En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Source : Mediapart - Yves Faucoup - 9/4/2018

Tandis que la discussion sur le projet de loi asile et immigration se poursuit avec des députés se prononçant contre l'interdiction de la rétention des enfants, partout en France des citoyens se mobilisent. A Toulouse, des Cahiers de doléances viennent d'être déposés en Préfecture, dans le Gers des collectifs se créent en soutien aux familles menacées d'expulsion.

Cahiers de doléances

Comme jadis, dans des temps où le peuple réclamait des droits fondamentaux, 24 organisations de Haute-Garonne ont dressé des Cahier des doléances afin de les remettre au Préfet. Des collectifs et citoyens mobilisés à titre individuel s'associent à cette démarche. Il s'agit de défendre les droits des étrangers présents sur notre territoire et de veiller à ce que "les valeurs républicaines continuent à vivre ici et ailleurs".

Le document comprend 31 pages et est rédigé d'une façon étayée et documentée. Il démonte les arguments consistant à dire que les migrants viennent pour profiter de notre richesse, de notre protection sociale, qu'ils sont dangereux, que ce sont des hordes qui s'agglutinent en masse à nos frontières. Il rappelle que beaucoup sont là depuis des années, "ayant construit des liens sociaux et familiaux" : "ils/elles ne repartiront pas car ils/elles ne le peuvent plus. Ils/elles sont bien trop inserré·e·s dans notre société", vivant auprès de nous, parfois dans des conditions indignes pour survivre, mais "espérant un avenir pour leurs enfants". Et de rappeler au Préfet la devise républicaine.

Toulouse, 7 avril [Ph. EGM Toulouse) 

 "Nous n'avons pas eu besoin de chercher longtemps les mots que nous choisissons pour parler d’elles et d’eux. La seule réalité est la présence à côté de nous de femmes, d’hommes et d’enfants qui chaque jour ont peur, et, par voie de conséquence, ne peuvent construire sereinement leur avenir. Des hommes, des femmes et des enfants qui sont maltraité-e-s dans notre pays desdits « Droits de l’Homme », pourchassé·e·s, enfermé·e·s… uniquement parce qu’ils n’ont pas de papiers."

 Le dossier décline plusieurs thèmes qu'il développe à chaque fois, travaillés par des groupes actifs de militants de terrain : Droit et Asile, Scolarisation, Formation et Travail, Santé, Rétention et Expulsion, Mineurs Isolés, Femmes et Violences, Conditions de vie.

cahier-de-doleances

Les auteurs de ces cahiers ne se contente pas de critiquer ce qui est en place, la façon dont les migrants sont traités, mais font des propositions, déclinées tout au long des thèmes abordés.

 . Cahiers de doléances 

 . Rappel : rapport de l'an dernier sur l'accueil des migrants en Préfecture : Préfecture de Haute-Garonne : maltraitance envers les étrangers

 

Samedi 7 avril, les 24 organisations, qui ont appelé en Haute-Garonne aux États Généraux des Migrations, distribuaient des tracts partout dans Toulouse et alentours, avec un intérêt manifeste des passants. Puis, en début d'après-midi, une manifestation d'environ 500 personnes a eu lieu, avec prises de parole à Jean-Jaurès. Les manifestants se sont dirigés ensuite vers le monument aux morts, avec textes lus par des jeunes qui ont été éjectés du centre des mineurs isolés et qui sont regroupés dans un hôtel réquisitionné.

Le cahier de doléances a été remis en Préfecture. Le Préfet n'ayant pas accepté de recevoir une délégation samedi, c'est le poste de garde qui a reçu le cahier de doléances : la délégation est reçue ce lundi en fin d'après-midi.

[Ph. EGM Tlse]

. les 24 : ACAT 31, Amnesty International, ATD quart monde Occitanie, la Case de Santé, CCFD - Terre Solidaire 31, le Cercle des Voisins de Cornebarrieu, la CGT31, la Cimade, Collectif Cugnaux Sans papier, Collectif étrangers malade 31, Collectif sans papiers Tournefeuille, la Confédération Syndicale des familles 31, le DAL 31, Emmaüs31, la FCPE, la F.S.U. 31, la LDH 31, Médecins du Monde, le Mouvement pour la Paix31, RESF31, le RETSER, le Secours Catholique – Caritas France, Union des Étudiants de Toulouse.

Toulouse, 7 avril [Ph. EGM Toulouse) 

En France, 470 grandes associations se sont unies en juin 2017 pour créer les États Généraux des Migrations, que le gouvernement refusait d'organiser. Et pour démonter et contester le projet de loi asile et immigration de Gérard Collomb. Grand rassemblement prévu à Paris les 26 et 27 mai prochain.

