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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Le Nouveau Magazine Litéraire - Catherine Wihtol de Wenden - 28/2/2018

Les inégalités de la planète se vérifient devant le droit à la mobilité, explique Catherine Wihtol de Wenden, qui participera à la convention nationale sur l’accueil et les migrations les 1er et 2 mars 2018, à Grande-Synthe. Les frontières s’ouvrent pour les citoyens des pays du Nord mais restent dramatiquement fermées pour ceux du Sud.

Catherine Wihtol de Wenden
Directrice de recherche émérite au CNRS (CNRS, CERI, Sciences Po). Auteur de « Faut-il ouvrir les frontières ? » (3e édition, Presses de Sciences Po, 2017)

Le droit de migrer est à l’agenda des droits de l’homme pour le XXe siècle. Il est revendiqué par les associations de défense des sans-papiers, de nombreuses ONG, les églises et les grandes entreprises, et s’appuie sur les travaux de philosophes et des textes juridiques. Mais il reste un droit à conquérir : se heurtant à la souveraineté des États, il est très inégalement réparti à travers le monde. Il révèle en outre plusieurs paradoxes.

La mobilité est considérée comme un facteur de la modernité et du développement humain, mais les deux tiers de la population mondiale ne peuvent circuler librement. De plus, si le droit d’émigrer (droit de sortie) est presque partout généralisé dans le monde depuis les années 1990 – c’est-à-dire après la chute du rideau de fer, l’ouverture des frontières de la Chine et la délivrance de passeports par les pays du Sud –, le droit d’immigrer (droit d’entrée) est soumis au pouvoir des États d’accueil. Enfin, alors que le libéralisme économique suppose que tout circule sans entrave – notamment l’information qui motive souvent la décision de partir – les hommes et les femmes sont soumis au régime du contrôle des frontières pour entrer.

Une inversion du droit d’entrée et de sortie depuis un siècle

Jusqu’au début du XXe siècle, il est plus facile d’entrer dans un pays que de sortir du sien : la population représente une ressource agricole, fiscale, militaire et les régimes autoritaires ferment leurs frontières de l’intérieur. Seules les élites et les indésirables (minorités discriminées, agitateurs politiques anarchistes ou révolutionnaires) peuvent alors sortir. À l’inverse, les pays d’accueil voulant développer une immigration de peuplement (États-Unis, Canada, Australie, Brésil, Argentine, Chili) ou à la recherche de main-d’œuvre (comme la France) ouvrent leurs portes aux migrations de travail et d’installation, moyennant parfois des critères sanitaires, mais aussi de docilité politique, de moralité et de scolarisation de base. Jusqu’en 1994, des États veillent aux migrations internes, comme la CEI (Communauté des États indépendants, qui fait suite à l’URSS). Encore aujourd’hui, la Chine – où le passeport interne (hukou) permet le contrôle des mouvements de population rurale vers les villes – fait de quelque cent millions de Chinois ayant quitté leur région d’origine sans autorisation des sans-papiers dans leur propre pays, privés de tous droits, ceux-ci étant liés au lieu de naissance.

De nos jours, la liberté de circulation est très inégalement répartie car soumise à la détention de visas et de passeport. La nationalité peut constituer, selon les États et sur la scène internationale, un risque migratoire plus ou moins grand. Ainsi, un citoyen européen ou états-unien peut circuler librement dans plus de 170 pays sans visa pour une durée de trois mois, tandis qu’un Soudanais, un Afghan, un Érythréen ou un Somalien, qui représente un « risque migratoire » aux yeux de nombreux pays du Nord, voit ses possibilités de migrer sans visa se réduire dramatiquement. Le recours aux passeurs est alors la seule issue.

On peut ainsi établir une typologie du droit à la mobilité selon la direction empruntée par la migration et selon le passeport. Pour un migrant du Nord vers le nord, peu de visas sont exigés pour trois mois ; le migrant bénéficie des droits de sortie et d’entrée, conservant sensiblement les mêmes droits au départ et à l’arrivée. Pour celui du Nord vers le sud, également peu de visas sont exigés ; il y a conservation des droits sauf pour ceux liés à la nationalité, souvent soumise au droit du sang. Pour le migrant du Sud vers le nord, les visas, difficiles à obtenir, sont la règle, mais si l’entrée et le séjour se sont effectués légalement, le migrant peut avoir accès aux droits des citoyens, à l’exception des droits politiques nationaux, et acquérir la nationalité du pays d’accueil. Enfin, pour le migrant du Sud vers le sud, l’entrée est souvent possible, assortie de peu de visas mais de peu de droits : le droit d’asile, les droits sociaux, le regroupement familial et l’accès à la nationalité sont souvent inexistants. Ainsi est-on passé de frontières fermées de l’intérieur il y a un siècle à des frontières fermées à l’extérieur aujourd’hui, et la question du droit d’avoir des droits se pose pour les sans-papiers.

Les effets pervers de l’inégalité du droit à la mobilité

Les effets pervers des inégalités statutaires liées aux passeports et à la nécessité ou non de visas sont légion : si les riches des pays pauvres peuvent souvent migrer légalement et puisque les plus pauvres sont peu mobiles, sauf comme migrants forcés (conflits et catastrophes environnementales), ce sont les catégories intermédiaires qui sont finalement les plus touchées car elles aspirent à la mobilité pour changer de vie, réaliser leur projet, fuir un monde sans espoir.

