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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Yves Faucoup - 9/4/2018

Tandis que la discussion sur le projet de loi asile et immigration se poursuit avec des députés se prononçant contre l'interdiction de la rétention des enfants, partout en France des citoyens se mobilisent. A Toulouse, des Cahiers de doléances viennent d'être déposés en Préfecture, dans le Gers des collectifs se créent en soutien aux familles menacées d'expulsion.

Cahiers de doléances

Comme jadis, dans des temps où le peuple réclamait des droits fondamentaux, 24 organisations de Haute-Garonne ont dressé des Cahier des doléances afin de les remettre au Préfet. Des collectifs et citoyens mobilisés à titre individuel s'associent à cette démarche. Il s'agit de défendre les droits des étrangers présents sur notre territoire et de veiller à ce que "les valeurs républicaines continuent à vivre ici et ailleurs".

Le document comprend 31 pages et est rédigé d'une façon étayée et documentée. Il démonte les arguments consistant à dire que les migrants viennent pour profiter de notre richesse, de notre protection sociale, qu'ils sont dangereux, que ce sont des hordes qui s'agglutinent en masse à nos frontières. Il rappelle que beaucoup sont là depuis des années, "ayant construit des liens sociaux et familiaux" : "ils/elles ne repartiront pas car ils/elles ne le peuvent plus. Ils/elles sont bien trop inserré·e·s dans notre société", vivant auprès de nous, parfois dans des conditions indignes pour survivre, mais "espérant un avenir pour leurs enfants". Et de rappeler au Préfet la devise républicaine.

Toulouse, 7 avril [Ph. EGM Toulouse) 

 "Nous n'avons pas eu besoin de chercher longtemps les mots que nous choisissons pour parler d’elles et d’eux. La seule réalité est la présence à côté de nous de femmes, d’hommes et d’enfants qui chaque jour ont peur, et, par voie de conséquence, ne peuvent construire sereinement leur avenir. Des hommes, des femmes et des enfants qui sont maltraité-e-s dans notre pays desdits « Droits de l’Homme », pourchassé·e·s, enfermé·e·s… uniquement parce qu’ils n’ont pas de papiers."

 Le dossier décline plusieurs thèmes qu'il développe à chaque fois, travaillés par des groupes actifs de militants de terrain : Droit et Asile, Scolarisation, Formation et Travail, Santé, Rétention et Expulsion, Mineurs Isolés, Femmes et Violences, Conditions de vie.

cahier-de-doleances

Les auteurs de ces cahiers ne se contente pas de critiquer ce qui est en place, la façon dont les migrants sont traités, mais font des propositions, déclinées tout au long des thèmes abordés.

 . Cahiers de doléances 

 . Rappel : rapport de l'an dernier sur l'accueil des migrants en Préfecture : Préfecture de Haute-Garonne : maltraitance envers les étrangers

 

Samedi 7 avril, les 24 organisations, qui ont appelé en Haute-Garonne aux États Généraux des Migrations, distribuaient des tracts partout dans Toulouse et alentours, avec un intérêt manifeste des passants. Puis, en début d'après-midi, une manifestation d'environ 500 personnes a eu lieu, avec prises de parole à Jean-Jaurès. Les manifestants se sont dirigés ensuite vers le monument aux morts, avec textes lus par des jeunes qui ont été éjectés du centre des mineurs isolés et qui sont regroupés dans un hôtel réquisitionné.

Le cahier de doléances a été remis en Préfecture. Le Préfet n'ayant pas accepté de recevoir une délégation samedi, c'est le poste de garde qui a reçu le cahier de doléances : la délégation est reçue ce lundi en fin d'après-midi.

[Ph. EGM Tlse]

. les 24 : ACAT 31, Amnesty International, ATD quart monde Occitanie, la Case de Santé, CCFD - Terre Solidaire 31, le Cercle des Voisins de Cornebarrieu, la CGT31, la Cimade, Collectif Cugnaux Sans papier, Collectif étrangers malade 31, Collectif sans papiers Tournefeuille, la Confédération Syndicale des familles 31, le DAL 31, Emmaüs31, la FCPE, la F.S.U. 31, la LDH 31, Médecins du Monde, le Mouvement pour la Paix31, RESF31, le RETSER, le Secours Catholique – Caritas France, Union des Étudiants de Toulouse.

Toulouse, 7 avril [Ph. EGM Toulouse) 

En France, 470 grandes associations se sont unies en juin 2017 pour créer les États Généraux des Migrations, que le gouvernement refusait d'organiser. Et pour démonter et contester le projet de loi asile et immigration de Gérard Collomb. Grand rassemblement prévu à Paris les 26 et 27 mai prochain.

