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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : BASTAMAG - Anne-Sophie Simpere - 16/10/2017

Ils sont des milliers à patienter sans fin sur les îles grecques. Réfugiés afghans ou syriens, opposants iraniens ou congolais, tous vivent dans des conditions indignes, sans information sur leur devenir. Mais poussés à bout, les migrants ne se laissent pas faire : grèves de la faim, sit-in, occupation d’une place, malgré la brutale répression policière... Ces derniers mois, leurs actions se sont multipliées pour alerter sur le sort qui leur est réservé par l’Europe à ses portes. Reportage.

Pour les réfugiés, la petite île grecque de Lesbos, à dix kilomètres à peine des côtes turques, s’est transformée en une véritable prison à ciel ouvert. Un accord controversé entre la Grèce et l’Union européenne (UE), faisant suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants à Lesbos au cours de l’année 2015, prévoyait le renvoi systématique en Turquie de toutes les personnes arrivées illégalement, demandeurs d’asile compris. Mais en pratique, l’accord revient à bloquer des milliers de réfugiés dans les îles.

Sous la pression de Bruxelles, le gouvernement grec a adopté une politique de rétention de tous les migrants sur leur lieu d’arrivée : tant que leur cas n’a pas été évalué, ils ne peuvent rejoindre le continent. Depuis un an et demi, les procédures s’éternisent, et les violations des droits sont quotidiennes. Aux portes de l’Europe, ceux qui ont traversé l’enfer pour arriver jusqu’ici luttent désormais pour ne pas sombrer dans l’oubli.

« Faire du boucan » pour exister

Ted a 35 ans et vit depuis dix mois dans le camp de Moria, où s’entassent plus de 4000 personnes. Originaire du Congo Brazzaville, il milite contre le régime lors du référendum de 2015 et des élection de 2016. Face à la répression sanglante qui s’en suit, il fuit le pays. « J’ai reçu des convocations de la police, des menaces. Il y avait une chasse à l’opposant. Résister devenait trop dangereux. » Il réussit à atteindre la Turquie, où il est emprisonné pour séjour illégal. Son seul moyen de rejoindre l’Europe est d’embarquer dans un canot pour Lesbos. Arrivé le 2 décembre 2016, il n’a pu quitter l’île depuis.

« Décembre, c’était l’enfer. On dormait par terre sur des cartons, on était trois ou quatre dans des tentes prévues pour deux personnes. On était là, dans l’anonymat et l’ignorance, on ne savait pas ce qu’il fallait faire. Je ne savais pas ce que je faisais là. » Cet hiver là, plusieurs personnes meurent de froid sous leur tente à Lesbos.

Deux semaines après l’arrivée de Ted, un blocage du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) est organisé par des réfugiés venus de plusieurs pays africains, pour exiger un dialogue. « On a dû faire du boucan. Dans le camp, une grille nous sépare de EASO. Ils ne nous écoutaient pas. » On finit par leur répondre qu’il faut attendre.

Des mois d’attente insupportable

En février, au compte goutte, les enregistrements d’Africains commencent. Ce n’est qu’après cette étape qu’ils peuvent passer des entretiens, d’abord pour déterminer s’ils pourraient être renvoyés en Turquie, ensuite pour évaluer s’ils sont éligibles au droit d’asile. Ted est reçu en avril ; il attend une réponse pendant cinq mois. « Certains attendent un mois, d’autres neuf. Il n’y a pas de logique. »

EASO renvoie la balle aux services d’asile grec (GAS), chargés de prendre les décisions. Officiellement, pour le GAS, il n’y a pas de problème majeur et les demandes seraient traitées en deux mois en moyenne. Officieusement, les employés révèlent des manques de moyens dramatiques. Jusqu’en juillet dernier, certains bureaux n’avaient pas accès à internet. Et depuis trois mois, les salaires ne sont plus payés, ce qui conduit à s’interroger sur le devenir de l’argent européen censé couvrir 75 % de ces rémunérations.

Les agents grecs ne sont plus payés malgré les financements européens

Plusieurs agents du GAS ont récemment démissionné. Ceux qui restent se sont mis deux jours en grève pour réclamer leurs salaires. Démotivés, ils traitent en priorité les cas « faciles ». Rien qui ne permette de désengorger la situation : il y a près de 6000 réfugiés à Lesbos, et plus de 1000 sont arrivés rien qu’au mois d’août.

