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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source :  BuzzFeed News - Theo Englebert - 07/09/2017

Info BuzzFeed News– Depuis 2006, l’État affrète des avions d'affaires pour renvoyer aux frontières des migrants dans le reste de l'Europe. Ces vols ont déjà coûté plusieurs dizaines de millions d'euros. Nous avons retrouvé les appels d'offres et réalisé la carte des vols opérés par ces appareils depuis un an.

Centre de rétention administrative de Vincennes, mercredi 9 août, il est environ
5h20 du matin. Onze agents de la Police aux frontières (PAF) viennent tirer Ahmad Sadid et quatre autres demandeurs d'asile afghans de leur sommeil. Tous peuvent être renvoyés vers la Suède, pays où ils ont déposé leur première demande d'asile.
Ils ont déjà refusé de monter dans des vols réguliers au départ de Roissy Charles de
Gaulle. Ils ne le savent pas, mais cette fois-ci, le procédé est différent.

«Il n'y avait que des petits avions dans des hangars», raconte Ahmad par téléphone, à BuzzFeed News. Ce père de famille a d'abord crû qu'il foulait le tarmac d'un aérodrome militaire. Il était en fait au Bourget, aéroport d'ordinaire réservé à l'aviation d'affaires. À 8h14, Ahmad, les autres demandeurs d'asile et les onze policiers qui les escortent décollent à bord d'un Beechcraft 1900D immatriculé F-GLNE. «Nous n'avions ni eau, ni nourriture, ni possibilité d'aller aux toilettes», raconte Ahmad, «les policiers ne s'occupaient pas vraiment de nous. Ils rigolaient et prenaient des photos à travers les hublots.» À midi, l'avion se pose à Stockholm après une escale à Copenhague. Trois des cinq Afghans seront renvoyés dans les jours suivants. Direction Kaboul.

Les autorités disposent d'un temps limité pour renvoyer des personnes placées en centre de rétention ou assignées à résidence. Les délais légaux passés, elles doivent être remises en liberté. Une situation que l'administration française veut éviter à tout prix. Il s'agit donc de renvoyer, coûte que coûte. Alors, discrètement, des avions privés affrétés par la PAF décollent quasi-quotidiennement du Bourget. Ils sillonnent l'Europe, avec à leur bord, des demandeurs d'asile déboutés.

Depuis 2007, plusieurs articles de presse ont mis en lumière l'utilisation d'un appareil privé loué par le ministère de l'Intérieur pour déplacer des demandeurs d'asile. Notre enquête, qui s'appuie sur tous les appels d'offres lancés depuis 2006 montre qu'il n'y a pas un mais plusieurs avions, qu'ils ne servent pas seulement à déplacer les migrants en France en fonction des places disponibles dans les centres de rétention, mais aussi à les renvoyer et qu'ils tournent à plein régime depuis au moins un an.

D'après les appels d'offres que nous avons consultés et les témoignages que nous avons recueillis, près de 34 millions d'euros ont été consacrés à la location de ces appareils depuis onze ans. Une enveloppe qui ne prend en compte ni le coût du kérosène, ni le salaire des fonctionnaires de police mobilisés.

Photo d'archive d'un des avions loués par le Ministère de l'Intérieur, immatriculé F-GLNE.

Des vols presque quotidiens

Il y a plusieurs moyens de renvoyer des étrangers en situation irrégulière: le plus souvent, l'État réserve des places sur des lignes commerciales, que ce soit pour des voyages en avion, en train ou en bateau. La police aux frontières peut aussi ponctuellement louer un avion à une compagnie charter pour renvoyer plusieurs dizaines d'étrangers d'un coup. Enfin, elle peut louer des avions beaucoup plus petits, des Beechcraft, pour reconduire trois, quatre ou cinq migrants. Ce type de location d'un avion avec moins de 19 passagers apparait sous l'onglet «aviation d'affaires» sur le site de Twin Jet, l'une des compagnies à laquelle la PAF loue des avions.

  Capture d'écran du site de la compagnie Twin Jet qui loue ses avions d'affaires à la police aux frontières

La compagnie met en avant les avantages d'un tel service sur son site: «confidentialité, rapidité, efficacité». Trois qualités qui séduisent beaucoup la PAF en ce moment. Ces derniers temps, ces Beechcraft tournent à plein régime.

Grâce à l'«indicatif d'appel» spécial qui identifie les appareils destinés au transport de migrants (POF75), nous avons pu retrouver de nombreux vols opérés dans toute l'Union européenne (UE). Nous avons regroupé les données disponibles de juin 2016 à août 2017 sur cette carte:

 

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Cette carte a été mise au point par BuzzFeed News avec les données provenant de ADS-B Exchange, une base de données tenue par des amateurs, qui identifient des avions en vol à partir de leurs émissions radio. Elles sont partielles: tous les vols ne sont peut-être pas couverts, et les trajets ne sont pas représentés dans leur intégralité. Tous les vols effectués dans la même journée sont représentés par un trait continu en rouge.

