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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Les invités de Mediapart - 30/1/2018

De nombreux personnels, enseignants, chercheurs, administratifs travaillant au sein des universités appellent à la mobilisation, le 31 janvier, devant le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche en soutien aux étudiants sans papiers. «Il faut en finir avec ces conditions de vie et d'étude indignes. Ces étudiant·e·s ne demandent pas un privilège, mais le droit à un égal traitement avec les autres étudiant·e·s».

Nous, personnels enseignants, chercheurs, administratifs travaillant au sein des universités, adressons notre soutien aux personnes étudiantes sans titre de séjour mobilisées depuis le mois de novembre 2017 pour leur régularisation. 

Elles et ils sont des centaines en Ile-de-France, inscrit·e·s à l'université, assistant à nos cours, participant aux examens. Et pourtant, ne possédant pas de titre de séjour en règle, ces étudiant·e·s ne peuvent pas réaliser les stages nécessaires à la validation de leurs diplômes, ont des difficultés à se loger et travailler, ont peur de révéler leur situation et, au moindre contrôle dans les transports, courent le risque d’être enfermé·e·s dans un Centre de rétention administratif (CRA) et placé·e·s sous la menace d'une expulsion. Chaque année en France, des centaines d'étudiant·e·s sans papiers sont ainsi enfermé·e·s dans des CRA et plusieurs dizaines sont victimes de mesures d’expulsion. 

Il faut en finir avec ces conditions de vie et d'étude indignes. Ces étudiant·e·s ne demandent pas un privilège, mais le droit à un égal traitement avec les autres étudiant·e·s, la possibilité de bénéficier des mêmes droits afin de pouvoir étudier dans les mêmes conditions. 

Depuis deux mois, elles et ils se sont rassemblé·e·s à trois reprises devant l’antenne de la préfecture de Paris dédiée aux étudiant·e·s étranger·e·s à Cité Universitaire pour lui demander d'accepter les demandes de régularisation des personnes concernées. A Paris 8, Paris 1 et Paris 7 des mobilisations ont commencé tandis qu'ailleurs en France, des mouvements d'occupation associent personnes étudiantes et migrantes comme à Nantes ou Lyon. 

Depuis septembre, partout en Ile-de-France, les préfectures se refusent à recevoir les dossiers de demande de régularisation, tout dépôt est jusqu'à ce jour impossible. Cela est l'aboutissement d'une dégradation terrible des conditions d'accueil des étudiant·es étranger·es depuis 10 ans. Alors que des dépôts collectifs (qui offrent le plus de chance aux étudiant·es notamment isolé·es) étaient encore acceptés, les personnes inscrites en L1, L2 et L3 étaient également autorisés à déposer des dossiers. Ce n’est plus le cas depuis novembre 2015. 

Aujourd'hui, nous joignons nos voix aux revendications formulées par l'Assemblée générale pour la mobilisation des étudiant·e·s sans-papiers le 19 décembre 2017, et soutenons leurs revendications. 

- Nous appelons donc les présidences des universités à soutenir les personnes inscrites dans leur établissement et souhaitant déposer une demande de titre de séjour. 

- Nous demandons aux préfectures d'autoriser toute personne étudiante à déposer une demande de titre de séjour dans le département où elle étudie, un groupe d'étudiant·e·s à déposer s'il le souhaite une demande collective, et surtout qu'elles s'engagent à ne jamais délivrer d'Obligation à quitter le territoire français (OQTF) en cas de refus. 

- Nous demandons aux autorités d'en finir avec la traque aux "sans-papiers" qui n'est rien d'autre qu'une chasse aux personnes migrantes et dont sont également victimes les étudiant·e·s. Nous exigeons qu'aucune de ces personnes ne puisse être placée en CRA ou menacée d'expulsion. 

Pour cela, nous relayons l’appel de l’Assemblée générale à mobilisation sur les universités d'Ile-de-France en cette rentrée 2018 pour alerter sur cette situation et mobiliser le plus grand nombre d'étudiant·e·s "sans papiers" et de leur soutien.

Tout.e.s devant le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche le 31 janvier !

