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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Les invités de Mediapart - 16/4/2018

Le parquet de Turin vient de délivrer une commission rogatoire européenne pour interroger les cinq douaniers français qui, sans avertir les autorités italiennes, sont entrés le 30 mars dans un local attenant à la gare de Bardonecchia afin de soumettre un Nigérian à un test toxicologique. L'universitaire Martina Tazzioli, qui se trouvait ce jour-là dans le local de la commune alpine frontalière, a publié un témoignage détaillé sur Open Democracy. En voici la traduction.

 

TÉMOIGNAGE SUR PLACE ET ANALYSE : POURQUOI DES DOUANIERS FRANÇAIS OBLIGENT UN NIGÉRIAN À URINER EN ITALIE

Bardonnecchia, Italie – Le durcissement des contrôles migratoires aux frontières intérieures de l’Europe se fait dans la violence. Loin de se borner à un contrôler le franchissement, les États-membres de l’UE revoient leurs politiques de frontières pour assurer leur pouvoir souverain et consolider leurs prérogatives d’Etat, par exemple l’anti-terrorisme. Cela se fait par le biais d’accords bilatéraux entre les polices nationales, et par des menaces envers les réseaux de solidarité qui viennent en aide aux migrants. L’irruption dans une pièce de la gare de Bardonecchia, en Italie à quelques kilomètres de la frontière, et la crise diplomatique qu’elle a provoquée, révèlent sans équivoque quels enjeux politiques gouvernent la coopération aux frontières.

Lorsque, le 31 mars 2018, des douaniers français ont fait irruption je me trouvais là, pour mener des entretiens avec Rainbow for Africa dans le cadre de mon projet de recherche sur les réseaux de solidarité avec les migrants. J’étais dans une petite pièce où l’ONG, avec l’autorisation de la municipalité de Bardonecchia, accueille pour la nuit des migrants qui tentent de passer en France. Les douaniers sont arrivés vers 20h, armés de revolvers et de Tasers, en affirmant qu’un agrément bilatéral signé avec l’Italie dans les années 60 leur conférait le droit d’entrer. Ils tenaient fermement  un citoyen nigérian arrêté dans le train qu’ils voulaient soumettre à un test de dépistage de drogues.

Un médiateur culturel et linguistique de l’ONG, "non-blanc", a essayé de les en dissuader. « Pas d’armes ici, a-t-il dit, personne n’est autorisé à faire dans cette pièce des tests anti-drogue arbitraires ». L’un des douaniers a hurlé « la ferme, ça ne te regarde pas », et s’est dirigé vers les toilettes à l’arrière de la pièce avec le Nigérian. Celui-ci voyageait de Paris à Naples, avec un billet de train en règle et un permis de séjour en Italie, et ne comprenait pas un mot de ce que criaient les Français, qui ne s’exprimaient que dans leur langue.

Le test s’est révélé négatif, et ils l’ont relâché, jetant ses affaires sur le sol et partant avant l’arrivée de la police italienne. Une crise diplomatique a éclaté : le ministère italien de l’Intérieur a demandé des explications à l’ambassadeur de France à Rome, qui a excipé d’un accord trans-frontière bilatéral signé avec l’Italie en 1990, selon lequel « les douaniers français sont autorisés à intervenir sur le territoire italien ». L’Italie a répondu que les Français ne pouvaient plus utiliser cette pièce dans la gare, puisqu’elle était désormais réservée à l’accueil des migrants. Bien plus, comme l’explique l’Association des études juridiques (ASGI), selon les accords bilatéraux entre la France et l’Italie, « la police française peut agir sur le territoire italien, mais dans des circonstances spécifiques et déterminées […] et toujours en collaboration avec la police italienne ». Bien plus, l’arrestation et la fouille arbitraires du citoyen nigérian, ainsi qu’un test forcé d’urine sur la base du profilage racial (un homme noir repéré par la police française à bord d’un train à grande vitesse), révèlent des enjeux politiques qui dépassent la question des migrations.

Souveraineté sur quoi ?

Que nous apprend cette affaire ? Comment l’analyser, à la lumière de la coopération des polices des frontières française et italienne ? Dès le lendemain, les politiciens italiens ont affirmé la nécessité de reprendre le contrôle sur les frontières de l’Etat. « Nous devrions expulser d’Italie les diplomates français » a déclaré Matteo Salvini, le chef du parti populiste de droite Lega Nord. Sa réaction, parmi d’autres, met en avant la souveraineté nationale, déplaçant le débat de l’intervention arbitraire sur un migrant vers l’intrusion armée des Français en Italie.

La collaboration policière transfrontière entre les deux pays existe de longue date : l’accord de Chambéry de 1997 en établit les règles. Plus récemment, le 15 mars 2012, les préfectures de Gap et de Turin ont signé un nouvel accord bilatéral transfrontière pour le contrôle des mouvements migratoires et l’arrestation des suspects de terrorisme. La tension politique à la frontière s’est accentuée ces trois dernières années, pour deux raisons : la suspension de Schengen par la France en mai 2015, et le nombre toujours plus grand de migrants qui risquent leur vie en passant par les Alpes pour échapper aux contrôles frontaliers.

