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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Alternatives Économiques - Céline Mouzon - 23/2/2018

La prolongation de la rétention inscrite dans le projet de loi asile-immigration présenté le 21 février en Conseil des ministres fonctionne comme un moyen de pénaliser ou de punir les étrangers qu’on veut éloigner, estime Patrick Henriot, membre du Gisti et ex-premier vice-président du TGI de Bobigny à la retraite. Fait sans précédent pour cet ancien secrétaire national du Syndicat de la magistrature, on légalise pour la première fois le placement en rétention de personnes dont il n’est pas établi qu’elles soient en situation irrégulière.

Le projet de loi asile-immigration prévoit d’augmenter la durée maximale en rétention d’un étranger en situation irrégulière, de 45 jours, à 90 jours, voire à 135 jours dans certains cas. Qu’est-ce que la rétention ? 

La rétention est une privation de liberté à l’encontre d’un étranger qui se trouve en situation irrégulière sur le territoire français. Cette privation de liberté est décidée par l’administration : c’est le point fondamental. En principe, la privation de liberté est décidée par le juge

Patrick Henriot Membre du Gisti, ancien premier vice-président du TGI de Bobigny.

judiciaire, gardien de la liberté individuelle selon la Constitution1. Pour la rétention, l’administration se passe de l’autorisation préalable d’un juge. L’autre exemple d’une privation de liberté sans autorisation préalable du juge est l’hospitalisation d’office sous contrainte, l’hospitalisation forcée.

Cette privation de liberté ne peut être que d’une durée limitée. Mais qu’entend-on par là ? L’hospitalisation d’office est valable pendant 15 jours. Lorsque ce délai est atteint, l’administration doit demander à un juge judiciaire d’en valider le principe et éventuellement de la prolonger.

Il en va de même pour les étrangers en rétention. Le délai au terme duquel l’administration doit faire valider sa décision est de 48 heures. Ce délai a fait l’objet de beaucoup de débats, notamment parce qu’en 2011, la loi Besson l’avait étendu à cinq jours, avant que la loi du 7 mars 2016 ne le ramène à 48 heures.

En théorie, la rétention n’est pas une détention. Pourtant, cela y ressemble, ce qu’ont d’ailleurs noté il y a peu plusieurs députés qui ont visité des centres de rétention administrative (CRA)

La rétention est légalisée en 1980 par la loi Bonnet, puis modifiée un an plus tard par la loi Questiaux. Cette légalisation vient encadrer des pratiques qui existaient alors et relevaient de l’arbitraire policier. Il s’agissait de pratiques informelles, voire clandestines. C’est ce qu’a révélé l’affaire d’Arenc, du nom d’un hangar sur le port de Marseille2 où étaient parqués des étrangers avant leur renvoi. Cette affaire, qui éclate dans les années 1970, voit se mobiliser les associations, comme la Cimade. Elle visibilise la question de l’enfermement des étrangers.

Le régime de la rétention est spécifique : les personnes placées en rétention ne sont pas condamnées, elles ne purgent pas une peine. Elles sont enfermées dans un lieu en attendant que l’administration puisse organiser leur éloignement, c’est-à-dire concrètement obtenir un laisser-passer consulaire du pays dans lequel elle veut les renvoyer, réserver une place sur un vol, etc.

En découlent plusieurs implications. En principe, la rétention ne doit intervenir que s’il n’y a pas d’autre solution, comme l’indique la directive européenne « retour ». Les législations nationales doivent faire prévaloir une autre mesure moins contraignante à chaque fois que cela est possible, faire prévaloir l’assignation à résidence sur la rétention par exemple. La rétention ne doit avoir lieu que s’il y a un risque de fuite avéré ou qu’il n’y a pas ou peu de « garanties de représentation ». Concrètement, un étranger présent depuis de nombreuses années en France, qui a un conjoint, un domicile, des enfants peut-être, présente de fortes garanties de représentation, à l’inverse d’un étranger sans attache familiale, qui est à la rue… Mais cette situation doit s’apprécier au cas par cas.

Et en principe toujours, le régime de la rétention devrait être conçu et géré de manière à ce que ces personnes ne soient privées d’aucun droit autre que la liberté d’aller et venir. Toutes les restrictions aux différents droits et libertés doivent être corrélés à la nécessité de les éloigner. La personne doit pouvoir continuer à s’entretenir avec sa famille, avec l’extérieur, doit pouvoir exercer ses droits, y compris par exemple sa liberté de culte.

