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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Marie Cosnay - 19/5/2018

Les juges ont perdu, ont perdu la bataille de la justice parce que la bataille de la justice ne peut pas aller avec le racisme qui consiste à ne voir dans le noir qu’un noir, peu importe son âge, de ne voir sur un front que des rides, quels que soient les chagrins.

On a tous perdu. On a tout perdu en protection de l’enfance. On est dans un département qui a perdu son combat en terme de protection de l’enfance. On est dans un département qui a tout perdu en terme de protection de l’enfance étrangère et isolée, celle qui est venue à pieds après des mois ou des années de route, de désert et de naufrage et de camps de rétention d’Europe.

Les salariés du département le disent, leur temps de travail est immense, leur stress, n’en parlons pas, c’est un tsunami qui tombe sur nous, un véritable tsunami. Rien n’est prêt, on n’a pas vu venir. On est débordés. Les flots, tout ça. Les salariées n’ont certainement pas eu de bonnes pratiques, on vous l’accorde, mais depuis ils se sont fait taper sur les doigts et tentent de mettre en place de nouveaux dispositifs. Les nouveaux dispositifs n’ont pas eu le temps de fabriquer encore de bonnes pratiques. En attendant les bonnes pratiques et le peu de calme qu’on peut espérer de soi-même (ce n’est pas si mal), on souffre du manque de financements, ce n’est ni une vue de l’esprit ni un prétexte à mauvaises pratiques.

A propos de salariés qui craquent, une anecdote.
Un jeune homme, 16 ans, venu de Guinée, a besoin de récupérer son ordonnance de placement provisoire émise par le juge des enfants de Rodez avant qu’il ne soit envoyé, au titre de la répartition nationale, dans le département qui nous occupe et qui maltraite, les Pyrénées Atlantiques.

J’ai écrit : le département qui maltraite.
Oui, le département maltraite.
Les salariés manquent de calme et de temps et la cellule de l’enfance en danger manque de moyens, tout cela est vrai, personne ne veut jouer le rôle du bourreau ou de l’ogre des contes tragiques dans la vie d’un enfant, personne n’a fait ses études pour jouer l’ogre ou le bourreau mais de métier à métier, de bureau à bureau, avec ou sans connaître les enfants, plutôt sans les connaître, le département maltraite, non les enfants, tout le monde serait offusqué, mais un chiffre, un tout petit chiffre, 1% d’enfants répartis sur son territoire, ce territoire présidé par Jean Jacques Lasserre. 1%, un peu moins même, d’enfants étrangers que le territoire de Jean Jacques Lasserre doit accueillir, en vertu du protocole liant ce territoire et l’Etat.

Revenons à l’anecdote.
L’enfant veut son ordonnance de placement provisoire. Celle-ci prouvera qu’il était protégé comme mineur, que le département des Pyrénées Atlantiques a eu tort de le contrôler biométriquement, comme s’il demandait un asile qu’il ne demande pas, comme s’il n’était pas mineur, comme si un département ne l’avait pas dit. Où est donc l’OPP ? L’OPP est au greffe du tribunal de Pau, elle nous attend les bras ouverts, elle prouve que l’enfant a été évalué, reconnu, protégé, elle prouve qu’une juge des enfants a été saisie par le procureur et que pendant que la juge était saisie, le département, en la personne de la responsable de la cellule de l’enfance en danger, Maryvonne de Ravignan, envoyait l’enfant à la police aux frontières puis en centre de rétention, d’où il ne sortait pas sur le fond de l’affaire, ce fond terrifiant et déloyal, mais grâce à un vice de procédure. L’OPP prouve tout, qui se trouve au greffe du tribunal, un avocat peut demander à la voir, une juge aussi - encore faudra-t-il que celle de Bayonne, saisie et rencontrée, sache qu’elle existe, veuille la voir, la demande, puis en tienne compte. Qui peut d’autre demander l’OPP ? Pas moi, qui ne suis rien pour l’enfant, ni l’enfant puisqu’il est enfant, quoi qu’en pense Pau, le département, Jean-Jaques Lasserre, Maryvonne de Ravignan et la juge des enfants - qui lui voit des rides au front. L’enfant veut son OPP et il a bien raison, elle prouve la maltraitance qu’on lui a faite à Pau après que Rodez l’avait accueilli. Au téléphone nous avons eu d’ailleurs Rodez, furieux de ce que font les Pyrénées Atlantiques, est-ce que je peux revenir à Rodez, dit l’enfant, j’étais bien à Rodez, dit l’enfant, on m’y parlait gentiment.

