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SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018
VENTE D'AFFICHES DANS LE HALL DU CINÉMA UTOPIA DE TOURNEFEUILLE

Le cinéma Utopia de Tournefeuille permet cette année à notre association, le Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu, de récupérer le bénéfice de la vente des affiches des films.
La vente se fera au cinéma Utopia de Tournefeuille le samedi 15 décembre de 16h à 22h et le dimanche 16 décembre de 12h à 20h.

Pour plus d'informations et voir les affiches qui seront mises en vente allez   ici

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Source : L'Obs - Marcelle Padovani - 8/8/2018

En Italie, la mort de 16 ouvriers agricoles clandestins a réveillé les consciences et provoque un débat sur l'exploitation des migrants.

Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur le plus anti-immigrés de l'Europe occidentale, va vivre ce mercredi 8 août une journée difficile. A Foggia, dans les Pouilles, a lieu la première manifestation des "braccianti" (ouvrier) étrangers de l'ère populiste. Une marche dite des "bérets rouges" (le couvre-chef des travailleurs agricoles pour se protéger de la chaleur torride dans les champs de tomates). La mort de 16 travailleurs clandestins dans des accidents de voiture – deux collisions, samedi et lundi, entre des camions de tomates et les fourgonnettes transportant les ouvriers agricoles – a mis en lumière les conditions déplorables dans lesquelles vivent ces esclaves modernes à la merci des "caporali", des recruteurs, parfois liés aux réseaux mafieux, qui organisent leur transport et prélèvent une partie de leur rémunération. Sans papiers, les 16 victimes n'ont pas pu être identifiées.

Mais leur mort a réveillé les consciences. Mettant en difficulté les populistes au pouvoir. L'écrivain Giancarlo De Cataldo (auteur de "Romanzo criminale") résume ainsi la situation : "Seule leur mort nous oblige à prendre conscience de l'existence de ces nouveaux esclaves." Et ces morts nous interrogent, continue l'écrivain, car elles confirment que les vieilles techniques d'exploitation continuent d'exister. Au siècle dernier, dans les années 1950, le "caporalat" a exploité les "braccianti", ces Italiens pauvres du sud de la Péninsule. Les luttes syndicales ont fait évoluer la situation. Mais aujourd'hui les migrants ont remplacé les travailleurs blancs. Pour toujours plus d'exploitation.

"Comment peut-on mourir pour moins de 2 euros l'heure ?", interroge en pleine page  le  "Sole 24 ore". Le quotidien économique raconte avec force détails comment ces immigrés sortent de leurs baraques à 3 heures du matin, attendent au bord de la route le fourgon qui les conduira au bord des champs de tomates où, dans une chaleur suffocante, ils passent 10 à 12 heures par jour le dos courbé avant d'être ramenés, épuisés, dans des fourgons sans fenêtres vers les baraquements qui leur servent de logement. Tout cela pour 25 euros par jour, dans le meilleur des cas.

Le syndicat CGIL estime à 4,8 milliards d'euros par an le "business des irréguliers". Et évalue entre 400.000 et 430.000 le nombre des travailleurs des champs, soit 39% de la force de travail de la région des Pouilles, dont plus de 150.000 ne seraient pas déclarés et donc pas protégés.

"Ce sont des martyrs"

Un des rares syndicalistes autochtones, l'Italo-Ivoirien Aboubakar Soumahoro, de l'"Union syndicale de base" se plaint de la faible mobilisation du secteur. Il compte beaucoup sur la manifestation de ce mercredi pour amplifier le contact avec les immigrés et solliciter la solidarité des Italiens. Il rappelle que la lutte contre l'illégalité est encore insuffisante puisque dans les 7.265 entreprises agricoles contrôlées l'an dernier par l'Inspection du travail, seulement 5.222 "braccianti" (littéralement "marchands de leurs bras") ont été recensés. "L'attention suscitée par les accidents de la route de cette semaine pourrait être bénéfique", conclut-il. Et il invite à voir sur internet le film consacré par le site Fanpage au scandale des nouveaux esclaves d'Occident. Pour Michele Placido, metteur en scène originaire des Pouilles : "Ce sont des martyrs. Il faut le hurler."

Ni tweet assassin, ni t-shirt avec slogan : le seul qui ne hurle pas, pour une fois, c'est Matteo Salvini, même s'il a profité des accidents pour rappeler que tous les ennuis viennent des migrants. "C'est l'immigration illégale qui sollicite les 'caporali'", dit-il. Comme si autrefois, dans les années 1950, sans immigration clandestine ni trafic d'êtres humains, des dizaines de milliers d'Italiens du Sud n'avaient pas subi un sort identique.

Marcelle Padovani

 


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Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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