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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Mediapart - Yves Faucoup - 9/4/2018

Tandis que la discussion sur le projet de loi asile et immigration se poursuit avec des députés se prononçant contre l'interdiction de la rétention des enfants, partout en France des citoyens se mobilisent. A Toulouse, des Cahiers de doléances viennent d'être déposés en Préfecture, dans le Gers des collectifs se créent en soutien aux familles menacées d'expulsion.

Cahiers de doléances

Comme jadis, dans des temps où le peuple réclamait des droits fondamentaux, 24 organisations de Haute-Garonne ont dressé des Cahier des doléances afin de les remettre au Préfet. Des collectifs et citoyens mobilisés à titre individuel s'associent à cette démarche. Il s'agit de défendre les droits des étrangers présents sur notre territoire et de veiller à ce que "les valeurs républicaines continuent à vivre ici et ailleurs".

Le document comprend 31 pages et est rédigé d'une façon étayée et documentée. Il démonte les arguments consistant à dire que les migrants viennent pour profiter de notre richesse, de notre protection sociale, qu'ils sont dangereux, que ce sont des hordes qui s'agglutinent en masse à nos frontières. Il rappelle que beaucoup sont là depuis des années, "ayant construit des liens sociaux et familiaux" : "ils/elles ne repartiront pas car ils/elles ne le peuvent plus. Ils/elles sont bien trop inserré·e·s dans notre société", vivant auprès de nous, parfois dans des conditions indignes pour survivre, mais "espérant un avenir pour leurs enfants". Et de rappeler au Préfet la devise républicaine.

Toulouse, 7 avril [Ph. EGM Toulouse) 

 "Nous n'avons pas eu besoin de chercher longtemps les mots que nous choisissons pour parler d’elles et d’eux. La seule réalité est la présence à côté de nous de femmes, d’hommes et d’enfants qui chaque jour ont peur, et, par voie de conséquence, ne peuvent construire sereinement leur avenir. Des hommes, des femmes et des enfants qui sont maltraité-e-s dans notre pays desdits « Droits de l’Homme », pourchassé·e·s, enfermé·e·s… uniquement parce qu’ils n’ont pas de papiers."

 Le dossier décline plusieurs thèmes qu'il développe à chaque fois, travaillés par des groupes actifs de militants de terrain : Droit et Asile, Scolarisation, Formation et Travail, Santé, Rétention et Expulsion, Mineurs Isolés, Femmes et Violences, Conditions de vie.

cahier-de-doleances

Les auteurs de ces cahiers ne se contente pas de critiquer ce qui est en place, la façon dont les migrants sont traités, mais font des propositions, déclinées tout au long des thèmes abordés.

 . Cahiers de doléances 

 . Rappel : rapport de l'an dernier sur l'accueil des migrants en Préfecture : Préfecture de Haute-Garonne : maltraitance envers les étrangers

 

Samedi 7 avril, les 24 organisations, qui ont appelé en Haute-Garonne aux États Généraux des Migrations, distribuaient des tracts partout dans Toulouse et alentours, avec un intérêt manifeste des passants. Puis, en début d'après-midi, une manifestation d'environ 500 personnes a eu lieu, avec prises de parole à Jean-Jaurès. Les manifestants se sont dirigés ensuite vers le monument aux morts, avec textes lus par des jeunes qui ont été éjectés du centre des mineurs isolés et qui sont regroupés dans un hôtel réquisitionné.

Le cahier de doléances a été remis en Préfecture. Le Préfet n'ayant pas accepté de recevoir une délégation samedi, c'est le poste de garde qui a reçu le cahier de doléances : la délégation est reçue ce lundi en fin d'après-midi.

[Ph. EGM Tlse]

. les 24 : ACAT 31, Amnesty International, ATD quart monde Occitanie, la Case de Santé, CCFD - Terre Solidaire 31, le Cercle des Voisins de Cornebarrieu, la CGT31, la Cimade, Collectif Cugnaux Sans papier, Collectif étrangers malade 31, Collectif sans papiers Tournefeuille, la Confédération Syndicale des familles 31, le DAL 31, Emmaüs31, la FCPE, la F.S.U. 31, la LDH 31, Médecins du Monde, le Mouvement pour la Paix31, RESF31, le RETSER, le Secours Catholique – Caritas France, Union des Étudiants de Toulouse.

Toulouse, 7 avril [Ph. EGM Toulouse) 

En France, 470 grandes associations se sont unies en juin 2017 pour créer les États Généraux des Migrations, que le gouvernement refusait d'organiser. Et pour démonter et contester le projet de loi asile et immigration de Gérard Collomb. Grand rassemblement prévu à Paris les 26 et 27 mai prochain.

