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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : France Inter - Julie Pietri - 31/3/2018

C'est une histoire que vous avez peut-être lue dans la presse ces derniers jours, celle de la mort tragique d'une jeune femme nigériane, Beauty. Notre journaliste Julie Pietri l'avait rencontrée à Bardonecchia, dans le cadre d'un reportage. Elle raconte ici son histoire et pourquoi il est important de ne pas l'oublier.

Elle avait 31 ans et avait "tenté de regagner la France" avec son mari. Malade, enceinte, elle avait été bloquée "par les gendarmes français" à la frontière italienne. Elle est morte à Turin, dans un hôpital, après avoir accouché d'un bébé prématuré.

Cette jeune femme, je l'ai rencontrée. J'étais là quand elle a été déposée, devant la gare de Bardonecchia avec son mari. La jeune nigériane souffrait. 

Sur l'antenne de France Inter, nous n'avons pas su comment lui redonner la parole après l'annonce de son décès. Rediffuser une partie du reportage ? "Faire parler une femme morte, c'est compliqué", me dit-on. Je comprends. Il y a peut-être une forme d'impudeur là-dedans. Mais il me semble important de raconter quelque part ce qui s'est passé. Le peu, en tout cas, que je sais. Ce sera donc ici. Internet a cette force-là.

Elle avait été déposée là, alors que la nuit arrivait

J'ai rencontré Beauty et son mari le 7 février dernier. J'étais à Bardonecchia, en Italie, pour réaliser un reportage sur le passage de la frontière. Dans les articles publiés depuis, c'est le 9 février qui est évoqué. A-t-elle retenté de passer la frontière ? Est-ce bien la même femme ? Dans la presse italienne, le mari est prénommé "Destiny". Il m'avait dit qu'il s'appelait Vito. Il y a des incohérences. Je mets plusieurs jours à vérifier. Une bénévole et un médecin présent ce soir-là m'assurent finalement que oui, il s'agit bien de la même femme.

Ce soir-là, donc, je suis en train de discuter avec Carola Martino, médecin, bénévole pour l'association Rainbow for Africa, dans la cuisine d'un bâtiment où elle est logée, quand elle reçoit un appel. Il est 18h environ. Il fait déjà nuit. Un collègue lui demande de venir tout de suite en gare de Bardonecchia. Une femme vient d'être déposée par la police aux frontières française, dit-il. Elle est enceinte. Elle se sent mal.

Des migrants en mars 2018 sous la neige en Italie

La petite station de ski de Bardonecchia, en ce mois de février, est glaçante. Littéralement. Le froid est incisif. Je me rappelle ma tenue d'alors : trois pulls, deux sous-pulls, un manteau très chaud, deux pantalons, et des après-skis. Mais rien à faire. Le soir, quelques minutes dehors, à tendre le micro, suffisaient à refroidir mon corps. Elle, cette jeune femme enceinte n'avait pas tout cet équipement, rien à manger non plus. Elle avait froid. Faim. Elle n'avait pas mangé depuis des heures et des heures. Des contractions régulières la faisaient souffrir. Mais elle avait été déposée là, alors que la nuit arrivait, et qu'il n'y avait nulle part où dormir convenablement.

Je me rappelle avoir été choquée. En colère. Triste aussi. Si je dois rentrer dans un récit plus personnel, j'ajouterai que moi aussi, je suis enceinte, quand je réalise ce reportage. Que j'ai le même âge qu'elle, ou presque. À cet instant, en face de cette femme, je mesure le gouffre qui nous sépare. La sécurité. La confiance en l'avenir.

Le médecin met d'abord les contractions sur le compte du froid, de la peur, de la fatigue, du stress

Et encore, je ne savais pas tout. Elle avait peur de la presse, ne voulait pas trop parler. Son mari, en revanche, m'a expliqué longuement leur situation : la difficulté de trouver un travail en Italie... d'obtenir des papiers. "J'ai commencé à mendier pour nourrir ma femme et maintenant elle est enceinte. Je veux vivre une vie meilleure en France. Mais je ne sais plus quoi faire... Je n'ai pas d'argent avec moi, de maison pour mettre à l'abri ma femme et mon bébé. Elle n'est pas assez forte pour marcher. Qu'est ce qu'ils veulent que je fasse ? Je suis fatigué."

Ce qu'il ne me dit pas alors, c'est que sa femme souffre d'un lymphome, un cancer du système lymphatique et qu'elle souhaite rejoindre sa sœur en France, pour terminer sa grossesse.

Le médecin que je suis, Carola, demande à Beauty de l'accompagner. Elle lui ouvre, exceptionnellement, un petit local chauffé, où les bénévoles s'organisent le soir venu pour venir en aide aux exilés qui arrivent ici chaque jour. Carola pose délicatement les mains sur son ventre, lui demande si elle a mal quelque part. Beauty répond faiblement, dans un italien parfait. Oui, elle a mal. Le médecin met d'abord les contractions sur le compte du froid, de la peur, de la fatigue, du stress. Elle lui propose de s'allonger. Beauty ne peut pas rester allongée. Elle est enceinte de 5 mois, et ne parvient pas à bien respirer dans cette position. Son visage est douloureux. Elle se rassoit, grignote un biscuit salé, et explique qu'elle n'a jamais été suivie en Italie, pour sa grossesse. La peur de devoir payer des soins avec un argent qu'elle n'a pas. C'est le déclencheur pour le médecin. Elle appelle les secours. Beauty devra raconter une, deux, trois fois, aux ambulanciers puis à un nouveau médecin, ce qui se passe. Est-ce qu'on la soupçonne de seulement chercher à se mettre à l'abri pour la nuit ? C'est ce que je me demande, tout au long de ces entretiens.

Qui aurait pu imaginer la suite ?

Dans les articles qui racontent sa mort, il est expliqué qu'elle avait été admise en France, que c'est son mari qui a été refoulé à la frontière, mais qu'elle a voulu rester avec lui. Ça ne m'étonne pas. Elle était terrorisée à l'idée d'être seule. Quand les secours l'ont finalement emmenée, elle avait la hantise de laisser sa valise en gare de Bardonecchia. Elle répétait sans cesse "Et ma valise ? Pourquoi je ne peux pas la garder ?" Ce bagage, c'était tout ce qui lui restait. Alors être séparée de son mari ? Enceinte ? Après ce qu'ils avaient traversé tous les deux ?

J'ai perdu sa trace ici, quand les ambulanciers ont accepté de laisser monter son mari dans le véhicule "parce que vous êtes dans une situation particulière". Elle est transportée à l'hôpital. Quand je demande des nouvelles au médecin, le lendemain, Carola me dit seulement qu'elle a pu passer la nuit au chaud, dans un lit, qu'elle a été examinée.

Qui aurait pu imaginer la suite ? Qu'elle était gravement malade. Qu'elle allait en mourir. Que son enfant allait naître grand prématuré. Il est né le 15 mars à Turin et pesait 700 grammes.

Je sais peu de choses de cette femme. Sans doute pas assez pour écrire plus longuement et sûrement à son sujet. 

Mais son histoire est de celles qui devraient nous hanter

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Vite dit

2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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