« On a le cas d’un kurde qui attend sa décision depuis 18 mois », se désespère Lorraine Leete, coordinatrice du Lesbos Legal Centre qui apporte un soutien juridique aux demandeurs d’asile. « Il y a un manque de ressources, de compétences... » Certains entretiens sont repoussés plusieurs fois, sans raison. Des demandes d’asiles sont rejetées parce que l’agent en charge de les traiter aura mal orthographié le nom d’une ville et, incapable de la retrouver sur une carte, il finira par considérer que le requérant n’est pas crédible.

L’île de Lesbos au « point de rupture »

Le 19 septembre, le maire de Lesbos lançait un appel au gouvernement Tsipras, estimant que son île, sous-équipée pour faire face à l’arrivée des migrants, avait atteint « un point de rupture ». Le camp de Moria est surpeuplé, les conditions sanitaires y sont déplorables, les files d’attente pour obtenir un maigre repas n’en finissent pas.

Les services accessibles ont encore été réduits avec le départ de plusieurs ONG en juin dernier, les fonds européens qui les finançaient ayant été redirigés vers le gouvernement grec, qui semblerait ne pas encore avoir assuré la transition. En juillet, il ne restait plus qu’un médecin à Moria.

En outre, certains réfugiés ont besoin de soins spécifiques qui ne sont disponibles qu’à Athènes. Mais là encore les procédures trainent ou n’aboutissent pas. Dans un récent rapport, Médecins sans frontières (MSF) rapporte que sur vingt-deux patients orientés vers une clinique spécialisée dans la prise en charge des victimes de tortures, seuls six ont obtenu le droit de quitter l’île pour y être admis.

« Je suis éduqué, j’ai de l’énergie et la volonté de travailler »

MSF alerte régulièrement sur les conséquences lourdes de cette situation d’attente, d’incertitude et d’ennui sur la santé mentale de personnes déjà très fragilisées par l’exil, qui ont souvent été victimes de violences dans leur pays d’origine ou pendant leur parcours.

Pour Ted, les journées se ressemblent : « On se lève, on cherche des nouvelles, on se décourage. Parfois, on apprend qu’il y a eu des arrestations, des déportations, ça chauffe la tête, il y a du stress tous les jours. »

Zaher [1], ingénieur civil de 26 ans qui a fui l’Afghanistan, attend depuis 14 mois à Lesbos : « Je voulais venir en France car ils ont de bons programmes pour les ingénieurs, mais rien ne va depuis que je suis arrivé en Europe. Je suis éduqué, j’ai de l’énergie et la volonté de travailler, mais ici, je ne fais rien. Je dors, je mange. C’est très difficile d’avoir un travail, il n’y a pas d’école pour les enfants... Je suis en train de me perdre. Je ne dors pas parce que je pense trop. »

Violence des autorités

Face à cette situation, des réfugiés tentent de s’organiser. Le 18 juillet, les africains lancent un sit-in devant les bureaux de EASO, à Moria, pour demander que les demandeurs d’asile arrivés depuis plus de six mois à Lesbos aient le droit de circuler librement en Grèce. L’action tourne rapidement à l’affrontement : « On est restés assis une heure, une heure et demi, puis il y a eu des violences policières. Les autorités ont été sauvages », raconte Ibrahim [2], représentant guinéen.

Des vidéos montrent des policiers frapper des hommes à terre et des jets de gaz lacrymogènes dans tout le camp. Trente-cinq personnes sont arrêtées et poursuivies en justice, risquant ainsi de perdre tout droit à l’asile.

La violence déployée ressemble à une stratégie d’intimidation visant à étouffer toute contestation : « Depuis, ils n’arrêtent pas la répression, les fouilles, les descentes à six heures du matin... » poursuit Ibrahim. « On a peur maintenant, on sait que la police nous vise. Mais on pense à d’autres moyens de se mobiliser », espère Ted.

