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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Médiapart - Amir Djân - 15/07/2017

Cela fera bientôt deux ans qu'ils ont fermé la jungle de Calais et qu'ils ont crée les C.A.O (Centre d'Accueil et d'Orientation). Je dois le dire, pour avoir pas mal travaillé dans ce milieu, je trouvais l'idée plutôt bonne...

 

Cela fera bientôt deux ans qu'ils ont fermé la jungle de Calais et qu'ils ont crée les C.A.O (Centre d'Accueil et d'Orientation), dans lesquels les exilés devaient se poser quelques semaines avant d'être accueillis en C.A.D.A (Centre d'Accueil pour Demandeur d'Asile). Je dois le dire, pour avoir pas mal travaillé dans ce milieu et avoir connu plusieurs types de structure, je trouvais l'idée plutôt bonne à la base, même si je savais bien que les concerné(e)s finiraient par rester dans les C.A.O pendant quasiment toute la durée de leur procédure d'asile (et ça n'a pas raté). Au moins ils étaient à l'abri.

Les principales structures d'accueil que l'on croisait jusqu'alors dans le secteur de l'asile étaient les suivantes :

> Tout d'abord les plateformes d'accueil. Ici, le demandeur d'asile se fait enregistrer et bénéficie d'une orientation en préfecture. Pas d'hébergement, un accompagnement social et juridique ultra limité (en gros: ouverture des droits à l'assurance maladie et orientations sociales - constitution du dossier de demande d'asile, souvent sans interprète - service de domiciliation pour le courrier avec explications (très) sommaires de celui-ci). L'ambiance d'une plateforme peut parfois rappeler celle d'un champ de course dans la dernière ligne droite, à savoir des cris, des bousculades, des contents, des mécontents et des travailleurs sociaux au milieu de tout ça qui ne se souviennent plus de leur langue maternelle à 17h00. Les gens en attente d'une hypothétique place au 115 y passent parfois leur journée, avec leurs enfants énervés de ne pas pouvoir faire leur sieste. Si on devait noter avec des étoiles j'en mettrais une quand même car en dépit de tout l'inconfort, sans elles il serait tout bonnement impossible de faire fonctionner le dispositif d'accueil. J'ai passé 18 mois sur l'une d'entre elles il y a une dizaine d'années, c'est un endroit que je recommande à tout travailleur social qui veut apprendre à connaître ses limites.

> On croisait aussi les A.U.D.A (Accueil d'Urgence de Demandeurs d'Asile). J'ai bossé un certain temps dans l'un d'entre eux et je racontais certains souvenirs de cette expérience ici. Je colle 3 étoiles à ce type de structure parce que l'air de rien avoir un lit, une clé et un accès à une cuisine et à des sanitaires est déjà un progrès énorme par rapport aux plateformes. Les résidents ont également droit à un accompagnement social et juridique personnalisé. Au temps où j'y étais vers 2003/2004, nous étions 6 salariés (secrétaire et Directrice compris) pour environ 150 personnes hébergées, c'était gérable. Les A.U.D.A n'existent plus et je crois que les C.A.O et dans une moindre mesure les P.R.A.D.H.A (dernière création en date pour Programme d'Accueil et d'Hébergement des Demandeurs d'Asile) sont ce qui s'en rapproche aujourd'hui le plus.

> Enfin luxe suprême, il y avait et il y a toujours les CADA auxquels on peut mettre parfois jusqu'à 5 étoiles, notamment quand il s'agit d'hébergement en diffus, c'est à dire que le résident loge dans un appartement loué au gré des opportunités par l’association gestionnaire du Centre. En CADA, le ratio était à une époque d'un salarié pour 10 personnes accueillies. Il doit être aujourd'hui d'un salarié pour 15 ou 20 personnes. L'accompagnement social et juridique s'exerce dans de très bonnes conditions si l'on compare aux structures citées plus haut, avec notamment un budget traduction qui permet de travailler sur le dossier en profondeur si nécessaire et aussi d'organiser des ateliers d'information en tous genres. Sans parler des animations diverses et variées, allant des cours de français aux sorties à la plage, ateliers d'esthétisme et autres. J'ai également passé pas mal de temps dans un CADA.

C'est domiciliés sur une  plateforme que la plupart des demandeurs d'asile (hébergés en hôtel pour les plus chanceux, et sans abri pour la majorité des autres) vont effectuer toute leur procédure de demande d'asile, la raison étant le manque de fluidité du système d'accueil. Pour résumer, les CADA sont bouchés et chanceux sont ceux qui décrochent une place. Les familles ont leur chance en général mais c'est plus compliqué pour les personnes isolées. Ces dernières doivent donc se débrouiller quasi seules pendant toute leur procédure et croyez-moi, il y a quelques finesses dans celle-ci qui ont pour conséquence d'en perdre pas mal en route (par exemple les délais de recours qui lorsqu'ils sont non-respectés débouchent bien naturellement sur une obligation à quitter le territoire). C'est simple une personne non-francophone ne bénéficiant pas d'un minimum d'accompagnement n'a aucune chance de s'en sortir.

