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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Les invités de Mediapart - 16/4/2018

Le parquet de Turin vient de délivrer une commission rogatoire européenne pour interroger les cinq douaniers français qui, sans avertir les autorités italiennes, sont entrés le 30 mars dans un local attenant à la gare de Bardonecchia afin de soumettre un Nigérian à un test toxicologique. L'universitaire Martina Tazzioli, qui se trouvait ce jour-là dans le local de la commune alpine frontalière, a publié un témoignage détaillé sur Open Democracy. En voici la traduction.

 

TÉMOIGNAGE SUR PLACE ET ANALYSE : POURQUOI DES DOUANIERS FRANÇAIS OBLIGENT UN NIGÉRIAN À URINER EN ITALIE

Bardonnecchia, Italie – Le durcissement des contrôles migratoires aux frontières intérieures de l’Europe se fait dans la violence. Loin de se borner à un contrôler le franchissement, les États-membres de l’UE revoient leurs politiques de frontières pour assurer leur pouvoir souverain et consolider leurs prérogatives d’Etat, par exemple l’anti-terrorisme. Cela se fait par le biais d’accords bilatéraux entre les polices nationales, et par des menaces envers les réseaux de solidarité qui viennent en aide aux migrants. L’irruption dans une pièce de la gare de Bardonecchia, en Italie à quelques kilomètres de la frontière, et la crise diplomatique qu’elle a provoquée, révèlent sans équivoque quels enjeux politiques gouvernent la coopération aux frontières.

Lorsque, le 31 mars 2018, des douaniers français ont fait irruption je me trouvais là, pour mener des entretiens avec Rainbow for Africa dans le cadre de mon projet de recherche sur les réseaux de solidarité avec les migrants. J’étais dans une petite pièce où l’ONG, avec l’autorisation de la municipalité de Bardonecchia, accueille pour la nuit des migrants qui tentent de passer en France. Les douaniers sont arrivés vers 20h, armés de revolvers et de Tasers, en affirmant qu’un agrément bilatéral signé avec l’Italie dans les années 60 leur conférait le droit d’entrer. Ils tenaient fermement  un citoyen nigérian arrêté dans le train qu’ils voulaient soumettre à un test de dépistage de drogues.

Un médiateur culturel et linguistique de l’ONG, "non-blanc", a essayé de les en dissuader. « Pas d’armes ici, a-t-il dit, personne n’est autorisé à faire dans cette pièce des tests anti-drogue arbitraires ». L’un des douaniers a hurlé « la ferme, ça ne te regarde pas », et s’est dirigé vers les toilettes à l’arrière de la pièce avec le Nigérian. Celui-ci voyageait de Paris à Naples, avec un billet de train en règle et un permis de séjour en Italie, et ne comprenait pas un mot de ce que criaient les Français, qui ne s’exprimaient que dans leur langue.

Le test s’est révélé négatif, et ils l’ont relâché, jetant ses affaires sur le sol et partant avant l’arrivée de la police italienne. Une crise diplomatique a éclaté : le ministère italien de l’Intérieur a demandé des explications à l’ambassadeur de France à Rome, qui a excipé d’un accord trans-frontière bilatéral signé avec l’Italie en 1990, selon lequel « les douaniers français sont autorisés à intervenir sur le territoire italien ». L’Italie a répondu que les Français ne pouvaient plus utiliser cette pièce dans la gare, puisqu’elle était désormais réservée à l’accueil des migrants. Bien plus, comme l’explique l’Association des études juridiques (ASGI), selon les accords bilatéraux entre la France et l’Italie, « la police française peut agir sur le territoire italien, mais dans des circonstances spécifiques et déterminées […] et toujours en collaboration avec la police italienne ». Bien plus, l’arrestation et la fouille arbitraires du citoyen nigérian, ainsi qu’un test forcé d’urine sur la base du profilage racial (un homme noir repéré par la police française à bord d’un train à grande vitesse), révèlent des enjeux politiques qui dépassent la question des migrations.

Souveraineté sur quoi ?

Que nous apprend cette affaire ? Comment l’analyser, à la lumière de la coopération des polices des frontières française et italienne ? Dès le lendemain, les politiciens italiens ont affirmé la nécessité de reprendre le contrôle sur les frontières de l’Etat. « Nous devrions expulser d’Italie les diplomates français » a déclaré Matteo Salvini, le chef du parti populiste de droite Lega Nord. Sa réaction, parmi d’autres, met en avant la souveraineté nationale, déplaçant le débat de l’intervention arbitraire sur un migrant vers l’intrusion armée des Français en Italie.

La collaboration policière transfrontière entre les deux pays existe de longue date : l’accord de Chambéry de 1997 en établit les règles. Plus récemment, le 15 mars 2012, les préfectures de Gap et de Turin ont signé un nouvel accord bilatéral transfrontière pour le contrôle des mouvements migratoires et l’arrestation des suspects de terrorisme. La tension politique à la frontière s’est accentuée ces trois dernières années, pour deux raisons : la suspension de Schengen par la France en mai 2015, et le nombre toujours plus grand de migrants qui risquent leur vie en passant par les Alpes pour échapper aux contrôles frontaliers.