Dans la réalité pourtant, il y a très peu de différence entre un séjour carcéral et un centre de rétention.

Quel est le pouvoir du juge judiciaire ? A quoi sert-il ?

Le juge judiciaire doit vérifier la régularité de la procédure, à compter de l’interpellation, et tout au long de la rétention. Il peut faire libérer un étranger par exemple lorsqu’il a été interpelé et placé en rétention dans le cadre d’un contrôle d’identité illégal, encore faut-il que l’illégalité de ce contrôle puisse être prouvée…. Durant la rétention, le juge judiciaire s’assure que les droits dont sont titulaires les étrangers en rétention sont effectifs : le droit de communiquer avec l’extérieur, d’être assisté d’un médecin ou d’un avocat. Il doit aussi vérifier si le recours à la rétention n’est pas abusif ou excessif.

En revanche, le contrôle de la rétention effectué par le juge judiciaire ne peut pas déborder sur le contrôle de la légalité de la mesure d’éloignement : il est en principe de la compétence exclusive du juge administratif ; et même quand ce principe pourrait recevoir des exceptions, la Cour de Cassation sanctionne impitoyablement toute initiative en ce sens.

Depuis 1980, la durée de la rétention n’a cessé d’être allongée, sans pour autant que cela garantisse une quelconque « efficacité » de l’éloignement. Que prévoit ce nouveau texte ?

La durée de la rétention a en effet été à chaque texte de loi allongée un peu plus. Les 45 jours actuels sont déjà le résultat d’une évolution de la législation. Cette fois, le projet de loi prévoit de doubler la durée théorique, de 45 à 90 jours, avec une possibilité d’aller jusqu’à 135 jours. Ces 45 jours supplémentaires (90 + 45) relèveraient de la faculté donnée au juge d’autoriser trois fois de suite une prolongation de la rétention de 15 jours.

Et ce, dans trois hypothèses : premier cas, lorsque la personne qui est en rétention dépose une demande d’asile dans les derniers jours précédant la fin de sa rétention ; cela revient à sanctionner une personne qui demande l’asile.

Deuxième cas, lorsque la personne en rétention a fait obstruction à l’exécution de la mesure d’éloignement. Concrètement, elle refuse d’embarquer dans l’avion et obtient ainsi le report de son éloignement. Le refus d’embarquer est souvent le cas des personnes qui craignent pour leur vie ou leur intégrité physique dans le pays où on veut les renvoyer.

Enfin, troisième cas, lorsque la personne a demandé une protection contre l’éloignement en raison de son état de santé. La prolongation de la rétention dans ce projet de loi fonctionne donc explicitement comme un moyen de pénaliser ou de punir les étrangers qu’on veut éloigner aussi graves que soient les raisons qui s’y opposeraient.

Cela témoigne-t-il d’une suspicion systématique à l’égard des étrangers en situation irrégulière ? 

C’est le dénominateur commun de ce projet de loi : nous sommes dans le règne du soupçon, de la suspicion généralisée. Toute personne étrangère qui n’est pas titulaire d’un titre de séjour est suspecte soit de vouloir s’enfuir, soit de vouloir se cacher, soit de faire une demande d’asile uniquement pour éviter l’éloignement, soit de se déclarer malade alors qu’elle serait en bonne santé.

L’une des dispositions emblématiques de cette approche est celle qui prévoit qu’une personne dont l’OQTF [obligation de quitter le territoire français, il s’agit de l’acte par lequel l’administration signifie à l’étranger l’obligation de quitter le territoire, Ndlr] est assortie d’un délai de départ volontaire puisse être assignée à résidence. L’OQTF assortie d’un délai de départ volontaire signifie que l’administration fait confiance à la personne pour organiser son départ dans un temps imparti. A rebours, l’assignation à résidence témoigne d’une suspicion, on assigne à résidence celui qu’on soupçonne de vouloir s’enfuir. C’est contradictoire mais révélateur.

Une proposition de loi vient d’être votée, le 15 février, qui autorise le placement en rétention des « Dublinés » : qu’est-ce que cela signifie ?

Rappelons que les Dublinés sont des demandeurs d’asile qui souhaitent faire une demande en France mais sont entrés par un autre Etat de l’UE, y ont été enregistrés et y ont éventuellement déposé une demande d’asile. Jusqu’à ce texte, la loi (le Ceseda, le code de l’entrée et du séjour des étrangers) ne contenait pas de disposition qui définissait avec assez de précision le risque de fuite au regard du règlement de Dublin.

