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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : STREETPRESS - Tomas Statius , Tommy Dessine - 16/4/2018

Bavures en serie au centre de retention du Mesnil Amelot 27 plaintes en 2017

UN POLICIER ME HURLAIT "FILS DE PUTE RETOURNE DANS TON PAYS" TOUT EN ME DONNANT DES COUPS DE POING

Insultes racistes, passage à tabac loin des caméras, crachat au visage... StreetPress s'est procuré 27 plaintes pour violences policières, déposées par des étrangers retenus au centre de rétention du Mesnil-Amelot, pour la seule année 2017.

Mesnil-Amelot (77) - Au bout des pistes de l’aéroport de Roissy, la grande bâtisse aux fenêtres striées de barreaux a tout d’une prison. Derrière les hauts murs qui enserrent le centre de rétention administrative (Cra), près de 160 sans-papiers attendent une possible expulsion, soumis aux humeurs des policiers chargés des lieux. Crachat au visage, insultes à caractère raciste, étranglements, passages à tabac, mais aussi brimades et humiliations, ici les abus des fonctionnaires sont légion. StreetPress s’est procuré 27 plaintes, déposées au cours de la seule année 2017, par des étrangers « retenus » dans cette prison qui ne dit pas son nom.

La grande majorité – 13 plaintes – concerne des faits de violence commis à l’intérieur même du centre. « L’un deux [un policier] m’a fait un balayage des jambes et m’a frappé avec le coude au niveau de la mâchoire », écrit ainsi Ryad (1). « [Un policier] chauve a commencé à me frapper très fort, surtout au visage. (…) Un troisième policier a utilisé un taser sur moi. J’ai tremblé et je suis tombé à terre inconscient », relate quant à lui Dawood (1). Sept témoignent de violences policières commises lors de l’interpellation des retenus. « J’ai été poussé au sol et contre un mur. J’ai eu la main droite fracturée », explique par exemple l’un d’entre eux. Les sept restantes concernent des violences commises durant des expulsions (cinq plaintes) ou des transferts (deux).

Existe-t-il d’autres plaintes dont nous n’avons eu connaissance ? Contacté par StreetPress, le procureur de la République de Meaux n’a pas été en mesure de nous répondre. Il précise cependant qu’aucune n’a, à ce jour, aboutit à une condamnation. Plusieurs retenus font, par ailleurs état de pression et de leur inquiétude à l’idée de témoigner contre la police. Comme Diame (1) :

« J’ai mis un peu de temps car j’avais peur des représailles. »

Ces plaintes livrent toutefois un aperçu brut de la violence qui règne derrière les grilles de la plus grande prison pour sans-papiers de France.

Tasé à la volée

Au printemps 2017, Adrian (1) reçoit une heureuse visite. Sa fille et sa femme ont décidé de venir le voir. Cela fait trois semaines que ce citoyen roumain est enfermé au centre de rétention administrative, dans l’attente de son expulsion. Au distributeur du centre, Adrian achète des chocolats pour les offrir à sa môme. Alors qu’il s’apprête à les lui donner, « 4 policiers (2 hommes et 2 femmes) sont entrés. Ils ont commencé à me coller de force contre la porte. Ils m’ont pris à la gorge, m’ont frappé », raconte Adrian :

« [Puis] les policiers m’ont emmené hors de la salle de visite. L’un d’eux m’a mis des coups de poing à la tête et à l’abdomen et m’a cogné la tête contre le mur. Une des policières, qui avait des cheveux teintés de rouge, m’a craché dessus. »

Quand il annonce vouloir saisir la justice, l’un des policiers l’aurait menacé. « Il m’a dit que si je portais plainte, j’irais en prison », avant de détruire son téléphone d’un coup de talon, soutient le jeune homme.