La Fraternité en marche

Toujours en Occitanie, samedi 7 avril après-midi, à l'initiative de 14 associations (qui ont le soutien des syndicats, du Planning et du Collectif anti-fachiste), une rencontre des collectifs d'aide aux migrants et des citoyens intéressés a eu lieu dans un village du Gers, à Touget, près de Mauvezin, au sein de la Ferme de la Culture. En plusieurs villes et villages du Gers, des associations se sont créées pour aider des demandeurs d'asile dans leurs démarches, pour les héberger, et parfois protéger des déboutés, désormais sans papiers, ayant souvent des enfants scolarisés.

Rencontre des collectifs gersois à la Ferme de la Culture (Gers), le 7 avril [Ph. YF] 

Ainsi, une association de L'Isle-Jourdain vient en aide à 4 familles. Une association de Lectoure a hébergé une famille kurde, et aujourd'hui deux familles albanaises (ce qui suppose soutien financier et alimentaire). Terre d'accueil à Masseube, créée par Accueil migrants 32, a organisé l'hébergement de deux familles. Sont organisés des baptêmes républicains (par des particuliers) ou parrainages républicains (par des collectivités). A Mauvezin, Solidarité Migrants Porte de Gascogne prend en charge deux familles, dont l'une avec le soutien de la mairie : une élue, lors de cette rencontre à Touget, expose l'engagement de sa collectivité. Par ailleurs, une élue départementale décrit l'implication du Département du Gers envers les mineurs non accompagnés (300 jeunes depuis septembre 2017, arrivant au rythme de 4 ou 5 par jour, avant leur répartition en France par une plate-forme nationale).

Des participants réclament que les communes qui refusent tout acte de solidarité soient connues, que leurs noms soient révélés. Des réfugiés témoignent, ainsi qu'un enfant de 11 ans, qui parle albanais, allemand, et français très bien alors qu'il n'est ici que depuis un an et demi : il suit une scolarité normale, fait du foot, du théâtre et de la guitare. Sa joie de vivre illumine l'assemblée. Puis des enseignants racontent leur vécu et leur confrontation à des drames : des enfants menacés d'être expulsés, sous prétexte qu'ils viennent de pays "sûrs", où pourtant leur famille souffrait de persécutions. L'une explique : "il était hors de question qu'on les laisse à la rue, alors on s'est mobilisé pour financer un logement".

Le parcours du demandeur d'asile et les modifications prévues par le projet de loi en cours sont exposés par Agnès Méric, pour le Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) et Renée Courtade, pour Amnesty International. Tout est fait pour faciliter le renvoi, loi basée sur le soupçon, projet qui se croit "équilibré" parce qu'il oppose les "bons" migrants aux "mauvais" qu'on va renvoyer "chez eux".

Site de Parlem-Tv 

Puis un court-métrage de ParlemTv, L'école accueille, elle n'expulse pas, réalisé par Jean-Luc Galvan, présente une action à Nogaro. Enfin, un long métrage, Entre-deux, de Nicolas Straseele, non sorti en salle, est projeté (il circule seulement dans les festivals, visages non floutés). Ce documentaire montre comment des Français dans le nord de la France, à Bailleul, se mettent en quatre pour accueillir, héberger, alphabétiser… prenant le risque d'affronter des interdits, offrant qui une salle chauffée, qui un moyen de transport. Des soins doivent être prodigués par des généralistes bénévoles car certains migrants, après un long trajet d'exil semé d'embûches, sont épuisés, angoissés, dépressifs, victimes d'insomnies, gardant les traces de vilaines blessures non cicatrisées (que ce soit une mine en Afghanistan, un camion ayant renversé un exilé, ou un brûlé pour s'être caché dans un véhicule frigorifique). Les récits sont parfois effrayants comme ces 15 morts dans le désert de Lybie. Ces hommes et ces quelques femmes expriment leur reconnaissance devant cette assistance, espérant pouvoir un jour compter que sur eux-mêmes : "nous apprenons ici l'entraide, les droits de l'homme, la démocratie, l'égalité". L'un, stigmatisant les "chefs d'État corrompus", constate : "nous sommes des victimes, mais aussi des combattants de la liberté".

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Que ce soit les témoignages livrés dans le Gers ou les images des films, on éprouve une certaine émotion à voir cet engagement de citoyens qui font honneur à la République. Les uns parce que c'est comme ça : ses familles expulsées ou ces êtres humains dormant dans la rue, c'est tout simplement insupportable, les autres parce qu'ils pensent à leurs propres enfants et ne voudraient pas qu'ils puissent vivre dans de telles conditions. Imaginons un seul instant que personne n'ait réagi, ne soit monté au créneau de la solidarité ! Un jour, peut-être, on se souviendra que certains n'ont pas baissé la garde et que, face à un rejet grandissant des principes d'humanité, partout des hommes et des femmes se sont levés pour affirmer, au contraire, la nécessaire fraternité.

