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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Libération - Eric Jozsef - 9/1/2018

A Palerme, Catane et Sutera, loin de voir les migrants comme une menace, la population facilite leur intégration. Ils sont perçus comme une chance pour le sud de l’Italie, frappé par la désertification et le chômage.

«Si vous me demandez combien il y a d’immigrés à Palerme, je ne vous réponds pas 60, 70 ou 80 000. Quiconque arrive à Palerme est palermitain.» Dans son immense bureau du Palais des aigles qu’il occupe pratiquement sans interruption depuis plus d’un quart de siècle, Leoluca Orlando, maire de la capitale sicilienne, affiche sa détermination. Le démocrate-chrétien de gauche qui a transformé en profondeur Palerme en se dressant contre la mafia et en misant notamment sur le tourisme - l’époustouflant centre historique arabo-normand a été déclaré «patrimoine mondial de l’humanité» en 2015 - revendique fièrement sa politique d’accueil des étrangers : «Palerme, qui était une ville migrante au niveau de ses monuments, est finalement redevenue migrante dans sa population.» Et de poursuivre : «L’avenir a deux noms : Google et Ali l’immigré. Google exprime la connexion virtuelle et Palerme est aujourd’hui la ville la mieux câblée et informatisée de toute la Méditerranée. Ali le migrant représente la connexion humaine. Nous voulons être une ville accueillante et moderne.»

Secourus au large

Malgré la crise et le chômage, la Sicile, à l’instar de Palerme, bouscule les préjugés qui voudraient que l’arrivée massive d’étrangers, conjuguée aux difficultés économiques, soit synonyme de bombe politique et sociale. «Pour un responsable politique, le thermomètre du consensus, c’est l’élection. En juin, j’ai été le seul maire d’Italie élu au premier tour, pointe Leoluca Orlando. J’ai obtenu plus de voix qu’il y a cinq ans. Je crois que les migrants nous interrogent sur ce que nous sommes en tant qu’être humains.» Cours d’italien pour les immigrés, accueil des mineurs étrangers, centres d’hébergement pour les demandeurs d’asile… La municipalité de Palerme multiplie les initiatives pour faciliter l’intégration.

A l’autre bout de l’île, le port de Catane, sur la côte orientale de la Sicile, est confronté depuis plusieurs années aux débarquements de bateaux chargés de désespérés. «Surtout depuis la seconde moitié de 2013», précise le préfet adjoint Tommaso Mondello, chargé d’organiser le débarquement des migrants. Avec la fermeture de la route balkanique, l’essentiel des arrivées depuis le sud de la Méditerranée s’effectue désormais par le canal de Sicile. Les occupants des embarcations sont le plus généralement secourus au large, puis acheminés directement dans les ports de Pozzallo, Augusta ou Catane, sans passer comme autrefois par la petite île de Lampedusa. «Catane est désormais la principale porte d’entrée en Europe. Le port est plus grand, donc plus pratique pour les débarquements», souligne Mondello.

En trois ans, près d’un demi-million de personnes sont arrivées par la mer en Italie. Environ 120 000 pour la seule année 2017. La plupart des migrants tentent de poursuivre leur voyage vers le nord de l’Europe ou sont redistribués dans d’autres régions italiennes, mais des dizaines de milliers de personnes restent chaque année sur place, en Sicile, dans l’attente d’un permis de séjour ou d’un statut de réfugié politique.

«Le système d’accueil des migrants dans le port est bien rodé,assure le préfet adjoint. Nous coordonnons l’ensemble. On se met en contact avec les gardes-côtes pour connaître l’heure précise de l’arrivée. La préfecture avertit tous les acteurs qui participent au débarquement : police, mairie, protection civile, services sociaux, Croix-Rouge, organisations humanitaires.» Ainsi, les volontaires de la Communauté catholique de Sant’Egidio, qui s’occupent à leur arrivée des mineurs non accompagnés, sont constamment reliés par WhatsApp et prêts à tout moment à descendre au port.

«Depuis le 10 août 2013, date du premier débarquement à Catane, notre vie a un peu changé, indique Rosaria, une jeune bénévole. Ce jour-là, en plein été, une embarcation est arrivée tout près de la plage avec, à bord, quelques jeunes. A quelques mètres de la côte, ils ont plongé et six d’entre eux se sont noyés. Cela a frappé la ville.» A ses côtés, une autre membre de la communauté, Angela Pascarella, illustre la mobilisation de la population : «A partir du 10 août, on a commencé à envoyer des messages. Nous avions besoin de couvertures, de serviettes, de nourriture. Ici c’était plein à craquer», se souvient-elle en indiquant la grande pièce de l’association située dans le cœur de Catane, à deux pas de la cathédrale Sant’Agata. «Toute la population nous a apporté quelque chose. Les Siciliens répondent présents pour l’accueil des migrants.»

«Accueillir les vivants»

C’est le cas de Gaetano, un fonctionnaire sexagénaire qui vient régulièrement donner un coup de main à la soupe populaire, à proximité de la gare de Catane : «Quand on voit des gens dans le besoin, on ne peut pas rester sans rien faire. Dans le passé, nous avons été des émigrés et donc nous savons ce que veut dire être accueillis dans un pays étranger. Par conséquent, on sent le besoin d’aider. Pour nous, c’est normal. Nous ne sommes pas comme certains pays du nord de l’Europe, qui comptent avec une calculatrice combien de personnes ils doivent ou non faire entrer. Nous, nous aidons le plus possible.»