 

signataires :

Julie Abbou, Ingénieure de recherche, Aix-Marseille Université ; Sarah Abdelnour, maîtresse de conférences en sociologie, Université Paris Dauphine ; Catherine Achin, Université Paris Dauphine ; Viviane Albenga, MCF, Université Bordeaux Montaigne ; Mehdi Thomas Allal, étudiant à l’Institut de gestion publique et de développement économique (IGPDE). ; Sonia Anton, MCF, université Le Havre Normandie. ; Chadia Arab, chargée de recherche au CNRS UMR ESO 6590 ; 

Etienne Balibar, Professeur émérite (philosophie), Université de Paris-Ouest ; Dr Banfi Elisa, InCite - Faculté des sciences de la société - Université de Genève ; Jérôme Bas, doctorant, Paris 8 ; Christophe Baticle, socio-anthropologue, Université de Picardie Jules Verne ; Magali Bessone, professeure de philosophie politique, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne ; Chloé Biaggi, doctorante en sciences sociales à l’École Normale Supérieure de Paris ; Bertrand Binoche, Professeur des universités, Université Pari-I/Panthéon-Sorbonne ; Romuald Bodin, maître de conférences en sociologie, université de Poitiers ; Carolina Boe, enseignante vacataire, Faculté des sciences humaines et sociales de la Sorbonne, Université Paris V ; Capucine Boidin, mcf, IHEAL - université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Mathieu Bonzom, maître de conférences (anglais), université d'Orléans ; Anne Bory, MCF sociologie, Université de Lille. ; Florence Bouillon, MCF en sociologie, Université Paris 8 / Lavue ; 

Florent Castagnino, ATER, Université Paris Est ; Jean-Pierre Cavaillé, EHESS maître de conférence en anthropologie ; Charlène Charles, ATER (UPEC) ; Isabelle Clair, chargée de recherche au CNRS ; Vanessa Codaccioni, MCF en science politique, Université Paris8 ; Jean-Baptiste Comby, sociologue, maître de conférences à l'université Paris 2 ; Philippe Coulangeon, OSC, Sciences po ; Marie Cuillerai, Professeure des Universités, LCSP (EA 7335) / UFR Sciences sociales, Paris 7-Diderot ; Cécile Cuny, maitresse de conférences, Université Paris-Est Marne-la-Vallée ; 

Mathilde Darley, CNRS - CESDIP ; Muriel Darmon, dociologue, DR, CNRS, Marie-Pierre Dausse, MCF histoire grecque, Université Paris 8 ; Corinne Davault, Maître de Conférences, Université de Paris 8 ; Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite à l'Université Paris Diderot-Paris 7 ; Laurence De Cock, historienne, Université Paris-Diderot ; Agnès Deboulet, Université Paris 8-Sociologie ; Chloé Delaporte, Maîtresse de conférences à l'Université Paul Valéry Montpellier 3 ; Florence Delmotte, chercheuse qualifiée du FRS-FNRS, directrice du CReSPo / Université Saint-Louis - Bruxelles ; Catherine De Wenden, Fabrice Dhume, sociologue, enseignant-chercheur à l'Université Paris Diderot ; Lucia Direnberger, sociologue, IHEID, Paris 7 ; Keivan Djavadzadeh, docteur en science politique, ATER à l'IUT Lille 2 ; Christelle Dormoy-Rajramanan, docteure en science politique, Paris Nanterre, CRESPPA-CSU. ; Stéphane Douailler, Professeur Émérite des Universités, Université Paris 8 ; Martine Drozdz, chargée de recherche CNRS / Ecole des Ponts ParisTech / Université Paris Est  ; Frédéric Dufaux, Maître de conférences en géographie, Université de Paris Nanterre ; Catherine Dupuy , MCF Université Montpellier ; 

Laure Etevez, PRCE à l'université d'Orléans, ESPE CVL ; 