La Fraternité en marche

Toujours en Occitanie, samedi 7 avril après-midi, à l'initiative de 14 associations (qui ont le soutien des syndicats, du Planning et du Collectif anti-fachiste), une rencontre des collectifs d'aide aux migrants et des citoyens intéressés a eu lieu dans un village du Gers, à Touget, près de Mauvezin, au sein de la Ferme de la Culture. En plusieurs villes et villages du Gers, des associations se sont créées pour aider des demandeurs d'asile dans leurs démarches, pour les héberger, et parfois protéger des déboutés, désormais sans papiers, ayant souvent des enfants scolarisés.

Rencontre des collectifs gersois à la Ferme de la Culture (Gers), le 7 avril [Ph. YF] 

Ainsi, une association de L'Isle-Jourdain vient en aide à 4 familles. Une association de Lectoure a hébergé une famille kurde, et aujourd'hui deux familles albanaises (ce qui suppose soutien financier et alimentaire). Terre d'accueil à Masseube, créée par Accueil migrants 32, a organisé l'hébergement de deux familles. Sont organisés des baptêmes républicains (par des particuliers) ou parrainages républicains (par des collectivités). A Mauvezin, Solidarité Migrants Porte de Gascogne prend en charge deux familles, dont l'une avec le soutien de la mairie : une élue, lors de cette rencontre à Touget, expose l'engagement de sa collectivité. Par ailleurs, une élue départementale décrit l'implication du Département du Gers envers les mineurs non accompagnés (300 jeunes depuis septembre 2017, arrivant au rythme de 4 ou 5 par jour, avant leur répartition en France par une plate-forme nationale).

Des participants réclament que les communes qui refusent tout acte de solidarité soient connues, que leurs noms soient révélés. Des réfugiés témoignent, ainsi qu'un enfant de 11 ans, qui parle albanais, allemand, et français très bien alors qu'il n'est ici que depuis un an et demi : il suit une scolarité normale, fait du foot, du théâtre et de la guitare. Sa joie de vivre illumine l'assemblée. Puis des enseignants racontent leur vécu et leur confrontation à des drames : des enfants menacés d'être expulsés, sous prétexte qu'ils viennent de pays "sûrs", où pourtant leur famille souffrait de persécutions. L'une explique : "il était hors de question qu'on les laisse à la rue, alors on s'est mobilisé pour financer un logement".

Le parcours du demandeur d'asile et les modifications prévues par le projet de loi en cours sont exposés par Agnès Méric, pour le Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) et Renée Courtade, pour Amnesty International. Tout est fait pour faciliter le renvoi, loi basée sur le soupçon, projet qui se croit "équilibré" parce qu'il oppose les "bons" migrants aux "mauvais" qu'on va renvoyer "chez eux".

Site de Parlem-Tv 

Puis un court-métrage de ParlemTv, L'école accueille, elle n'expulse pas, réalisé par Jean-Luc Galvan, présente une action à Nogaro. Enfin, un long métrage, Entre-deux, de Nicolas Straseele, non sorti en salle, est projeté (il circule seulement dans les festivals, visages non floutés). Ce documentaire montre comment des Français dans le nord de la France, à Bailleul, se mettent en quatre pour accueillir, héberger, alphabétiser… prenant le risque d'affronter des interdits, offrant qui une salle chauffée, qui un moyen de transport. Des soins doivent être prodigués par des généralistes bénévoles car certains migrants, après un long trajet d'exil semé d'embûches, sont épuisés, angoissés, dépressifs, victimes d'insomnies, gardant les traces de vilaines blessures non cicatrisées (que ce soit une mine en Afghanistan, un camion ayant renversé un exilé, ou un brûlé pour s'être caché dans un véhicule frigorifique). Les récits sont parfois effrayants comme ces 15 morts dans le désert de Lybie. Ces hommes et ces quelques femmes expriment leur reconnaissance devant cette assistance, espérant pouvoir un jour compter que sur eux-mêmes : "nous apprenons ici l'entraide, les droits de l'homme, la démocratie, l'égalité". L'un, stigmatisant les "chefs d'État corrompus", constate : "nous sommes des victimes, mais aussi des combattants de la liberté".

sans-titre-2

Que ce soit les témoignages livrés dans le Gers ou les images des films, on éprouve une certaine émotion à voir cet engagement de citoyens qui font honneur à la République. Les uns parce que c'est comme ça : ses familles expulsées ou ces êtres humains dormant dans la rue, c'est tout simplement insupportable, les autres parce qu'ils pensent à leurs propres enfants et ne voudraient pas qu'ils puissent vivre dans de telles conditions. Imaginons un seul instant que personne n'ait réagi, ne soit monté au créneau de la solidarité ! Un jour, peut-être, on se souviendra que certains n'ont pas baissé la garde et que, face à un rejet grandissant des principes d'humanité, partout des hommes et des femmes se sont levés pour affirmer, au contraire, la nécessaire fraternité.

