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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Le Nouveau Magazine Litéraire - Catherine Wihtol de Wenden - 28/2/2018

Les inégalités de la planète se vérifient devant le droit à la mobilité, explique Catherine Wihtol de Wenden, qui participera à la convention nationale sur l’accueil et les migrations les 1er et 2 mars 2018, à Grande-Synthe. Les frontières s’ouvrent pour les citoyens des pays du Nord mais restent dramatiquement fermées pour ceux du Sud.

Catherine Wihtol de Wenden
Directrice de recherche émérite au CNRS (CNRS, CERI, Sciences Po). Auteur de « Faut-il ouvrir les frontières ? » (3e édition, Presses de Sciences Po, 2017)

Le droit de migrer est à l’agenda des droits de l’homme pour le XXe siècle. Il est revendiqué par les associations de défense des sans-papiers, de nombreuses ONG, les églises et les grandes entreprises, et s’appuie sur les travaux de philosophes et des textes juridiques. Mais il reste un droit à conquérir : se heurtant à la souveraineté des États, il est très inégalement réparti à travers le monde. Il révèle en outre plusieurs paradoxes.

La mobilité est considérée comme un facteur de la modernité et du développement humain, mais les deux tiers de la population mondiale ne peuvent circuler librement. De plus, si le droit d’émigrer (droit de sortie) est presque partout généralisé dans le monde depuis les années 1990 – c’est-à-dire après la chute du rideau de fer, l’ouverture des frontières de la Chine et la délivrance de passeports par les pays du Sud –, le droit d’immigrer (droit d’entrée) est soumis au pouvoir des États d’accueil. Enfin, alors que le libéralisme économique suppose que tout circule sans entrave – notamment l’information qui motive souvent la décision de partir – les hommes et les femmes sont soumis au régime du contrôle des frontières pour entrer.

Une inversion du droit d’entrée et de sortie depuis un siècle

Jusqu’au début du XXe siècle, il est plus facile d’entrer dans un pays que de sortir du sien : la population représente une ressource agricole, fiscale, militaire et les régimes autoritaires ferment leurs frontières de l’intérieur. Seules les élites et les indésirables (minorités discriminées, agitateurs politiques anarchistes ou révolutionnaires) peuvent alors sortir. À l’inverse, les pays d’accueil voulant développer une immigration de peuplement (États-Unis, Canada, Australie, Brésil, Argentine, Chili) ou à la recherche de main-d’œuvre (comme la France) ouvrent leurs portes aux migrations de travail et d’installation, moyennant parfois des critères sanitaires, mais aussi de docilité politique, de moralité et de scolarisation de base. Jusqu’en 1994, des États veillent aux migrations internes, comme la CEI (Communauté des États indépendants, qui fait suite à l’URSS). Encore aujourd’hui, la Chine – où le passeport interne (hukou) permet le contrôle des mouvements de population rurale vers les villes – fait de quelque cent millions de Chinois ayant quitté leur région d’origine sans autorisation des sans-papiers dans leur propre pays, privés de tous droits, ceux-ci étant liés au lieu de naissance.

De nos jours, la liberté de circulation est très inégalement répartie car soumise à la détention de visas et de passeport. La nationalité peut constituer, selon les États et sur la scène internationale, un risque migratoire plus ou moins grand. Ainsi, un citoyen européen ou états-unien peut circuler librement dans plus de 170 pays sans visa pour une durée de trois mois, tandis qu’un Soudanais, un Afghan, un Érythréen ou un Somalien, qui représente un « risque migratoire » aux yeux de nombreux pays du Nord, voit ses possibilités de migrer sans visa se réduire dramatiquement. Le recours aux passeurs est alors la seule issue.

On peut ainsi établir une typologie du droit à la mobilité selon la direction empruntée par la migration et selon le passeport. Pour un migrant du Nord vers le nord, peu de visas sont exigés pour trois mois ; le migrant bénéficie des droits de sortie et d’entrée, conservant sensiblement les mêmes droits au départ et à l’arrivée. Pour celui du Nord vers le sud, également peu de visas sont exigés ; il y a conservation des droits sauf pour ceux liés à la nationalité, souvent soumise au droit du sang. Pour le migrant du Sud vers le nord, les visas, difficiles à obtenir, sont la règle, mais si l’entrée et le séjour se sont effectués légalement, le migrant peut avoir accès aux droits des citoyens, à l’exception des droits politiques nationaux, et acquérir la nationalité du pays d’accueil. Enfin, pour le migrant du Sud vers le sud, l’entrée est souvent possible, assortie de peu de visas mais de peu de droits : le droit d’asile, les droits sociaux, le regroupement familial et l’accès à la nationalité sont souvent inexistants. Ainsi est-on passé de frontières fermées de l’intérieur il y a un siècle à des frontières fermées à l’extérieur aujourd’hui, et la question du droit d’avoir des droits se pose pour les sans-papiers.

Les effets pervers de l’inégalité du droit à la mobilité

Les effets pervers des inégalités statutaires liées aux passeports et à la nécessité ou non de visas sont légion : si les riches des pays pauvres peuvent souvent migrer légalement et puisque les plus pauvres sont peu mobiles, sauf comme migrants forcés (conflits et catastrophes environnementales), ce sont les catégories intermédiaires qui sont finalement les plus touchées car elles aspirent à la mobilité pour changer de vie, réaliser leur projet, fuir un monde sans espoir.

