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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Bastamag - Grégoire Souchay - 15/11/2017

Le 7 novembre dernier, les députés visitaient des lieux de privation de liberté, accompagnés de journalistes. Près de Toulouse, Basta ! a pu pénétrer dans le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, où sont enfermées des personnes sans-papiers dans l’attente d’une décision de justice. Erigé dans une zone inconstructible, au bord des pistes de l’aéroport de Blagnac, ce centre a été mis à l’index il y a quelques années par la Cour européenne des droits de l’homme pour traitement dégradant à l’égard d’enfants. Reportage.

« Bonjour. Michel Larive, député de l’Ariège. » Le portail s’ouvre et la délégation pénètre dans le Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse, dans le cadre d’une visite des lieux de privation de liberté. Pas de photos, pas d’enregistrement audio, « pour raisons de sécurité », précisent les guides, le commandant Amiel, responsable du lieu, accompagné d’un brigadier. Les centres de rétention sont ces lieux où l’on enferme des personnes, sans-papiers ou dont le titre de séjour a expiré, avant leur hypothétique expulsion ou libération. Un endroit « en attente de », aménagé pour répondre à l’unique problématique de la sécurité. Il en existe 25 sur le territoire.

A l’intérieur d’un centre de rétention administrative_dans l’antichambre des expulsions_1.jpg

Dans le couloir, un téléphone à jetons pour appeler à l’international. Les smartphones, avec appareil photo, sont interdits : « Certains l’utilisaient pour faire des plans et s’évader. » Autre symbole : la télévision, dans une salle réservée à cet usage, est encastrée dans une cage métallique, dominant un inconfortable banc, en métal lui aussi. Tout est à l’avenant : pas de dossier aux chaises, car « ils pouvaient les arracher pour se battre ».

« Comme dans les colonies des années 70 »

Pas de réglage de température de l’eau de la douche, juste un jet automatique. Quinze chambres de deux par secteur, trois secteurs pour les hommes, un pour les femmes, et un dernier, spécifique au CRA de Toulouse, pour les familles avec ou sans enfants. Avec 126 places, c’est l’un des plus gros centres du pays, hors région parisienne.

Dans le quartier des hommes, des grillages serrés décorent les fenêtres. L’unique porte-manteau de la chambre lâche automatiquement si on y suspend un poids trop important, pour éviter les suicides. C’est aussi pour des raisons de sécurité que les retenus sont toujours deux minimum. « En cas de problème, comme il n’y a pas de caméra dans les chambres, c’est souvent le deuxième qui peut nous alerter. » Comme mobilier, deux lits en tôle fixés au sol avec un matelas sommaire, « comme dans les colonies des années 70 », lance le commandant, mi-ironique, mi-sérieux.

A linterieur dun centre de retention administrative dans lantichambre des expulsions

S’y ajoutent deux étagères et deux chaises. Enfin, une fenêtre donne sur trois rangs de barbelés, le gazon ras, les pistes et les avions de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Une facilité pour l’expulsion, mais une double difficulté pour les occupants du lieu. D’abord, la nuisance sonore, pendant les décollages et les atterrissages. Ensuite, l’éloignement du centre, qui rend difficile l’accès aux visiteurs, dans une zone à une demi-heure du centre-ville de Toulouse.

Novlangue de l’enfermement

Le commandant Amiel le reconnaît volontiers : « N’importe qui, au bout de 15 jours dans un espace en privation de liberté, pète les plombs. » La rétention des personnes sans titre de séjour peut pourtant se prolonger jusqu’à 45 jours, garde-à-vue de 48 heures comprise. Le gouvernement envisage de la doubler jusqu’à 90 jours. L’enjeu est donc de gérer les tensions, les bagarres, le mal-être, sans remettre en cause le fonctionnement de la structure. Pour les plus incontrôlables, il y a même une cellule d’isolement sous surveillance permanente, un « mitard ».

Vous pensez à une prison ? C’est toute l’ambiguïté : un CRA ne « détient » pas des personnes attendant « l’expulsion », elle les « retient » avant de procéder à leur « éloignement ». Elles ne sont pas « confinées » dans une « cellule », elles « occupent » des « chambres » mais toujours au sein d’un bâtiment fermé. Rappelons qu’ici, le seul délit commis est celui de ne pas avoir de papiers en règle.

Les retenus ont quand même accès à un baby foot, une cour extérieure et à « un espace de déambulation » permettant de rejoindre le réfectoire, l’infirmerie, les bureaux de l’Office français de l’immigration et, surtout, de la Cimade, seule association disposant d’une permanence sur place, spécialisée dans l’accompagnement juridique.

« On enferme de plus en plus, à tout prix, c’est une fuite en avant »

« Vous arrivez pile au bon moment », lance Léo Claus, coordinateur de l’équipe locale de la Cimade. Depuis début octobre, les centres de rétention sont « pleins à craquer ». Avec une capacité maximum de 126 places, le CRA de Cornebarrieu ne dispose que d’un effectif en capacité de gérer une cinquantaine de « retenus. » Lors de notre passage, ils étaient 83 à l’intérieur.