 « Un policier m’a étranglé au niveau de la porte d’entrée, près de la machine à café » / Crédits : Tommy Dessine  « Un policier m’a étranglé au niveau de la porte d’entrée, près de la machine à café » / Crédits : Tommy Dessine

C’est une histoire de café, cette fois, qui a valu à Dawood une altercation avec les officiers de police du centre. À l’été 2017, le jeune homme d’une vingtaine d’années s’approche des deux policiers qui gardent l’entrée de la zone de vie du Cra. Il veut simplement acheter un expresso à la machine à café, installée juste derrière eux :

« Les policiers répondent “No coffee, no coffee”. »

Dawood proteste. Les esprits s’échauffent. Les fonctionnaires le frappent au visage, affirme-t-il. Avant qu’un tir de taser ne le mette K.O. Dawood est ensuite emmené aux urgences. A son retour, il est menotté aux poignets et aux chevilles. Les policiers lui auraient même enfilé un casque sur la tête. Ainsi entravé, il aurait passé la nuit dans l’une des cellules d’isolement du centre.

Vie quotidienne

Dawood et Adrian ne sont pas les seuls à avoir passé un sale quart d’heure. Une demi-douzaine de plaintes décrivent des scènes similaires. À la lecture de ces PVs, ce sont les contours d’une violence inscrite dans la vie quotidienne du centre qui se dessine. Diame a reçu des claques alors qu’elle sortait de sa chambre. Amina (1), quant à elle, venait chercher le petit-déjeuner quand « deux policiers, un homme et une femme sont arrivés » :

« Sans un mot, la femme m’a fait une clé de bras très douloureuse et m’a attrapé par le cou alors que je ne me débattais pas. »

Des larmes coulent sur les joues de la jeune femme. La policière lui explique alors que l’heure du petit-déjeuner est passée.

« Un policier m’a étranglé au niveau de la porte d’entrée, près de la machine à café », écrit de son côté Saïd (1) dans une plainte déposée à l’hiver 2017. L’ado, pressant, voulait faire de la monnaie au bureau de l’office français pour l’immigration et l’intégration, pour acheter un soda, affirme-t-il. Le policier a peu goûté son impatience. C’est au seuil de la lingerie que Marwan (1), lui, a eu affaire aux policiers. Fin février 2017, à 9h, le jeune tunisien est en route pour faire sa lessive quand « un policier a donné un coup de pied dans mon linge ». Le fonctionnaire demande au jeune homme de sortir de la pièce. Ce dernier refuse :

« Il m’a étranglé contre le mur en me maintenant d’une main à la gorge, de l’autre le poignet et avec son genou contre mon ventre.  »
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A l’abri des regards

Selon plusieurs retenus, les policiers mettent également en place des stratégies pour ne pas laisser trop de traces quand ils dépassent les bornes. Lakdar (1) raconte ainsi que les fonctionnaires l’ont emmené en « salle de visite », loin des caméras, pour lui administrer une correction.

Selon d’autres, c’est plutôt en cellule d’isolement que se déroule une partie des violences. Comme pour Bogdan (1). Avril 2017 vers 17h, il est dans les bureaux de l’OFII, quand son interlocuteur lui demande d’aller chercher sa carte de retenu qu’il a oublié dans sa chambre. En revenant, il tombe sur un policier. « Ho, tu vas où toi ? », interroge ce dernier. Le jeune homme, originaire de Roumanie rétorque qu’il est attendu. Le fonctionnaire conteste et le repousse. Le ton monte. Bogdan est frappé au torse, déclare-t-il, avant de subir « une clé d’étranglement ». Le jeune homme aurait ensuite été envoyé au mitard pour un quart d’heure. Le temps pour cinq policiers de lui demander de s’excuser. « Sinon c’est 45 jours au mitard. On est pas en Roumanie, ici », aurait lancé l’un des fonctionnaires.

Momo le terrible

Dans les couloirs du Mesnil-Amelot, son nom circule souvent, mais à demi-mot. « Momo » ou Mohammed, est l’un des policiers en civil affectés au Cra 3. Deux plaintes le visent, comme celle de Baccar (1). Après avoir séparé ce presque quadragénaire de deux autres retenus qui tentaient de lui dérober ses affaires, Momo l’aurait emmené dans une salle d’isolement où il l’aurait menacé : « Moi je peux te taper ici, je peux te laisser ici, personne ne va rien voir. Il n’y pas de caméra ni personne. »  Avant que son collègue ne lui donne une gifle.

