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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : CRA 23 Vincennes - Timothée de Rauglaudre & Léa Guedj. - 20/2/2018

Un article écrit par deux étudiants de l'ESJ de Lille et publié sur le site crée par la 92e promotion de l'école.


Derniers sas avant l’expulsion, les 24 centres de rétention recevaient en 2016 près de 46 000 sans-papiers. Souvent fragilisés par leur parcours, ces migrants découvrent un univers oppressant, où le corps devient l’ultime ressource pour résister. Au Mesnil-Amelot, à Palaiseau et à Vincennes, nous avons recueilli des témoignages de l’intérieur.

« Ici, c’est l’Alcatraz des centres de rétention. » Sous son bonnet kaki, on devine le temps qu’Atef Yacoubi passe à cogiter sur l’« enfer psychologique » du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, où il est enfermé depuis 33 jours. Sur un bout de papier, il esquisse le plan du plus grand centre de rétention de France. À vingt minutes de l’aéroport de Roissy, le long de la route nationale, la valse des avions est incessante. « On entend les avions toutes les 30 secondes dans les heures de pointe, sinon, à maximum cinq minutes d’intervalle. Les avions ne volent même pas à la hauteur de la tour Eiffel. » Difficile de dormir sur ses deux oreilles dans ces conditions. Et l’appétit n’est pas plus au rendez-vous que le sommeil. « J’ai perdu onze kilos depuis mon arrivée. » De sa poche, il sort une carte indiquant sa date de placement en rétention. Une photo de lui prise à l’entrée y figure. « Il nous est arrivé d’avoir le retenu en face de nous, de regarder sa carte, on le reconnaissait à peine », raconte une bénévole de la Cimade qui intervient au centre du Mesnil-Amelot pour apporter une assistance juridique aux sans-papiers. Faute d’une oreille attentive à qui confier son mal-être, Atef a décidé de coucher ses états d’âme sur le papier. Un moyen pour lui d’exister en tant qu’individu, dans un milieu « déshumanisant ». « On nous appelle par nos numéros de matelas, aux haut-parleurs, en face-à-face, au réfectoire. Moi, c’est 10-01-H. »
Anna* est infirmière dans un centre de rétention. Au quotidien, elle observe, impuissante, la détresse des retenus. « Le temps est suspendu et l’espace modulable. Des personnes très saines peuvent avoir des moments d’angoisse ou d’anxiété. » De nombreux retenus souffrent de troubles psychologiques ou psychiatriques. Pourtant, aucune prise en charge ou presque n’est proposée. Au Mesnil-Amelot, « le psychiatre n’intervient que deux jours par semaine, alors qu’il y a une vraie demande sur ces questions-là », alerte Nicolas Pernet, responsable des interventions en rétention de la Cimade en Île-de-France. Dans d’autres centres, comme ceux de Palaiseau ou de Paris-Vincennes, le service psychiatrique est tout simplement inexistant. En cas de réelle urgence, le centre peut faire appel à des « services psychiatriques extérieurs », précise Nicolas Fischer, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), qui souligne un défaut de formation du personnel des centres sur ces questions.

« Ils avalent les lames et des pièces pour ne pas être expulsés »

Dépourvus de moyens matériels et financiers, les médecins et infirmiers privilégient la prescription de médicaments. « Énormément de Valium ou de Lexomil sont délivrés, témoigne Anna. Ce n’est pas très cadré, il y a une tendance très facile des médecins à en prescrire. » Une « surmédication » aux anxiolytiques qui donne parfois lieu à des dérives. Atef a pu l’observer chez un autre retenu, « constamment sous Valium ». « Il en prend cinq fois par jour. » Nombreux sont ceux qui souffrent d’addictions diverses à leur arrivée et « le médicament peut être une réponse facile », explique l’infirmière. D’autant que, un suivi étant inenvisageable dans le délai maximum de 45 jours de rétention, calmants et anxiolytiques peuvent servir à « calmer ponctuellement les gens » et à « se débarrasser du problème », analyse Nicolas Fischer. Cet accès facile aux médicaments peut conduire certains retenus à en consommer plus que de raison dans le but de se faire du mal et d’échapper à leur expulsion. « Nous, les infirmiers, on distribue en donnant la dose pour la journée mais on ne s’assure pas que les personnes prennent le médicament devant nous, explique Anna. Donc il y a du stockage. » C’est particulièrement le cas avec le paracétamol. Mais cette « stratégie » n’est pas la plus courante.

