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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : BASTAMAG - Anne-Sophie Simpere - 16/10/2017

Ils sont des milliers à patienter sans fin sur les îles grecques. Réfugiés afghans ou syriens, opposants iraniens ou congolais, tous vivent dans des conditions indignes, sans information sur leur devenir. Mais poussés à bout, les migrants ne se laissent pas faire : grèves de la faim, sit-in, occupation d’une place, malgré la brutale répression policière... Ces derniers mois, leurs actions se sont multipliées pour alerter sur le sort qui leur est réservé par l’Europe à ses portes. Reportage.

Pour les réfugiés, la petite île grecque de Lesbos, à dix kilomètres à peine des côtes turques, s’est transformée en une véritable prison à ciel ouvert. Un accord controversé entre la Grèce et l’Union européenne (UE), faisant suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants à Lesbos au cours de l’année 2015, prévoyait le renvoi systématique en Turquie de toutes les personnes arrivées illégalement, demandeurs d’asile compris. Mais en pratique, l’accord revient à bloquer des milliers de réfugiés dans les îles.

Sous la pression de Bruxelles, le gouvernement grec a adopté une politique de rétention de tous les migrants sur leur lieu d’arrivée : tant que leur cas n’a pas été évalué, ils ne peuvent rejoindre le continent. Depuis un an et demi, les procédures s’éternisent, et les violations des droits sont quotidiennes. Aux portes de l’Europe, ceux qui ont traversé l’enfer pour arriver jusqu’ici luttent désormais pour ne pas sombrer dans l’oubli.

« Faire du boucan » pour exister

Ted a 35 ans et vit depuis dix mois dans le camp de Moria, où s’entassent plus de 4000 personnes. Originaire du Congo Brazzaville, il milite contre le régime lors du référendum de 2015 et des élection de 2016. Face à la répression sanglante qui s’en suit, il fuit le pays. « J’ai reçu des convocations de la police, des menaces. Il y avait une chasse à l’opposant. Résister devenait trop dangereux. » Il réussit à atteindre la Turquie, où il est emprisonné pour séjour illégal. Son seul moyen de rejoindre l’Europe est d’embarquer dans un canot pour Lesbos. Arrivé le 2 décembre 2016, il n’a pu quitter l’île depuis.

« Décembre, c’était l’enfer. On dormait par terre sur des cartons, on était trois ou quatre dans des tentes prévues pour deux personnes. On était là, dans l’anonymat et l’ignorance, on ne savait pas ce qu’il fallait faire. Je ne savais pas ce que je faisais là. » Cet hiver là, plusieurs personnes meurent de froid sous leur tente à Lesbos.

Deux semaines après l’arrivée de Ted, un blocage du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) est organisé par des réfugiés venus de plusieurs pays africains, pour exiger un dialogue. « On a dû faire du boucan. Dans le camp, une grille nous sépare de EASO. Ils ne nous écoutaient pas. » On finit par leur répondre qu’il faut attendre.

Des mois d’attente insupportable

En février, au compte goutte, les enregistrements d’Africains commencent. Ce n’est qu’après cette étape qu’ils peuvent passer des entretiens, d’abord pour déterminer s’ils pourraient être renvoyés en Turquie, ensuite pour évaluer s’ils sont éligibles au droit d’asile. Ted est reçu en avril ; il attend une réponse pendant cinq mois. « Certains attendent un mois, d’autres neuf. Il n’y a pas de logique. »

EASO renvoie la balle aux services d’asile grec (GAS), chargés de prendre les décisions. Officiellement, pour le GAS, il n’y a pas de problème majeur et les demandes seraient traitées en deux mois en moyenne. Officieusement, les employés révèlent des manques de moyens dramatiques. Jusqu’en juillet dernier, certains bureaux n’avaient pas accès à internet. Et depuis trois mois, les salaires ne sont plus payés, ce qui conduit à s’interroger sur le devenir de l’argent européen censé couvrir 75 % de ces rémunérations.

Les agents grecs ne sont plus payés malgré les financements européens

Plusieurs agents du GAS ont récemment démissionné. Ceux qui restent se sont mis deux jours en grève pour réclamer leurs salaires. Démotivés, ils traitent en priorité les cas « faciles ». Rien qui ne permette de désengorger la situation : il y a près de 6000 réfugiés à Lesbos, et plus de 1000 sont arrivés rien qu’au mois d’août.