Depuis 2013, cette mobilisation ne s’est pas démentie. Une solidarité exceptionnelle s’est mise en place et s’est peu à peu structurée un peu partout en Sicile, assurée en grande partie par les associations de bénévoles mais aussi par des responsables locaux courageux. En octobre 2013, Giuseppe Grizzanti, médecin et maire du petit bourg de Sutera, reçoit un appel de la préfecture d’Agrigente. Une embarcation a fait naufrage à proximité de Lampedusa. Il y a plus de 300 morts. Les autorités veulent savoir s’il y a de la place dans le cimetière municipal pour enterrer quelques victimes. «Nous n’avions pas de tombes disponibles, se désole le maire. Mais c’est alors que nous avons pensé qu’au lieu d’accueillir les morts, nous pourrions accueillir les vivants. D’autant qu’à Sutera, il y a beaucoup de maisons vides.»

Après-guerre, Sutera comptait environ 5 000 habitants. Mais à partir des années 60, la petite commune perchée à 600 mètres d’altitude, a commencé à se vider de ses habitants, partis vers le nord pour participer à l’effort d’industrialisation de l’Italie. «Le quartier du Rabato, une ancienne casbah qui rappelle la présence arabe vers 1 100, était jadis l’un des plus peuplés. Il y avait au moins 500 personnes. Aujourd’hui, il n’y a pas plus de 30 familles», constate Giuseppe Grizzanti. Hussein, un jeune Pakistanais arrivé à Sutera il y a deux mois, a été accueilli dans une maison au milieu des ruelles escarpées qui font du Rabato «l’un des bourgs les plus beaux d’Italie».

Antidote contre le crime

Comme pour d’autres villages du Mezzogiorno, la présence des migrants a permis de relancer la démographie, et les subventions de l’Etat pour l’accueil des réfugiés aident l’activité économique de la commune. Notamment à travers la location des maisons et le financement de l’association des Girasoli, qui gère le programme d’intégration. «Au début, nous avons hébergé quinze personnes, et puis peu à peu nous sommes arrivés à 50, détaille le responsable de l’organisation, Nunzio Viellaro. Ils viennent de Tunisie, du Sri Lanka en passant par le Nigeria, la Gambie, le Pakistan, l’Afghanistan… Grâce à leurs enfants, l’école reste ouverte. A tel point qu’en 2016, il y a eu six naissances à Sutera. Cinq étaient des enfants d’étrangers. Ils font aujourd’hui partie intégrante du village.»

Ce que confirme Margareth, une jeune Nigériane qui vit avec ses trois enfants dans une petite maison à deux étages, dans le centre du bourg : «Ici à Sutera, c’est trop bien. Tout le monde est sympa. Ils prennent vraiment soin de nous, à 100 %. Les voisins sont fantastiques. Je veux rester ici parce que les gens y sont chaleureux et gentils.» Aucune hostilité notable parmi la population. Tout juste le garde-champêtre, Sandro, qui fait remarquer : «Pour le village c’est bien, mais il faudrait qu’ils travaillent, et ici il n’y a pas de travail, ni pour nous ni pour eux.» Margareth, elle, fait des ménages. Mais faute d’emplois sur place, les nouveaux venus seront pour la plupart condamnés, à terme, à repartir vers le nord, sur les mêmes routes que celles employées autrefois par les émigrés de Sutera. «Ils restent généralement ici quelques mois, le temps d’obtenir des papiers ou de suivre une formation, puis ils partent et sont remplacés par d’autres migrants», explique Vitellaro.

«Les Siciliens souffrent comme nous, il n’y a pas de travail», souffle Youssef, un Algérien de 39 ans assis à la soupe populaire de Catane. Certains migrants sont exploités dans les champs agricoles, d’autres sont rackettés par la mafia, mais «il n’y a pas beaucoup de racistes en Sicile, il faut dire la vérité», insiste Youssef. Pour Orlando, la présence des migrants est un antidote contre la criminalité organisée : «Jusqu’à l’âge de 30 ans, je n’ai pas vu pas vu un seul immigré à Palerme. Parce que la mafia les repoussait. Elle a peur de la diversité.» Et de s’enthousiasmer : «Depuis que je suis maire et que la mafia ne gouverne plus la ville, une chose extrêmement belle est arrivée : nous avons été envahis par les immigrés.»

Un sentiment partagé par le journaliste et écrivain Gaetano Basile, pour qui la présence des étrangers permet en partie à la Sicile de retrouver sa vocation de carrefour de la Méditerranée : «L’unification italienne[au milieu du XIXe siècle, ndlr] a été un désastre. Elle nous a coupés du sud : il fallait que l’on parle, que l’on s’habille, que l’on se tourne uniquement vers le nord. On est devenus comme des Savoyards. De ce point de vue, l’arrivée des migrants aujourd’hui nous fait du bien, ils font revivre des quartiers qui étaient abandonnés. Ma ville renaît grâce à eux.» Pour preuve, ajoute Basile, les marchés comme celui de Ballaro, dans le cœur de Palerme, mélangent saveurs, épices, musiques et dialectes comme du temps des Normands, des Arabes, des Juifs puis des Espagnols : «Cela permet d’imaginer ce qu’était Palerme en l’an 1 000. Vers midi, on sent les cuisines orientales, le safran, tout un tas d’odeurs qui ne sont pas les nôtres, le tout mélangé à la tomate et au basilic. Alors je me dis : Palerme est encore vivante.»

Vite dit

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

FB IMG 1602173167488On marche vers l’Élysée !

Des sans-papiers marcheront à partir du 19 septembre des quatre coins du pays pour atteindre Paris en une grande manifestation le samedi 17 octobre.

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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