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Source : Le Monde - Julia Pascual - 10/10/2018

Dix-sept des 58 réfugiés secourus en Méditerranée en septembre par le navire humanitaire de MSF et SOS Méditerranée sont arrivés mardi en France.

Ibtissem a le regard dur et, en même temps, elle sourit du bout des lèvres. Elle prend son mal en patience. A mesure que les informations lui parviennent, cette mère de famille libyenne commence à se figurer le quotidien qui lui fera désormais office de nouvelle vie, aux côtés de son mari et de ses deux fils de 18 et 20 ans.

Arrivés en France mardi 9 octobre avec deux autres familles libyennes, quatre Pakistanais, un Soudanais et un Ivoirien – ils sont 17 en tout –, ils font partie des migrants secourus par l’Aquarius au large de la Libye et auxquels la France a décidé d’octroyer l’asile.

Modéliste pour une société italienne, Ibtissem avait déjà voyagé en Europe. Mardi, elle a découvert le continent comme réfugiée. Les 7 euros d’allocation pour demandeur d’asile qu’elle percevra tous les jours et l’appartement d’une petite cité de Langres (Haute-Marne) dans lequel elle va vivre ces prochains mois. La tapisserie tachée, la gazinière graisseuse, le lino sale. « Il y avait des gens il y a encore deux jours », justifie, un brin gênée, la femme qui l’accueille. Ibtissem ne pense qu’à une chose, acheter de l’eau de Javel et une carte SIM pour pouvoir appeler sa famille.

« C’est la France qui nous a choisis »

Cette femme de 46 ans était sur le navire humanitaire de Médecins sans frontières (MSF) et de SOS Méditerranée il y a encore dix jours. Puis elle a été transférée dans un centre fermé à Malte jusqu’à ce qu’elle prenne l’avion pour Paris, mardi, peu avant l’aube. Après leur arrivée à Roissy, un minibus a déposé les trois familles libyennes l’une après l’autre dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), dans l’Aube, la Haute-Marne et les Vosges, accompagnées de fonctionnaires de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. « On fera des courses demain et on s’occupera de vos papiers », explique l’assistante sociale du CADA à Ibtissem, qui parle un français presque courant. Dans sa Kangoo, la salariée fait ensuite un rapide tour de la commune avec la famille, signalant ses repères phares : le centre commercial Leclerc, le Lidl, le tabac, la statue de Diderot – « Il a inventé l’encyclopédie » –, la poste.

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Les rescapés de l’Aquarius devraient obtenir le statut de réfugié d’ici deux mois environ. Un délai plus rapide que la moyenne. « Le problème, c’est que, contrairement à d’autres demandeurs d’asile, eux viennent de débarquer en France. On nous pousse à faire de la place dans les CADA, mais, au bout de six mois, ces personnes ne sont pas suffisamment autonomes pour partir seules en appartement », souligne Wanda Saire, directrice de l’Association pour l’accueil des travailleurs et des migrants, qui héberge les trois familles libyennes.

Les familles libyennes sont transférées par bus vers différents Centre pour l’accueil des demandeurs d'asile de la région Grand-Est. Ici dans un quartier en périphérie de la ville de Langres, le 9 octobre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Avant Ibtissem et sa famille, Amel, enceinte de six mois, Rabia et leurs deux enfants de 5 et 6 ans ont été installés, à la mi-journée, dans la banlieue de Troyes. Un petit immeuble des années 1970, vieillot mais propre, et dans l’escalier duquel la famille libyenne a croisé des voisins : un père tchétchène et sa fille, une mère irakienne et son fils. « Elle est arrivée il y a deux ans dans le cadre du démantèlement du camp de Calais, explique la directrice. Sa demande d’asile a été rejetée, elle a fait appel. » Après avoir dit au revoir à ceux avec qui ils ont partagé la traversée de la Méditerranée, Amel et Rabia remontent chez eux. « C’est la France qui nous a choisis », confiait Amel l’instant d’avant. Quatre Etats membres se sont réparti la prise en charge des 58 rescapés de l’Aquarius, débarqués à Malte.

« Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble »

A ses enfants, Amel a parlé d’un « voyage pour changer de vie ». Ibtissem rêvait du Luxembourg pour que son plus jeune fils étudie les sciences. Dans la nuit du 23 septembre, au cours de laquelle ces Libyens ont pris la mer, depuis la ville côtière de Zouara, ils avaient mis toutes leurs chances de leur côté. Pour ne pas mourir, ils ont acheté une barque en bois, plus robuste que les embarcations de caoutchouc made in China que la mer déchire, engloutit et recrache sans scrupule. En Méditerranée, comme partout ailleurs, il y a des classes de voyageurs. « Certains bateaux partent avec 100 ou 150 personnes. On a mis plus d’argent pour avoir quelque chose de plus sûr », expliquait Ibtissem, alors qu’elle était à bord. Un homme a aussi piloté l’embarcation en bois pendant une partie du trajet, avant de repartir à bord d’un autre bateau, quand sur la plupart des embarcations de migrants, la barre est confiée au premier venu qui, la nuit, a tôt fait de confondre les torchères des plates-formes pétrolières avec les lumières de l’Europe.