La Fraternité en marche

Toujours en Occitanie, samedi 7 avril après-midi, à l'initiative de 14 associations (qui ont le soutien des syndicats, du Planning et du Collectif anti-fachiste), une rencontre des collectifs d'aide aux migrants et des citoyens intéressés a eu lieu dans un village du Gers, à Touget, près de Mauvezin, au sein de la Ferme de la Culture. En plusieurs villes et villages du Gers, des associations se sont créées pour aider des demandeurs d'asile dans leurs démarches, pour les héberger, et parfois protéger des déboutés, désormais sans papiers, ayant souvent des enfants scolarisés.

Rencontre des collectifs gersois à la Ferme de la Culture (Gers), le 7 avril [Ph. YF] 

Ainsi, une association de L'Isle-Jourdain vient en aide à 4 familles. Une association de Lectoure a hébergé une famille kurde, et aujourd'hui deux familles albanaises (ce qui suppose soutien financier et alimentaire). Terre d'accueil à Masseube, créée par Accueil migrants 32, a organisé l'hébergement de deux familles. Sont organisés des baptêmes républicains (par des particuliers) ou parrainages républicains (par des collectivités). A Mauvezin, Solidarité Migrants Porte de Gascogne prend en charge deux familles, dont l'une avec le soutien de la mairie : une élue, lors de cette rencontre à Touget, expose l'engagement de sa collectivité. Par ailleurs, une élue départementale décrit l'implication du Département du Gers envers les mineurs non accompagnés (300 jeunes depuis septembre 2017, arrivant au rythme de 4 ou 5 par jour, avant leur répartition en France par une plate-forme nationale).

Des participants réclament que les communes qui refusent tout acte de solidarité soient connues, que leurs noms soient révélés. Des réfugiés témoignent, ainsi qu'un enfant de 11 ans, qui parle albanais, allemand, et français très bien alors qu'il n'est ici que depuis un an et demi : il suit une scolarité normale, fait du foot, du théâtre et de la guitare. Sa joie de vivre illumine l'assemblée. Puis des enseignants racontent leur vécu et leur confrontation à des drames : des enfants menacés d'être expulsés, sous prétexte qu'ils viennent de pays "sûrs", où pourtant leur famille souffrait de persécutions. L'une explique : "il était hors de question qu'on les laisse à la rue, alors on s'est mobilisé pour financer un logement".

Le parcours du demandeur d'asile et les modifications prévues par le projet de loi en cours sont exposés par Agnès Méric, pour le Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) et Renée Courtade, pour Amnesty International. Tout est fait pour faciliter le renvoi, loi basée sur le soupçon, projet qui se croit "équilibré" parce qu'il oppose les "bons" migrants aux "mauvais" qu'on va renvoyer "chez eux".

Site de Parlem-Tv 

Puis un court-métrage de ParlemTv, L'école accueille, elle n'expulse pas, réalisé par Jean-Luc Galvan, présente une action à Nogaro. Enfin, un long métrage, Entre-deux, de Nicolas Straseele, non sorti en salle, est projeté (il circule seulement dans les festivals, visages non floutés). Ce documentaire montre comment des Français dans le nord de la France, à Bailleul, se mettent en quatre pour accueillir, héberger, alphabétiser… prenant le risque d'affronter des interdits, offrant qui une salle chauffée, qui un moyen de transport. Des soins doivent être prodigués par des généralistes bénévoles car certains migrants, après un long trajet d'exil semé d'embûches, sont épuisés, angoissés, dépressifs, victimes d'insomnies, gardant les traces de vilaines blessures non cicatrisées (que ce soit une mine en Afghanistan, un camion ayant renversé un exilé, ou un brûlé pour s'être caché dans un véhicule frigorifique). Les récits sont parfois effrayants comme ces 15 morts dans le désert de Lybie. Ces hommes et ces quelques femmes expriment leur reconnaissance devant cette assistance, espérant pouvoir un jour compter que sur eux-mêmes : "nous apprenons ici l'entraide, les droits de l'homme, la démocratie, l'égalité". L'un, stigmatisant les "chefs d'État corrompus", constate : "nous sommes des victimes, mais aussi des combattants de la liberté".

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Que ce soit les témoignages livrés dans le Gers ou les images des films, on éprouve une certaine émotion à voir cet engagement de citoyens qui font honneur à la République. Les uns parce que c'est comme ça : ses familles expulsées ou ces êtres humains dormant dans la rue, c'est tout simplement insupportable, les autres parce qu'ils pensent à leurs propres enfants et ne voudraient pas qu'ils puissent vivre dans de telles conditions. Imaginons un seul instant que personne n'ait réagi, ne soit monté au créneau de la solidarité ! Un jour, peut-être, on se souviendra que certains n'ont pas baissé la garde et que, face à un rejet grandissant des principes d'humanité, partout des hommes et des femmes se sont levés pour affirmer, au contraire, la nécessaire fraternité.