On distingue clairement les destinations privilégiées par la PAF pour ces «éloignements». L'Italie, principale porte d'entrée de l'Europe pour les migrants, figure au premier rang de ces pays. En vertu du règlement Dublin III de l'UE, le premier pays dans lequel a été formulée une demande d'asile est celui qui est chargé de la prise en charge des migrants.

Des appels d'offres pour des «missions d'éloignement»

Mais ces renvois en avions d'affaires ne datent pas d'hier. En prenant le temps de fouiller dans le Journal Officiel depuis une quinzaine d'années, nous avons pu retrouver tous les appels d'offres qui ont été passés pour louer ces appareils. La première occurrence remonte à juin 2006. À cette date, un appel d'offres est lancé par le ministère de l'Intérieur. Il concerne la location à la police nationale d'un avion pour des «missions de liaison, de transport de personnel et de fret». Sans plus de précision concernant ces missions. Ce marché de 12 mois renouvelable trois fois sera attribué à la compagnie Twin Jet. Coût pour le contribuable: 6.186.860 euros.

  Extrait du premier appel d'offres passé pour la location d'un appareil «d'une capacité maximum de 19 places».
 

La location de ce Beechraft «piloté par des agents de la PAF» est évoquée par Le Monde en juin 2007. «Cet avion permet d'acheminer les étrangers en instance d'éloignement, du centre de rétention vers l'aéroport de départ, mais également de reconduire des personnes jusqu'en Europe centrale et dans les Balkans», écrit alors le quotidien. Dans un contexte où les personnels d'Air France vivent de plus en plus mal les renvois à bord des avions de ligne, «le Beech offre plus de souplesse et assure à la PAF une plus grande indépendance qu'une compagnie régulière», souligne à l'époque Jean-Yves Topin, directeur adjoint de la PAF, au Monde.

En 2008, un nouvel appel d'offres, similaire, est lancé. Cette fois, il est clairement stipulé qu'il relève du budget de la police nationale consacré à l'immigration et l'asile. C'est encore Twin Jet qui rafle la mise. 3.430.544 euros pour un an, susceptible d'être renouvelé vingt mois supplémentaires.

L'intitulé du troisième appel d'offres est sans ambiguïté. En 2010, le ministère de l'Intérieur cherche un avion «pour la sous-direction de l'éloignement et la direction de la police nationale, afin d'assurer des missions d'éloignement et de liaison». Cette fois, c'est la compagnie Chalair Aviation, basée à Caen, qui remporte le marché pour 3.435.675 €. Un article du Parisien raconte les problèmes techniques rencontrés par «l'avion des sans-papiers» à l'époque. Une source proche du dossier nous confirme que l’État a reconduit deux fois sa collaboration avec la compagnie normande, comme l'appel d'offres initial le permettait.

Extrait de l'appel d'offres passé en 2010 par le ministère de l'Intérieur.

Twin Jet récupérera le marché des renvois en avions privés en février 2015. Ses avions sont mis à la disposition de la police, pour la somme de 1,5 millions d'euros. Cette année-là, les appareils de Twin Jet ont notamment servi à vider la jungle de Calais, comme l'a montré StreetPress dans une enquête d'octobre 2015.

Selon une annexe du budget prévisionnel 2017 du ministère de l'Intérieur, c'est bien dans le cadre de «l'éloignement des migrants en situation irrégulière» que l'État a prévu de consacrer 3,72 millions d'euros à la location de ces avions d'affaires et à l'utilisation d'un Bombardier de la sécurité civile cette année. Ce budget a récemment explosé (+ 62% par rapport aux 2,30 millions d'euros prévus dans la loi de finances initiale de 2016), «compte tenu de la hausse du nombre d'éloignements opérés». La location de ces avions représente près de 10% du budget consacré au renvoi à la frontière.

Au moins 14,5 millions d'euros pour louer ces avions

Le total des montants figurant sur les avis d'attribution parus au Journal officiel s'élève donc à 14,5 millions d'euros. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les éventuelles reconductions de ces marchés prévues dans les appels d'offres. L'appel d'offres de 2010 a été reconduit deux fois selon nos informations. Mais qu'en est-il des autres appels d'offres? Difficile à savoir dans la mesure où ces reconductions ne font pas l'objet d'une publication au JO. Mais, nous avons constaté que certains des appels d'offres commencent précisément au moment où se termine la reconduction prévue dans l'appel d'offres précédent.

Par exemple, le 24 septembre 2008, un appel d'offres est attribué à Twin Jet pour une période d'un an, reconductible une fois douze mois et une autre fois huit mois. Cet appel d'offres peut donc être attribué pour deux ans et huit mois au total s'il est reconduit à chaque fois. Or, l'appel d'offres suivant est justement attribué le 26 mai 2011, très exactement deux ans et huit mois après l'appel d'offres précédent...

