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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Médiapart - Marie Cosnay - 26/2/2018

Marie Cosnay
La maison d’arrêt de Bayonne enferme des enfants, en parfaite illégalité. Avec l’aide de : l’aide sociale à l’enfance, le département des Pyrénées atlantiques, les policiers de Dax, la PAF d’Hendaye, la juge des enfants de Bayonne.

Aujourd’hui, devant le TGI de Bayonne, en comparution immédiate, sont présentés deux jeunes hommes. J. M et M. L. Ils sont guinéens. L’un d’eux est né au Libéria et la juge trouve étrange qu’il soit né dans un pays et citoyen d’un autre. Elle lui fera répéter plusieurs fois cette curiosité. Mais les suspicions ne concernent pas que la nationalité. La juge qui préside s’appelle Madame Mackowiak. C’est la juge des enfants. C’est un hasard et c’est peut-être parce qu’elle y est habituée qu’elle dit « faites entrer les mineurs ». On prend ça pour un signe, en tout cas un lapsus. Les deux autres juges sont des juges civiles. Toutes les trois sont blondes, portent des lunettes, lunettes rouges sur le nez de celle du milieu, noires pour les deux autres. Les lunettes et la couleur des cheveux n’apportent rien à ce récit d’audience.

C’est une image aussi, l’escorte policière, oppressante.
Les deux garçons arrivent, menottés.

Ils s’installent derrière la barre. Ils sont jeunes. Mineurs, c’est ce qu’ils disent. D’ailleurs c’est l’ASE, l’aide sociale à l’enfance, département 64, qui les a mis dans cette situation. Ils arrivent de la maison d’arrêt de Bayonne. Après leur garde à vue, ils ont été placés en détention. Leurs avocats sont physiquement protecteurs. Un bras autour du cou, presque paternellement. Puis on s’écarte un peu de la barre, chacun s’installe.

Ils sont mineurs. D’ailleurs, l’avocat montre un document et commente la schizophrénie : la police a prévenu « la famille du mineur, c’est à dire sa tutrice, qu’ils ont produit des papiers qui… »

La famille du mineur. 
Les mineurs. 
En fait, c’est évident pour tout le monde.
Au fond.

Monsieur X, dit la juge, se disant J.M.
(Monsieur X, ce n’est pas moi qui cache le prénom, c’est la juge qui signale ainsi qu'elle n’est pas sûre du nom du garçon.)
Bien, dit-elle.
Né ?
Le 4 du troisième mois 2001.
Elle fait répéter trois fois cette manière guinéenne de dire sa date de naissance.
"Troisième mois".

Le département des Pyrénées atlantiques vous accuse de fournir une déclaration fausse afin d’obtenir une allocation indue, de vous faire recueillir par le service de l’aide sociale à l’enfance.
Je ne cite pas exactement.

« On vous reproche dans le département 64 d’avoir fait usage d’un extrait d’acte de naissance dans lequel la vérité a été altérée. »
Je cite exactement.

Monsieur X, se disant…
Vous avez des alias, vous aussi.
Quel est votre nom ?
Vous êtes identifié comme, comme…
Elle dit des noms, ce sont les mêmes.
Les dates de naissance changent.
Celle que le garçon a donnée en Espagne, pour quitter Ceuta.
Celle qu’il a donnée en France.

La police «a prévenu la famille du mineur».
Le département, donc.
La tutrice.
L’inspectrice de l’ASE ?
La responsable adjointe de la cellule départementale de l'enfance en danger ?

Les jeunes, après un parcours compliqué (Guinée, le Sahara, l’Algérie, le Maroc), passent la frontière une première fois à Hendaye, arrivent à Dax, sont contrôlés. Les policiers de Dax les refoulent illégalement à Irun. Ils y sont jugés. Ils sortent. Ils reviennent. A Hendaye une personne les prend en voiture, les conduit au foyer de l’ASE.

Le foyer de l’ASE les envoie à la PAF. « Pour vérification biométrique ». On les connaît, ils sont passés par Dax, leurs papiers y étaient faux, ils sont passés par Ceuta et Irun, constate la PAF d’Hendaye. La PAF les envoie en garde à vue. Ils sont conduits en maison d’arrêt. Ils y sont depuis vendredi. Aujourd’hui, ils passent en comparution immédiate.