Occupation

Le 28 août, c’est cette fois la communauté Afghane qui marche de Moria à la place Sappho, au centre de Mytilène, la capitale de l’île. Sortir de Moria leur permet d’éviter les attaques de la police, loin des regards. Ils occuperont la place pendant trois jours. Chaque manifestant porte un t-shirt sur lequel est écrit sa date d’arrivée à Lesbos. Beaucoup sont là depuis plus d’un an. « C’était très pacifique, raconte Zaher. Mais nous voulions montrer que nous avions perdu patience. Ils doivent nous laisser quitter Lesbos, nous ne sommes pas des criminels. »

Exposer publiquement le drame qui se joue à Lesbos, c’est également la stratégie d’Arash Hampay, défenseur des droits iranien. Cet été, il a passé quarante-et-un jours en grève de la faim sur cette même place Sappho pour demander la libération de son frère et de deux autres prisonniers syriens, eux aussi en grève de la faim.

Arash a quitté l’Iran après avoir passé trois ans en prison à cause de ses activités de soutien à des ouvriers. Il a été torturé, et a fini par fuir sous la menace d’une nouvelle arrestation. Son frère était actif dans la même association que lui. Pourtant sa demande d’asile a été rejetée, et il a été placé en détention dans l’attente de son appel. « Amir et moi, nous sommes tous les deux des activistes politiques, nous sommes arrivés le même jour : pourquoi sa demande a été rejetée alors que la mienne a été acceptée ? » s’indigne Arash.

« On a besoin de journalistes, d’ONG »

Grâce à ses nombreuses publications sur les réseaux sociaux, et ses relais dans les mouvements de solidarité, des activistes du monde entier ont mené des jeûnes de soutien à sa grève de la faim, postant à leurs tours son messages dans leurs réseaux. « L’attention médiatique dont a bénéficié Arash et son activisme sur les réseaux sociaux ont accentué la pression pour obtenir la libération de son frère », commente Lorraine Leete.

Les réfugiés sont tout à fait conscients de la nécessité de faire parvenir leur message au reste de l’Europe : « On a besoin de journalistes, d’ONG, pour dire au monde ce qu’il se passe ici. On est au fond d’un trou, et vous êtes dehors. »

Le procès des #Moria35, les trente-cinq réfugiés arrêtés par la police le 18 juillet, pourrait constituer un nouveau temps de mobilisation pour faire entendre la situation des oubliés de Lesbos. Lorraine Leete représente certains accusés : « Le procès devrait arriver vite, avant la fin de l’année, et plusieurs ONG internationales ont suivi la situation. Amnesty a publié un rapport documentant l’usage excessif de la force par la police. Nous espérons faire parler de ce qu’il se passe ici. »

« Tout le monde pourra avoir besoin d’aide un jour, même dans les pays développés »

L’Australie a été vivement critiquée pour la façon dont elle se débarrasse de ses réfugiés dans des camps offshores sur l’île de Nauru, mais la politique de l’Europe revient elle aussi à confiner les demandeurs d’asiles le plus loin possible de son centre. Les États européens n’appliquent pas les quotas d’accueil – pourtant faibles – qu’ils se sont fixés, et laissent une Grèce en crise financière contenir la situation. Leurs engagements internationaux sur la protection des réfugiés sont tout simplement ignorés.

L’accord avec Ankara joue un rôle central dans cette stratégie, et les ONG plaident pour sa révocation. Elles dénoncent le drame des réfugiés pris au piège, comme celui de ceux qui sont renvoyés vers la Turquie, un pays loin d’être sûr pour eux. Mais malgré les tensions diplomatiques avec le gouvernement Erdogan, l’accord semble tenir. Le Conseil d’État grec vient de rejeter l’appel de deux syriens qui protestaient contre leur renvoi en Turquie.

Néanmoins, Ted garde espoir : « Ce sont les hommes qui font les lois, les frontières ne se ferment pas toutes seules. Les gens ont une mauvaise image des réfugiés, il faut donc changer les perceptions. Et puis les catastrophes naturelles, les inondations, ça peut arriver n’importe où. Personne n’est à l’abri, tout le monde pourra avoir besoin d’aide un jour, même dans les pays développés. Alors, il faut qu’on se comprenne. »

Anne-Sophie Simpere

Photos de une : © Anne-Sophie Simpere

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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