Revenons à l’anecdote, qu’on n’a toujours pas racontée.
Récit d’un coup de téléphone avec haut-parleur.

Bonjour Isard-Cos, c’est M** S** D**. Je vous téléphone car j’ai besoin de vous pour récupérer mon dossier que vous ne m’avez pas laissez prendre à Pau. L’OPP, surtout.
Vous vous êtes trompés de numéro.
C’est M***
Je ne connais pas de M***.
Fin de la conversation.

J’appelle à mon tour.
Même numéro.
Fonction : rappel.
Isard-Cos bonjour.
Je suis bien à Isard-Cos ?
Bien sûr (agacée, elle venait de le dire).
Excusez-moi, on vient de vous appeler avec M*** mais on lui a dit qu’il s’était trompé de numéro. Je voulais être sûre. Excusez donc notre insistance mais il a quelque chose à vous demander.
Bonjour, c’est M***
M*** ?
C’est moi.
Ici Carine !
Oui.
Comment vas-tu M*** ? ça n’allait pas fort la dernière fois qu’on s’est vus !
J’ai besoin de mon OPP.
Ce n’est pas de mon ressort, tu vas appeler Isabelle Michel, elle te dira comment faire. J’espère que tu vas bien, raconte-moi, etc, etc.

Ce n’est pas du ressort d’Isabelle Michel non plus de donner l’OPP, surtout pas à un mineur - que pourtant elle et ses évaluateurs nient mineur.
Fin de la conversation, l’enfant est effaré. Carine, c’est l’éducatrice qui l’a conduit, il a un petit doute, les prénoms il se souvient bien mais on l’a conduit deux fois à la PAF, une fois c’est Carine et l’autre fois … Agathe, peut-être les deux fois Carine, ça n’allait pas fort ce jour-là, dis-moi, comment vas-tu maintenant, elle l’a conduit à la PAF sachant qu’il irait au centre de rétention et elle disait : c’est une formalité, je serai là derrière la porte - mais il n’y avait rien derrière la porte que les menottes et la voiture de police qui conduisait l’enfant à Hendaye, en centre de rétention, en attente d’expulsion. Les ogres de nos histoires portent de jolis prénoms et sont débordées de travail, elles souffrent au travail, on n’en doute pas une seconde, elles préféreraient sincèrement que M*** leur disent que tout va bien, dans un autre département, tout va bien, non je ne suis pas en Guinée, non pas en prison, je suis avec les bonnes personnes que j’ai rencontrées sur mon chemin.

Elles diraient en lisant ces lignes que rien de tout ça n’est vrai mais que pourtant oui, elles ont conduit, elles diraient que ce n’est pas ça mais que oui, c’est ça quand même, c’est normal, elles sont exactement comme les enfants qui viennent de Guinée et du Cameroun, qui ne peuvent raconter à personne, surtout pas à leurs proches, à quel point c’est dur, l’Europe, parce qu’il faut bien être à la hauteur de ses rêves, Carine et Agathe et les autres ont besoin d’être à la hauteur de leurs rêves d’enfance et dans leurs rêves d’enfance elle protégeaient les enfants.

