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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Agnès Noël - 04/09/2017

Hiba, jeune migrante soudanaise, mère célibataire de deux enfants, ­venait d’arriver au Caire lorsqu’elle a été approchée par des « courtiers » qui lui ont proposé de leur vendre un rein. A la clinique, le médecin lui a donné 40 000 livres égyptiennes (1 900 euros), beaucoup moins que les 40 000 dollars (33 600 euros) promis initialement.

L’argent ne lui a pas beaucoup servi. « J’ai dépensé la plus grande partie de cette somme en restant à l’hôtel. Je ne voulais pas que quiconque apprenne ce qui était arrivé », a-t-elle indiqué à Sean Columb, maître de conférences en droit à la faculté de Liverpool et spécialiste de la question du trafic d’organes, qui a recueilli son témoignage.

Aujourd’hui, elle souffre de fortes douleurs au ventre et ne peut plus soulever de charges lourdes. Le seul travail qu’elle a pu trouver est « hôtesse » dans un club de nuit.

Lire aussi :   Trafic d’organes : des textes internationaux ambigus

Ils seraient des milliers comme Hiba au Proche-Orient. Les migrants et les personnes déplacées sont devenus en Egypte, en Irak et en Syrie les victimes privilégiées du trafic d’organes. Un trafic qui a fait l’actualité ces dernières semaines en Egypte : le ministère de l’intérieur a annoncé, le 22 août, l’arrestation de douze personnes, dont des médecins faisant partie d’un « grand réseau spécialisé de trafic d’organes ». Et le procès d’un autre réseau de 41 personnes, arrêtées en décembre 2016, a commencé en juillet.

Les pays touchés par ce trafic sont nombreux : Inde, Pakistan, Philippines, Bangladesh, Egypte, Mexique, Cambodge, Sri Lanka, mais aussi Chine, où la « tolérance zéro », ­décrétée vis-à-vis des prélèvements effectués sur des condamnés à mort, ne serait pas sans faille…

Le Declaration of Istanbul Custodian Group (DICG), qui promeut les règles éthiques de la transplantation d’organes, estime ainsi qu’il y a au moins plusieurs centaines de cas en Egypte et au moins 2 000 dans tout le Moyen-Orient.

La présence de migrants n’a pourtant pas généré une « explosion » du trafic de façon locale mais plutôt son déplacement, dans ces pays où le trafic est « historique » : « Auparavant, dans ces Etats, c’étaient les citoyens pauvres qui vendaient leurs reins, explique Dominique Martin, coprésidente du DICG. Maintenant ce sont les ­migrants qui sont particulièrement victimes de ce marché et qui vendent leurs reins, à des prix plus bas. »

Entre 840 millions et 1,7 milliard de dollars

La part du marché illégal reste en effet ­stable, ­représentant 5 % à 10 % des quelque 130 000 transplantations réalisées dans le monde, à savoir entre 7 500 et 13 000 organes, pour un chiffre d’affaires ­annuel compris entre 840 millions et 1,7 milliard de dollars, selon l’ONG Global Finance Integrity.

On estime que le prix moyen d’achat d’un rein sur le marché clandestin est de 2 000 à 5 000 dollars payés au « donneur » et qu’il est vendu environ 100 000 dollars au receveur. Les pays touchés par ce trafic sont nombreux : Inde, Pakistan, Philippines, Bangladesh, Egypte, Mexique, Cambodge, Sri Lanka, mais aussi Chine, où la « tolérance zéro », ­décrétée vis-à-vis des prélèvements effectués sur des condamnés à mort, ne serait pas sans faille…

Au Proche-Orient, le phénomène constitue une véritable préoccupation pour Dominique Martin : « Outre ceux qui traversent les frontières, les déplacés à l’intérieur de leur pays, comme en Syrie et en Irak, sont aussi vulnérables. Pour certains migrants, la vente d’organes représente le seul moyen de gagner de quoi vivre ou de quoi continuer leur voyage. »