« Vous ne devriez pas vous risquer par ici. La traversée des Alpes est trop dangereuse en ce moment, avec la neige qu’il y a, c’est la mort assurée », dit un policier italien à quatre migrants somaliens arrivés par la ligne de train régionale Turin-Bardonecchia. «­ Si vous voulez être encore en vie demain, ne tentez pas de passer. Et si vous y arrivez les Français vous ramèneront ici, en Italie ». Avertissement bien intentionné en même temps qu’exemple de la tactique de dissuasion déployée le long de la frontière, ces mots illustrent les différentes attitudes des deux côtés de la frontière.

Faire la chasse aux migrants ou les empêcher de passer intéresse peu les Italiens ; ce sont les Français qui patrouillent sans cesse et refoulent les migrants vers l’Italie. Devant le risque mortel très élevé et la forte probabilité de refoulement de ceux qui réussissent, les ONG locales et la police italienne essaient de décourager les migrants. Quand la police française les repère, ils sont renvoyés en camionnette à Bardonecchia et lâchés devant le grand square qui jouxte la gare.

« Parfois ils donnent un papier aux migrants, d’autres fois ils n’enregistrent même pas officiellement le refoulement », dit un activiste du mouvement NoTav (1). « Les migrants savent que la traversée est extrêmement difficile. 10% seulement parviennent en France dès la première tentative, les autres recommencent sans cesse. La police, de son côté, compte sur l’épuisement des migrants, du aux conditions climatiques extrêmes et à la difficulté d’une traversée en altitude, pour qu’ils renoncent et demandent l’asile en Italie. »

« Le problème ce n’est pas la neige, c’est la frontière »

Derrière les enjeux de collaboration aux frontières et de souveraineté nationale, on trouve le réglement Dublin. Les deux Etats essaient de ne pas laisser entrer de potentiels demandeurs d’asile, et la France renvoie les migrants en Italie. Ces refoulements répétés ont de graves conséquences sur les migrants, qui doivent retenter le passage tout en changeant sans arrêt d’itinéraire.

Bien plus, quand les douaniers français ont bousculé les travailleurs de l’ONG dans la gare de Bardonecchia, ce n’était pas seulement pour les intimider, mais aussi – du moins à mon sens – pour envoyer un message à tous les réseaux de solidarité avec les migrants du Val de Suse. A côté de Rainbow for Africa, qui gère avec l’autorisation de la municipalité ce lieu temporaire de soins médicaux et d’accueil, des activistes et des citoyens du village de Clavière ont établi un espace de solidarité, sans l’appui des autorités locales.

Clavière, à deux kilomètres de la frontière, est l’autre point de passage principal des migrants. A la différence de Bardonecchia, la municipalité n’a pas ouvert de lieu d’accueil, et des citoyens ont décidé le 24 mars dernier d’occuper un lieu dans l’église. Le prêtre s’est déclaré contre l’occupation, mais les autorités locales n’ont pu expulser les occupants, du fait du statut extra-territorial de l’église. Bien plus, l’occupation a été soutenue par de nombreux citoyens, dans la région et au-delà.

L’église occupée n’est pas qu’un endroit où les migrants peuvent s’arrêter et se reposer avant de tenter le passage. En tant que lieu de solidarité, c’est un défi lancé aux logiques étatiques de « gestion migratoire ». Face aux refoulements répétés et aux dangers des passages dans les Alpes, les occupants de l’église refusent le discours de l’urgence humanitaire, qui considère les migrants comme des victimes désespérées à arracher à la montagne et à la neige. Comme l’a dit quelqu’un, « le problème ce ne sont pas les montagnes, l’urgence ce n’est pas la neige. Le problème c’est la frontière, qui oblige les migrants à traverser ici dans ces conditions ».

La frontière franco-italienne est caractérisée par la coopération frontalière active, et par des conflits autour des interventions arbitraires des polices. Mais en même temps c’est un lieu de solidarité croissante entre les structures de solidarité des deux pays. Celles-ci sont menacées car le soutien qu’elles apportent aux migrants est bien plus qu’un simple geste humanitaire. Contre la coopération des polices des deux pays, et au-delà des conflits de souveraineté, la coopération transfrontalière se renforce tandis que les citoyens défient leurs gouvernements en devenant des « délinquants de la solidarité ».

Martina Tazzioli est universitaire en géographie politique à l’université de Swansea. Elle est l’auteure de Spaces of Governmentality: Autonomous Migration and the Arab Uprisings (2015), co-auteure avec Glenda Garelli de Tunisia as a Revolutionized Space of Migration (2016), co-éditrice de Foucault and the History of Our Present (2015) et de Foucault and the Making of Subjects (2016). Elle est co-fondatrice de la revue Materialifoucaultiani et fait partie du comité de rédaction du Radical Philosophy Journal.

Paru originellement le 3 avril 2018 sur Open Democracy Crossed boundaries? Migrants and police on the French-Italian border, traduit de l’anglais par Isabelle Saint-Saëns.

(1) NdT : « Non au train à grande vitesse », mouvement de la vallée de Suse, né dans le milieu des années 90 contre le projet de  ligne à grande vitesse Lyon-Turin (TAV : treno ad alta velocità). Nombreuses manifestations violemment réprimées. En 2013  l’écrivain Erri De Luca, solidaire du mouvement, est accusé d'incitation au sabotage par la société Lyon Turin Ferroviaire. Il est relaxé en 2015.

 

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Vite dit

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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