Une autre anecdote.
Où il est question d’argent, de département et d’Etat.
Ces lignes et hypothèses n’engagent que moi.
Elles ne font pas du département un monstre, simplement une structure administrative qui manque d’argent et détourne joliment ou prudemment les yeux comme on les détourne tous pour que quelque chose (de meilleur pour nous ou pour les autres) puisse avoir lieu.
Ce petit moment d’inattention, vous savez.
Qu’on adore quand c’est une secrétaire qui ne voit pas le papier à cause duquel telle personne ne pourrait pas intégrer cet emploi, cette formation.
Et le contraire, ce moment où une secrétaire (vivent les secrétaires) voit le papier qu’elle n’a pas pu voir parce que le papier qu’il faut avoir pour intégrer tel emploi ou telle formation n’a pas été versé au dossier.
Bref, à propos du manque d’argent du département en matière d’enfants isolés et étrangers, cette hypothèse :
Mettons qu’un enfant soit reconnu mineur dans l’Aveyron. 
Toute ressemblance avec des faits vérifiés n’est pas purement fortuite.
Un enfant est reconnu mineur dans l’Aveyron et il est, par la cellule nationale, envoyé dans un département qui a signé un partenariat avec l’Etat. Il doit recevoir, ce deuxième département, nous parlons des Pyrénées Atlantiques, 0,98 % des enfants protégés nationalement.
On va dire 1% pour simplifier.
L’enfant venu d’Aveyron et reconnu mineur, au lieu de passer devant la juge des enfants convoquée par le Procureur, disparaît, selon les mots mêmes d’une responsable de l’ASE 64, dans la nature.
Ma question est la suivante : quelqu’un a fermé les yeux sur la disparition de l’enfant, ok.
On se souvient : l’enfant s’était évanoui dans la nature.
Est-ce que le département où travaille cette personne épuisée par le tsunami, les flots, les flux, est ce que le département a prévenu l’Etat que le jeune s’était évanoui, afin de rentrer dans son quota d’enfants prévus, le fameux 1% ?
Est-ce que le département a dit à la cellule nationale : cet enfant s’est évanoui, pffff, donnez-m’en donc un autre pour que je sois en règle selon le partenariat que j’ai avec vous ?

Ce n’est pas le moment des questions, j’en ai un grand nombre, elles viendront, en leur temps.
Il y sera question d’argent, encore.
Et des réparations que demande le département aux enfants qu’il maltraite.

Ce n’est pas le moment des questions. C’est celui des constats. Le constat, c’est que nous avons perdu. Le département a perdu la protection des enfants isolés étrangers qui viennent de Guinée, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Mali, etc. Le département a perdu. Les juges ont perdu, ont perdu la bataille de la justice parce que la bataille de la justice ne peut pas aller avec le racisme qui consiste à ne voir dans le noir qu’un noir, peu importe son âge, de ne voir sur un front que des rides, quels que soient les chagrins, dans les enfants à protéger qu’un bataillon crevant de faim et de misère, les juges ont perdu quand elles disent : « je ne fais pas dans l’humanitaire » parce que le jeune qu’on lui présente est noir et adolescent, et la juge a perdu la bataille quand elle dit : « si on protège des mineurs qui sont en fait majeurs ils violeront les petites filles dans les foyers, d’ailleurs il y a eu une histoire comme ça, non ? » ; ce qu’ignore la juge, c’est que l’enfant devant qui elle parle a subi lui-même, dans la plupart des cas, les violences qu’elle dit et en a de l’effroi, les élus ont perdu la bataille quand ils comptent les sous et il faudra voir comment il les comptent puisqu’on les a embauchés, il paraît, les élus ont complètement perdu la bataille quand ils disent que les enfants venus de Guinée, Cameroun, Côte d’Ivoire, 16 ans, des années de marche, de prostitutions, de rabattages et de chargements de colis à Bamako, d’esclavage dans le Nord du Mali, de maçonnerie en Algérie, de travail sur les docks, de manche au Maroc, les élus ont perdu la bataille quand ils disent que ces enfants venus pour étudier, qui ne veulent qu’étudier et qui, quand on le leur permet enfin, étudient pour le plus grand bonheur des professeurs stupéfaits car ils étudient si bien, les élus ont perdu la bataille, quand ils disent qu’au nom de l’anti-terrorisme, ils vont les contrôler, enfermer, nier, expulser.