« On a le cas d’un kurde qui attend sa décision depuis 18 mois », se désespère Lorraine Leete, coordinatrice du Lesbos Legal Centre qui apporte un soutien juridique aux demandeurs d’asile. « Il y a un manque de ressources, de compétences... » Certains entretiens sont repoussés plusieurs fois, sans raison. Des demandes d’asiles sont rejetées parce que l’agent en charge de les traiter aura mal orthographié le nom d’une ville et, incapable de la retrouver sur une carte, il finira par considérer que le requérant n’est pas crédible.

L’île de Lesbos au « point de rupture »

Le 19 septembre, le maire de Lesbos lançait un appel au gouvernement Tsipras, estimant que son île, sous-équipée pour faire face à l’arrivée des migrants, avait atteint « un point de rupture ». Le camp de Moria est surpeuplé, les conditions sanitaires y sont déplorables, les files d’attente pour obtenir un maigre repas n’en finissent pas.

Les services accessibles ont encore été réduits avec le départ de plusieurs ONG en juin dernier, les fonds européens qui les finançaient ayant été redirigés vers le gouvernement grec, qui semblerait ne pas encore avoir assuré la transition. En juillet, il ne restait plus qu’un médecin à Moria.

En outre, certains réfugiés ont besoin de soins spécifiques qui ne sont disponibles qu’à Athènes. Mais là encore les procédures trainent ou n’aboutissent pas. Dans un récent rapport, Médecins sans frontières (MSF) rapporte que sur vingt-deux patients orientés vers une clinique spécialisée dans la prise en charge des victimes de tortures, seuls six ont obtenu le droit de quitter l’île pour y être admis.

« Je suis éduqué, j’ai de l’énergie et la volonté de travailler »

MSF alerte régulièrement sur les conséquences lourdes de cette situation d’attente, d’incertitude et d’ennui sur la santé mentale de personnes déjà très fragilisées par l’exil, qui ont souvent été victimes de violences dans leur pays d’origine ou pendant leur parcours.

Pour Ted, les journées se ressemblent : « On se lève, on cherche des nouvelles, on se décourage. Parfois, on apprend qu’il y a eu des arrestations, des déportations, ça chauffe la tête, il y a du stress tous les jours. »

Zaher [1], ingénieur civil de 26 ans qui a fui l’Afghanistan, attend depuis 14 mois à Lesbos : « Je voulais venir en France car ils ont de bons programmes pour les ingénieurs, mais rien ne va depuis que je suis arrivé en Europe. Je suis éduqué, j’ai de l’énergie et la volonté de travailler, mais ici, je ne fais rien. Je dors, je mange. C’est très difficile d’avoir un travail, il n’y a pas d’école pour les enfants... Je suis en train de me perdre. Je ne dors pas parce que je pense trop. »

Violence des autorités

Face à cette situation, des réfugiés tentent de s’organiser. Le 18 juillet, les africains lancent un sit-in devant les bureaux de EASO, à Moria, pour demander que les demandeurs d’asile arrivés depuis plus de six mois à Lesbos aient le droit de circuler librement en Grèce. L’action tourne rapidement à l’affrontement : « On est restés assis une heure, une heure et demi, puis il y a eu des violences policières. Les autorités ont été sauvages », raconte Ibrahim [2], représentant guinéen.

Des vidéos montrent des policiers frapper des hommes à terre et des jets de gaz lacrymogènes dans tout le camp. Trente-cinq personnes sont arrêtées et poursuivies en justice, risquant ainsi de perdre tout droit à l’asile.

La violence déployée ressemble à une stratégie d’intimidation visant à étouffer toute contestation : « Depuis, ils n’arrêtent pas la répression, les fouilles, les descentes à six heures du matin... » poursuit Ibrahim. « On a peur maintenant, on sait que la police nous vise. Mais on pense à d’autres moyens de se mobiliser », espère Ted.