On compte plus de 30 000 morts en Méditerranée depuis les années 2000. Les passeurs fleurissent sur la rive sud, proposant des voyages à hauts risques (3 000 morts par an) et à hauts coûts financiers. Le haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a dénoncé en novembre 2017 les conditions de la traversée de la Libye : esclavage, prélèvement d’organes, viols, prostitution, enfermements et emprisonnements. La situation au Mexique, autre grand pays de transit, est comparable : les Centre-Américains sont capturés et rançonnés par les cartels qui n’hésitent pas à les abattre. Enfin, les sans-papiers, dont la plupart sont entrés légalement mais ont prolongé illégalement leur séjour (touristes, étudiants, déboutés du droit d’asile), grossissent les rangs des sans-droits dans l’attente d’une hypothétique régularisation et se sédentarisent dans l’illégalité en travaillant informellement.

La leçon est claire : plus les frontières sont ouvertes, plus les migrants font des allers-retours et s’installent dans la mobilité comme mode de vie ; plus elles sont fermées, plus on assiste à la sédentarisation aléatoire de ceux qui attendent un titre de séjour.

Au nord comme au sud, la mobilité fait partie des aspirations de l’homme du XXe siècle et le droit de migrer est considéré comme un bien public mondial par les grandes organisations internationales, tout en étant parmi les droits les plus inégalement distribués au monde. La migration rapporte plus qu’elle ne coûte : les transferts de fonds annuels envoyés par les migrants à leur pays d’origine représentent trois fois l’aide publique au développement. Pourtant, les populations mobiles ont beaucoup moins de droits que celles qui sont sédentaires.

Vers une démocratisation du droit à la mobilité ?

Certaines frontières s’entrouvrent néanmoins. Si l’Union européenne représente, pour les Européens, le cas le plus emblématique de citoyenneté fondée sur la liberté de circuler, elle a pour revers le renforcement de la fermeture des frontières extérieures de l’Europe. Des instruments comme Frontex (devenue Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes en 2016) et le SIS (Système d’information de Schengen) dressant la liste des délinquants, sans-papiers et déboutés de droit d’asile non admis sur le territoire de l’Union, ont pour résultat des morts aux portes de l’Europe, des enfermements et des reconductions à la frontière. D’autres espaces de libre circulation ont aussi été ouverts ailleurs : en Afrique, en Asie, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud.

Enfin, il est difficile de parler de citoyenneté sans parler des droits politiques. La citoyenneté européenne est ainsi essentiellement définie par le droit à la mobilité pour les citoyens européens depuis le Traité de Maastricht de 1992 (article 8) : une liberté de circulation, d’installation et de travail, assortie du droit de vote et d’éligibilité à l’échelon local et au Parlement européen. Quinze pays de l’Union européenne sur vingt-huit ont aussi accordé le droit de vote local aux résidents non européens, selon des modalités diverses. L’accès à la libre circulation à l’intérieur de l’Europe pour les Européens s’est effectué souvent par étapes selon le « risque migratoire » que constituaient les nouveaux entrants aux yeux des plus anciens.

Ainsi, les Grecs (entrés en 1981), les Espagnols et les Portugais (entrés en 1986) n’ont pu bénéficier de la pleine mobilité qu’en 1992, avec droit à l’installation et au travail. Les Suédois, Finlandais et Autrichiens ont en revanche acquis la pleine citoyenneté dès leur entrée dans l’Union, en 1995. Quant aux nouveaux entrants de 2004, les pays dits de Visegrád (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie) ont acquis la liberté de circulation dès 1991, après l’ouverture du rideau de fer, mais leurs ressortissants n’ont pu travailler et s’installer librement qu’en fonction de l’accord des pays d’Europe de l’Ouest, selon un système d’attente de sept ans maximum. En revanche, Malte et Chypre ont acquis l’ensemble des droits à la mobilité dès leur entrée en 2004, compte tenu de la petite taille de ces nouveaux pays de l’Union. Le même temps de latence a été requis pour la Bulgarie et la Roumanie : droit de sortie dès 2001, entrée dans l’Union en 2007, liberté d’accès au travail et à l’installation en 2014.

Au sein de l’Europe, le passeport européen instauré en 1985 et le système de visas qui a suivi les accords de Schengen (1985) ont introduit nombre de disparités du fait de la possibilité de différer la mise en œuvre de telle ou telle disposition ou de ne pas l’appliquer. Les obligations de visas ont pu varier selon les pays européens, en fonction d’accords de réciprocité de libre circulation entre certains pays européens et d’autres régions du monde (Espagne et Portugal avec certains pays d’Amérique latine, par exemple) ou de régimes spéciaux liés au fait que l’espace Schengen ne coïncide pas avec les pays de l’Union. Certains pays ont adhéré à Schengen sans faire partie de l’Union européenne comme la Suisse, la Norvège et l’Islande ; d’autres pays de l’Union comme le Royaume-Uni avant le Brexit et l’Irlande ne sont pas dans Schengen.

Les changements survenus dans la configuration des migrations et les obstacles opposés à la mobilité des personnes ont fait émerger le besoin d’envisager un droit universel à la mobilité qui prendrait en compte de la nécessité d’une gouvernance des migrations dont l’État d’accueil ne serait plus l’acteur unique.

 

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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