Jules Falquet, Maîtresse de conférences HDR en Sociologie, Université Paris Diderot ; Eric Fassin, sociologue, Paris-8 ; Samantha Faubert, Université du Havre ; Nehara Feldman, Maîtresse de conférences, CURAPP-ESS / Université de Picardie Jules Verne ; Malcom Ferdinand, post-doctorant au Royal Netherland Institute of Southeast Asian and Caribbean Studies (KITLV) ; Nicolas Fischer, Chargé de recherche CNRS en Science politique, rattaché au Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (Université de Versailles St Quentin) ; Anders Fjeld, chercheur post-doctoral, Université Catholique de Louvain. ; Laurent Fleury, Professeur des Universités, Université Paris Diderot / Sorbonne Paris Cité ; Artemisa Flores-Espinola, chercheuse postdoctorale, CRESPPA-CNRS ; Camille François, docteur en sociologie, Cresppa ; Muriel Froment-Meurice - chercheuse associée Université Paris-Est ; 

Lucille Gallardo, Doctorante en sociologie, Université Paris Nanterre - Laboratoire Sophiapol ; Caroline Gallez, Chargée de recherche HDR à l'IFSTTAR, Université Paris-Est ; Vincent Gay, MCF sociologie, université Paris 7 ; Pierre Gilbert, maître de conférence en science politique, université Paris 8 et CSU-CRESPPA ; Elsa Gimenez, doctorante, Université Paris 8. ; Violaine Girard, maîtresse de conférences en sociologie, Université de Rouen ; Sabine Guez, anthropologue, IRIS/EHESS ; 

Abdellali Hajjat, maître de conférences en science politique, Université Paris Nanterre ; Estelle d'Halluin, mcf, Université de Nantes, Cens ; Karim Hammou, chargé de recherche au CNRS ; Claire Hancock, Professeure, Université Paris-Est Créteil ; Hugo Harari-Kermadec, Maître de conférences, ENS Paris Saclay ; Odile Henry, Professeure, Université Paris8 ; Odile Hoffmann, Directrice de Recherche, chercheure à l'Institut de Recherche pour le Développement, rattachée à l'Université Paris diderot (URMIS) ; Anne Hugon, MCF-HDR Histoire contemporaine de l'Afrique, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne ; 

Alban Jacquemart, Maître de conférences, Université Paris-Dauphine ; Alexandre Jaunait, MCF science politique (Université de Poitiers/ISP Nanterre) ; Fanny Jedlicki, MCF en sociologie, université du Havre ; Nicolas Jounin, sociologue, université Paris 8 ; Morgan Jouvenet, chercheur, InSHS du CNRS ; 

Michel Koebel, Professeur des universités, Faculté des sciences du sport, Université de Strasbourg ; Maria Kokkinou, doctorante, IIAC, EHESS, Paris ; Abir Kréfa, maîtresse de conférences en sociologie, Université Lyon 2 ; 

Claudette Lafaye, MCF Sociologie, Université Paris 8-Vincennes-Saint Denis ; Rose-Marie Lagrave; sociologue , directrice d'études EHESS ; Amélie Le Renard, chargée de recherche au cnrs ; Frédérique Leblanc, maîtresse de conférences en sociologie, Université Paris Nanterre / Cresppa-CSU ; Clara Lecadet, chargée de recherche, CNRS ; Eric Lecerf, directeur du département de philosophie, Université Paris 8 ; Romain Leclercq, Centre de Recherche sur l'Habitat - LAVUE, Université Paris 8 Vincennes ; Johanna Lees, chercheure au LaSSA ; Sophie Louey, enseignante et doctorante en sociologie, CURAPP-ESS Université de Picardie Jules Verne ; Bénédicte Louvat-Molozay, professeure de littérature fançase à l’université Toulouse - Jean Jaurès ; Clément Luccioni, doctorant, Lab'urba, Université Paris-Est ; 

Nicolas Maisetti, post-doc, LATTS ; Audrey Mariette, MCF université Paris 8 ; Vincent Martigny, Maître de conférences en science politique à l'Ecole polytechnique.  ; Igor Martinache, Prag de sciences économiques et sociales, Université de Lille ; Estelle Miramond, doctorante LCSP / Paris 7 ; Mathilde Moaty, doctorante en urbanisme, LATTS - UPEM ; Marwan Mohammed, sociologue ; Fabrice Moulin, MCF - université Paris Nanterre ; 

Frédéric Neyrat, Professeur de sociologie, Université de Rouen ; Olivier Noël, sociologue, Université Paul Valéry, Montpellier ;