Emmitouflé dans son sweat-shirt rouge et sa doudoune noire, sa casquette NYC vissée sur la tête, Reda Bachene a les cernes creusés par son mois en rétention au centre de Palaiseau. Fréquemment, il voit d’autres retenus se mutiler. « Ils avalent des lames, des pièces, juste pour ne pas se faire expulser. » Les retenus peuvent emprunter un rasoir auprès de l’administration, pour une heure maximum. « Les gars qui ne veulent pas prendre l’avion, ils prennent un rasoir, ils le cassent et ils se lacèrent de toute part, détaille de son côté Atef. Ça arrive parfois deux ou trois fois par semaine. Ici, c’est des films d’horreur toutes les 24 heures. » En rétention, « meurtrir son corps est le dernier moyen de résistance », relève Nicolas Fischer. « Le corps est pris en otage, complète Anna. La condition de l’expulsion, c’est qu’il soit en bon état. L’État ne va pas renvoyer quelqu’un qui est en train de mourir, parce qu’il a le devoir de protéger les gens. » Pourtant, la prise en charge de ces automutilations peut être parfois sommaire. Odile Ghermani, militante à la Ligue des droits de l’homme, rend fréquemment visite à des retenus au centre de Paris-Vincennes. Elle constate que, lorsqu’elles sont « superficielles », les automutilations « sont soignées sur place par les infirmières ». « Il y a manifestement des pressions pour que le séjour à l’hôpital ne dure pas trop longtemps, autrement le retenu risquerait d’être libéré. »

Rétention sous haute tension

Élaborer de telles stratégies, « c’est complètement envahissant, décrit Anna. Ils ne pensent plus qu’à ça. » L’incertitude de l’expulsion est une angoisse de chaque instant. Au centre de Palaiseau, de crainte de la réaction de retenus, l’administration préfère ne pas afficher les départs. « On a aucune idée de quand les gens vont être expulsés, raconte Reda. Le matin, il y a deux policiers qui viennent vous réveiller vers 5 ou 6 heures, ils vous disent directement ce que vous avez à faire. On n’est jamais prévenu à l’avance. » Au Mesnil-Amelot, si la plupart des expulsions sont affichées, « il y a aussi des “vols cachés” ou “vols en traître” , assure Atef. Ils ne veulent pas que le retenu se prépare s’il est perturbé. La semaine dernière, un pote a été convoqué à l’infirmerie. Ils lui ont passé les menottes et l’ont embarqué. »
Dans ce contexte, les relations entre policiers et retenus peuvent se trouver dégradées. Dans le centre de Paris-Vincennes, au dernier étage d’un bâtiment, les visites se déroulent sous la surveillance de quatre policiers. Alors que nous interrogeons Mohamed Ali Ben Hamida, un jeune Tunisien retenu depuis 35 jours, celui-ci jette des coups d’œil furtifs aux fonctionnaires, qui n’hésitent pas à intervenir dans la conversation. « Il fait Prison Break ? », s’amuse l’un d’eux en le voyant dessiner les lieux de vie du centre sur notre carnet, en référence à la série américaine qui se déroule en prison. « Certains policiers sont très corrects auprès des retenus, rappelle Nicolas Pernet de la Cimade. Mais d’autres posent problème. » Atef est régulièrement témoin de propos racistes. « Quand tu parles français, c’est dur. Tu comprends les “bougnoule” et les “bamboula”. » Les tensions peuvent aller plus loin, jusqu’à des violences physiques, notamment lors d’interventions pour arrêter des bagarres entre retenus ou des résistances aux expulsions. « On voit parfois des personnes arriver dans notre bureau avec un œil au beurre noir, avec de vraies séquelles physiques », affirme Nicolas Pernet. Retenu depuis un mois, Hosni Gallali a assisté à une émeute lors de sa deuxième soirée au centre de Palaiseau. Un retenu en possession de stupéfiants aurait tenté de résister aux policiers du centre, nécessitant la mobilisation d’effectifs extérieurs. « Ils ont frappé tout le monde ce soir-là, raconte-t-il. Je m’en souviens encore, ils ont écrasé la tête d’un Tunisien avec le pied en lui disant : “Ce n’est pas chez toi ici, connard, rentre chez toi !” Moi aussi, j’ai reçu des coups de matraque. Ils m’ont pété les côtes. » Contacté par téléphone, le chef du centre a refusé de répondre à nos questions au sujet des conditions de rétention, « trop sensible ». Quant au commissariat de Palaiseau, il n’a pas pu nous fournir plus d’informations sur l’intervention.

*Le prénom a été modifié

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Vite dit

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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