Pour ma part, ayant exercé dans chacune de ces trois structures et ayant toujours été porté vers la notion d'égalité si chère à notre pays, j’avais tendance à penser que les AUDA (et donc les CAO  qui à mes yeux les remplacent) étaient des structures équitables. J'entends par là que le budget est bien moindre que dans un CADA certes, mais qu'il permet quand même d'accueillir les personnes dignement: hébergement, accompagnement social et juridique.

En fait, par amour de ce principe d’équité, j'avais même tendance à militer autour de moi pour qu'on réduise les budgets des CADA et qu'on augmente celui des plateformes. Je voyais là une évidence: prenons aux structures les mieux dotées pour donner à celles qui le sont le moins et ainsi dans ma logique ô combien naïve devions nous nous retrouver avec un type de structure unique: le CAO. Mais n'allez pas dire ça aux principaux opérateurs ou à ceux qui les soutiennent, ils vous répondront ça.

Sauf que voilà, depuis peu me voilà fâché aussi avec les CAO et les PRADHA, ou plutôt avec les faveurs qui leur sont accordées. En effet depuis la mise en place du GUDA (Guichet Unique pour Demandeur d'Asile), chaque personne souhaitant déposer une demande d'asile doit être préenregistré auprès d'une association agréée qui remplit un formulaire, lequel délivre automatiquement après validation un rendez-vous en préfecture pour un passage dans ce fameux GUDA . Là, le demandeur se voit remettre une attestation de demande d'asile et peut commencer ses démarches en vue de l'éventuelle obtention du statut de réfugié. Il rencontre également l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) qui lui fait signer une acceptation des conditions matérielles d'accueil (à savoir le droit à une allocation et à un très éventuel accès à un hébergement). Le délai entre le passage dans une association agréée et la préfecture n'est que de quelques jours selon les textes mais il n'est pas rare qu'il se transforme en plusieurs semaines, voire un mois, selon la région où s'enregistre le demandeur. Il faut aussi ajouter à cela le délai pour être reçu par l'association de pré-accueil, qui lui aussi est variable géographiquement et peut même atteindre jusqu'à plusieurs mois.

Toujours attaché à ma fameuse logique d'équité, je pensais qu'il serait évident pour tous que les personnes devant être reçues prioritairement au GUDA seraient les plus vulnérables, à savoir les personnes malades et sans abri. En effet, pas d'orientation possible vers un CADA sans passage par le GUDA donc plus vite on y passe, plus vite la vulnérabilité sera prise en compte pour une orientation. Sauf que depuis sont arrivés les CAO et PRADHA vers lesquels sont orientés les exilés étant passés par exemple par le centre parisien (la fameuse Bulle) ou ayant été "mis à l'abri" suite au démantèlement des jungles en voie de constitution sur les trottoirs de la Chapelle.

Ces demandeurs d'asile, une fois orientés vers un CAO ou un PRADHA de province doivent malgré tout se faire enregistrer au GUDA local pour commencer leurs démarches et devinez quoi: ils passent avant tout le monde. La préfecture leur ouvre des créneaux qui leur permettent d'échapper à la file d'attente. Ils attendent au pire une semaine, le temps que les gestionnaires des centres prennent les rendez-vous avec la préfecture, etc...et ils savent donc rapidement dans quelle procédure ils s'engagent (Dublin, accélérée ou normale). Ça devrait se passer comme ça pour tout le monde me direz-vous: mise à l'abri, enregistrement de la demande et accompagnement social et juridique de celle-ci. Je suis bien d'accord. Sauf que pendant ce temps là le demandeur d'asile qui n'a pas eu la bonne idée d'aller dormir sur un trottoir parisien plutôt que sur un trottoir de province continue à galérer dans les rues et à attendre deux ou trois mois de plus son rendez-vous, parfois avec une maladie à traiter ou des enfants à protéger. Où est l'équité dans ce cas-là?

Cela amène à des situation étranges ou des gars qui s'étaient perdus de vue en Italie à la sortie du bateau finissent par se retrouver par hasard devant le local d'une association de province. L'un assis sur un carton près de la porte d'entrée tandis que l'autre en sort avec le certificat d'enregistrement de sa demande d'asile auprès de l'OFPRA déjà en main.

Sac de couchage pour les uns, sorties culturelles pour les autres.

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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