Nadia Obkani, post-doctorante au centre Emile Durkheim, Université de Bordeaux, Julien O’Miel, MCF en science politique, CERAPS / CHERPA ; Nicolas Oppenchaim, maître de conférences en sociologie, Université de Tours. ; 

Anthony Pecqueux Sociologue, CNRS ; Irène Pereira, Sociologue, UPEC. ; Julie Perrin, université Paris Saint-Denis, IUF ; Geneviève Pezeu, ingénierie de formation : citoyenneté et égalité, coordination de recherche, CERLIS / Paris 5 Descartes ; Roland Pfefferkorn, Professeur de sociologie, Unistra, Faculté des sciences sociales de  Strasbourg  ; Myrtille Picaud, postdoctorante au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique ;Raphael Porteilla, MCF science politique, université de Bourgogne ; Ana Portilla, doctorante, EHESS. ; Tristan Poullaouec, Université de Nantes ; Laurence Proteau, sociologue, maître de conférences, Université d'Amiens, CESSP ; Nicolas Puig, directeur de recherche à l'IRD URMIS ;

Nelly Quemener, MCF, Université Paris 3, 

Christelle Rabier, MCF EHESS ; Zineb Rachedi, MCF, Grhapes, INS HEA, UPL ; Matthieu Renault, MCF, Université Paris 8 ; Juliette Rennes, enseignante-chercheuse, EHESS ; Meriem Rodary, anthropologue et formatrice, rattachée au CRESPPA-GTM - UMR 7217 ; Michèle Rosellini, MCF honoraire, ENS de Lyon UMR 5317 / IHRIM ; Olivier Roueff, Chargé de recherche au CNRS ; Nouri Rupert, doctorant, sociologie, Paris Diderot ; 

Emmanuelle Santelli, DR CNRS, Université de Lyon. ; Djaouida Sehili, Maitresse de Conférence, IETL - Université Lumière Lyon 2 - Centre Max Weber ; Ariel Sevilla, maître de conférences en sociologie, Université de Reims, Laboratoire CEREP. ; Guillaume Sibertin-Blanc, professeur des universités - Université Paris 8 Saint-Denis ; Yasmine Siblot, Professeure de sociologie, Université Paris 8 ; Francesca Sirna, chargée de recherche CNRS, Centre Norbert Elias / EHESS / AMU ; Marie Sonnette, MCF en sociologie, Université d'Angers. ; Michael Spanu, Docteur en sociologie (université de Lorraine), chercheur associé au 2L2S ; Alexis Spire, chercheur au CNRS, 

Kadya Tall, CR1 IRD-IMAF Paris ; Stéphanie Tawa Lama-Rewal, Chargée de recherche au CNRS, Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud ; Albena Tcholakova, maîtresse de conférences en sociologie, Université de Lorraine ; Simona Tersigni, MCF en sociologie, Université Paris Nanterre / Sophiapol ; Nguyen Thi Tu Huy, Doctorante en philosophie politique, LCSP, Université Paris Diderot ; Sylvie Tissot, Université Paris 8 ; Josselin Tricou, doctorant en science politique. Université paris 8 ; Maryse Tripier, Professeur émérite de sociologie, Université Paris-Diderot ; 

François Valegeas, Maître de conférences en urbanisme et aménagement, Université Paul-Valéry Montpellier 3 / UMR ART-Dev ; Jérôme Valluy, Maître de Conférences, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) ; Mélanie Vay, Doctorante au CESSP et chargée de cours à l'Université Paris Dauphine et à l'Université Paris Est Créteil Val-de-Marne ; Louise Virole-Mezouar, Doctorante en sociologie (CADIS-EHESS) ; Vörös Florian, docteur en sociologie, enseignant contractuel à l'Université Lille 3 ; 

Mira Younes, doctorante chargée de cours en psychologie sociale (UTRPP, Paris 13).  ; Miléna Younès-Linhart, doctorante, Université Paris 8, LEGS ; 

Rémi Zanni, doctorant à l'Université Paris Diderot - Paris 7 ; Elsa Zotian, chercheur-formateur au LaSSA ; RUSF Paris 1 Panthéon Sorbonne ;

Syndicat CGT FERC Sup de l’université Paris 8.

 

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Vite dit

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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