Occupation

Le 28 août, c’est cette fois la communauté Afghane qui marche de Moria à la place Sappho, au centre de Mytilène, la capitale de l’île. Sortir de Moria leur permet d’éviter les attaques de la police, loin des regards. Ils occuperont la place pendant trois jours. Chaque manifestant porte un t-shirt sur lequel est écrit sa date d’arrivée à Lesbos. Beaucoup sont là depuis plus d’un an. « C’était très pacifique, raconte Zaher. Mais nous voulions montrer que nous avions perdu patience. Ils doivent nous laisser quitter Lesbos, nous ne sommes pas des criminels. »

Exposer publiquement le drame qui se joue à Lesbos, c’est également la stratégie d’Arash Hampay, défenseur des droits iranien. Cet été, il a passé quarante-et-un jours en grève de la faim sur cette même place Sappho pour demander la libération de son frère et de deux autres prisonniers syriens, eux aussi en grève de la faim.

Arash a quitté l’Iran après avoir passé trois ans en prison à cause de ses activités de soutien à des ouvriers. Il a été torturé, et a fini par fuir sous la menace d’une nouvelle arrestation. Son frère était actif dans la même association que lui. Pourtant sa demande d’asile a été rejetée, et il a été placé en détention dans l’attente de son appel. « Amir et moi, nous sommes tous les deux des activistes politiques, nous sommes arrivés le même jour : pourquoi sa demande a été rejetée alors que la mienne a été acceptée ? » s’indigne Arash.

« On a besoin de journalistes, d’ONG »

Grâce à ses nombreuses publications sur les réseaux sociaux, et ses relais dans les mouvements de solidarité, des activistes du monde entier ont mené des jeûnes de soutien à sa grève de la faim, postant à leurs tours son messages dans leurs réseaux. « L’attention médiatique dont a bénéficié Arash et son activisme sur les réseaux sociaux ont accentué la pression pour obtenir la libération de son frère », commente Lorraine Leete.

Les réfugiés sont tout à fait conscients de la nécessité de faire parvenir leur message au reste de l’Europe : « On a besoin de journalistes, d’ONG, pour dire au monde ce qu’il se passe ici. On est au fond d’un trou, et vous êtes dehors. »

Le procès des #Moria35, les trente-cinq réfugiés arrêtés par la police le 18 juillet, pourrait constituer un nouveau temps de mobilisation pour faire entendre la situation des oubliés de Lesbos. Lorraine Leete représente certains accusés : « Le procès devrait arriver vite, avant la fin de l’année, et plusieurs ONG internationales ont suivi la situation. Amnesty a publié un rapport documentant l’usage excessif de la force par la police. Nous espérons faire parler de ce qu’il se passe ici. »

« Tout le monde pourra avoir besoin d’aide un jour, même dans les pays développés »

L’Australie a été vivement critiquée pour la façon dont elle se débarrasse de ses réfugiés dans des camps offshores sur l’île de Nauru, mais la politique de l’Europe revient elle aussi à confiner les demandeurs d’asiles le plus loin possible de son centre. Les États européens n’appliquent pas les quotas d’accueil – pourtant faibles – qu’ils se sont fixés, et laissent une Grèce en crise financière contenir la situation. Leurs engagements internationaux sur la protection des réfugiés sont tout simplement ignorés.

L’accord avec Ankara joue un rôle central dans cette stratégie, et les ONG plaident pour sa révocation. Elles dénoncent le drame des réfugiés pris au piège, comme celui de ceux qui sont renvoyés vers la Turquie, un pays loin d’être sûr pour eux. Mais malgré les tensions diplomatiques avec le gouvernement Erdogan, l’accord semble tenir. Le Conseil d’État grec vient de rejeter l’appel de deux syriens qui protestaient contre leur renvoi en Turquie.

Néanmoins, Ted garde espoir : « Ce sont les hommes qui font les lois, les frontières ne se ferment pas toutes seules. Les gens ont une mauvaise image des réfugiés, il faut donc changer les perceptions. Et puis les catastrophes naturelles, les inondations, ça peut arriver n’importe où. Personne n’est à l’abri, tout le monde pourra avoir besoin d’aide un jour, même dans les pays développés. Alors, il faut qu’on se comprenne. »

Anne-Sophie Simpere

Photos de une : © Anne-Sophie Simpere

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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