La soirée à Touget s'est terminée en festivité, avec chants et musique [Ph. YF] 

Voir sur ce blog, mon précédent billet qui décrit le parcours du demandeur d'asile avec l'impact de la future loi "Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif" : Loi pour compliquer l'asile et l'immigration.

Sale temps

Le Monde du 6 avril décrit la droite hongroise avec Victor Orban, le premier ministre, qui tient un discours identitaire, tandis que la télévision déverse une logorrhée d'informations angoissantes sur l'immigration. Donne à manger aux corbeaux, ils te crèveront les yeux : alors que Orban a bénéficié dans sa jeunesse d'une bourse du milliardaire juif américain George Soros pour étudier à Oxford, il attise la haine en accusant Soros de vouloir transformer la Hongrie en terre d'immigration. La Hongrie a accueilli exactement 1300 réfugiés en 2017 [0,013 % de la population], conformément à la demande de la Commission Européenne. Mais même ce chiffre dérisoire, Orban le tait pour ne pas avouer qu'il accepte le "diktat de Bruxelles" et l'"invasion musulmane". Sale temps sur l'Europe. [6 avril]

L’Europe au bord du gouffre

Le parti de la droite extrême de Victor Orban obtient 50 % des voix (plus que prévu) et le parti d’extrême droite Jobbik obtient 20 % des voix. Ainsi la droite de la droite, raciste ou xénophobe, obtient près de 70 % des voix. Compte tenu d’un taux de participation de 70 %, on peut dire que la moitié de la Hongrie vote pour des candidats qui font la joie du Front National et de toute l’extrême droite en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas. « Le Monde » cite un jeune hongrois qui relie Bataclan et immigration et loue Trump, Poutine et Orban. De bonnes âmes nous disent que finalement ce serait la naïveté des défenseurs des migrants qui serait fautive. Or la Hongrie n’a accueilli que 1300 réfugiés, chiffre dérisoire, qu’Orban cache pour laisser croire que son pays n’a pas accueilli un seul immigré. Non, la très grande faute, le crime, c’est d’un côté une médiatisation qui a le plus souvent joué sur les peurs alors même que des hommes, des femmes et des enfants avaient besoin que les Européens viennent à leur secours. Et bien sûr, les djihadistes qui voulaient cette extrême-droitisation de l’Europe. Ils sont en train de gagner leur pari avec la « complicité » de ces partis dont certains sont fascisants. Le but étant de créer le chaos en provoquant et attisant les haines entre communautés. Plus que jamais, les luttes pour la liberté, l’égalité et la fraternité s’imposent. [9 avril]

La déception des fachos

Quand un attentat se produit, il y a deux catégories d'individus : ceux qui rêvent que ce soit un musulman le coupable, afin de poursuivre leur amalgame, ceux qui espèrent que ce ne soit pas le cas, afin de ne pas donner du grain à moudre aux racistes et islamophobes. Comme il fallait s'y attendre, la fachosphère, malgré les démentis de la police allemande, s'est répandue sur le musulman qui aurait foncé sur la foule à Münster provoquant la mort de deux passants. Ainsi Résistance Républicaine (dont la devise est "le fascisme islamiste ne passera pas", sous-entendu sans doute : celui qui n'est pas islamiste passera), après avoir tout de même noté que la police excluait que ce soit une attaque terroriste, a commenté : "alors, la faute à qui ?", ajoutant "nous sommes quelque peu las des excuses données aux assassins musulmans, attentat après attentat, par les journaleux et par les politiques". A côté de ces nuques raides, il y a aussi des médias qui dérapent : Ouest France a écrit : "Allemagne. Münster : ce que l'on sait sur Jens R., allemand, non musulman". Pourquoi pas "Jens R, blanc, chrétien, d'extrême-droite, friqué et déséquilibré" ? Sans parler que, pour une fois, on a pudiquement caché le nom du tueur. [9 avril]

Murs de papiers

Soutien à mon ami Olivier Cousin, auteur de ce documentaire de grande valeur Un Toit sur la tête, que j'ai présenté ici sur ce blog et qui avait si bien rendu compte des actions de réquisitions de bâtiments publics à Toulouse pour loger les sans-abri. On peut imaginer que ce film sur les sans-papiers, en lien avec la Cimade, sera à la hauteur des autres documentaires d'Olivier, et des armes utiles pour la lutte en faveur des droits humains.

appel à soutien financier : ici.

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Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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