Le foyer de l’ASE, qui n’a pas pour mission d’évaluer la minorité des jeunes qui y sont, en urgence, accueillis, qui ne propose pas le cadre d’évaluation prévue par l’arrêté du 16 novembre 2016, en application du décret n°2016-840, sur cinq jours et en six points, le foyer d’Anglet peut-il demander à la PAF les vérifications biométriques des mineurs afin que celle-ci les compare aux empreintes du fichier EURODAC ?

C’est l’association COS qui a reçu, du département, la mission d’évaluer les MIE, comme on dit, les Mineurs Isolés Etrangers. Qu’on appelle aussi les MNA, Mineurs Non Accompagnés (moins discriminant. On pourrait aussi parler de la catégorie des mineurs étrangers isolés, tout à fait isolés, pas reconnus, encore plus discriminés). COS, donc, à Pau, évalue. Et c’est après cette évaluation (sociale, civile, osseuse) que COS se prononcera. Les documents seront confiés à la PAF, pour être authentifiés ou pas. Des documents, avant d’être expertisés, sont, selon la loi, présumés authentiques. L’expertise peut être longue, jusqu’à 8 mois.

Ici, à peine les policiers de Dax ont vu qu’ils ont su. Su et pas cru. Des experts, les policiers de Dax, en papiers guinéens. Mais pas en loi française : ils refoulent des mineurs qui n’ont pas été évalués. Ils n’auraient pas dû, non plus, de toute façon, refouler des majeurs. Puisque la convention de Genève, la constitution et le droit de l’Union européenne, le règlement du 26 juin 2013, autorisent mineurs et majeurs à demander l’asile sur les territoires de la République. Bien sûr les deux jeunes que la juge appelle messieurs X ont laissé leurs empreintes en Espagne. A Ceuta. Mais ce n’est pas aux policiers de Dax de les refouler en Espagne. La procédure Dublin a ses règles et ses ordres, en plusieurs temps, bien compliqués. Les policiers de Dax, ces experts, ont voulu les simplifier.

L’avocat, que je ne cite pas exactement : vous avez l’obligation de mettre en place la procédure d’évaluation qui n’a pas eu lieu. De toute façon, voir l’article 45, présomption d’authenticité des papiers que les personnes soient majeures ou mineures.
Les jeunes sont présumés innocents.
Sont présumés mineurs. 
Leurs papiers présumés authentiques.

Le procureur affirme, à tort, qu’il est établi que les documents sont faux. Il s’agit, dit-il, « de ne pas se laisser impressionner par l’épouvantail de mettre des mineurs en prison ». Cette phrase est complètement ratée, mais pardon, je la cite exactement. « Le Parquet n’est pas un monstre ». J’ai un doute à présent : il a dit monstre ou ogre ? Dans les deux cas, c’est le champ sémantique du conte effrayant pour enfants.
Des enfants.
En fait, tout le monde le sait.
"Si le moindre doute nous avait saisis, nous aurions changé la procédure", se rattrape le procureur, monsieur Marié.

L’avocat lui explique qu’il n’a pas avoir des doutes ou pas. Ses doutes personnels, on s’en fiche un peu. Il y a une présomption, et des protocoles. A vous, dit l’avocat, d’apporter la preuve de leur majorité.

Le deuxième avocat insiste sur une jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme. Certes, chaque pays règle les flux migratoires comme il l’entend, mais en gardant le sens de la mesure, je ne crois pas qu’il dit comme ça mais ça veut dire ça. Par exemple : on étudie le danger qu’ils représentent sur le territoire, on conclut que non, ces enfants ne sont pas un danger sur le territoire.

Vous avez un doute ? dit le premier des avocats. Je vous prie d’imaginer qu’ils sont blancs.

Silence.

Plus tard, quand la juge reviendra, elle expliquera qu’elle a laissé, comme ils l’ont demandé, aux avocats le temps de préparer le dossier, jusqu’au 8 mars, mais que jusqu’au 8 mars, les mineurs, qu’elle n’appelle plus comme ça, qu’elle n’appelle plus X non plus, logeront chacun dans une cellule de la maison d’arrêt de Bayonne et ne seront pas protégés par le département en attente de l’évaluation de leur minorité, pourtant réglementaire.

La villa chagrin,  maison d’arrêt de Bayonne, enferme des enfants, en parfaite illégalité.

Avec l’aide de : l’aide sociale à l’enfance, le département des Pyrénées atlantiques, les policiers de Dax, la PAF d’Hendaye, la juge des enfants, Madame Mackowiac.

 

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Vite dit

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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