C’est pourquoi le 27 septembre dernier, la Cour de Cassation, appliquant la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne, avait décidé dans un arrêt important qu’on ne pouvait pas placer en rétention les Dublinés compte tenu de ce silence de la loi. Depuis cet arrêt, le placement en rétention des Dublinés était interdit par principe, et devait être systématiquement annulé par le juge judiciaire dès qu’il était saisi, que ce soit par l’étranger ou par l’administration.

Avec ce nouveau texte, on a étendu aux personnes sous procédure Dublin, en les adaptant, les dispositions qui concernaient déjà les autres personnes susceptibles de faire l’objet d’une mesure d’éloignement, les étrangers en situation irrégulière.

Mais le point important, et très grave, c’est que pour la première fois, on légalise le placement en rétention de personnes dont il n’est pas établi qu’elles soient en situation irrégulière. C’est ce qu’a relevé le Défenseur des droits. On franchit un cap. Dans les autres cas, les personnes en rétention sont des personnes dont la situation irrégulière a été constatée par une décision administrative, au motif qu’elles n’ont pas de titre pour séjourner en France. Un Dubliné qui a laissé ses empreintes en Italie n’est pas en situation irrégulière, il est potentiellement en attente de l’asile. Il vient chercher notre protection, et il ne sera acquis qu’il est en situation irrégulière que s’il est débouté de sa demande. Cela signifie qu’on ne place en rétention que pour faciliter la gestion de la procédure Dublin.

Avec cette extension du recours à la rétention et les dispositions du projet de loi asile et immigration, peut-on parler d’une justice d’exception pour les étrangers ?

Dans son acception maximale, la justice d’exception désigne le recours à des tribunaux d’exception. Là, ce n’est pas le cas. Ce sont des juges de droit commun qui statuent sur l’éloignement et la rétention des étrangers. En revanche, il y a des procédures d’exception, spécifiques à ce contentieux, qui dérogent au contentieux administratif ou judiciaire de droit commun. Le Conseil constitutionnel a validé en 1993 le principe de dispositions spécifiques aux étrangers en matière d’entrée et de séjour en France.

Ces procédures se caractérisent, de fait, par autant de restrictions ou privations d’un certain nombre de droits. Ce sont d’abord des délais de procédure raccourcis. Par exemple, pour contester une mesure d’éloignement, une personne placée en rétention doit saisir le juge administratif dans les 48 heures, là où le droit commun prévoit un délai de deux mois pour contester une décision administrative (par exemple, si la préfecture ferme votre baraque à frites, vous avez deux mois pour contester). Les délais sont parfois si courts qu’ils privent de fait les étrangers de la possibilité d’un recours effectif. Il faut être au courant de ces délais, et avoir les moyens de saisir un avocat. Un rapport parlementaire récent sur l’application de la loi du 7 mars 2016 récapitule toutes les procédures et délais pour les étrangers. C’est d’une complexité ahurissante, ce sont des chausse-trappes épouvantables.

On peut aussi parler de justice d’exception si l’on pense aux conditions dans lesquelles les juges statuent. Le juge administratif est en charge de la grande majorité des contentieux en matière de séjour et d’éloignement. Or très souvent, il s’agit d’un juge unique, par opposition à la collégialité qui est la règle dans l’organisation de la justice. De même, la procédure a le plus souvent lieu sans rapporteur public. Or devant la justice administrative, le rapporteur public, qui est un magistrat, a pour rôle de donner son avis sur l’application des textes dans la procédure en cours. Ses avis sont majoritairement suivis car son travail d’analyse permet d’éviter les erreurs manifestes de droit ou d’appréciation. Ce garde-fou du rapporteur public est quasiment toujours absent dans le contentieux des étrangers. Toutes ces dérogations se sont mises en place progressivement.

Du côté du juge judiciaire, les délais pour statuer sont ultra courts. Cela ressemble donc à une justice d’abattage, à la chaîne.

Dernier point : le projet de loi asile et immigration impose la généralisation des audiences en visio-conférence qui renforce la dimension « justice d’exception ». Jusqu’à présent, la personne pouvait refuser la visio-conférence. Désormais, dans les contentieux de l’asile et de l’éloignement, ce ne sera plus possible. Or la visio-conférence est une grave restriction aux droits de la défense : il est très compliqué de se défendre face à une caméra.         

Propos recueillis par Céline Mouzon
 

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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