Une embarcation en détresse avec onze personnes à bord, au large de la Libye, le 20 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Khaled, jeune Libyen de 30 ans, a vendu sa voiture et s’est fait prêter de l’argent par un ami pour réunir le millier de dollars (865 euros) nécessaire à sa traversée. Afef, mère célibataire de quatre fils, a payé pour elle et ses deux cadets de 13 et 14 ans, mais elle n’a pas eu assez d’argent pour que ses deux aînés de 20 et 21 ans la suivent. Père de quatre enfants âgés de 3 à 7 ans, Fouad avait déjà misé 20 000 dollars sur l’obtention de visas pour sa famille. En vain. Il a donc pris la mer. « Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble », s’étaient-ils promis avec sa femme.

Parmi les 47 personnes secourues à bord de la barque en bois, dans la nuit du 23 septembre, par l’Aquarius, il y avait deux vendeurs de voitures, un ingénieur du son, une infirmière, un comptable, une femme enceinte et dix-sept enfants… Des familles libyennes en majorité, des gens « bien établis », avait rapidement remarqué le responsable de l’équipe de MSF à bord de l’Aquarius.

Sur l’écran radar du navire humanitaire, Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherche et de sauvetage pour SOS Méditerranée, n’a d’abord vu qu’une trace. Comme on cherche une aiguille dans une botte de foin, il espérait retrouver depuis plusieurs heures cette embarcation en détresse dont la présence en mer lui avait été signalée par la plate-forme téléphonique associative Alarm Phone. Lorsque les deux canots de sauvetage de l’Aquarius ont été mis à l’eau et se sont approchés, il faisait encore nuit. A mesure que le jour se levait, les sauveteurs sont parvenus à distinguer les traits, derrière les pupilles rondes, des membres de l’équipage singulier qu’ils venaient secourir, surpris dans les eaux internationales, sans balise de détresse et sans radio.

Un ordinateur et deux livres

Khaled a été le dernier à quitter la barque en bois pour suivre les sauveteurs de SOS Méditerranée sur leur canot pneumatique. Le jeune homme ne voulait pas prendre le risque d’abandonner ses sacs. En quittant sa Libye natale, il a emporté son ordinateur et un clavier numérique mais aussi son premier uniforme d’écolier, l’édition anglaise de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper Lee, ou encore L’Alchimiste, de Paulo Coelho.

Quarante-sept personnes ont été secourues au large de Zaouïa (Libye), le 23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Hassna, une mère de famille libyenne aux cheveux teints en blond, a tenu à prendre son chien dans la traversée du 23 septembre. C’est la première fois, en deux ans et demi de sauvetage en Méditerranée, que l’Aquarius porte secours à un chien. Il s’appelle Bella. C’est un bichon maltais, jure un membre de l’équipe de MSF. Il pourrait avoir raison. Et personne ne cherche à le contredire. Un chien de race maltaise qui porte un nom italien, c’est un peu d’ironie dans une mer de cynisme, alors que l’Aquarius est devenu depuis cet été persona non grata dans les ports des deux pays européens, sous l’impulsion du ministre de l’intérieur italien d’extrême droite, Matteo Salvini, qui a fait de ses positions anti-immigration le cœur de sa politique.

Les profils des rescapés libyens du 23 septembre interpellent. Comme si leur rang social les humanisait, comme si leurs nombreux bagages et leur chien les rendaient familiers. Plus réels, depuis la terre ferme, que ces hommes et ces femmes anonymes qui traversent la Méditerranée dans le dénuement le plus total.

Leur fuite raconte aussi la réalité d’un pays plongé dans la guerre depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011 et que ses propres ressortissants désertent. Hassna a fui après que son mari a disparu, kidnappé par des milices ; à Tripoli, Khaled a subi les affres de ces mêmes milices et a effectué plusieurs séjours en prison pour avoir transporté de l’alcool ou participé à des fêtes en compagnie de femmes ; Ibtissem et son mari Mohamed ont dû vendre leurs deux voitures pour payer la rançon qu’exigeaient les coupeurs de routes pour leur rendre leur fils aîné ; Fouad est agnostique et dit craindre des représailles…

Le nombre de traversées en Méditerranée centrale a atteint son plus bas niveau depuis 2014. En 2018, quelque 22 000 personnes ont rejoint l’Italie depuis la Libye, soit une baisse de 80 % en un an. Ce chiffre ne révèle pourtant pas un volume moindre de candidats au départ depuis la Libye, où, selon des estimations, le tiers des 700 000 personnes migrantes présentes dans le pays pourraient nourrir un jour ou l’autre un projet d’Europe.