« Vous ne devriez pas vous risquer par ici. La traversée des Alpes est trop dangereuse en ce moment, avec la neige qu’il y a, c’est la mort assurée », dit un policier italien à quatre migrants somaliens arrivés par la ligne de train régionale Turin-Bardonecchia. «­ Si vous voulez être encore en vie demain, ne tentez pas de passer. Et si vous y arrivez les Français vous ramèneront ici, en Italie ». Avertissement bien intentionné en même temps qu’exemple de la tactique de dissuasion déployée le long de la frontière, ces mots illustrent les différentes attitudes des deux côtés de la frontière.

Faire la chasse aux migrants ou les empêcher de passer intéresse peu les Italiens ; ce sont les Français qui patrouillent sans cesse et refoulent les migrants vers l’Italie. Devant le risque mortel très élevé et la forte probabilité de refoulement de ceux qui réussissent, les ONG locales et la police italienne essaient de décourager les migrants. Quand la police française les repère, ils sont renvoyés en camionnette à Bardonecchia et lâchés devant le grand square qui jouxte la gare.

« Parfois ils donnent un papier aux migrants, d’autres fois ils n’enregistrent même pas officiellement le refoulement », dit un activiste du mouvement NoTav (1). « Les migrants savent que la traversée est extrêmement difficile. 10% seulement parviennent en France dès la première tentative, les autres recommencent sans cesse. La police, de son côté, compte sur l’épuisement des migrants, du aux conditions climatiques extrêmes et à la difficulté d’une traversée en altitude, pour qu’ils renoncent et demandent l’asile en Italie. »

« Le problème ce n’est pas la neige, c’est la frontière »

Derrière les enjeux de collaboration aux frontières et de souveraineté nationale, on trouve le réglement Dublin. Les deux Etats essaient de ne pas laisser entrer de potentiels demandeurs d’asile, et la France renvoie les migrants en Italie. Ces refoulements répétés ont de graves conséquences sur les migrants, qui doivent retenter le passage tout en changeant sans arrêt d’itinéraire.

Bien plus, quand les douaniers français ont bousculé les travailleurs de l’ONG dans la gare de Bardonecchia, ce n’était pas seulement pour les intimider, mais aussi – du moins à mon sens – pour envoyer un message à tous les réseaux de solidarité avec les migrants du Val de Suse. A côté de Rainbow for Africa, qui gère avec l’autorisation de la municipalité ce lieu temporaire de soins médicaux et d’accueil, des activistes et des citoyens du village de Clavière ont établi un espace de solidarité, sans l’appui des autorités locales.

Clavière, à deux kilomètres de la frontière, est l’autre point de passage principal des migrants. A la différence de Bardonecchia, la municipalité n’a pas ouvert de lieu d’accueil, et des citoyens ont décidé le 24 mars dernier d’occuper un lieu dans l’église. Le prêtre s’est déclaré contre l’occupation, mais les autorités locales n’ont pu expulser les occupants, du fait du statut extra-territorial de l’église. Bien plus, l’occupation a été soutenue par de nombreux citoyens, dans la région et au-delà.

L’église occupée n’est pas qu’un endroit où les migrants peuvent s’arrêter et se reposer avant de tenter le passage. En tant que lieu de solidarité, c’est un défi lancé aux logiques étatiques de « gestion migratoire ». Face aux refoulements répétés et aux dangers des passages dans les Alpes, les occupants de l’église refusent le discours de l’urgence humanitaire, qui considère les migrants comme des victimes désespérées à arracher à la montagne et à la neige. Comme l’a dit quelqu’un, « le problème ce ne sont pas les montagnes, l’urgence ce n’est pas la neige. Le problème c’est la frontière, qui oblige les migrants à traverser ici dans ces conditions ».

La frontière franco-italienne est caractérisée par la coopération frontalière active, et par des conflits autour des interventions arbitraires des polices. Mais en même temps c’est un lieu de solidarité croissante entre les structures de solidarité des deux pays. Celles-ci sont menacées car le soutien qu’elles apportent aux migrants est bien plus qu’un simple geste humanitaire. Contre la coopération des polices des deux pays, et au-delà des conflits de souveraineté, la coopération transfrontalière se renforce tandis que les citoyens défient leurs gouvernements en devenant des « délinquants de la solidarité ».

Martina Tazzioli est universitaire en géographie politique à l’université de Swansea. Elle est l’auteure de Spaces of Governmentality: Autonomous Migration and the Arab Uprisings (2015), co-auteure avec Glenda Garelli de Tunisia as a Revolutionized Space of Migration (2016), co-éditrice de Foucault and the History of Our Present (2015) et de Foucault and the Making of Subjects (2016). Elle est co-fondatrice de la revue Materialifoucaultiani et fait partie du comité de rédaction du Radical Philosophy Journal.

Paru originellement le 3 avril 2018 sur Open Democracy Crossed boundaries? Migrants and police on the French-Italian border, traduit de l’anglais par Isabelle Saint-Saëns.

(1) NdT : « Non au train à grande vitesse », mouvement de la vallée de Suse, né dans le milieu des années 90 contre le projet de  ligne à grande vitesse Lyon-Turin (TAV : treno ad alta velocità). Nombreuses manifestations violemment réprimées. En 2013  l’écrivain Erri De Luca, solidaire du mouvement, est accusé d'incitation au sabotage par la société Lyon Turin Ferroviaire. Il est relaxé en 2015.

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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