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Pourquoi un tel afflux ? La faute à l’attentat de Marseille. L’auteur du double meurtre, le 1er octobre dernier dans la gare Saint-Charles, aurait dû être en rétention au moment des faits. Résultat : un préfet limogé pour l’exemple et des consignes du ministère de l’Intérieur. Dans une circulaire du 16 octobre, il demande aux préfectures « l’éloignement des personnes représentant une menace pour l’ordre public et sortant de prison » et recommande le placement des personnes en rétention administrative « dès lors qu’elles présenteront un risque de fuite » avec « recherche des possibilités de placement dans d’autres CRA ».

Depuis, la règle est de placer directement en CRA toute personne sans-papiers arrêtée. A l’intérieur cela crée un climat « très tendu », encore plus que d’habitude. Les situations deviennent absurdes. Elsa Putelat, salariée de la Cimade, raconte la situation ubuesque d’un (« homme venu du Kosovo, 45 ans, sans antécédent judiciaire, en France depuis des années, trois enfants scolarisés, mais sans titre de séjour. Arrêté dans l’Ain, il a été placé à Toulouse. »)

Autre exemple, « Monsieur B, demandeur d’asile, arrêté et placé en rétention alors que la préfecture lui avait déjà accordé un rendez-vous pour sa demande d’asile ». Son collègue soupire : « On enferme de plus en plus, à tout prix, c’est une fuite en avant. » On en est donc là, « au bord de la rupture », de l’aveu commun des associations et du responsable du centre. Le message est bien compris par le député France Insoumise Michel Larive. A la sortie, il dénonce cet « effet Marseille ».

 

Écoutez Michel Larive, à la sortie du CRA (1 mn)

Le fond du problème est peut être ailleurs, dans l’existence même de ces centres de rétention administrative. Un CRA répond aux besoins de l’administration, pas à ceux des sans-papiers. Si les retenus disposent ici du minimum vital, les témoignages affluent depuis des années sur les problèmes au quotidien : vacarme des avions le jour, cris la nuit, calmants qui abrutissent les gens, violences dans les expulsions ou entre retenus... Et pour tout cela, trois infirmières en journée et un médecin à mi-temps. Pas de psychologue, pas de psychiatre, pour des personnes qui ont souvent fui ou traversé des situations traumatisantes.

Autre problème soulevé par la Cimade dans dernier son rapport, (à télécharger ici) la séparation des familles, une « spécialité de la Préfecture de Haute-Garonne » et l’enfermement des enfants, même pour une courte durée. Cela a conduit à la condamnations de la France en 2016 par la Cour européenne des droits de l’Homme pour « traitements inhumains ou dégradants ». Sur cinq plaintes, quatre concernaient le CRA de Cornebarrieu. Un an plus tard, « la machine à expulser s’affole », dénonce la Cimade dans un communiqué du 9 novembre. Elle pointe les « pratiques administratives ou policières illégales » heureusement sanctionnées par les juges et, de nouveau, la séparation de familles, ainsi que la menace d’expulsions contre des réfugiés fuyant des pays à risques (Afghanistan, Érythrée, Soudan).

Certains considèrent qu’un CRA est « pire qu’une prison ». Au moins, en prison, on connaît le motif de l’incarcération et la durée de sa peine. Dans un CRA, « les personnes ne savent ni pourquoi ni jusqu’à quand elles sont là », explique Michel Plassat, de l’association Cercle des voisins. Les bénévoles de cette association réalisent, depuis l’extérieur, un suivi des situations, notamment en se rendant quotidiennement devant le juge des libertés. Les audiences se déroulent chaque après-midi, 7 jours sur 7 et ressemblent le plus souvent à une implacable loterie. C’est néanmoins la seule instance de régulation de l’enfermement des sans-papiers. Petite lumière dans ce paysage : une récente jurisprudence permet désormais de remettre en liberté les « Dublinés », ces personnes entrées clandestinement en Europe et enregistrées dans un autre pays.

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Même après la libération, les problèmes continuent. Relâché en pleine nuit, sans arrêt de bus à proximité et à plus de 20 km du centre de Toulouse, comment rentrer chez soi ? Plutôt que de pallier ses propres défaillances, l’administration fait reposer sa responsabilité sur le Cercle des voisins. « Le CRA nous appellent quand ils libèrent des personnes fragiles », explique Michel Plassat. L’occasion de recueillir quelques témoignages directs. Autrement, il faut se rendre au parloir – nommé « salle de visite » – pour rencontrer une personne pendant 30 minutes. Certaines émissions de radio libre parviennent parfois à joindre directement des personnes à l’intérieur via le téléphone public du « centre ».

En quittant les lieux, une sensation d’impuissance domine, face à une logique absurde où « chacun ne fait que son boulot ». Comme si ces centres gris et froids n’étaient qu’un triste reflet d’une société qui oublie et se fiche du sort de ceux et celles qui vivent dans ses marges, qui ne rentrent dans aucune case sinon celle d’être privé de dignité parce que privés de papiers.

Texte et photo : Grégoire Souchay

Dessins : copyright Editions des Rond dans l’Ô, issus de l’ouvrage "CRA", Meybeck, 2014 (pour se procurer la BD, c’est ici)

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Vite dit

2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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