L’« Aquarius » indésirable

En réalité, la baisse des flux révèle, en creux que des hommes et des femmes sont de plus en plus empêchés de fuir. « Depuis l’été 2017, les départs sont bloqués », constate Flavio Di Giacomo, porte-parole en Italie de l’Organisation internationale pour les migrations. La mer Méditerranée est le dernier endroit où les effets de ce blocus peuvent être observés. C’est la route migratoire la plus meurtrière au monde. Près de 15 000 personnes y ont péri entre 2014 et 2018. Et les chances de mourir en tentant la traversée ont presque doublé entre 2017 et 2018.

A bord de l’Aquarius, les sauveteurs de SOS Méditerranée et les humanitaires de MSF touchent du doigt cette réalité. Dans la nuit du 23 septembre, ils ont senti à quel point leur présence en mer était devenue indésirable. Alors qu’ils procédaient au transfert de femmes et d’enfants sur leur canot de sauvetage, ils ont essuyé les foudres des gardes-côtes libyens, furieux qu’on leur dérobe ainsi ces vies qu’ils sont payés à empêcher de fuir. « Vous allez avoir de gros problèmes. Vous encouragez les migrants à aller en Europe », hurlent, cette nuit-là, les Libyens. L’échange radio est tendu et, sur la passerelle, le capitaine de l’Aquarius retient son souffle, tandis que la navette des gardes-côtes parvient à hauteur du navire et tourne autour de ses canots de sauvetage. « Vous avez perturbé et interrompu nos opérations. Vous quitterez la zone immédiatement », ordonnent encore les Libyens.

Le cadre est intenable. Il n’y en a pas. Trois jours auparavant, l’Aquarius avait secouru une petite barque avec, à son bord, un jeune Ivoirien de 20 ans et dix Pakistanais. L’embarcation avait été repérée lors d’un tour de veille à la jumelle, sur la passerelle du navire. Le sauvetage s’était passé sans encombre dans les eaux internationales, à 45 kilomètres au large de la Libye. Les autorités maritimes libyennes avaient ensuite exigé de l’Aquarius qu’il transfère ces rescapés à bord d’une navette de leurs gardes-côtes, ce qu’avait refusé le navire humanitaire.

Depuis le mois de juin, les autorités maritimes libyennes sont reconnues par l’Organisation maritime internationale comme étant compétentes pour coordonner des secours dans les eaux internationales au large de leur pays. Jusque-là, ce sont les Italiens qui assumaient ce rôle. Mais, à grand renfort de fonds européens, les Libyens sont montés en puissance, se sont équipés et ont fini par prendre la main sur une partie de la Méditerranée centrale. Ils sont non seulement les premiers acteurs à intervenir dans la zone – depuis le début de l’année, ils ont intercepté 14 000 réfugiés – mais ils sont aussi le point de passage obligatoire pour quiconque voudrait ici porter secours à une embarcation en détresse.

Dans le même temps, la Libye est en proie à des affrontements armés, les migrants y sont détenus dans des centres souvent aux mains de milices, le pays ne dispose d’aucune loi d’asile et les témoignages rapportant des situations de torture, de traite ou de violences sexuelles ne manquent pas. La Libye n’est pas un lieu sûr de débarquement après un sauvetage en mer, a répété en septembre le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En raison des « graves maltraitances » que les migrants y encourent, leur renvoi en Libye est contraire au droit maritime international et, depuis les eaux internationales, il s’apparente à une entrave au principe de non-refoulement d’un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté peuvent être menacées.

Sauvetage au large de Zaouïa (Libye) d’un petit bateau de pêcheurs, le  23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Et pourtant. C’est la situation qui s’est précisément installée en Méditerranée. Les rares navires commerciaux qui croisent au large de la Libye remettent aux Libyens les personnes qu’ils secourent, celles-ci étant presque aussitôt réintégrées dans les réseaux de passeurs. Et chaque sauvetage réalisé par une ONG qui refuse de se soumettre à cet état de fait occasionne une errance en mer de plusieurs jours, les navires se heurtant à la fermeture des ports italiens et l’incapacité de l’Europe à apporter une réponse ferme et de droit à cette situation.