La soirée à Touget s'est terminée en festivité, avec chants et musique [Ph. YF] 

Voir sur ce blog, mon précédent billet qui décrit le parcours du demandeur d'asile avec l'impact de la future loi "Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif" : Loi pour compliquer l'asile et l'immigration.

Sale temps

Le Monde du 6 avril décrit la droite hongroise avec Victor Orban, le premier ministre, qui tient un discours identitaire, tandis que la télévision déverse une logorrhée d'informations angoissantes sur l'immigration. Donne à manger aux corbeaux, ils te crèveront les yeux : alors que Orban a bénéficié dans sa jeunesse d'une bourse du milliardaire juif américain George Soros pour étudier à Oxford, il attise la haine en accusant Soros de vouloir transformer la Hongrie en terre d'immigration. La Hongrie a accueilli exactement 1300 réfugiés en 2017 [0,013 % de la population], conformément à la demande de la Commission Européenne. Mais même ce chiffre dérisoire, Orban le tait pour ne pas avouer qu'il accepte le "diktat de Bruxelles" et l'"invasion musulmane". Sale temps sur l'Europe. [6 avril]

L’Europe au bord du gouffre

Le parti de la droite extrême de Victor Orban obtient 50 % des voix (plus que prévu) et le parti d’extrême droite Jobbik obtient 20 % des voix. Ainsi la droite de la droite, raciste ou xénophobe, obtient près de 70 % des voix. Compte tenu d’un taux de participation de 70 %, on peut dire que la moitié de la Hongrie vote pour des candidats qui font la joie du Front National et de toute l’extrême droite en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas. « Le Monde » cite un jeune hongrois qui relie Bataclan et immigration et loue Trump, Poutine et Orban. De bonnes âmes nous disent que finalement ce serait la naïveté des défenseurs des migrants qui serait fautive. Or la Hongrie n’a accueilli que 1300 réfugiés, chiffre dérisoire, qu’Orban cache pour laisser croire que son pays n’a pas accueilli un seul immigré. Non, la très grande faute, le crime, c’est d’un côté une médiatisation qui a le plus souvent joué sur les peurs alors même que des hommes, des femmes et des enfants avaient besoin que les Européens viennent à leur secours. Et bien sûr, les djihadistes qui voulaient cette extrême-droitisation de l’Europe. Ils sont en train de gagner leur pari avec la « complicité » de ces partis dont certains sont fascisants. Le but étant de créer le chaos en provoquant et attisant les haines entre communautés. Plus que jamais, les luttes pour la liberté, l’égalité et la fraternité s’imposent. [9 avril]

La déception des fachos

Quand un attentat se produit, il y a deux catégories d'individus : ceux qui rêvent que ce soit un musulman le coupable, afin de poursuivre leur amalgame, ceux qui espèrent que ce ne soit pas le cas, afin de ne pas donner du grain à moudre aux racistes et islamophobes. Comme il fallait s'y attendre, la fachosphère, malgré les démentis de la police allemande, s'est répandue sur le musulman qui aurait foncé sur la foule à Münster provoquant la mort de deux passants. Ainsi Résistance Républicaine (dont la devise est "le fascisme islamiste ne passera pas", sous-entendu sans doute : celui qui n'est pas islamiste passera), après avoir tout de même noté que la police excluait que ce soit une attaque terroriste, a commenté : "alors, la faute à qui ?", ajoutant "nous sommes quelque peu las des excuses données aux assassins musulmans, attentat après attentat, par les journaleux et par les politiques". A côté de ces nuques raides, il y a aussi des médias qui dérapent : Ouest France a écrit : "Allemagne. Münster : ce que l'on sait sur Jens R., allemand, non musulman". Pourquoi pas "Jens R, blanc, chrétien, d'extrême-droite, friqué et déséquilibré" ? Sans parler que, pour une fois, on a pudiquement caché le nom du tueur. [9 avril]

Murs de papiers

Soutien à mon ami Olivier Cousin, auteur de ce documentaire de grande valeur Un Toit sur la tête, que j'ai présenté ici sur ce blog et qui avait si bien rendu compte des actions de réquisitions de bâtiments publics à Toulouse pour loger les sans-abri. On peut imaginer que ce film sur les sans-papiers, en lien avec la Cimade, sera à la hauteur des autres documentaires d'Olivier, et des armes utiles pour la lutte en faveur des droits humains.

appel à soutien financier : ici.

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Vite dit

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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