Mario (1) affirme avoir vécu une scène similaire. Tout part d’une complainte du jeune homme, plutôt mal en point, qui souhaitait se rendre à l’infirmerie. Avant de changer d’avis. Momo voit rouge. Il l’aurait poussé jusqu’au local où sont rangés les bagages des retenus, affirme le jeune homme. Devant cinq ou six policiers, Mohammed l’aurait frappé à plusieurs reprises. Face au protestation du jeune homme, les policiers opposent :

« T’avais qu’à pas venir en France. »

« You will go to Afghanistan, and you will cry »

Plusieurs plaintes visent également des faits de violence commis au cours d’expulsions. Certains récits, plutôt détaillés, ont tout du calvaire. Comme Vlad (1), kosovar, dont la tentative d’expulsion avortée s’est achevée dans un déluge de violence. Pieds et poings liés, l’homme proteste au milieu d’une nuée de policiers et de passagers interloqués :

« Un policier me tenait les pieds tandis qu’un autre en uniforme me hurlait dessus “fils de pute retourne dans ton pays” ou “ferme ta bouche sale chien” tout en me saisissant à la gorge et en me donnant des coups de poing sur le visage et derrière le crâne. »

Il finit par descendre de l’avion, face aux protestations du commandant de bord. Ahmet (1) a vécu peu ou prou la même histoire. On l’emmène à l’aéroport. Lui aussi est attaché. Lui aussi proteste. « [Les policiers] menaçaient qu’ils me battraient si j’adressais la parole aux autres passagers. » Quelques minutes plus tard, les fonctionnaires joignent le geste à la parole, affirme le jeune afghan. Coups de poing, de coude, de genou et tentative d’étranglement pour l’empêcher de parler. Là aussi, le commandant de bord met fin au déluge de viomence. « Tu vas voir, on va t’envoyer en Afghanistan et tu vas pleurer », bougonne finalement un policier.

Centre de rétention 2
« [Un policier] chauve a commencé à me frapper très fort, surtout au visage. » / Crédits : Tommy Dessine

Idem pour Marek (1). On l’emmène du Cra de Metz à l’aéroport Charles-de-Gaulle. L’homme doit embarquer sur un vol à direction de Pristina (Kosovo). Le jeune homme, jambes croisées, est entravé en 3 endroits « aux chevilles, aux genoux et aux cuisses. De sorte que ma circulation sanguine était coupée », explique-t-il dans son dépôt de plainte. Dans l’appereil, les policiers le frappent, à de nombreuses reprises, affirme Marek :  

« Ils m’ont jeté sur les sièges du fond de l’avion (…) [puis] huit policiers ont commencé à me frapper. »

Les coups durent presque 15 minutes, soutient le jeune homme. Les passagers sont choqués. Marek descend de l’avion :

« Je n’arrivais plus à respirer. »  

Encore une fois, l’expulsion sera repoussée et Marek atterrit au Cra du Mesnil-Amelot.

Et la suite ?

Malgré ces 27 plaintes déposées sur la seule année 2017, les chances de voir un procès sont minces. Contacté par StreetPress, le procureur de la République de Meaux, Dominique Laurens, indique que « la plupart » des plaintes ont été classées « sans suite dans la mesure où il est démontré qu’en réalité les violences alléguées sont commises dans le cadre d’une intervention justifiée. » Certaines sont encore en cours d’instruction. Quant aux plaintes relatives à des faits commis hors du Cra, elles ont été transmises au parquet compétent. Mais à notre connaissance, aucun de ces dossiers n’a – pour le moment – abouti à un procès.

(1). Les prénoms ont été modifiés.
Contacté par StreetPress, la Direction générale de la police nationale n’a pas répondu à nos questions et nous a renvoyé vers le Parquet.

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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