Depuis le début de l’été, plusieurs navires humanitaires sont en outre bloqués à quai à Malte, empêchés de repartir en mer. En l’espace d’à peine un peu plus de deux mois, l’Aquarius a perdu son port d’attache italien, et, à deux reprises, son pavillon pour des raisons exclusivement politiques. Il est actuellement retenu dans le port de Marseille, dans l’attente de retrouver une bannière sous laquelle naviguer. Deux bateaux humanitaires de sauvetage patrouillent actuellement en Méditerranée centrale, contre une dizaine l’an dernier à la même époque. L’Europe organise de facto la pénurie des secours en mer Méditerranée.

Tuer le temps, tromper l’ennui

A bord du bateau, les jours d’attente ressemblent à des jours sans fin et sans horizon. Qu’il vente ou qu’il pleuve, l’Aquarius sait désormais qu’il fera des ronds dans l’eau tant que les Etats membres ne se seront pas mis d’accord pour se répartir la prise en charge des migrants secourus en mer. A chaque sauvetage, le même imbroglio diplomatique, le même bricolage européen. L’époque où le navire débarquait ses hôtes en l’espace de deux jours est révolue.

Les équipes de SOS Méditerranée et de MSF sont passées de la gestion de l’urgence à celle de l’incertitude et de l’impuissance. Tuer le temps, tromper l’ennui, atténuer les tensions qui affleurent dans un espace confiné et secoué par la houle. On fabrique un jeu de dames avec un bout de carton et des bouchons en plastique, on joue un air d’accordéon, on se passe les enfants de bras en bras, on fume une cigarette, puis deux, puis trois. On distribue des pastilles contre le mal de mer, du dentifrice et des brosses à dents. On organise des douches tous les deux jours. On propose des sacs de survie pour les nuits humides sur le pont. Un conteneur réfrigéré a aussi été installé sur le pont avant du bateau, dans lequel peuvent être conservés les corps sans vie repêchés en mer.

A plusieurs jours de navigation de la France, les équipes de l’Aquarius perçoivent la petite musique qui se joue sur le continent depuis quelques mois, et sur l’air de laquelle les ONG sont accusées de favoriser les mouvements migratoires. Ils se revendiquent marins, sauveteurs avant tout, médecins, sages-femmes ou infirmiers. Ils sont étiquetés « complices du business de l’immigration clandestine » par Matteo Salvini ou « complices des mafias de passeurs » par ­Marine Le Pen.

Pourtant, ni les opérations de sauvetage réalisées par les ONG ni celles portées par des Etats – comme ce fut le cas de l’Italie avec Mare Nostrum, qui a secouru 170 000 personnes en 2014 – n’ont eu d’incidence sur le nombre de tentatives de traversée. La pénurie des moyens de secours a en revanche un effet levier réel sur le taux de mortalité en Méditerranée centrale.

Les chaussures trempées de rescapés sèchent sur un pont du navire, le 20 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Pressé de dire s’il ouvrirait les ports français aux rescapés de l’Aquarius, Emmanuel Macron a dit ne pas vouloir céder aux « bons sentiments faciles ». « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte », croit Liza Courtois, infirmière sur l’Aquarius. Tandis que Carlos Jaramillo, médecin pour MSF à bord, pense à ses traversées comme à ces sauts dans le vide depuis les fenêtres des hauts étages des tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001.

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Une demi-douzaine d’accouchements ont eu lieu à bord du navire depuis deux ans et demi. Un jour, un bébé a été secouru, encore relié à sa mère par le cordon ombilical. Nick Romaniuk ne compte plus les corps qu’il a vus passer dans des sacs mortuaires. Ils ont d’abord connu la mer comme pêcheurs, capitaines de marine marchande, vacanciers de bord de plage ou passagers d’une croisière, désormais c’est un autre regard qu’ils portent sur cet espace.

Edouard Courcelle, de MSF, se souvient avec douleur de cette nuit de janvier au cours de laquelle il a vu des mains l’implorer puis couler l’instant d’après, des corps flottants, sans espoir, un bébé renaître sous l’effet d’un massage cardiaque. Il a tatoué son corps du souvenir de cette nuit, pendant laquelle, dit-il, « on s’est fait défoncer ». Au large de la Libye, il y a quelques jours, il regardait le bleu « artificiel », presque « chimique », qui teinte les eaux. « Tu vois ce bleu ? C’est beau, mais c’est paradoxal. C’est une image qui fait penser au voyage. Et puis tu sais qu’en dessous ce sont des corps et des canots crevés. » Ben a côtoyé toute sa vie la mer Méditerranée. Né en Tunisie, installé en Italie, ce membre de MSF n’y trempe plus un pied. « Elle a avalé trop de gens », dit-il.

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