La soirée à Touget s'est terminée en festivité, avec chants et musique [Ph. YF] 

Voir sur ce blog, mon précédent billet qui décrit le parcours du demandeur d'asile avec l'impact de la future loi "Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif" : Loi pour compliquer l'asile et l'immigration.

Sale temps

Le Monde du 6 avril décrit la droite hongroise avec Victor Orban, le premier ministre, qui tient un discours identitaire, tandis que la télévision déverse une logorrhée d'informations angoissantes sur l'immigration. Donne à manger aux corbeaux, ils te crèveront les yeux : alors que Orban a bénéficié dans sa jeunesse d'une bourse du milliardaire juif américain George Soros pour étudier à Oxford, il attise la haine en accusant Soros de vouloir transformer la Hongrie en terre d'immigration. La Hongrie a accueilli exactement 1300 réfugiés en 2017 [0,013 % de la population], conformément à la demande de la Commission Européenne. Mais même ce chiffre dérisoire, Orban le tait pour ne pas avouer qu'il accepte le "diktat de Bruxelles" et l'"invasion musulmane". Sale temps sur l'Europe. [6 avril]

L’Europe au bord du gouffre

Le parti de la droite extrême de Victor Orban obtient 50 % des voix (plus que prévu) et le parti d’extrême droite Jobbik obtient 20 % des voix. Ainsi la droite de la droite, raciste ou xénophobe, obtient près de 70 % des voix. Compte tenu d’un taux de participation de 70 %, on peut dire que la moitié de la Hongrie vote pour des candidats qui font la joie du Front National et de toute l’extrême droite en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas. « Le Monde » cite un jeune hongrois qui relie Bataclan et immigration et loue Trump, Poutine et Orban. De bonnes âmes nous disent que finalement ce serait la naïveté des défenseurs des migrants qui serait fautive. Or la Hongrie n’a accueilli que 1300 réfugiés, chiffre dérisoire, qu’Orban cache pour laisser croire que son pays n’a pas accueilli un seul immigré. Non, la très grande faute, le crime, c’est d’un côté une médiatisation qui a le plus souvent joué sur les peurs alors même que des hommes, des femmes et des enfants avaient besoin que les Européens viennent à leur secours. Et bien sûr, les djihadistes qui voulaient cette extrême-droitisation de l’Europe. Ils sont en train de gagner leur pari avec la « complicité » de ces partis dont certains sont fascisants. Le but étant de créer le chaos en provoquant et attisant les haines entre communautés. Plus que jamais, les luttes pour la liberté, l’égalité et la fraternité s’imposent. [9 avril]

La déception des fachos

Quand un attentat se produit, il y a deux catégories d'individus : ceux qui rêvent que ce soit un musulman le coupable, afin de poursuivre leur amalgame, ceux qui espèrent que ce ne soit pas le cas, afin de ne pas donner du grain à moudre aux racistes et islamophobes. Comme il fallait s'y attendre, la fachosphère, malgré les démentis de la police allemande, s'est répandue sur le musulman qui aurait foncé sur la foule à Münster provoquant la mort de deux passants. Ainsi Résistance Républicaine (dont la devise est "le fascisme islamiste ne passera pas", sous-entendu sans doute : celui qui n'est pas islamiste passera), après avoir tout de même noté que la police excluait que ce soit une attaque terroriste, a commenté : "alors, la faute à qui ?", ajoutant "nous sommes quelque peu las des excuses données aux assassins musulmans, attentat après attentat, par les journaleux et par les politiques". A côté de ces nuques raides, il y a aussi des médias qui dérapent : Ouest France a écrit : "Allemagne. Münster : ce que l'on sait sur Jens R., allemand, non musulman". Pourquoi pas "Jens R, blanc, chrétien, d'extrême-droite, friqué et déséquilibré" ? Sans parler que, pour une fois, on a pudiquement caché le nom du tueur. [9 avril]

Murs de papiers

Soutien à mon ami Olivier Cousin, auteur de ce documentaire de grande valeur Un Toit sur la tête, que j'ai présenté ici sur ce blog et qui avait si bien rendu compte des actions de réquisitions de bâtiments publics à Toulouse pour loger les sans-abri. On peut imaginer que ce film sur les sans-papiers, en lien avec la Cimade, sera à la hauteur des autres documentaires d'Olivier, et des armes utiles pour la lutte en faveur des droits humains.

appel à soutien financier : ici.

murs-de-papiers

 

 

Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

⚫️

29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

⚫️

12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

⚫️

Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

⚫️

systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

⚫️

2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

⚫️

9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

⚫️

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

⚫️

IMPORTANT

L'inscription au bulletin hebdomadaire fonctionne à nouveau.
Pour vous inscrire, cliquez sur le bouton "Inscription au Bulletin" en haut à droite des pages.
Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée.

Archive

Powered by mod LCA