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Source : L'Obs - L. B. - 26/10/2018

Selon nos confrères du "Irish Times", l'homme ferait partie des dizaines de milliers de migrants refoulés depuis février 2017.

Le quotidien irlandais "The Irish Times" a révélé, jeudi 25 octobre, qu'un migrant somalien, détenu dans un camp de détention libyen, s'est immolé par le feu, par dépit. Les faits se seraient déroulés dans l'enceinte du centre de détention de Triq al-Sikka, à Tripoli, où sont regroupés des migrants qui ont été refoulés aux portes de l'Europe.

L'homme, qui aurait moins de 30 ans, aurait pris la décision de se suicider après s'être vu expliquer par des officiels du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) qu'il avait très peu de chances d'être évacué hors de Libye. L'UNHCR serait actuellement en train de vérifier cette information.

Selon nos confrères, l'homme ferait partie des dizaines de milliers de migrants refoulés depuis février 2017, après l'accord passé entre l'Italie et la Libye, avec l'aval de l'Union européenne, pour endiguer les flux migratoires illégaux.

 

Joel Millman, de l'Organisation internationale pour les migrations (IOM), a expliqué :

"Il a été admis à l'hôpital, à Tripoli, pour des soins médicaux intensifs. Notre équipe médicale lui a rendu visite et a informé la direction qu'elle est prête à apporter son aide si nécessaire."

Selon un autre détenu, le migrant somalien serait décédé.

Conditions de détention terribles

Le "Irish Times" assure en outre avoir recueilli des dizaines de témoignages de migrants racontant leurs conditions de détention en Libye. Lesquels évoquent des problèmes de dénutrition, de travail forcé, de violences et de viols. Rien que dans le centre de détention de Zintan, à environ 200 km au sud-ouest de Tripoli, quatre détenus seraient morts le mois dernier. Huit autres sont décédés, depuis, dans celui de Triq al-Sikka, selon un détenu cité par le quotidien irlandais.

En février dernier, un an après les accords passés entre l'Italie et la Libye, de nombreuses ONG avaient à nouveau dénoncé les "conditions terribles" des centres de détention libyens vers lesquels sont renvoyés les migrants interceptés lors de leurs tentatives de rejoindre l'Europe. Iverna McGowan, directrice du bureau d'Amnesty international auprès des institutions européennes, expliquait notamment :

"Ils endurent la torture, la détention arbitraire, les extorsions et des conditions inimaginables dans les centres de détention gérés par le gouvernement libyen."

"Les autorités libyennes ne reconnaissent le droit à la protection internationale qu'à une poignée de nationalités et la Libye a, par ailleurs, refusé de signer la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, qui protège les personnes fuyant les persécutions et les conflits", soulignait, à l'époque, l'Oxfam

De son côté, l'UNHCR a indiqué en septembre dernier que la Libye n'était désormais plus considérée comme un pays capables d'assurer la sécurité des migrants ayant échoué à rejoindre l'Europe. 

L. B.

 

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