Nous avons sollicité plusieurs fois, Olivier Manaut le président de la compagnie Twin Jet au sujet de ces reconductions, mais ce dernier n'a pas souhaité nous répondre sur ce point. Le ministère de l'Intérieur n'a pas non plus souhaité nous répondre.

En épluchant la presse, on retrouve malgré tout la trace de l'utilisation des Beechcraft 1900 en dehors des périodes initiales couvertes par les appels d'offres. Comme lors de le renvoi d'une famille géorgienne en août 2010, évoquée dans Les Inrockuptibles. Ces éléments tendent à confirmer que les appels d'offres ont donc été reconduits et que ces avions sont utilisés quasi-sans discontinuer depuis 2006. L'addition s'élèverait alors à près de 34,8 millions d'euros.

Sans compter le carburant, ni le salaire des policiers mobilisés pour piloter les avions et escorter les migrants. L'addition est d'autant plus salée que le Beechcraft 1900 ne peut transporter que 19 passagers. Le règlement obligeant la PAF à faire escorter chaque migrant par deux fonctionnaires, ces appareils ne peuvent embarquer plus de 5 à 6 migrants à la fois.

«Les pilotes sont des pilotes professionnels des services de l'État et nous ne connaissons pas leurs missions»
 

Contacté par BuzzFeed News, Olivier Manaut le président de la compagnie Twin Jet met en doute les chiffres que nous publions. «Je crois que vous vous trompez dans les chiffres, mais je ne peux pas vous en dire bien plus», nous écrit-il.

Une autre source qui travaille dans l'aviation et qui a planché sur une partie de ces appels d'offres, nous indique pour sa part que les chiffres correspondent à la réalité des contrats dont il a eu connaissance, sans nous donner plus de détails. Mais, selon une autre source aéroportuaire, les budgets que nous évoquons pourraient inclure des missions de sécurité publique «qui n'ont rien à voir» avec les demandeurs d'asile. Dans un article de 2015, Le Point évoque ainsi des transferts à bord de ces avions de détenus corses «trop turbulents pour emprunter les aéroports civils».

Interrogé sur l'utilisation des avions qu'il loue à l'Intérieur, le président de Twin Jet, nous répond que «les pilotes sont des pilotes professionnels des services de l'État et nous ne connaissons pas leurs missions».

La part des missions qui n'a rien à voir avec les demandeurs d'asile semble minime. Au cours de notre enquête, grâce à une source qui travaille dans un centre de rétention administrative (CRA) de la région parisienne, nous avons pu vérifier que plusieurs des vols opérés avec le Beechcraft coïncidaient avec la date des sorties des demandeurs d'asile des CRA et avec les destinations vers lesquelles ils étaient renvoyés. C'est notamment le cas du vol d'Ahmad vers Stockholm que nous évoquons plus haut.

Pas de réponse de l'Intérieur

Le coût de ces vols commence manifestement à alarmer le ministère de l'Intérieur: il indique dans son budget prévisionnel que «différentes pistes» sont à l'étude pour «améliorer la performance des moyens mobilisés». Ces «différentes pistes» étaient déjà mentionnées dans une annexe du projet de loi de finances 2016. Cela fait donc plus d'un an que l'Intérieur cherche une solution pour dépenser moins pour ces vols.

Depuis dix jours, nous avons contacté la Direction générale des étrangers en France du ministère de l'Intérieur, le service de communication de la police et les services du porte-parole du ministère de l'Intérieur, à plusieurs reprises, par mail et par téléphone. Mais aucune réponse ne nous a été apportée. Nous souhaitions savoir à partir de quelle date le ministère a eu recours à ces avions d'affaires, si les marchés ont été systématiquement reconduits, combien de vols étaient opérés par an et si ces pratiques ont vocation à continuer.

À la fin de notre enquête, Ahmad se trouvait dans un centre de rétention de l'île de Gotland, au sud-est de la Suède. Il attend encore de savoir s'il va être renvoyé vers Kaboul. «Ils me connaissent», dit Ahmad au sujet des talibans. Selon lui, ce sont des photos de presse d'une visite officielle de la ministre afghane du Travail, où Ahmad apparaît, qui l'ont mis en danger. «C'est clair pour moi que si je suis renvoyé en Afghanistan, ils essaieront de me séquestrer ou de me tuer.»

CORRECTION

Une première version de cet article faisait référence à des expulsions plutôt qu'à des renvois à la frontière. Les expulsions sont des mesures d'éloignement d'étrangers spécifiques, motivées par la protection de l'ordre public. Ce n'est pas nécessairement le cas des étrangers concernés par les vols de Beechcraft. L'article a été modifié pour parler de «renvoi» à la frontière, un terme générique.

Vite dit

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

FB IMG 1602173167488On marche vers l’Élysée !

Des sans-papiers marcheront à partir du 19 septembre des quatre coins du pays pour atteindre Paris en une grande manifestation le samedi 17 octobre.

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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