Cela peut sembler mineur au regard du nombre de réfugiés victimes de violences, de prostitution ou de travail forcé mais le problème n’en demeure pas moins grave pour cette spécialiste en bioéthique : « Quand on a une ­famille, qu’on est sans maison, sans biens, loin de chez soi, on est dans une fragilité extrême. Quel que soit le nombre de cas, c’est intolérable. Malheureusement, le phénomène est difficile à quantifier car il a lieu dans des régions où se trouvent peu de journalistes et pas de système de surveillance. »

Autre problématique, le phénomène reste tabou chez les migrants et peu évoqué car « c’est un stigmate, une honte d’avoir vendu un organe ». Certaines personnes comparent même le fait d’avoir vendu leur rein à celui de s’être « mangé soi-même ».

Donneurs vivants

Le phénomène est surtout présent en Egypte. Le pays est considéré comme un des principaux centres du trafic d’organes depuis des années. Pas moins de la moitié des quelque 2 000 transplantations qui y sont effectuées chaque année seraient illégales, malgré la loi « Transplantation of Human Organs and Tissues Act », promulguée en 2010, qui interdit la transplantation commerciale d’organes.

Ce commerce est favorisé par le fait que le don d’organe issu d’un donneur décédé, même s’il existe en théorie, ne s’est jamais développé faute d’infrastructures nécessaires (registre ­national des donneurs, structures médicales permettant de diagnostiquer la mort cérébrale des patients). Le système de transplantations ­repose donc ­entièrement sur les donneurs ­vivants. Autre élément propice au trafic, le pays dispose de l’expertise médicale nécessaire : il compte de nombreux médecins formés aux techniques de transplantation, susceptibles d’effectuer des prélèvements.

Lire aussi :   Trafic d’organes : l’Italie mène l’enquête

Traditionnellement, le trafic était alimenté par les Egyptiens pauvres. Aujourd’hui il est nourri par les migrants. Des centaines d’émigrés ­seraient concernés, selon l’association internationale Coalition for Organ Failure Solutions (COFS), implantée en Egypte et auteure d’un des premiers rapports documentés sur la question.

Le juriste Sean Columb explique que les ­victimes sont, pour la plupart, soudanaises, érythréennes, syriennes. Elles sont devenues les cibles privilégiées des trafiquants du fait de leur précarité économique. « Ces migrants ont des possibilités de travail limitées en Egypte. Pour eux, vendre un rein est une des seules opportunités d’obtenir de l’argent afin de passer une frontière ou de se construire une meilleure vie sur place », poursuit-il.

Souvent clandestins, ils sont aussi moins enclins à porter plainte. D’autant que la loi égyptienne oblige les victimes à prouver qu’elles ont été contraintes, sous peine de risquer des poursuites pénales. Certaines personnes interrogées par Sean Columb affirment aussi que la police ­accorde moins d’importance à leur cas que s’il s’agissait d’Egyptiens.

Mères célibataires, Syriens, Irakiens...

Parmi les migrants, les plus fragiles sont approchés en priorité, comme les mères célibataires et les immigrants récents : « Les mères célibataires sont ciblées car elles occupent souvent , de façon ­illégale, des emplois peu payés, comme femme de ménage, et n’ont pas assez d’argent pour s’occuper de leurs enfants », reprend le juriste. De même, ­affirme-t-il, « les Syriens sont parmi les plus touchés aujourd’hui car ils sont arrivés récemment dans le pays et n’y ont pas de réseau, contrairement aux Soudanais qui ont une tradition d’émigration et bénéficient de l’aide de leur diaspora. »

« Il y a eu « des témoignages directs de migrants irakiens ayant été obligés de vendre un rein sur la route. Cela leur a permis de passer au ­Liban »

En Irak, aussi, des cas de migrants et de personnes déplacées devant vendre leurs organes ont été relevés. Selon Mme Martin, cela touche surtout le nord du pays. Olivier Peyroux, sociologue spécialiste de la question de la traite des personnes, auteur, en 2016, du rapport « La traite des êtres humains dans les situations de conflits et post-conflits » pour l’organisation caritative ­Caritas, déclare avoir constaté « des cas avérés de trafic d’organes au Kurdistan irakien. Il s’agissait de personnes déplacées vivant dans des camps qui n’arrivaient plus à faire face aux dépenses de la vie quotidienne ».

