Ils vont rester près de cinq ans, dans ce camp. Kamel et Fatima vont réussir à faire ce qu'ils ont toujours fait : produire quelques légumes pour les vendre au plus proche marché. C'est là que naîtra leur fils Hassan, 4 ans aujourd'hui. C'est là aussi qu'ils seront repérés par les autorités françaises, qui leur proposeront de rejoindre l'Hexagone, dans le cadre officiel de l'accueil des réfugiés syriens. C'est ainsi qu'ils sont arrivés le 26 juillet dernier à l'aéroport de Blagnac, puis à Montesquieu-Volvestre, dans ce hameau de Marestaing qui doit leur sembler le bout du monde. Le cœur plein de nostalgie, mais aussi plein d'énergie : une nouvelle page de leur vie va s'écrire désormais ici.

Dominique Delpiroux

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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