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Source : La Depêche - Emilie Garcia - 3/7/2018

La Cimade a présenté ce mardi matin le huitième rapport annuel sur les centres de rétention administrative des étrangers en situation irrégulière. Entretien avec Léo Claus, coordinateur pour l'association au centre de rétention de Toulouse.

La Cimade vient de présenter son rapport sur annuel sur le centre de rétention administrative de Toulouse. Que dit-il pour l'année 2017?

Présenter ce rapport est assez compliqué. L'actualité est brûlante et tellement changeante que 2017 paraît presque lointain. Néanmoins, on a pu voir qu'en 2017, 1069 personnes sont passées par le centre de rétention de Toulouse. Parmi elles, 42% ont été reconduites à la frontière. De ce pourcentage, 27% ont été renvoyés dans des pays hors de l'Union européenne, ce qui est très faible. On a aussi remarqué que la capacité maximale du centre de rétention de Toulouse (ndlr. comprenant 126 places) a été atteinte la plupart du temps.

Cela signifie que de plus en plus de personnes y sont enfermées ?

Oui, on note un acharnement à incarcérer les personnes. Avant, on donnait un délai de départ volontaire pour les personnes avant de les placer dans le centre. Désormais, la rétention est devenue la règle au lieu de l'exception. De plus, le centre de Toulouse a une durée moyenne de rétention de 18 jours, alors que la moyenne française est de 12 jours.

Si 42% des personnes sont renvoyées, qu'advient-il des 58% restants?

Il s'agit de personnes qui ne sont pas reconnues, parce qu'elles n'ont pas de documents d'identité ou qu'elles n'ont pas fait de demande de visa biométrique. Elles sont libérées à l'issue des 45 jours, ou alors le juge des libertés demandent leur libération. 24% ont été libérées par les magistrats. C'est encourageant car en 2016 ce taux n'était que de 4%. Les juges de liberté ont changé, ils interprètent la loi différemment et considèrent que dans ces cas l'interpellation a été irrégulière ou que le droit de séjour doit avoir lieu. Cette hausse est satisfaisante mais reste inquiétante: cela signifie que la justice tient au gré des magistrats.

Etes-vous inquiets pour la suite, notamment avec l'allongement de la durée de rétention prévue dans la loi asile et immigration?

Tout le monde attend de voir à quelle sauce on va être mangé. Le passage de 45 à 90 jours de rétention est une aberration. Si en 2017 on atteignait déjà 100% de la capacité du centre de rétention de Toulouse, cela signifie qu'avec cet allongement on va arriver encore plus vite à saturation. Il ne faut pas oublier que ce sont des personnes qui n'ont pas commis de délit. La rétention reste une privation de liberté grave et traumatisante. Ce recours systématique à la rétention n'est pas normal.

 

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