Un médecin originaire de la zone confirme, sous anonymat : « Auparavant, le phénomène était répandu à Bagdad et dans le nord du pays, au Kurdistan. La situation s’est améliorée aujourd’hui à Bagdad, où le gouvernement est plus fort [18 personnes viennent d’y être arrêtées pour trafic d’organes en août]. Mais du trafic existe toujours dans le nord, une zone où il existe beaucoup d’instabilité politique et où se sont installés beaucoup de réfugiés ou déplacés qui viennent du pays ou de Syrie. Bien sûr, ce “commerce” est interdit mais ce n’est pas la priorité du gouvernement en ce moment. »

Le trafic s’est également propagé au Liban, d’après la même source médicale. Olivier Peyroux précise aussi qu’il a eu « des témoignages directs de migrants irakiens ayant été obligés de vendre un rein sur la route. Cela leur a permis de passer au ­Liban. Ce n’est pas massif mais il y a des cas ».

Greffe commerciale

En Syrie même, où vivent 6,3 millions de personnes déplacées, le trafic d’organes est officiellement interdit, mais faute d’un système de prélèvement d’organes sur des personnes décédées, le don se fait là aussi grâce aux vivants. Or, depuis une loi adoptée en 2003, le « don » est autorisé entre un donneur volontaire vivant non apparenté au receveur.

Dans les faits, cette loi a favorisé le développement de la greffe commerciale : les pauvres « utilisent » la loi pour vendre leurs organes aux riches. Le pourcentage de donneurs non apparentés, qui avait baissé au début de la guerre, a augmenté de 12 % en 2015 par rapport à 2013, pour atteindre 59 % des donneurs d’organes. Il est resté identique en 2016.

Le docteur Bassam Saeed, président du programme de bourses de néphrologie pédiatrique en Syrie, et président de la société du Moyen-Orient pour la transplantation d’organes ­(Mesot), répond : « Est-ce que le nombre de donneurs non apparentés est dû à la présence de personnes déplacées dans le pays et appauvries ? Je suppose que cela arrive. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont payés, c’est interdit par la loi. Il y a sans doute des dessous-de-table mais on ne peut pas confirmer. Ce que je peux dire, c’est qu’une personne qui accepte de céder son rein est un être ­humain très bon et altruiste, ce qui est très rare dans le monde d’aujourd’hui. »

Le trafic d’organes concerne surtout les reins mais peut toucher d’autres parties du corps. Jaul, ici en 2014, au Liban, avec ses filles, a vendu sa cornée, notamment pour soigner l’asthme de l’une d’elles.

Selon lui, la problématique fondamentale du trafic est qu’il empêche le développement d’un système de don d’organes vertueux : « Aujourd’hui, en Syrie, même si le cadre légal du don d’organes via des donneurs décédés existe, les étapes suivantes du processus n’ont pas été lancées. Je pense que les docteurs ne sont pas ­assez impliqués. L’intérêt d’une greffe avec donneur vivant est que l’organe est disponible tout de suite, les receveurs potentiels n’ont pas à ­attendre des années sur liste d’attente en subissant une dialyse. Si on trouve le “bon” donneur, on peut faire l’opération en une semaine ! Beaucoup de médecins préfèrent une solution plus aisée à mettre en œuvre. Mais ce système de donneurs non apparentés n’est pas éthique. La solution est de développer un programme de donneurs décédés, mais cela paraît impossible avec la crise que nous connaissons. »

Système moins cher pour les Etats

Dominique Martin ajoute : « Dans les pays où existe traditionnellement la possibilité d’acheter un rein, le gouvernement subit beaucoup moins de pressions pour développer un programme de donneurs d’organes décédés. Les familles, quand elles en ont la possibilité, vont procéder à une greffe commerciale plutôt que de demander à un membre de leur famille de subir une opération ou que le malade soit sur liste d’attente pendant des années. »

Pour les Etats, cela revient aussi moins cher : « Le système de don d’organes cadavérique est très onéreux, à cause de la mise en place d’une ­politique d’incitation au don et des infrastructures appropriées. » Le système de donneurs ­vivants évite aussi à l’Etat de payer les coûteuses dialyses que subissent les malades du rein dans l’attente d’une transplantation. Dans des pays en proie à la guerre, l’instauration de ce système n’est évidemment pas la priorité.