On compte plus de 30 000 morts en Méditerranée depuis les années 2000. Les passeurs fleurissent sur la rive sud, proposant des voyages à hauts risques (3 000 morts par an) et à hauts coûts financiers. Le haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a dénoncé en novembre 2017 les conditions de la traversée de la Libye : esclavage, prélèvement d’organes, viols, prostitution, enfermements et emprisonnements. La situation au Mexique, autre grand pays de transit, est comparable : les Centre-Américains sont capturés et rançonnés par les cartels qui n’hésitent pas à les abattre. Enfin, les sans-papiers, dont la plupart sont entrés légalement mais ont prolongé illégalement leur séjour (touristes, étudiants, déboutés du droit d’asile), grossissent les rangs des sans-droits dans l’attente d’une hypothétique régularisation et se sédentarisent dans l’illégalité en travaillant informellement.

La leçon est claire : plus les frontières sont ouvertes, plus les migrants font des allers-retours et s’installent dans la mobilité comme mode de vie ; plus elles sont fermées, plus on assiste à la sédentarisation aléatoire de ceux qui attendent un titre de séjour.

Au nord comme au sud, la mobilité fait partie des aspirations de l’homme du XXe siècle et le droit de migrer est considéré comme un bien public mondial par les grandes organisations internationales, tout en étant parmi les droits les plus inégalement distribués au monde. La migration rapporte plus qu’elle ne coûte : les transferts de fonds annuels envoyés par les migrants à leur pays d’origine représentent trois fois l’aide publique au développement. Pourtant, les populations mobiles ont beaucoup moins de droits que celles qui sont sédentaires.

Vers une démocratisation du droit à la mobilité ?

Certaines frontières s’entrouvrent néanmoins. Si l’Union européenne représente, pour les Européens, le cas le plus emblématique de citoyenneté fondée sur la liberté de circuler, elle a pour revers le renforcement de la fermeture des frontières extérieures de l’Europe. Des instruments comme Frontex (devenue Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes en 2016) et le SIS (Système d’information de Schengen) dressant la liste des délinquants, sans-papiers et déboutés de droit d’asile non admis sur le territoire de l’Union, ont pour résultat des morts aux portes de l’Europe, des enfermements et des reconductions à la frontière. D’autres espaces de libre circulation ont aussi été ouverts ailleurs : en Afrique, en Asie, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud.

Enfin, il est difficile de parler de citoyenneté sans parler des droits politiques. La citoyenneté européenne est ainsi essentiellement définie par le droit à la mobilité pour les citoyens européens depuis le Traité de Maastricht de 1992 (article 8) : une liberté de circulation, d’installation et de travail, assortie du droit de vote et d’éligibilité à l’échelon local et au Parlement européen. Quinze pays de l’Union européenne sur vingt-huit ont aussi accordé le droit de vote local aux résidents non européens, selon des modalités diverses. L’accès à la libre circulation à l’intérieur de l’Europe pour les Européens s’est effectué souvent par étapes selon le « risque migratoire » que constituaient les nouveaux entrants aux yeux des plus anciens.

Ainsi, les Grecs (entrés en 1981), les Espagnols et les Portugais (entrés en 1986) n’ont pu bénéficier de la pleine mobilité qu’en 1992, avec droit à l’installation et au travail. Les Suédois, Finlandais et Autrichiens ont en revanche acquis la pleine citoyenneté dès leur entrée dans l’Union, en 1995. Quant aux nouveaux entrants de 2004, les pays dits de Visegrád (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie) ont acquis la liberté de circulation dès 1991, après l’ouverture du rideau de fer, mais leurs ressortissants n’ont pu travailler et s’installer librement qu’en fonction de l’accord des pays d’Europe de l’Ouest, selon un système d’attente de sept ans maximum. En revanche, Malte et Chypre ont acquis l’ensemble des droits à la mobilité dès leur entrée en 2004, compte tenu de la petite taille de ces nouveaux pays de l’Union. Le même temps de latence a été requis pour la Bulgarie et la Roumanie : droit de sortie dès 2001, entrée dans l’Union en 2007, liberté d’accès au travail et à l’installation en 2014.

Au sein de l’Europe, le passeport européen instauré en 1985 et le système de visas qui a suivi les accords de Schengen (1985) ont introduit nombre de disparités du fait de la possibilité de différer la mise en œuvre de telle ou telle disposition ou de ne pas l’appliquer. Les obligations de visas ont pu varier selon les pays européens, en fonction d’accords de réciprocité de libre circulation entre certains pays européens et d’autres régions du monde (Espagne et Portugal avec certains pays d’Amérique latine, par exemple) ou de régimes spéciaux liés au fait que l’espace Schengen ne coïncide pas avec les pays de l’Union. Certains pays ont adhéré à Schengen sans faire partie de l’Union européenne comme la Suisse, la Norvège et l’Islande ; d’autres pays de l’Union comme le Royaume-Uni avant le Brexit et l’Irlande ne sont pas dans Schengen.

Les changements survenus dans la configuration des migrations et les obstacles opposés à la mobilité des personnes ont fait émerger le besoin d’envisager un droit universel à la mobilité qui prendrait en compte de la nécessité d’une gouvernance des migrations dont l’État d’accueil ne serait plus l’acteur unique.

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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