Et puis nous, nous avons perdu.
C’est à ça que je voulais en venir.
Nous avons gravement perdu la bataille des enfants que nous ne voulons pas laisser tomber.
Nous l’avons perdue peu à peu, sans le vouloir, ne voyant pas qu’on la perdait ou le voyant trop tard.
Nous croyions savoir ce que c’est l’enfance et nous croyions que l’enfance était à protéger, ça tombait bien, nous avions à peu près élevé nos enfants, nous les avions plus ou moins vus grandir, nous étions inquiets quand ils ne rentraient pas le soir, à 16 ans, à l’heure dite, nous savions un peu ce que c’était d’être adulte responsable, d’être adulte devant un adolescent.
Arrivaient les adolescents qui ont fait cette route et ont une assise solide, veulent étudier, ils ont risqué leur vie et ils ont vu la mort et ils resteront là.
Arrivaient les adolescents qu’on était sûrs de devoir protéger comme on était sûrs de devoir protéger les nôtres.
Arrivaient les adolescents - et ils n’étaient pas protégés.
Surprise, effroi, erreurs, on trouvait des parades.

On aidait les départements, les associations recrutées par les départements, les préfectures, on les aidait à prouver la minorité de ce jeune, de cet autre, nous faisions voyager les papiers par DHL à grands frais, une fois, deux fois, une autre, nous faisions tout pour que le département évalue correctement l’enfant, nous allions chercher les jugements supplétifs, les cartes consulaires, nous faisions les inscriptions au foot et dans les écoles qui plus tard influenceraient les juges, nous faisions tout, donnions des cours particuliers, nous discutions, nous ne voulions même pas élever un enfant, nous avions assez d’enfants à élever, nous avions pourtant dans nos bras et nos maisons des enfants de passage qui allaient mal, ne dormaient pas, puis allaient mieux puis mal encore quand les cartes consulaires et jugements supplétifs ne prenaient pas la route assez vite, quand une juge ne faisait pas dans l’humanitaire, comme elle disait, ils allaient mal au gré des mauvaises paroles et des mauvais visages, tu as bien des rides à ton front, quel âge tu dis que tu as, tu es un mineur-majeur, ta mère est morte ou un peu morte, ils allaient mal et nous trouvions des magies et bien sûr ce n’est pas en ça que nous avons perdu, nous avons gagné pas mal de magie et d’amitiés pour toujours mais nous avons perdu, nous avons perdu parce que nous avons joué le jeu toujours perdant des départements et des associations qui évaluent pour les départements, nous avons joué le jeu des juges et pendant que les avocats les plus vifs gagnaient des jurisprudences à tire larigot les administrations imaginaient de nouveaux besoins et de nouvelles preuves à fournir qui rendaient caduques ces jurisprudences, nous courions leur fournir les nouvelles preuves, ventre à terre nous y allions, traversaient les déserts western union et DHL, nous avons joué le jeu des départements et des juges « qui font pas dans l’humanitaire » et c’était un jeu incessant, sans limite, il nous a essoufflés et il a fait pire : il s’est retourné contre les enfants et contre nous-mêmes et contre l’honneur des départements et des juges, puisqu’il va de soi que c’est en honneur que les juges et départements ont le plus perdu, le jeu s’est retourné contre les enfants et contre nous : « nous ne protégerons pas cet enfant, ont dit le département et la juge des enfants, il a des rides à son front noir mais vous, vous êtes là pour le faire alors faites-le, dans notre grande bonté nous pourrons passer avec vous une sorte de partenariat, on en a déjà un avec la Police aux frontières. »

Nous avons perdu.
Nous devions exiger la fin des évaluations de minorité qui aujourd’hui, même quand elles sont avérées dans un département, sont niés dans un autre.
Nous ne pouvions pas faire la course contre les administrations.
Nous ne pouvions pas jouer contre des gens si fatigués, si peu conscients d’eux-mêmes qu’ils en viennent à dire que oui, éducateurs, ils ont conduit l’enfant à la police, oui mais non.
Nous ne pouvions pas jouer avec des évaluateurs qui ne souhaitent comprendre du monde que le strict petit nuage familier familial qui est le leur.
Nous ne pouvions pas jouer avec des élus de mauvaise foi qui de 0.98% d’enfants à protéger veulent passer à 0.95% et regardent s’évanouir dans la nature ceux qu’ils aident à s’évanouir.
Nous ne pouvions pas jouer.

Il fallait repartir au combat, surenchérir d’imaginations, de magies et d’exigences.

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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