Pour Mme Martin, c’est cet argument qui explique l’absence de succès du don cadavérique plutôt que les réticences religieuses : « L’islam accepte le don d’organes et honore ceux qui sauvent des vies à travers le don. »

Outre les questions éthiques, les greffes illégales ont des conséquences sanitaires déplorables. Riadh Fadhil, professeur d’urologie et de chirurgie transplantatoire, directeur du Centre de ­donation d’organes du Qatar, seul pays à avoir mis en place un programme de donneurs ­d’organes presque autosuffisant dans les pays du Golfe (80 % des malades y reçoivent une greffe, via un donneur décédé ou un donneur ­vivant « éthique »), voyait régulièrement des ­patients partir à l’étranger auparavant. Ils en rentraient souvent malades.

« Le risque d’infection est beaucoup plus élevé pour les personnes greffées. Il y a jusqu’à 60 % de risques et de complications en plus, dont certaines sont mortelles »

D’après lui, 30 % des donneurs ne sont pas à même de donner car ils ne sont pas en bonne santé ou ont des infections. Les différents tests de compatibilité (sanguine, tissus) étant plus sommaires lors de ces greffes illégales, les ­donneurs peuvent hériter de maladies des receveurs ou avoir des problèmes de compatibilité de greffon. « Le risque d’infection est beaucoup plus élevé pour les personnes greffées. Il y a jusqu’à 60 % de risques et de complications en plus, dont certaines sont mortelles », déplore le médecin.

Peine de mort

Les vendeurs ne s’en tirent guère mieux, ­déclare-t-il : « Le problème est que les opérations sont réalisées de façon plus expéditive qu’une greffe “normale”. Beaucoup de donneurs perdent la vie, meurent de complications, d’infections. »

En 2007, une enquête effectuée en Egypte par l’anthropologue américaine et fondatrice de COFS, Debra Budiani, estimait en effet que 78 % des personnes déclaraient une détérioration de leur état de santé après une vente de rein et 73 % annonçaient qu’ils avaient plus de ­difficultés à ­effectuer des tâches nécessitant un effort physique. Dans les cinq mois suivant l’opération, 81 % des donneurs avaient également ­dépensé l’argent obtenu, quand ils avaient pu le toucher. Cela n’est en effet pas toujours le cas : le montant de la transaction est souvent volé, ou ­récupéré en partie par les ­intermédiaires.

Le gouvernement égyptien essaie de lutter ­contre ce trafic et vient récemment de renforcer les sanctions contre ce crime, punissant, depuis le mois de juin, les trafiquants à la peine de mort ou à de lourdes peines de prison.

Pour ­Dominique Martin, ce durcissement n’est pas la solution : « La peine de mort n’est pas éthique ! Je pense que la nouvelle loi en Egypte ne va pas éradiquer le problème. Beaucoup de gens sont impliqués dans ce système et je doute que tous puissent être arrêtés. Cela dit, cela ­améliorera peut-être la situation de façon ­temporaire. Et j’espère que les cas récents en Egypte aideront à établir des mécanismes de ­prévention du trafic. »

En attendant, le commerce illégal prospère, profitant de l’explosion des maladies qui affectent le rein dans les pays en développement, les pays du Golfe et l’Asie du Sud-Est. Le DICG ­s’inquiète déjà d’un nouveau lieu de trafic ­potentiel : l’Afrique subsaharienne, où existent de plus en plus de centres de transplantation.

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Vite dit

2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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